Combien ça coûte une heure de vol militaire ? Le ministère botte en touche

Actualité oblige, les questions de budgets sont au coeur des préoccupations politiques. Celles des investissements aéronautiques aussi. Le député François Cornut-Gentille réclame des précisions quant à celui des vols des appareils français. La réponse du ministère ne le satisfait guère.

Le député (UMP) de la Haute-Marne, François Cornut-Gentille, est un habitué des saillies à l’égard du fonctionnement politique de nos armées, notamment sur son aspect budgétaire. Il évoque cette fois sur son blog la réponse évasive à l’une de ses questions au ministre : « Préciser le coût budgétaire de l’heure de vol pour chacun des aéronefs, avions et hélicoptères, en service dans les armées« .

Une question tatillon ? Oui, mais qui peut mettre fin, ou tout du moins participer, aux débats sur les choix de matériels. En effet, des chiffres circulent régulièrement sur le coût de l’heure de vol d’un Rafale ou d’un Tigre. Des évaluations dont on peine toujours à comprendre ce qu’elles intègrent comme données. L’élu précise par exemple que, « outre la réponse au besoin opérationnel, la décision d’acquisition repose sur le coût initial, mais aussi celui lié à la maintenance et à celui de l’heure de vol« .

Réponse officielle du ministre – via ses équipes, remarque bien François Cornut-Gentille – :

« Depuis 2005, la mission de modernisation du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques (MMAé)du ministère de la défense a mis en place une méthode et un outil pour, d’une part, évaluer les dépenses réalisées annuellement pour assurer le maintien en condition opérationnelle (MCO) de chacune des flottes, d’autre part, établir une estimation du besoin financier à un horizon de 15 ans. La méthode de calcul du coût du MCO par appareil prend en considération les dépenses en personnel (rémunérations et charges sociales – RCS), les dépenses d’entretien programmé des matériels (EPM), ainsi que les dépenses de soutien. Cette méthode, qui bénéficie des apports du système d’information budgétaire interministérielle CHORUS, fait actuellement l’objet de réflexions menées dans le cadre des travaux engagés par le ministère de la défense, auxquels participe la MMAé, visant à doter le ministère d’une solide comptabilité analytique (GT ARAMIS). Ainsi, et de façon synthétique, entre 2005 et 2010, la dépense globale de soutien (RCS + EPM + budgets de fonctionnement) s’est établie entre 3 300 et 3 400 millions d’euros (M), avec un EPM en augmentation et des RCS en diminution, du fait de l’application de la révision générale des politiques publiques depuis 2007, alors que l’activité aérienne a diminué de 13 % et le parc de 21 % sur cette même période. »

Jargonneux ? Peut-être un peu. Alors le ministère donne ce petit tableau pour résumer :

TYPE
D’AÉRONEF
MOYENNE DES 3 COÛTS
les plus importants
MOYENNE DES 3 COÛTS
les moins importants
Avions 26 235 € 1 344 €
Hélicoptères 32 480 € 4 323 €

Tableau qui agace passablement l’élu de la Haute-Marne qui y voit – au mieux – un vilain pied de nez : « Pour une question demandant le coût budgétaire de l’heure de vol « pour chacun des aéronefs », la réponse s’apparente plus à un pied de nez qu’à une contribution à l’information du Parlement. Face à ce refus de répondre, François Cornut-Gentille a de nouveau déposé une question écrite demandant des données plus détaillées. A suivre…« 

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