Susan Rice, une conseillère à la sécurité américaine en quête d’une nouvelle crédibilité

Le 5 juin dernier, la Maison blanche a annoncé la démission du conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama, Tom Donilon. L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice lui succédera en juillet .

Susan Rice (en tailleur rouge) dans la Situation room de la Maison blanche en 2009. ©White House / Pete Souza

Susan Rice (en tailleur rouge) dans la Situation room de la Maison blanche en 2009. ©White House / Pete Souza

Susan Rice, ambassadrice américaine aux Nations unies, a été nommée à la tête de la sécurité nationale. Elle sera remplacée par une autre femme, Samanta Power proche du président américain et considérée comme soucieuse des questions européennes au sein de l’ONU.

Cette fidèle du président Obama est de retour dans le dispositif de la diplomatie américaine. Souvenez-vous, elle s’était attirée les foudres des parlementaires républicains dans sa gestion de la crise à Bengazhi en septembre 2012. A l’époque Susan Rice avait déclaré dans plusieurs médias américains que l’attaque du consulat américain de Benghazi n’était pas forcément «un attentat terroriste» mais plutôt «une manifestation spontanée ayant dégénérée». L’attaque du consulat de Benghazi, le 11 septembre 2012 avait entraîné la mort de quatre américains dont l’ambassadeur  lui-même (Christopher Stevens).

En pleine période électorale, l’affaire Benghazi avait agité la scène politique américaine. Les Républicains y voyaient un moyen de critiquer les limites de l’administration Obama en termes de sécurité et de renseignement. La pression était si forte qu’elle avait conduit la conseillère d’Etat de l’époque, Hilary Clinton à «assumer la responsabilité» de cette attaque.

Susan Rice s’est toujours défendue en arguant que les faits n’étaient pas connus lors de ses déclarations dans les médias. Barack Obama réélu, Susan Rice renonça au poste de Secrétaire d’Etat en raison des critiques du camp Républicain.  Elle restera jusqu’ici ambassadrice aux Nations unies.

Pour préparer correctement sa mise en place et tuer dans l’œuf toute nouvelle polémique, la Maison blanche a décidé de rendre public, ce mercredi, plus de 100 pages de courriers électroniques échangés entre les différents services et ministères lors de la crise de Benghazi. Ces courriels semblent incriminer la CIA et non la Maison blanche dans la transmission des informations.

En rendant l’affaire publique, la Maison blanche souhaite redonner une certaine crédibilité à Susan Rice.

A propos de l'auteur

Charles Rassaert est journaliste indépendant et photographe. Grand voyageur, il s'intéresse à différents enjeux géopolitiques. Il termine actuellement une thèse sur l'émergence du Brésil et l'utilisation politique de l'éthanol comme atout diplomatique au Centre d'étude de l'Atlantique sud et du Brésil (Paris IV).

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