Mission de l’ONU au Mali : 12 600 casques bleus … et 1000 Français

Le 1er juillet prochain, la mission des Nations unies débutera officiellement au Mali. Pour la première fois, des casques bleus vont être directement opposés à une menace terroriste. Ils seront appuyé par les Français, qui devraient maintenir la pression sur les groupes djihadistes.

Près de 13 000 hommes participeront à la Minusma. ©EMA / ECPAD

Près de 13 000 hommes participeront à la Minusma. ©EMA / ECPAD

Jeudi, le Conseil de sécurité des Nations unies a validé la décision de mettre en oeuvre une mission onusienne au Mali. La Minusma, pour Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali sera officiellement opérationnelle à partir du 1er juillet prochain. D’ici là, il faut nommer un haut représentant, qui commandera la force, ainsi que les Etats participants aux effectifs. Des effectifs conséquents puisque l’on parle de 11 200 militaires et 1 440 policiers.

Déployée sous chapitre 7 de la charte des Nations unies la Minusma pourra déployer une puissance plus coercitive que sur d’autres théâtres comme la République démocratique du Congo ou la Côte d’Ivoire. Si sa principale mission reste la protection des civils et des zones libérées, astreignant les casques bleus au respect de la légitime défense, la force sera aussi autorisé à faire de la prévention en neutralisant d’éventuels terroristes avant qu’ils ne passent à l’acte.

Pour fournir les effectifs, on compte sur les pays qui participent déjà à la Misma et qui ont aligné pour l’instant un peu plus de 6000 hommes sur le terrain. Le Tchad, notamment, ambitionne d’obtenir le commandement opérationnel de cette force. Les troupes nigériennes devraient également être intégrées. RFI évoque aussi la possibilité, de son côté, d’une participation humaine de la part de pays d’Europe du nord et de Mauritaniens.

Ce changement de pavillon est crucial pour les pays africains participant à la Misma. Le déploiement d’une mission des Nations unies comprend le financement des effectifs fournis par les différents pays. Une bouffée d’air précieuse pour certains Etats, comme le Tchad notamment, pour lequel ces opérations représentent un investissement très lourd.

Les Français, eux, ne devraient pas outre mesure passer sous le pavillon des casques bleus. A la manière de ce qui se passe en Côte d’Ivoire, le contingent tricolore gardera son autonomie et se tiendra prêt à renforcer la Minusma au besoin. Le gros de son travail, confié aux 1000 hommes qui resteront au second semestre 2013, consistera à maintenir la pression sur les djihadistes qui pourraient ambitionner un retour. Ce sont eux qui seront principalement en charge de la mission de contre-terrorisme.

A noter que pour les djihadistes, les pertes ces derniers mois ont été importantes. Les Français ont tué plus de 600 combattants, récupéré 200 tonnes d’armement et détruit le gros de l’infrastructure logistique adverse. La semaine passée, en dehors de quelques sorties aériennes, les tricolores n’ont pas échangé de coups de feu avec leurs ennemis. Cela ne signifie cependant pas encore une sécurisation de la région : des mouvements continuent d’être observés en permanence, l’armée française préférant actuellement éviter les combats.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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