Les services de renseignement turcs négocient le désarmement du PKK
Le PKK désarmé au printemps ? C’est ce que semblent espérer négocier les services de renseignement turcs après avoir longuement rencontré le chef historique des indépendantistes kurdes dans sa cellule.
Il y a comme un petit goût d’IRA irlandaise dans la démarche des rebelles kurdes emprisonnés en Turquie. Ils sont plusieurs centaines de militants du PKK, le Parti des travailleurs kurdes, à avoir entamer un mouvement de grève de la faim depuis plusieurs mois. Parmi ceux qui ont entamé cette démarche, un personnage clef : Abdullah Ocalan, un dirigeant clef de la communauté kurde qui se trouve derrière les barreaux depuis 1999.
Les services de renseignement turcs auraient entamé des discussions avec ce dernier. L’objectif : négocier un désarmement du PKK dans l’est du pays ainsi que dans le nord de l’Irak. Un proche du Premier ministre, Yalçin Akdogan, a confirmé cette rencontre le 23 décembre dernier : « les services de renseignement sont en pourparlers avec lui [...]« . Il explique que « tout dialogue en ce sens [le désarmement] qui peut aboutir à un arrêt des violences est soutenu par le gouvernement ».
Les autorités turques et Abdullah Ocalan seraient arrivées, après quatre heures de dialogue, à trouver un accord qui pourrait aboutir à un désarmement des militants kurdes dès le printemps prochain. Ankara espère pouvoir annoncer la fin de ce conflit meurtrier dès les premiers mois de l’année 2013. L’hiver, propice à un ralentissement des combats et à une reconstitution des capacités humaines et matérielles, est donc aussi période de négociation en Turquie où le gouvernement confesse ne pas voir dans la force la solution exclusive à ce problème.
Le PKK continue d’être considéré comme un mouvement terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l’Union européenne. Depuis qu’il réclame l’indépendance de la région kurde, ce groupe est accusé par Ankara d’être responsable de la mort de plus de 40 000 personnes. Abdullah Ocalan est le fondateur et leader historique du mouvement indépendantiste kurde. S’il est emprisonné depuis maintenant plus de 20 ans, il reste un symbole particulièrement fort qui pourrait jouer un rôle clef dans un dialogue entre Turcs et Kurdes.
Photo : Francis Tyers
