En Syrie, des médecins torturent des civils blessés
Dans une vidéo diffusée par la télévision britannique, un témoin raconte les tortures pratiquées par des médecins syriens sur des blessés civils. Les hôpitaux sont devenus depuis plusieurs mois le lieu où sont persécutés les présumés opposants. La médecine se retrouve prise entre deux feux : certains docteurs participent à l’horreur tandis que d’autres sont pris pour cible.
« J’ai vu des prisonniers se faire électrocuter, fouetter, battre à coups de bâtons et briser les jambes », témoigne l’employé d’un hôpital militaire de Homs. « Je les ai vus frapper la tête des prisonniers contre les murs. Ils enchaînent les patients sur les lits et refusent de leur donner de l’eau. D’autres ont un noeud autour du pénis pour les empêcher d’uriner », raconte t-il encore dans une vidéo diffusée par la chaîne britannique Channel 4.
Ce récit d’horreur est le fait d’un homme ayant filmé en caméra cachée les coulisses du dit hôpital. Ils dénoncent des tortures sur des civils blessés. Des actes destinés à faire parler de supposés rebelles. Le tout dans la discrétion, les noms des victimes étant effacés des registres de l’établissement. Des médecins et des infirmiers participeraient ainsi à une vaste campagne de punition. Les membres du personnel médical refusant de se joindre à l’exercice subirait pressions et surveillances. Cette violence, sur fonds d’électrocutions et de coups de bâtons, viserait jusqu’aux enfants.
La vidéo confirmerait ainsi des rumeurs circulant en Syrie depuis plusieurs mois. Malgré les déclarations des autorités, notamment du général Faysal Hassan, directeur d’un hôpital de Damas, les civils seraient accueillis sans être menacés du moindre sévice. Plusieurs sources, parmi les observateurs internationaux, au sein des Nations unies ou encore de l’ONG Médecins sans frontières avaient pourtant reçu à plusieurs reprises des témoignages et des éléments rapportant ce type de faits.
Dans la presse anglo-saxonne, d’autres témoins vont jusqu’à parler d’exécutions dans des hôpitaux. A la recherche d’opposants et de manifestants, des milices liées au pouvoir de Damas se dirigeraient naturellement vers les blessés. Pour la population civile, la peur de rallier ce type de lieux semble omniprésente. Tant et si bien que les personnes touchées par des obus ou des tirs préfèrent se diriger vers des cliniques de fortunes aux conditions d’hygiènes rudimentaires.
« Aujourd’hui en Syrie, les blessés et les médecins sont pourchassés et courent le risque d’être arrêtés et torturés par les services de sécurité. La médecine est utilisée comme une arme de persécution », déclarait déjà début février le docteur Marie-Pierre Allié, présidente de Médecins sans frontières. Plus récemment, le chirurgien français Jacques Bérès, entré clandestinement à Homs, décrivait au Point une situation comme il n’en avait pas vu depuis les bombardements russes sur Grozny.
Photo : Channel 4
