Autobiographie du général McChrystal : « ma part du boulot »
Le général Stanley McChrystal est certainement l’un des personnages qui a marqué l’armée américaine, ces vingt dernières années. Ce pur fruit des forces spéciales a en effet grandit dans un contexte de réorganisation des forces qui l’a baigné dans un contexte de guerre asymétrique. Il publie aujourd’hui ses mémoires, décryptées par Stéphane Taillat sur le site de l’Alliance géostratégique.
C’est le premier point sur lequel Stéphane Taillat insiste : « la carrière de McChrystal révèle beaucoup de choses sur l’Armée américaine« . L’officier a en effet été en première ligne des principales transformations qui ont suivi la fin de la guerre du Vietnam. Choix étonnant : il choisit « d’embrasser une voie qui l’éloigne du contexte dominant de guerre mécanisée et d’armes de précision imposé par la Guerre froide ». Un pari qui portera ses fruits dès lors que l’Amérique fera face aux menaces terroristes initiées par Al Qaïda puis par les insurrections irakienne et afghane.
Le témoignage de son expérience de leader, McChrystal le construit dans son parcours. « il mixe charisme et style managérial encourageant la performance« . Il est de cette génération d’officier qui capitalise sur les compétences de ses subalternes « les encourageant à s’approprier leurs tâches » et à travailler dans une ambiance « enthousiaste et motivante pour leur confier des missions qui démultiplient leurs performances ».
L’auteur décrit enfin les difficultés rencontrées par les forces américaines pour affronter Al Qaïda : Stéphane Taillat résume cette idée par le « gouffre chronologique qui sépare la capture d’un individu ou de matière à renseignement, d’une part, et la reprise d’opérations dans la foulée qui laisse souvent le temps aux cellules de se réorganiser d’autre part ». Pour lutter contre ces systèmes en réseaux, particulièrement réactifs, il faudra développer côté américain d’autres réseaux : c’est dans ce cadre que McChrystal cherchera à nouer des relations plus optimales entre les forces spéciales et les différentes agences de renseignement, CIA et NSA notamment.
En attendant, vous pouvez vous intéresser à l’autobiographie de l’ancien officier en lisant plus en détail le billet de Stéphane Taillat. L’expérience vécue de Stanley McChrystal peut intéresser aussi bien les cadres militaires que civils : son approche du commandement a en effet convaincu dans le secteur privé puisqu’il a depuis été recruté par le groupe Siemens.
