Leurres anti-torpilles : de la séduction à la confusion

Les marines modernes doivent garder des moyens de défense et d’attaque au niveau. Etre prêt à affronter les armes les plus dangereuses le moment venu impose aux industriels de développer des solutions adéquates. Coup d’oeil sur les nouveaux leurres anti-torpilles de DCNS qui devront équiper certains bâtiments de la Marine nationale.

Le Contralto-S (version sous-marin) et le Contralto-V (version bâtiment de surface).

Changement de stratégie pour les leurres anti-torpilles. Les tactiques de « séduction » employées jusque là ne sont plus suffisamment efficaces pour protéger les navires contre des armes de plus en plus intelligentes. Avec les Contralto, DCNS préfère semer la confusion dans les cerveaux électroniques, un concept nouveau adopté par l’industriel depuis 2005. Plutôt que d’imiter la signature d’un navire, ce leurre émet des suites de signaux sonores qui vont multiplier les fausses pistes. La torpille va ainsi être perdue et tourner en rond sous l’eau, perdant ainsi un temps considérable qui permettra au bâtiment ciblé d’engager des manœuvres d’évitement et d’évasion.

Deux versions seront disponibles. Le Contralto-S doit équiper les sous-marins français d’ici 5 ans. Lancé par salves de deux engins, il peut créer jusqu’à une centaine d’indications contradictoires. Pour être pleinement efficace, il nécessite 6 à 12 tubes qui peuvent être ajoutés comme améliorations sur des bâtiments déjà existants. Pour les navires de surface, la version Contralto-V est actuellement testée par la Marine nationale pour éventuellement équiper un jour les FREMM. Il fonctionne de la même manière même s’il repose généralement plutôt sur des salves de 2 + 1 ogives.

Article publié initialement sur DSI-presse.

Photo : Romain Mielcarek

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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