Etats-Unis : Le Pentagone autorise les femmes en première ligne
L’interdiction pour les femmes militaires de combattre sur les lignes de front va être levée par le Pentagone d’ici à 2016. Une décision qui reflète l’évolution des mentalités mais aussi une réalité de terrain.
Léon Panetta, le Secrétaire à la Défense, a annoncé jeudi l’autorisation accordée aux femmes militaires américaines de combattre en première ligne. L’interdiction, en vigueur depuis 1994, sera supprimée d’ici à 2016.
L’autorisation des femmes militaires à combattre est une avancée sociale considérable pour l’égalité des droits. Elle intervient moins d’un an et demi après l’abolition de la loi « Don’t ask, don’t tell », obligeant les militaires américains à taire leur homosexualité sous peine d’exclusion.
Cette décision entérine « la réalité des opérations militaires au XXIe siècle » selon Michigan Carl Levin, président de la commission des Forces armées en Irak et en Afghanistan, « les femmes militaires étaient confrontées à des conflits tribaux, sans ligne de front réellement définie« . Les femmes militaires se sont retrouvées en première ligne, tout aussi exposées que les hommes. Depuis 2001 plus de 280 000 femmes ont été envoyées sur ces deux théâtres d’opérations soit 12% des effectifs.
Pourtant, elles ne sont pas autorisées à servir dans les unités d’infanteries ou à conduire des chars. Elles servent notamment dans le cadre de la fameuse conquête des cœurs et des esprits, leur sexe permettant d’accéder aux populations féminines.
L’explosion du nombre de femmes sur le terrain nécessite de trouver des solutions adaptées. Du point de vu de l’équipement par exemple : « Les hanches frottent, les gilets sont trop longs… donc quand nos femmes-soldats montent des marches, gravissent une colline, grimpent dans un arbre ou restent longtemps assises dans un véhicule, leur combinaison crée des points de pression inconfortables et bloquent la circulation sanguine« , a expliqué le lieutenant-colonel Frank Lozano, au Christian Science Monitor.
Mais des questions plus fondamentales subsistent : Les femmes peuvent-elles tenir le physiquement dans des unités d’élites qui demandent une endurance physique hors normes? Certains hommes ne se laisseraient-ils pas piéger par des réflexes paternalistes afin de protéger les femmes ? Dans un espace confiné tel un sous-marin, n’est-il pas risqué de laisser une femme avec une dizaine d’hommes ?
Lorsque l’on connaît l’ampleur des viols perpétrés au sein de l’armée américaine, on est en droit de se poser la question : comment permettre la cohabitation de femmes dans ces milieux sans prendre de risques ? Les différentes branches de l’armée ont jusqu’au 15 mai pour préciser les solutions proposées pour l’intégration des femmes aux corps de combats. Des exceptions pourront être accordées après validation par le Pentagone et le Congrès.
Photo : Marine Corps / Pfc. Tyler Main
