Un premier échec pour le missile intercontinental M51 qui risque de coûter cher
La dernière génération de missile stratégique intercontinental français, le M51, vient de connaître son premier échec. Un tir loupé depuis le sous-marin Le Vigilant, ce dimanche, qui va représenter un coût supplémentaire pour l’un des programmes les plus coûteux de la Défense nationale.
Le bâtiment et son équipage n’ont pas été mis en danger par le tir, assure la Marine. ©Marine nationale
Dimanche 5 avril, un missile M51 a explosé au large du Finistère. Cette arme stratégique, tirée depuis le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Vigilant, n’était pas armée d’une charge nucléaire. Ce tir technique, destiné à validé l’installation de cet armement sur le submersible, est donc un échec. Un échec dont on ne connaît pas encore, alors que la Marine nationale continue de chercher les morceaux dans l’océan, les raisons. Des raisons qui devraient d’ailleurs rester en grandes partie discrètes, le sujet étant hautement secret.
La Marine a tout de même assuré que ni le sous-marin, ni son équipage, n’ont été mis en danger. Un incident s’est manifesté après le lancement, au cours de la phase initiale du vol du missile, réclamant la destruction de celui-ci. Toute la zone a été pour l’occasion interdite à la navigation et au survol aérien.
Il s’agit du premier échec pour ce missile, développé et fabriqué par Astrium (filiale d’EADS). Cinq premiers tirs s’étaient bien déroulés depuis novembre 2006, permettant notamment la qualification d’un autre SNLE, Le Terrible. Un coup dur pour ce programme, qui reste l’un des plus coûteux de la Défense française (pas loin de 10 milliards d’euros, dont 700 millions rien que pour l’année 2013), puisqu’il réclamera d’effectuer de fait un nouveau tir technique, dans les mêmes conditions… sans compter les travaux d’enquête et d’analyser pour identifier la source du problème.
Un tir loupé … qui coûte cher
La destruction de ce missile coûte une petite fortune : le coût estimé d’un M51 est de près de 120 millions d’euros. Une somme à laquelle il faudra donc ajouter les surcoûts entraînés par l’enquête et le nouveau tir. Un échec qui coûte également cher en termes de planification et de ressources humaines : Le Vigilant était à quai depuis de nombreux mois, profitant de son indisponibilité périodique pour entretien et réparation (IPER) pour effectuer les travaux liés à l’installation de ce nouvel armement.
Un coût tout aussi difficile à mesurer en termes de crédibilité de la dissuasion nucléaire française. Présentée comme l’assurance-vie de la France, elle a échappé aux coupes du dernier Livre blanc. Le M51, qui doit à terme remplacer son prédécesseur le M45, doit pouvoir être tiré depuis un SNLE jusqu’à une portée de 8000km. Un argument clef de la dissuasion tricolore qui ambitionne de voir les quatre SNLE équipés et opérationnels à l’horizon 2018.