Cachemire : de la décapitation à la menace nucléaire
Si le Cachemire est une région habituée des escarmouches, les violences semblent avoir franchit un cap début 2013. Trop de soldats pakistanais tués, deux Indiens décapités … les autorités crient à l’imminence d’une escalade nucléaire. Du coup, la presse donne d’improbables conseils à la population.
Depuis le début de l’année 2013, les tensions entre l’Inde et le Pakistan en sont revenu aux violences les plus inquiétantes. Lundi, des officiels indiens de la région ont fait publier dans les journaux locaux quelques avertissements. « Les gens doivent construire des abris sous-terrain pour abriter leurs familles » ou encore « faites des provisions de nourriture et d’eau », avertit notamment le Grand Cachemire. Le ton est tellement monté que les élus craignent en effet l’escalade jusqu’à un conflit nucléaire entre les deux pays.
Ces dernières semaines, les escarmouches se sont multipliées dans des proportions qui n’avaient pas été observées depuis 2003. Au moins une quinzaine de militaires pakistanais auraient ainsi été tués le long de la ligne de démarcation qui sépare les deux pays. L’armée pakistanaise dénonce des tirs « non provoqués » de la part de soldats indiens alors qu’un cessez le feu est en cours. Toujours côté pakistanais, des responsables locaux ont aussi accusé les Indiens de tirer par intermittence, y compris sur les villages, blessant plusieurs civils.
En face, les Indiens formulent des reproches tout aussi inquiétants. Depuis deux semaines, la presse : des militaires pakistanais se seraient perdus dans le brouillard, entrainant un combat qui a coûté la vie à deux soldats indiens. Des drames qui se produisent régulièrement mais qui ont cette-fois dégénéré : les deux corps sont décapités et les têtes n’ont pas été rendue aux autorité. Au Parlement, à New Delhi, l’opposition attise les braises en réclamant pour chacune des victimes « dix têtes de l’autre côté ».
Depuis, le niveau de menace progresse. Les Pakistanais accusent les Indiens d’avoir fabriqué l’affaire de toute pièce. Officiellement, les deux camps nient la responsabilité des mutilations. Certains craignent que des groupes djihadistes cachemiris soient les auteurs de ces décapitations. Les militaires pakistanais ont-ils laissé faire ? Personne ne sait.
Si l’arme nucléaire n’a pas été officiellement évoquée, elle reste la grande peur dans ce conflit qui dure depuis 1947, Inde et Pakistan réclamant la souveraineté sur la région du Cachemire. Dans cette zone, médias et politiques entretiennent la psychose en donnant des conseils délirants. « Une faible protection est meilleure que pas de protection du tout », peut-on lire dans le journal. « Après le choc initial, restez au sol. Attendez que le vent soit tombé, ainsi que les derniers débris. Si la déflagration ne vous atteint pas dans les cinq secondes qui suivent le flash, vous étiez suffisamment loin du point d’impact. »
Photo : Armée indienne
