Six morts ce week-end, la Côte d’Ivoire reste un foyer de violences

Plus d’une dizaine de morts ce mois-ci en Côte d’Ivoire. Le pays des éléphants est toujours ravagé par les violences. Les rancunes politiques, loin d’être effacées, entretiennent un climat nauséabond. Ce week-end, militaires et habitants de Vavoua se sont affrontés, laissant six jeunes sans vie. La raison de ces combats ? Une tentative de dispersion de bande, expliquent les uns, une querelle amoureuse, expliquent les autres.

La situation reste tendue depuis les élections législatives.

Une querelle entre des soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et de jeunes Ivoiriens a dégénéré samedi. Suite à une échauffourée tard dans la nuit, les militaires ont mortellement blessé un jeune homme, décédé par la suite. L’incident a entraîné une violente manifestation dimanche au cours de laquelle les habitants de Vavoua ont marché sur le camp des FRCI le plus proche. Dans la panique, les soldats ont ouvert le feu sur la foule, tuant cinq personnes. Ils évoquent des manifestants armés de gourdins et d’armes à feu.

L’armée a reconnu une perte de contrôle. Dans un communiqué de son chef d’Etat-major, le général Soumaïla Bakayoko regrette que « face à l’avancée des manifestants, certains éléments des FRCI, perdant leur contrôle, ont blessé mortellement cinq » personnes. Un soldat aurait également été blessé et évacué par les forces de l’ONU. Pour calmer la situation, notables locaux, casques bleus et autres personnalités ont du intervenir.

La bagarre originale serait issue d’une tentative de dispersion du groupe de jeunes qui aurait dégénéré. La région de Vavoua serait en proie à des vols et des agressions, raison pour laquelle les FRCI ont reçu l’ordre de disperser les attroupements suspects, en particulier la nuit. Des habitants évoquent eux un vulgaire assassinat et ont déclaré à plusieurs journalistes que la cause de la rixe est une histoire de femme. L’Etat-major de l’armée de terre a promis qu’une enquête était en cours, sous la responsabilité de la gendarmerie.

Toute la Côte d’Ivoire reste en proie aux violences. Si les élections législatives qui ont eu lieu début décembre ont semblé se dérouler dans une paix relative, des combats ont eu lieu à divers endroits. Des hommes armés, sans raison d’être officielle, étaient déjà omniprésents dans les meetings et les visites de campagne. Agressions et abus se sont multipliés, entraînant la mort d’au moins cinq personnes dont un candidat dans des attaques à la roquette et à l’arme de guerre.

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Photo : Onuci

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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