Serval, trois mois, 200 millions de surcoûts OPEX

L’opération Serval n’ayant pas été prévue, son budget est ponctionné sur l’enveloppe des « surcoûts OPEX ». Un tiers, 205 millions d’euros, des approvisionnements annuels, auraient déjà été dépensés dans l’intervention au Mali.

Le ministère de la Défense a annoncé jeudi matin quelques chiffres sur le coût de l’opération Serval, au Mali. La méthode de calcul française ne prend en compte que les surcoûts engendrés par l’opération et pas le coût global. L’entretien des matériels, les soldes et autres frais fixes, qui seraient payés dans tous les cas en métropole dans le cadre des activités habituelles, ne sont pas intégrés à ce montant.

Répartition du surcoût de l'opération Serval au Mali.

Répartition du surcoût de l’opération Serval au Mali.

En suivant ces données, on arrive à un peu plus de 200 millions d’euros estimés. Ils se répartissent principalement entre le transport stratégique des hommes et des matériels (91 millions), le versement des primes aux soldats (55 millions) et les autres dépenses incluant munitions et carburant (59 millions). Ces dépenses ont augmenté radicalement lors du premier mois de déploiement, ce dernier réclamant un effort important. Depuis fin février, elles ont continuer de croître, à un rythme moindre.

Le général Martin Klotz, porte-parole adjoint du ministère de la Défense, s’attend à ce que la courbe commence à baisser. Les premiers retraits et les premiers départs devraient permettre à terme d’amorcer une diminution des surcoûts opérationnels. Mi avril, 3950 soldats sont toujours présents au Mali. Ils doivent ne plus être que 2000 fin juillet.

Les surcoûts en OPEX depuis dix ans.

Les surcoûts en OPEX depuis dix ans.

Ces 200 millions d’euros sont directement tirés de la provision annuelle pour les surcoûts des opérations extérieures. Cette enveloppe est fixée en 2013, pour la troisième année consécutive, à 630 millions d’euros. En cas de dépassement le gouvernement doit redéployer des fonds au niveau interministériel, au profit de la Défense. C’est ce qui arrive chaque année mais qui a été particulièrement visible en 2011, année marquée par plusieurs grosses opérations dont Harmattan en Libye, qui a vu multiplier par deux ce poste de dépenses.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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