Quels sous-vêtements pour l’armée ?

Quel militaire n’a pas grimacé en voyant le lot de sous-vêtements perçu avec son paquetage ? De cette inadaptation, une certaine liberté s’est installée dans le choix des sous-vêtements. Le ministère de la Défense vient de confier une commande à la marque de dessous Eminence, propriétaire de la célèbre griffe Athena, plébiscitée par les athlètes. Le contrat concerne des tricots aux propriétés bien particulières, destinés à réduire l’empreinte infrarouge des soldats.

Bientôt en version camouflage Europe ?

« Nous avons développé une technologie spécifique pour fabriquer un polo à manches longues, à col zippé », explique le président d’Eminence dans le Figaro. Le vêtement doit permettre de diminuer l’empreinte des soldats. La marque livre déjà l’armée de terre depuis deux ans. Elle fournissait déjà des chemises réduisant la visibilité à l’infrarouge. Elle livre également aux pompiers militaires des vêtements dont les mailles résistent mieux aux flammes.

Vieille de plus de 60 ans, la marque a obtenu ses lettres de noblesses dans le sous-vêtement masculin. En 2011, elle est bénéficiaire et génère 142 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 100 millions sur le territoire français où se trouvent près de 70% des employés du groupe. Connu aussi bien pour ses sous-vêtements sportifs Athena que pour une ligne low-cost lancée en 2009, Eminence gagne avec le marché militaire un nouveau segment potentiellement très intéressant. Ce contrat représente à lui seul 10 millions d’euros sur trois ans.

La marque, qui a déjà convaincu athlètes et tennismen pourrait donc prochaînement gagner en présence sur le marché militaire. Elle semble en tous les cas partie pour investir et développer des technologies répondant aux besoins des militaires déployés en opération. En attendant de percevoir les bons vieux slips kanrougous lancés par Eminence en 1947 …

Photo : visuel publicitaire de la marque Athena

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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Commentaires (1)

  • Desalpages

    Les sous-vêtements devraient recouvrir la totalité du corps et être noirs ou d’une couleur invisible la nuit, et pourquoi pas dans le fameux tissus qui rend pratiquement invisible, les chefs pourraient chercher un sacré moment leurs hommes…

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