Le Pakistan déclare la fin de l’offensive dans le Sud-Waziristan
Le Premier ministre Yousuf Raza Gilani a déclaré samedi au cours d’une conférence de presse la fin de l’offensive de l’armée pakistanaise dans le sud-waziristan. « L’opération est terminée », a-t-il déclaré. Les combats devraient cependant continuer plus au nord dans la région de l’Orakzai où les insurgés ont trouvé refuge. Le secteur reste stratégique dans la lutte contre les Talibans.
L’armée pakistanaise va déplacer son offensive contre les Talibans depuis le Sud-Waziristan vers la région d’Orakzai.
L’offensive de l’armée pakistanaise contre les Talibans dans le sud des régions tribales est terminée. Les attaques dans le Sud-Waziristan ont atteint leur but selon le gouvernement. Cette bataille commencée à la mi-octobre a permis l’élimination de nombreux insurgés. Les militaires estiment que la majorité des chefs ont réussit à fuir dans le reste des zones tribales.
L’Orakzai serait notamment devenu une région sous contrôle des insurgés. Cette zone au nord de la zone tribale qui échappe au contrôle d’Islamabad est la cible depuis quelques semaines de l’armée pakistanaise. Des raids aériens visent les nouvelles positions des Talibans dans le secteur. Aucune stratégie officielle n’a cependant été annoncée et l’on ne sait pour l’instant rien de la campagne qui pourrait être amenée à y débuter.
L’armée pakistanaise ne devrait pas totalement évacuer le Sud-Waziristan, au contraire. Des poches de résistances existent toujours dans cette région. Les 30 000 soldats déployés dans cette opération, la plus vaste entreprise depuis des années, ont réussit à submerger les bastions talibans. Ils n’arrivent cependant pas à contrôler les mouvements des rebelles qui réussissent à voyager d’un point à un autre avec une certaine liberté. L’armée ne souhaite pas déplacer les combats dans le nord en laissant le sud de nouveau accessible aux Talibans. La sécurisation de cette région va être un défi aussi prioritaire qu’une nouvelle offensive plus au nord.
Le Pakistan ciblé par les Talibans
Les insurgés, s’ils sont dominés dans les combats conventionnels et ne peuvent pas lutter à armes égales avec l’armée pakistanaise, font usage de la guerre asymétrique pour frapper leur ennemi. Depuis le début des offensives dans le Sud-Waziristan, les attentats ont augmenté partout dans le pays. Particulièrement meurtriers, ils imposent à l’Etat de maintenir un dispositif sécuritaire important sur tout le territoire et donc à monopoliser autant d’hommes qui ne peuvent pas combattre dans les zones tribales.
Le Pakistan reste malgré tout le point faible du conflit « afpak ». Si Washington pousse Islamabad à maintenir la pression sur les Talibans, le pays reste une cible clef pour les insurgés. Les renforts qui vont être envoyés par les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN en Afghanistan vont imposer à un grand nombre de combattants de traverser la frontière pour se regrouper dans des régions plus calmes.
Les autorités pakistanaises sont dépassées par le nombre des insurgés qui pénètrent le pays. Les Talibans se déplacent facilement dans tout le nord et l’ouest. La Maison Blanche reste convaincue qu’Oussama ben-Laden est réfugié dans la région. Islamabad doit également gérer les 40 000 civils qui ont pris la route pour échapper aux combats depuis le mois d’octobre.
Carte : Romain Mielcarek