Coupes sévères dans le budget Défense britannique
L’annonce est d’une violence extrême pour les armées britanniques. Les coupes budgétaires annoncées par le Premier ministre David Cameron cet après-midi ont déçu les espérances des militaires. Les réductions sont conséquentes et risquent de bouleverser à la fois les capacités stratégiques et opérationnelles de la Grande-Bretagne mais aussi son rôle géopolitique dans le monde.
L'effet de surchauffe causé par le déploiement de 8300 hommes en Afghanistan risque d'être encore plus visible en Grande-Bretagne.
Le trésor britannique réclamait 10% de réduction du budget de la Défense. Le ministère ne voulait pas dépasser les 4%. David Cameron a finalement annoncé aujourd’hui devant la Chambre des Communes une coupe sèche de 8%. Les armées vont devoir continuer de fonctionner avec 3 milliards de livres sterling en moins.
Les chiffres sont impressionnants : 7000 hommes en moins pour l’armée de terre, 5000 pour la Navy et autant pour l’Air Force. En plus de ces 17 000 soldats en moins, la Défense va devoir se passer de 25 000 personnels civils. En terme de matériels, la marine va devoir abandonner son porte-avions HMS Ark Royal qui va être démantelé ainsi que 4 à 5 de ses destroyers et frégates d’ici 2020. Au sol, 40% des chars challenger II vont être mis de côté ainsi que 30% des effectifs de l’artillerie lourde. Dans les airs, les Harriers vont vite disparaître et pour les F-35, seuls 40 des 138 initialement prévus pourraient être commandés.
L’impact sur les capacités militaires de la Grande-Bretagne est réel. Londres envisage à présent de réfléchir à de nouveaux partenariats stratégiques, avec la France notamment. Ils pourraient par exemple concerner la Navy en organisant des surveillances en partenariat avec la France dans les Antilles ou en cherchant des collaborations sur l’utilisation des porte-avions.
Liam Fox, le ministre de la Défense, a envoyé une lettre fustigeant la décision de son Premier ministre. Il s’inquiète en particulier de la capacité de Londres de maintenir sa présence sur les mers. Au sein du ministère, l’ambiance est aussi dramatique. Les Etats-Majors des trois armées s’accusent les uns les autres d’avoir fait des efforts de lobbying afin de faire peser la réforme sur les petits camarades.
Les Etats-Unis s’inquiètent également des conséquences de cette annonce. La secrétaire d’Etat Hilary Clinton et le secrétaire à la Défense Robert Gates ont fait part de leurs regrets à la presse. Cette perte de puissance de l’armée britannique peut peser sur les capacités de cet allié de toujours à soutenir Washington dans ses principales opérations. Surtout dans un contexte d’opinion publique plus que jamais opposé aux combats dans lesquels ses soldats sont impliqués.
Photo : Sean Clee /Ministry of Defense
ludel
la restriction des programmes de la défense français et britanniques,va poser des problèmes à l’europe, puisque ces deux nations sont les seules possédant une armée capable de oeuvrer au plan internationnal!!la france qui à ce jour est présente sur plusieurs continents, et la grande bretagne présente en irak et an afghanistan!!quand on sait que toutes les nations européennes réduisent la voilure,on peut constater que la défense à du plomb dans l’aile et que l’armée européenne verra le jour aux calendes grecques!!!