Djamel Okacha, le nouveau patron d’AQMI au Mali

La nomination d’un nouveau chef d’AQMI pour le nord Mali et le sud algérien vient confirmer la mort d’Abou Zeid. Homme expérimenté et proche du chef suprême de l’organisation, Djamel Okacha va devoir réorganiser tout l’effort militaire du mouvement djihadiste après d’importantes pertes au combat.

D’après la chaîne de télévision algérienne Ennahar TV, ce dimanche, c’est Djamel Okacha qui devrait prendre le relais d’Abou Zeid comme commandant régional d’AQMI (Al Qaeda au Maghreb islamique), en charge de l’une des principales katibas djihadistes opérant dans le nord du Mali. Djamel Okacha, un Algérien de 34 ans, est un proche d’Abdelmalek Droukdel, l’émir d’AQMI, dont il est décrit comme étant le bras droit. Sa principale mission devrait être de réorganiser ses forces, notamment en sélectionnant de nouveaux cadres après d’importantes pertes face aux troupes françaises et tchadiennes ces dernières semaines.

Cette annonce est survenue alors que l’Elysée confirmait la semaine passée par communiqué, après trois semaines de suspense, la mort d’Abou Zeid. François Hollande en a profité pour saluer « une importante étape dans le combat contre le terrorisme au Sahel« . Algérien lui aussi, Abou Zeid était un djihadiste particulièrement influent dans la région, décrit comme silencieux et particulièrement sanguinaire. Il est considéré comme responsable de la mort du Français Michel Germaneau et de l’exécution du Britannique Edwin Dyer.

Son remplaçant, dont la nomination doit encore être confirmée par le conseil d’AQMI, est accusé pour sa part de l’assassinat d’un Américain en 2009 et d’attaques contre des installations militaires en Mauritanie en 2005. Selon des sources sécuritaires interrogées par l’agence Reuters, Djamel Okacha a rejoint AQMI en 2004, après avoir fait partie d’autres groupes djihadistes dans la région. Il se retrouve en charge des opérations dans le sud de l’Algérie et dans le nord du Mali. Il était auparavant émir du Sahara.

Fort d’une certaine réputation au sein de toute l’organisation, il est pressenti par certains spécialistes comme quelqu’un qui ne devrait pas s’opposer à Mokhtar Belmoktar, autre chef djihadiste affilié à AQMI qui était en opposition avec Abou Zeid. La mort de celui qui a revendiqué l’attaque d’In Amenas a été annoncée par le Tchad … mais toujours pas confirmée par d’autres sources depuis.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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