Tsahal reconnaît ses tords

La communauté international et les organismes humanitaires accusaient l’armée israélienne d’avoir usé de méthodes illégales lors de son attaque de la Bande de Gaza en janvier de cette année. Au cours de l’opération Plomb Durci, les troupes israéliennes auraient usé d’armes illégales comme le phosphore blanc et auraient négligé la sécurité des civils. Au début du mois, l’association Breaking the Silence avait publié une cinquantaine de témoignages de soldats qui dénonçaient les ordres brutaux de leur encadrement.

Tsahal a finalement décider de changer de méthode et de discours vis à vis de ces accusations. L’armée vient de reconnaître que des bombardements au phosphore blanc avaient été pratiqués. Il ne s’agit pas là de reconnaître des abus cependant puisque ces attaques n’auraient pas été perpétrées sur des zones habitées. Des doutes continuent cependant de planer au vu des brûlures qui ont pu être constatées sur certaines victimes.

Dans le même temps, l’armée israélienne a annoncé entamer des enquêtes individuelles sur 14 soldats soupçonnés de comportement criminels. La police militaire étudie actuellement une centaine de plaintes reçues suite à Plomb Durci. Il n’y a pas d’informations concernant le niveau de responsabilité des hommes poursuivis mais il devrait s’agir de soldats peu gradés. Tsahal souhaite ainsi montrer qu’elle peut imposer la discipline elle même dans ses rangs sans avoir besoin que des associations ne surveillent les dérives.

Israël reconnaît donc des erreurs dans cette opération qui a coûté la vie à plus de 1 400 palestiniens. Le gouvernement estime toujours que l’attaque a été proportionnelle à la menace et qu’il s’agissait bien de défendre le pays. Ces annonces risquent de ne pas satisfaire les différentes associations qui dénoncent les méthodes de l’armée car pour l’instant, l’ensemble des dirigeants des attaques ne doit être pénalisé. Pour les Palestiniens, 65% des tués étaient des civils, des chiffres que Jérusalem continue de récuser.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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