Mali : l’affaire Onfray
Lorsque le philosophe Michel Onfray se risque à improviser dans le domaine de la stratégie, le résultat est peu convaincant. Un historien et un blogueur démontent les piètres références littéraires de l’écrivain, qui semble mieux maîtriser Freud que Clausewitz.
Une fois n’est pas coutume, ces derniers temps, une figure médiatique s’attaque aux résultats militaires et politiques au Mali. Michel Onfray annonce dans Le Monde que François Hollande ne « comprend rien aux guerres idéologiques du XXIème siècle« . Le philosophe décrit ensuite en quoi cette opération serait un coup de com’ de la présidence, motivée par ses équipes de publicitaires, afin de redorer la côte du chef de l’Etat. Connu pour avoir déconstruit les images populaires de Freud et Camus, Michel Onfray nous explique les limites de l’armée française au Sahel.
Il décrit le combat des djihadistes contre les forces tricolores : cette guerre « menée par une poignée de combattants dépourvus du matériel de haute technologie de l’armée française qui, dans la formule géopolitique et géostratégique malienne, se révèle d’une totale inefficacité. » Et d’ajouter que, « enlisée dans le sable, arrêtée au pied des rochers, l’armée française n’aura le choix qu’entre l’interminable et coûteux siège d’une citadelle invisible dans le désert, avec des ennemis impossibles à localiser, et le retrait piteux qui permettra aux rusés de descendre des montagnes et de revenir dans les villes pour y fairerégner la terreur à nouveau. »
Hier, mercredi, Hervé Drévillon, professeur d’histoire et directeur de l’Institut des études sur la guerre et la paix, ripostait en déclarant dans les colonnes du même journal que « Michel Onfray ne comprend rien aux guerres idéologiques du XXIème siècle. S’inquiétant de cette illustration de « l’indigence du débat public sur les questions stratégiques. Les discussions sur la politique de défense restent l’affaire de quelques spécialistes, qui ne parviennent pas à nourrir le débat politique« , l’historien corrige les maladroites utilisations des grands stratèges par le philosophe :
« La guerre menée là-bas est bien une »petite guerre », qui ne s’est absolument pas arrêtée au pied des forteresses naturelles et pour laquelle la supériorité technologique constitue un avantage décisif. Les »petits » ont beau porter des tongs, lorsqu’ils conduisent leurs pick-up, ils ne s’en font pas moins repérer par les systèmes de détection thermique et détruire par une frappe aérienne déclenchée en quelques minutes.«
Et de préciser que l’opération Serval et ses 4500 hommes n’avaient rien de Clausewitzien, tandis que la lecture de l’Illiade ne pouvait guère être utile dans la lutte contre le terrorisme islamique.
Le camarade Abou Djaffar avait déjà épinglé le philosophe sur son blog, estimant que « Onffray mieux de se taire« . Il y remarquait lui la pauvreté de l’analyse qui reposait sur des clichés frôlant le racisme primaire :
« Non, M. Onfray, les combattants irréguliers, du Mali comme d’ailleurs, ne sont pas des Néandertaliens. Ils ont des téléphones satellite, des GPS, des ordinateurs portables, ils tiennent des conférences de presse sur Twitter, ils utilisent Skype pour apprendre à fabriquer des bombes et Google Earth pour leurs plans de bataille, ils ont des dizaines de comptes mail. Et ils savent se battre. Du coup, oui, il est préférable d’utiliser contre eux des Tigre et des Rafale plutôt que des javelots et du feu grégeois. »
L’efficacité d’ailleurs, remarque Abou Djaffar, est au rendez-vous puisque « en trois mois, toutes les villes ont été reprises et les jihadistes ont perdu au moins 600 combattants. »

Lebel
Nous avons eu la guerre de Libye un désastre géopolitique lancé et porté par un ? philosophe.
Maintenant un autre décrit celle du Mali .A quant un commentaire de Freud par un général
Au fait Clausewitz n’ achevé qu’un livre à ma connaissance et il traite de la petite guerre justement