Le Hamas maintient la pression avec un film d’animation
« L’espoir demeure. » C’est la conclusion du film diffusé par le Hamas aujourd’hui. Le petit montage de trois minutes joue sur la corde sensible de l’attente du père de Gilad Shalit, le soldat israélien retenu en otage. Un moyen de maintenir cette affaire à la une des médias alors que les négociations n’aboutissent pas, Hamas et gouvernement israélien s’accusant mutuellement de bloquer les discussions.
Le père de Gilad Shalit erre dans les rues vides d’Israël. Au fil des trois minutes du film d’animation diffusé aujourd’hui par les brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, l’homme vieillit dans le désespoir le plus complet. En bande sonore, une musique triste et des enregistrements diffusés par le passé du jeune otage réclamant au gouvernement de céder. A la fin, le soldat revient dans un cercueil. Son père se réveille de ce mauvais rêve.
« L’espoir demeure. » C’est donc la conclusion de ce film. Le Hamas veut ainsi rappeler qu’il est près à aller jusqu’au bout s’il le faut. La voix off rappelle le sort qui a été réservé au pilote Ron Arad, enlevé au Sud Liban en 1986 et supposé mort pendant sa détention. Le Hamas insinue dans cette vidéo que les gouvernements israéliens se succéderont sans obtenir de résultats. Les dirigeants du mouvement islamiste accuse Benyamin Netanyahou de chercher à gagner du temps. Sa proposition de libérer 450 prisonniers via la médiation de l’Allemagne et de l’Egypte n’a pour l’instant pas obtenu de réponses. Il reproche donc au Hamas de bloquer les négociations.
Mais cette vidéo s’adresse aussi à la jeunesse palestinienne voir musulmane en général. Le message contenu est présenté de manière à séduire les jeunes générations en appuyant sur la corde sensible de la résistance et de la lutte. Les islamistes se gardent d’avoir le mauvais rôle dans le court-métrage, affichant la volonté de conclure positivement cette affaire. Ce montage est un exemple parfait de l’utilisation qui peut être fait de la communication : menacer l’opposant tout en recrutant dans son propre camp.
Gilad Shalit est prisonnier du Hamas depuis le 25 juin 2006. Ce jeune tankiste a été enlevé au cours d’une attaque d’un poste frontière par des combattants islamistes qui cherchent depuis à le monayer contre la libération de quelques 1 000 de leurs prisonniers capturés à la même époque.