Série photo : avec les casques bleus dans Abidjan

Le mandat de l’Onuci en Côte d’Ivoire permet aux casques bleus d’aller partout dans le pays pour assurer la sécurité des civils dans le contexte difficile qui marque ce pays depuis 10 ans. Dans les faits, leur mission est de plus en plus difficile. Une partie de la population se fait hostile voir menaçante et les heurts se multiplient.

Une mission de plus en plus tendue pour les casques bleus en Côte d'ivoire.

La semaine dernière, deux incidents majeurs ont impliqué des casques bleus. Mardi, un convoi était attaqué par une foule en colère dans le quartier populaire majoritairement pro-Gbagbo de Yopougon. Bilan, deux blessés à la machette et un véhicule incendié. Le lendemain, même scénario à Abobo. Cette fois, quelqu’un ouvre le feu depuis un bâtiment. Les casques bleus tirent en l’air pour disperser la foule et se replier.

Dans les deux cas, les Forces de défense et de sécurité (FDS) interviennent pour secourir les soldats de la paix. A Yopougon, le général Philippe Mangou, chef d’Etat-major des armées fait même le déplacement. Officiellement, il a assuré de ne pas gêner l’Onuci dans sa mission. Dans les faits, les militaires continuent d’empêcher l’accès à certains lieux. Les enquêtes sur d’éventuels charniers à proximité de la capitale économique sont ainsi vouée à l’échec jusqu’ici.

Le véritable danger dans cette évolution de la situation vient de ces civils qui se retrouvent en première ligne. Les casques bleus doivent éviter à tout prix de tirer sur eux. Dans l’incident d’Abobo, le président Laurent Gbagbo les a directement accusé d’avoir touché deux personnes et a redemandé à la RTI, la télévision publique sous son contrôle, leur départ de Côte d’Ivoire. Certains analystes craignent que des civils désarmés ne soient utilisés pour provoquer les soldats de la paix et les pousser à l’erreur.

Les projets de marche sur l’Hotel du Golf des Jeunes patriotes en sont la représentation la plus évidente. Ajournés deux fois déjà, ils inquiètent l’Onuci. Une foule trop dense serait difficile à contrôler, malgré les équipements anti-émeute. Le mélange inextricable de ces militants virulents, de casques bleus trop peu nombreux, de soldats des forces nouvelles retranchés dans l’établissement et de militaires fidèles au pouvoir gardant l’entrée est potentiellement catastrophique.

Retrouvez la série de photographies sur une patrouille de casques bleus jordaniens réalisée mercredi dernier :
Patrouille de l’Onuci en Côte d’Ivoire.

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L’hostilité de la population inquiète l’ONU.

Photo : Romain Mielcarek

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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