L’étonnant parcours d’Eric Harroun, un ancien militaire blanc américain devenu djihadiste en Syrie
L’Amérique découvre l’histoire d’Eric Harroun, un blanc originaire de l’Arizona qui combat aux côtés des djihadistes en Syrie … tout en racontant comment il rêve de « se taper » des filles en Turquie une bonne bière à la main.
Les médias anglo-saxons s’étonnent depuis quelques semaines de l’incroyable histoire d’Eric Harroun, un blanc américain natif de Phoenix, Arizona, qui s’est lancé dans le djihad aux côtés des Syriens. L’homme est apparu dans une première vidéo où il menaçait directement, en anglais, le président Bachar al-Assad : « Tu vas mourir, quoi que tu fasses … nous te retrouverons et te tuerons ! » Il est ensuite apparu à plusieurs reprises sur d’autres documents, triomphant aux côtés de djihadistes d’un hélicoptère syrien, ou encore prêt au combat.
Surnommé « l’Américain« , Harroun est devenu l’objet d’une bataille de propagandes. D’un côté, les rebelles le brandissent comme un étendard d’un djihad international contre l’opresseur Al-Assad. De l’autre, Damas a assuré dans un communiqué avoir tué ce « terroriste« . Lui, a pu prouver être bien vivant, répondant à plusieurs interview depuis le sol turc.
Ce personnage intrigue les spécialistes par sa tendance changer régulièrement de discours. Il raconte dans un premier temps être né de mère libanaise, avoir rejoint l’insurrection aux côtés de la brigade djihadiste Jabhat al-Nosra … avant de décliner tout lien direct avec ce groupe considéré comme terroriste. Il a ensuite assuré participer aux combats aux côtés des soldats de l’armée syrienne libre.
Les journalistes, après enquête, en sont arrivés à des conclusions tout aussi surprenantes : Eric Harroun serait un simple Américain, né de parents chrétiens dans l’Arizona. Il a fait partie de l’armée, pendant quatre ans au sein de la 586ème compagnie du génie, sans jamais être déployé en opération. Il aurait découvert l’islam à l’école, au contact de deux frères irakiens. Personne ne sait pour l’instant comment il s’est dirigé vers une pratique plus radicale et engagée, en rejoignant le djihad en Syrie.
En Syrie, il est à présent à peu prêt certain qu’il fréquent la Jabhat al-Nosra. Il a admis en avoir rencontré le leader, Abou Mohammed al-Julani et avoir largement sympathisé avec un combattant du nom de Sheeshani (le Tchétchène). Harroun, sans s’étendre sur sa pratique de l’islam, tient en permanence des propos antisémites. A travers ce qui relève de la paranoïa la plus complète, il accuse à plusieurs reprises les journalistes qui l’interviewent d’être à la solde de la CIA ou des services israéliens.
Au cours de ces discussions, Eric Harroun fait preuve d’une pratique de l’islam des plus paradoxales. Il assume parfaitement boire de la bière – il a été condamné à plusieurs reprises aux Etats-Unis pour conduite en état d’ivresse. Il évoque sans remords son goût pour les femmes turques, ventant les mérites d’Istanbul où il raconte essayer « de se taper une de ces filles turques lol« .
Vous pouvez lire une description intégrale des échanges entre les journalistes Ilan Ben Zion et Greg Tepper avec Eric Harroun sur le site de Foreign Policy.
