En attendant les négociations avec les touaregs, l’armée malienne poursuit sa progression vers Kidal

Après de violents combats au sud de Kidal, l’armée malienne ne serait plus qu’à quelques dizaines de kilomètres de la ville. En attendant les négociations qui doivent se dérouler à Ouagadougou vendredi, les rebelles se retranchent dans leur dernier bastion.

Après de violents combats dans le secteur d'Anefis, l'armée malienne ne serait plus qu'à quelques dizaines de kilomètres de Kidal. ©DR

Après de violents combats dans le secteur d’Anefis, l’armée malienne ne serait plus qu’à quelques dizaines de kilomètres de Kidal. ©DR

L’armée malienne progresse vers Kidal, la dernière ville occupée par les touaregs dans le nord du Mali. Mercredi, de violents combats ont opposés les forces gouvernementales à ces rebelles à Anefis, bourgade située à une centaine de kilomètres au sud. Selon le colonel Didier Dacko, commandant malien de l’opération, militaires et combattants du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) se sont affrontés pendant deux heures. Souleymane Maïga, le porte-parole de l’armée, annonce un bilan contesté par ses adversaire de deux morts de son côté et de dix tués et une trentaine de prisonnier parmi les touaregs.

Le MNLA, qui dénonce une «agression», se serait replié vers Kidal. Les touaregs assurent avoir capturer une douzaine de Maliens. Ces combats, au cours desquels les armées française et africaines ont évité d’intervenir, ont été dénoncé par la communauté internationale. Washington, par exemple, exhorte les deux camps à éviter l’escalade de la violence et de la vengeance en attendant les négociations qui doivent se dérouler vendredi.

L’armée malienne poursuit sa progression vers Kidal. Jeudi 6 avril, en cours de matinée, elle se situerait à quelques dizaines de kilomètres de son objectif. Les militaires assurent, depuis mardi, être en position et en mesure de reconquérir Kidal. Ils appellent les derniers rebelles à déposer les armes avant leur arrivée pour faciliter l’entrée dans la ville.

Difficiles négociations

En ralliant les jihadistes d'AQMI et du Mujao, les rebelles touaregs ont achevé leur rupture avec les populations noires du nord-Mali. ©DR

En ralliant les jihadistes d’AQMI et du Mujao, les rebelles touaregs ont achevé leur rupture avec les populations noires du nord-Mali. ©DR

Vendredi, les autorités du gouvernement de transition malien doivent rencontrer les représentants des deux mouvements touaregs basés à Kidal. Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso, doit accueillir les émissaires à Ouagadougou. Le médiateur de la Cédéao pour la crise malienne rencontrera d’abord chacun des acteurs avant que des pourparlers en face à face ne soient menés. Les touaregs seront représentés par des leaders du MNLA et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), une autre organisation moins radicale qui contrôle une partie de Kidal.

Bamako dénonce des «épurations ethniques» menées par les rebelles touaregs à Kidal. Le MNLA aurait mené une vague de violence contre les populations noires de la ville, arrêtant ou expulsant plusieurs dizaines de personnes accusées d’être des agents de renseignement du gouvernement. Cette rencontre doit permettre de trouver d’ici lundi un accord entre les deux camps pour assurer la tenue des élections nationales le 28 juillet prochain.

Les touaregs dénoncent la faible prise en compte de leur population dans le nord du pays. Ils réclament plus d’autonomie et désignent Kidal comme leur capitale. Leur volonté d’indépendance reste en opposition avec les mandats internationaux qui réclament la réunification totale, sécuritaire et politique, du Mali. S’ils sont nombreux dans la moitié nord du pays, les touaregs restent minoritaires et peinent à s’intégrer pleinement avec les autres ethnies à la peau noire de cette région. Leur ralliement aux jihadistes, lors de la conquête de l’Azawad, n’ont rien fait pour favoriser la bonne entente entre ces différentes communautés.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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Commentaires (1)

  • Ousmane Diarra

    C’est du n’importe quoi. Combien de fois les Touaregs ont publiquement dénoncé les activités du MNLA comme n’étant pas leur cause ?Si c’est ça être journaliste spécialisé, vous en êtes bien un.

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