Eurosatory : Scorpion, l’enjeu
Un super contrat d’armement qui prévoit du travail pour à peu près tous les industriels français pour les vingt prochaines années. C’est Scorpion, le programme inclut une révision complète des systèmes de communication et d’électronique, deux nouveaux véhicules et l’intégration des équipements les plus modernes. Eurosatory doit être un moment important dans le cycle de ce projet.
Le consortium à qui sera confié la première étape du programme Scorpion devait être annoncé à Eurosatory. Si la presse a déjà vendu la mèche « de source bien informée » au travers notamment d’une dépêche de l’agence Reuters, une confirmation du ministre de la Défense pourrait achever le suspense. Les heureux élus seraient Thalès, Safran et Nexter. Hervé Morin n’aura finalement pas dévoilé le secret, déclarant attendre d’en savoir plus sur le « niveau budgétaire » et les « différentes hypothèses ».
Scorpion représente un très important marché évalué à une dizaine de milliards d’euros sur les quinze prochaines années. Des chiffres très approximatifs qui évolueront certainement. C’est surtout de la recherche et de la production assurée pour les industriels qui en auront la charge. Ils devront développer le concept et le rendre opérationnel : des groupements tactiques inter armes (GTIA) totalement coordonnés via électronique : les hommes entre eux, avec le commandement, avec les différents véhicules, les différents appuis …
Dans le domaine de l’électronique, le système d’information et de combat Scorpion (SICS) va demander un important travail. Même chose pour le développement des nouveaux véhicules, le véhicule blindé multi-rôle (VBMR) qui doit remplacer les VAB et l’engin blindé de reconnaissance et de combat (EBRC) qui doit succéder aux AMX-10 et aux ERC-90. Il s’agira enfin de mettre à jour les équipements déjà existants qui doivent participer au programme, à savoir le FELIN, le VBCI et le Leclerc.
La première phase devrait durer jusqu’en 2020 et permettre d’équiper en tout dix huit GTIA dont quatre avec chars Leclerc. En cours de route et jusque 2026, la seconde phase élargira Scorpion à 31 GTIA, les quatre sur Leclercs, huit sur VBCI, douze sur VBMR et 7 sur EBRC.
Crucial pour les industriels
Les industriels travaillent déjà avec la direction générale de l’armement (DGA) et l’armée de terre pour réfléchir le concept Scorpion. Ils sont directement impliqués dans la réflexion et le développement au travers de marchés architectes, en attendant l’appel d’offre qui doit être imminent.
Il est par exemple intéressant de se poser la question de ce que deviendrons les industriels exclus de ce marché. Une société comme Nexter, qui va livrer ses tout derniers VBCI et Caesar en 2015 a un besoin vital d’assurer son activité par la suite.
C’est aussi pour cela que Panhard souhaite placer son Sphinx dans le créneau de l’EBRC. Le véhicule, pensé comme le remplaçant des AMX-10 et ERC-90 doit répondre aux besoin de l’armée de terre. L’industriel assurer rester très flexible et pouvoir s’adapter aux exigences du client.
D’autant plus que les différentes briques de Scorpion seront peut-être exportable. Tant pour la vente d’engins ou de matériels autonomes que pour une aide au développement d’un système global similaire. La France est en effet très bien placée dans ce domaine depuis l’annulation du Future combat system (FCS) américain de Boeing et les retards du Future rapid effect systems (FRES) britannique de Boeing et Thales.
Photos : Panhard & Thales


Gwydyon
Le sphinx (Ou spinx ?) aurait eu de la gueule en 1943. En 2010, il fait bizarre. Mais c’est peut être un super engin. Reste à attendre une évaluation comparative avec les autres produits européens.
Romain Mielcarek
Difficile de vraiment évaluer ses capacités pour l’instant puisqu’il en est au stade prototype.
En terme de design, il ressemble effectivement aux véhicules qu’il remplacerait éventuellement. Apparemment pas besoin de ressembler à un vaisseau spatial !
Un billet sur le Sphinx à suivre dans la semaine.
Cordialement,
skcnireud
Curieusement il ressemble à un ancien d’Alvis le « SALADIN » le FV801 DE 1959 avec canon de 76mn, il y avait une version VTT le FV 603 « SARACEN ».
Je souhaite la même longévité au scorpion.
bon demain je vais voir cela de plus près….
Sinon
En ce qui me concerne, autant la tourelle du SPHINX fait carton-pâte ( assez mal fini ), autant je trouve le bas fort sympathique. les gardes boue et feux avant sont dans la lignée du PVP, ça a l’air solide. En revanche, je suis moins convaincu par le hawkei. L’habitacle a l’air très bien ( il me fait penser à un mix entre le VBL, et le PVP avec un style plus recherché ), par contre, la partie avant, n’a pas l’air très bien protégée. J’ai l’impression qu’une simple balle de PGM bien placée pourrait « bousier » le moteur…