Les généraux maîtrisent mal le devoir de réserve afghan

Les mots du général Desportes dans Le Monde d’hier ont entrainé des conséquences. Il est convoqué aujourd’hui par le chef d’état-major des armées (CEMA) pour avoir enfrunt à son devoir de réserve. Curieuses ressemblances avec l’affaire McChrystal.

C’est un véritable feuilleton médiatique qui a lieu ces jours-ci entre généraux et médias. Après les propos libérés du général McChrystal dans le magazine Rolling Stone, c’est le général de division Vincent Desportes qui se retrouve sur la sellette.

L’actuel directeur du collège interarmées de défense (CID) s’est en effet permis de donner ses opinions quand à l’évolution de la situation en Afghanistan dans le quotidien Le Monde..

Le CEMA a vivement réagit ce matin sur Europe 1. Il dénonce une « opinion irresponsable » et une « faute » commises par le général Desportes. L’amiral Guillaud l’a convoqué cette après-midi pour explications.

Difficile donc d’exprimer son opinion ces temps-ci sur l’Afghanistan. Rien de nouveau finalement mais un regret tout de même au sein d’une génération militaire qui doit comprendre son intérêt à communiquer intelligement. Si ce n’est pas directement son rôle, l’armée est pourtant un acteur pertinent qui devrait être pleinement intégré au débat.

Aux Etats-Unis, certains analystes s’interrogent sur le pourquoi de la manoeuvre de l’officier américain. Et si il avait volontairement sappé sa position pour éviter d’assumer le poids d’un échec afghan ?

Rien de tel dans tous les cas du côté du général Vincent Desportes qui n’est pas impliqué sur le conflit afghan, si ce n’est dans la formation des futurs chefs militaires. Le directeur du CID doit en effet quitter ses formations et entrer dans le cadre de réserve.

Les officiers généraux français interviennent rarement sur les scènes médiatique et politique. Leurs homologues anglo-saxons sont par exemple plus régulièrement sollicités par la presse dans laquelle ils s’expriment en permanence.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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