La priorité de la Bosnie : intégrer l’OTAN
En Bosnie-Herzégovine, l’armée reste comme tous les autres secteurs d’activités marquée par la séparation entre les peuples. On se mélange le moins possible et une bonne partie des troupes restent divisées : serbes, croates et bosniaques chacun dans leur secteur. Entretien avec le Major-General Rizvo Pleh, adjoint au chef d’Etat-Major des forces armées de Bosnie-Herzégovine qui insiste bien sur l’importance pour son pays de rejoindre l’OTAN.
Romain Mielcarek – Qu’est ce que l’armée de Bosnie-Herzégovine aujourd’hui ? Effectifs, équipements ?
Major-General Rizvo Pleh - Actuellement, les forces armées sont structurées par la loi de Défense et les décisions présidentielles. En accord avec ces décisions, les effectifs s’élèvent à 10 000 soldats professionnels, 5 000 réservistes et 1 000 employés civils. En termes d’organisation, à la tête de l’armée on trouve l’Etat-major, divisé en un commandement opérationnel et un commandement logistique. Trois compagnies d’infanterie et une brigade aérienne sont subordonnés au commandement opérationnel. Le soutien gère à la fois le support opérationnel et les ressources humaines.
En termes d’équipements, la majorité sont des héritages de l’ancienne armée. Nos nouveaux équipements sont le fruit de programmes européens baptisés « Equipés et entrainés » ainsi que de programmes américains. Ils sont compatibles avec les standards de l’OTAN.
L’armée protège l’ensemble du territoire. Elle regroupe à la fois la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska.
Romain Mielcarek – Comment sont formés vos officiers ?
Au cours de ces formations, les officiers sont formés à la gestion militaire en général mais aussi à des sujets politiques et internationaux.
Major-General Rizvo Pleh - Nous avons 5 000 réservistes. Nous avons 50% de militaires du rang. 20% d’officiers. 30% de sous-officiers. La même structure revient dans la réserve. Le rôle des réservistes n’a pas encore été vraiment défini par le parlement. Leur rôle est pour l’instant de compléter là où il y a des lacunes et des manques dans l’armée d’active.
L’ensemble, réservistes et professionnels, intervient dans des opérations de maintien de la paix, de sécurité et de contre-terrorisme. Leur rôle est principalement d’être prêt à la défense mais ils peuvent aussi soutenir les populations civiles en cas de catastrophes naturelles ou pour des missions de déminage.
Major-General Rizvo Pleh - Notre force aérienne souffre d’un manque d’hélicoptères. Nous avons des pilotes compétents qui ont été très bien formés pour voler dans toutes les conditions. Mais nous devons équiper les appareils, en particulier pour leur permettre de voler de nuit. Nous devons améliorer nos capacités techniques au niveau tactique pour être aptes à réparer le matériel en cas de besoin.
Ce sont des matériels chers mais ici, ils permettraient de soutenir la sécurité civile dans des missions de sauvetage en montagne par exemple.
Nous travaillons actuellement sur une révision de notre programme de défense qui doit redéfinir nos objectifs à l’aube d’une intégration au sein de l’OTAN. Atteindre les standards de l’Alliance est pour nous une priorité.
Photo : Romain Mielcarek
