La police militaire, nounous des légionnaires

La Légion étrangère dispose encore d’une police militaire en propre dont le rôle n’est pas toujours évident. La député Marylise Lebranchu (PS) s’interrogeait ainsi en juin dernier sur les spécificités de cette unité. Le ministère de la Défense décrit des chaperons chargés d’accompagner les légionnaires dans leurs sorties.

70% des légionnaires restent originaires de pays étrangers. Les 30% de Français changent de nationalité.

En France, le travail de police militaire, ou plutôt de prévauté, est exécuté par la Gendarmerie. La Légion étrangère en a pourtant bien une. Ses membres se distinguent par des brassards rouges et verts portant les lettres PM.

Le 15 juin dernier, la député et ancienne Garde des Sceaux Marylise Lebranchu (PS) posait ainsi la question au ministère de la Défense, s’interrogeant sur le rôle de cette police militaire. Outre la sélection et les objectifs de cette unité, elle soulève le doute suivant : « d’anciens légionnaires indiquent que cette police serait chargée de mener des enquêtes internes sur l’identité des légionnaires, leurs agissements dans le civil notamment concernant leurs dépenses de consommation ». Une idée déjà relayée par l’Association de défense des droits des militaires (ADEFDROMIL) en 2008.

Le ministère de la Défense dans sa réponse datée d’hier nie toute implication de la police militaire de la Légion dans ces missions. Son objectif est exclusivement de maintenir la discipline de cette arme lorsque les légionnaires sortent de la caserne. Ces « policiers militaires » sont aussi un intermédiaire avec une société française que beaucoup de ces engagés d’origines étrangères connaissent peu.

Les légionnaires ont une situation très spécifique vis à vis de la loi. Avant que leur nouvelle identité ne leur soit attribuée, une enquête est effectuée par l’armée pour vérifier leur histoire et leur passé. C’est la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) qui s’en charge. Autre différence avec les Français lambdas, les légionnaires ne peuvent pas disposer librement de comptes en banques, d’automobiles ou de téléphones portables. Ces équipements mais aussi un éventuel mariage sont soumis au contrôle de l’autorité militaire sous la forme de plusieurs services sociaux au sein des régiments.

Marylise Lebranchu s’est déjà penchée sur ces questions en février dernier dans un rapport sur la Légion qui soulève plusieurs irrégularités quand à leur situation. Certains s’interrogent sur le besoin aujourd’hui de maintenir un certain nombre d’exceptions pour ces soldats qui peuvent entraîner certaines conséquences et notamment une certaine forme de pression de la part de la hiérarchie qui devient maîtresse de l’avenir du légionnaire sur le sol français.

La réponse du ministère précise également que cette police militaire ne dispose d’aucun armement en dehors de la caserne et n’a aucune autorité policière ou judiciaire sur les soldats. Ses membres sont sélectionnés en fonction de leur exemplarité et de la qualité de leurs services.

Photo : Sergent Deffner

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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Commentaires (5)

  • Gwydyon

    Mme Le Branchu s’intéresse décidemment beaucoup à la Légion Etrangère; Sans doute avec l’intention de porter atteinte à ce corps d’élite. Sinon pourquoi cherchez systématiquement à monter en épingles les moindres faits.
    Il n’en demeure pas moins que la création d’une police militaire avec les prérogatives juridiques nécessaires permettrait de clarifier la situation de la gendarmerie nationale.
    C’est le cas ailleurs. Cela pourrait être le cas ici.

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    • Romain Mielcarek

      Je doute que dans sa tête elle ait pour objectif de « porter atteinte » à la Légion.
      Mais peut être de corriger certaines choses qu’elle ne doit pas trouver normales à l’heure actuelle.
      C’est aussi le travail des parlementaires de mettre des coups de pied dans la fourmilière !

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  • lherbier

    de koi cette dame s occupe t elle la légion étrangére es une arme d élite et éxemplaire donc que cette dame reste a sa place et ne s occupe pas de cette belle légion

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  • tizu

    Elle cherche les problemes où il n’y en a pas.
    La P.M sert a surveiller les légionnaires en dehors du régiment en organisent des patrouilles. Ils traquent les légionnaires en civils, les légionnaire qui porteraient mal leurs uniformes… La PM Pour un légionnaire, c’est rien de méchant ;)

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  • Ba

    Madame,
    La PM ou plutot Patrouille de la legion etranger permet aux legionnaires de s’inscrire dans la societe. Des etrangers au service de la france, ayant tout quitte, ayant un dixieme de ce que possede notre pays, lache dans une societe de sur consommation!!!!!!!
    Et vous vous dites agir dans l’interet de la nation? Ne parle pas de chose que vous ne maitrise pas.
    Interessez-vous a ces legionnaires et leur mode de vie et apres on en reparlera.

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