Portrait d’un djihadiste tchétchène
Suite à l’attentat de Boston, dont les deux principaux suspects sont d’origine tchétchène, la presse américaine se penche largement sur les conflictualités de cette région. Foreign Policy propose le portrait d’un djihadiste venu de cette région, qui combat en Syrie.
Il se fait appeler Abou Hamza mais refuse le titre de djihadiste. Le journaliste Nicholas Clayton a pu le rencontrer dans les gorges de Pankisi, en Georgie, la veille de l’attentat de Boston qui a fait trois morts. C’est là que se regroupent de nombreux réfugiés tchétchènes C’est là aussi que différentes factions recrutent des candidats au djihad, face aux Russes ou à d’autres.
« Je suis en Syrie parce que j’ai vu les vidéos d’enfants et de femmes innocents se faire tuer. Je voulais combattre le régime syrien et rejoindre l’opposition. Je voulais tuer Bachar. » Abou Hamza a rejoint une cellule d’une soixantaine de combattants, dont il refuse de donner le nom pour des raisons de sécurité. Dans leurs rangs, une dizaine de Tchétchènes, des Azéris, des Indiens, des Arabes et même un Américain plutôt « cool ».
Ces combattants tchétchènes sont des recrues de choix, en Syrie. « On en trouve qui viennent de tous les pays d’Europe où vous pouvez trouver des Tchétchènes », explique Abou Hamza. Des vétérans, qui ont fait l’Afghanistan. Des gamins aussi, des adolescents qui portent une arme pour la première fois. Ils pourraient être une centaine, selon lui, à combattre en Syrie.
Lui assure ne pas avoir été recruté dans la mosquée salafiste construite dans les gorges de Pankisi, foyer de nombreux réfugiés et lieu d’entraînement de ceux qui veulent toujours affronter Moscou. Il remarque simplement que pour les Tchétchènes, le choix est maigre : « Pour les 190 000 réfugiés, c’est l’asile à l’ouest, le mal du pays, les complications administratives d’une vie dans un pays étranger. Pour les autres, qui sont restés, c’est l’absence d’éducation et la misère dans un pays où persistent les mines et les arrestations arbitraires. »