Sur Slate : Les armées africaines peuvent-elles se mesurer aux djihadistes ?

Elles viennent du Niger, du Nigeria, du Bénin, du Ghana, du Tchad… Il y a celles qui font peur, celles qui n’y connaissent rien, et celles qui sont bien préparées. Cela suffira-t-il pour prendre le relais de la France ? Extrait d’un article de Romain Mielcarek publié sur Slate.

Les militaires africains envoyés par la Cédéao sont placés sous le mandat de la Misma, la Mission internationale de soutien au Mali. Cette intervention est validée par la résolution 2085 des Nations unies. Elle prévoit avant tout de « reconstituer la capacité de l’armée malienne, en étroite coordination avec les autres partenaires internationaux, en prévision de la reconquête du nord-Mali« . Plus globalement, elle doit aussi « aider les autorités maliennes […] à réduire la menace posée par les organisations terroristes » et « aider à la sécurisation des institutions maliennes de transition en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel« .

Au 20 janvier, sur les 4.500 hommes finalement promis, seuls 450 étaient arrivés sur place. Des Béninois, des Burkinabés, des Nigériens, des Nigérians, des Sénégalais et des Togolais. 200 Tchadiens sur les 2.000 que N’Djaména a proposé de son côté à la Misma étaient aussi de la partie. Sur ces troupes, il se pourrait que peu soient opérationnelles. Dans les couloirs, certains militaires français n’hésitent pas à moquer leurs capacités réelles, estimant que certains « viennent avant tout pour s’équiper« . La Cédéao espère en effet que les Occidentaux vont financer l’opération. Oswald Padonou, spécialiste des questions sécuritaires de l’ouest africain, s’inquiète de cette approche :

« Il y a eu beaucoup de promesses, mais peu d’arrivées. Les opérations de maintien de la paix sont aussi un moyen pour ces pays d’assurer quelques subsides à leurs soldats. Cela permet de reporter dans le temps les problèmes qui frappent leurs propres armées. Aucune des armées de la sous-région n’est en mesure de répondre à des problématiques de terrorisme. La Misma n’est pas en mesure de remplacer la France. »

Les moyens ne sont en effet pas comparables. Il évoque l’exemple de son pays, le Bénin, qui fournit un contingent principalement composé de policiers. Le Ghana, lui envoie des soldats du génie. Des moyens utiles pour lutter contre les pièges explosifs ou pour assurer la sécurité intérieure de la zone sous contrôle malien. Mais des troupes qui n’ont aucune chance de reconquérir le nord ni de déloger les combattants islamistes mieux armés de la partie sahélienne.

La suite sur Slate : Guerre au Mali : Les armées africaines peuvent-elles se mesurer aux djihadistes ?

A propos de l'auteur

ActuDéfense est un site d'information sur les thématiques liées à la défense, à la sécurité, au monde militaire et à la diplomatie. Il a été fondé en juin 2009 par Romain Mielcarek. Il devient un support de réflexion collaboratif à la rentrée 2012.

Nombre d'entrées : 175

Commentaires (1)

Laisser un commentaire

© 2009-2013 Romain Mielcarek

Retour en haut de la page