L’armée américaine veut gagner ses guerres et préparer celles de demain
Le Département de la Défense américain a publié au début du mois son Quadrennial Defence Review. Ce rapport définit la stratégie militaire du pays ainsi que des choix budgétaires pour les années 2010 à 2015. Au programme dans cette édition, gagner les guerres en cours et préparer celles de demain. Le tout sur fond d’austérité économique.
« Les Etats-Unis sont un pays en guerre ». Le rapport est clair là dessus et se base sur cette réflexion qui peut s’appliquer au présent mais également au futur, comme si cet état était permanent. L’ensemble de la pensée militaire y est en effet basée sur ces deux objectifs : vaincre aujourd’hui et vaincre demain.
La priorité absolue reste la guerre contre le terrorisme que les Etats-Unis mènent en Afghanistan et dans le reste du monde. Washington continue de craindre que des fanatiques ne réussissent à s’emparer d’armes de destructions massives ou nucléaires volées à des Etats instables. Le rapport insiste sur les besoins de cumuler action diplomatique, politique, économique et de renseignement pour désamorcer ces dangers.
L’infanterie doit donc être équipée et modernisée afin de pouvoir être le plus efficace possible en Afghanistan. La question de la santé trouve également une place importante, le QDR admettant la surchauffe du suivi médical et la baisse du moral des troupes. Le document fixe comme objectif de redescendre le rythme des rotations. Dans ce domaine, le Département de la Défense n’oublie pas non plus les sociétés militaires privées puisqu’aux côtés des engagés et des réservistes, il compte les corps expéditionnaires civils indispensables aux guerres de grande envergure.
L'attaque et la défense dans le domaine des télécommunications représentent une dimension complète des futurs conflits.
Le rapport se penche longuement sur les menaces futures. Il estime que les Etats-Unis doivent continuer de disposer d’une armée polyvalente capable d’appréhender des conflits et des missions de toutes envergures. Parmi les concepts à approfondir, on trouve une force aéronavale repensée, une réflexion sur les frappes à longue portée et sur la défense face à celles-ci ainsi qu’une approche de l’espace et du cyber-espace.
Washington est tout à fait conscient de la montée en puissance de certains Etats. Le QDR évoque notamment la Chine et l’Inde. Pas de crainte de voir l’armée américaine dépassée mais une approche globale moderne dans laquelle les alliés des Etats-Unis trouvent toute leur place. Le renforcement de la sécurité de ces derniers est évoqué comme un levier stratégique important.
Pas de petites économies
Les temps restent malgré tout à l’austérité. Les militaires américains sont conscients que leurs dépenses ont explosé. Le coût de deux guerres simultanées et de matériels toujours plus modernes font exploser les budgets. Impossible en période de crise dans laquelle le peuple ne peut admettre que l’on préfère des avions surpuissants à leur propre sécurité économique.
Le sérieux financier est abordé presque systématiquement. Il faut rationaliser et faire des choix, d’où une véritable hiérarchisation des objectifs et des priorités. C’est toute l’administration qui pourrait être restructurée pour réduire les dépenses et optimiser les ressources humaines.
Aux côté du F-22 passé aux oubliettes, le rapport évoque également l’arrêt de production des C-17 que l’armée ne commande plus. Les bâtiments de commandement LCC sont également repoussés jusqu’à nouvel ordre. Encore une raison de vaincre rapidement en Irak et en Afghanistan en assurant le retrait des troupes pour soulager le budget du Département de la Défense.
Pour consulter le document :
Quadrennial Defence Review
Résumé en Français
Photos : US Air Force / Sergeant Efren Lopez & US Air Force / Christian Thomas
