Un concours pour repérer les futurs cyber-détectives
Et si la cyber-sécurité n’était qu’un simple jeu ? Pour détecter des potentiels dans ce domaine, plusieurs firmes de sécurité et de développement informatique ont lancé en Grande-Bretagne une compétition au cours de laquelle les candidats doivent tantôt attaquer et tantôt protéger des systèmes. A gagner, des formations prestigieuses mais surtout une place dans les administrations et les entreprises de défense qui cherchent à lutter contre les menaces cybernétiques.
Ils sont 4000 Britanniques à s’affronter depuis juillet dernier dans ce UK Cyber Security Challenge. Un tournoi étonnant qui demande aux candidats de déjouer les meilleurs défenses informatiques ou encore de trouver des moyens de réduire les failles. A gagner, des formations en cyber-sécurité afin de développer ces talents rarissimes et souvent autodidactes. Les organisateurs sont Qinetik, une société de recherche en défense informatique britannique, Sophos, un développeur d’antivirus, EADS ou Field Fisher Waterhouse, une compagnie spécialisée dans la protection des données.
D’étonnants sponsors qui proposent au gagnant de ce challenge une place pour une formation chez Detica, une filiale de BAE Systems spécialisée dans la cyber-sécurité. Un moyen de cadrer ces talents jusqu’ici livrés à eux-même et de les utiliser pour affronter leurs homologues. Ces pirates informatiques âgés de 16 à 30 ans se sont en général formé seul, après des années à explorer leurs propres machines. Etudiants, chômeurs, professionnels, ils s’amusent en brisant les verrous des systèmes de communication.
Les pays occidentaux peinent à développer des défenses efficaces. Les attaques informatiques, qu’elles soient le fruit de hackers isolés ou d’organismes gouvernementaux, inquiètent au plus haut niveau les autorités. Seuls des petits génies de l’informatique peuvent lutter efficacement contre ces menaces. C’est souvent sur ce modèle que sont formés les spécialistes de la cyber-sécurité : ils apprennent à trouver les brèches et à les exploiter pour pouvoir mieux les protéger.
Ces pirates se sont affrontés seuls ou en équipes au travers de plusieurs épreuves. Garder un oeil sur ces personnages capables par jeu ou par intérêt du meilleur comme du pire est un moyen pour les autorités d’assurer un certain contrôle. Certains d’entre eux peuvent être embauchés par les administrations publiques ou par des entreprises privées pour renforcer les dispositifs de protection. Les autres sont ainsi dans le pire des cas connus par les autorités. Comme références, ils évoquent James Bond et font un lien évident entre la sécurité et le fun. Protéger les systèmes de communication ne relève finalement peut-être que d’un simple jeu. James Lyne, un responsable de Sophos, voulait gagner les coeurs de certains concurrents : il vaux mieux utiliser ces talents pour affronter les « méchants » plutôt que pour tenter de trouver une « petite amie ».
Aux Etats-Unis, un tournoi similaire attire quelques 10 000 candidats et propose même des camps de vacances pour l’été.
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