19 entreprises de défense piratées

Symantec a annoncé en début de semaine qu’une cinquantaine d’entreprises ont été prises pour cible par un virus. L’auteur de l’attaque, un jeune Chinois basé dans le nord du pays, aurait cherché à obtenir des secrets industriels. Il s’est servit de simples emails pour pénétrer dans les ordinateurs d’employés de 19 groupes travaillant pour la Défense, notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Première faille des entreprises : le manque de connaissance et de prudence des personnels.

Une invitation à un meeting professionnel ou encore un avertissement sécuritaire. De simples courriers électroniques envoyés à des employés d’une cinquantaine d’entreprises ont permis le vol de données industrielles. Les victimes ont téléchargé les pièces jointes qui contenaient un virus, PoisonIvy, ouvrant ainsi les portes de leurs ordinateurs à l’auteur de l’attaque qui a directement ciblé de quelques dizaines à quelques centaines de proies à chaque fois.

Parmi ces sociétés se trouvent 19 entreprises liées au secteur de la défense. Des grands noms de la chimie dont certains font partie du classement américain Fortune 100. Ces composants utilisés notamment dans des alliages de blindages de véhicules militaires peuvent intéresser n’importe quel constructeur concurrent. La majorité des cibles étaient basées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, mais aussi au Danemark et au Bengladesh.

Le responsable serait un jeune Chinois de 20 ans originaire de la province de Hebei, dans le nord de la Chine. Identifié grâce à une adresse ip délocalisée aux Etats-Unis, il assure n’avoir cherché qu’à accéder à un système de messagerie. Les enquêteurs craignent pourtant que l’objectif relève bien de l’espionnage industriel.

Des pratiques banales

Greg Day, chef de du service technologie chez Symanted, a regretté auprès de la BBC que « malheureusement ce type de comportement devient banal ». « Pendant une vingtaine d’années, le cybercrime ciblait tout le monde, de manière générale », explique t-il. « Nous avons ensuite vu émerger des techniques très évoluées demandant beaucoup de temps et d’efforts pour cibler des organisations internationales. »

Services de sécurité, de renseignement et sociétés de protection informatique continuent d’alerter les entreprises sur les risques liés aux supports numériques. De très nombreux incidents pourraient être évités avec un minimum de prudence et de sensibilisation sur ces sujets. L’accès à des technologies relevant du domaine militaire est évidemment alarmant. Mais ce type de menace concerne l’ensemble des acteurs globaux : industries privées de tous les secteurs, organisations internationales, institutions, services d’Etat. Si l’espionnage industriel est une motivation récurrente, la montée en puissance de cyber-activistes pose des questions évidentes de sécurité pour l’ensemble de ces organismes.

Lire aussi :
Anonymous menace l’OTAN.
Avec Facebook, mamie prend le thé avec Al Qaida.
La peur d’un Pearl Harbor numérique.

Photo : DR

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

Nombre d'entrées : 851

Laisser un commentaire

© 2009-2013 Romain Mielcarek

Retour en haut de la page