Les drones israéliens de l’armée turque iront jusqu’en Irak

Alors que les tensions entre les rebelles kurdes du PKK et l’armée turque ont repris depuis quelques jours, l’État-Major confirme l’utilisation de ses drones Heron. Les appareils doivent participer à la surveillance des combattants transitant dans les montagnes entre la Turquie et l’Irak.

L'armée turque détient une dizaine de drones Heron.

Après les accrochages de ce week-end avec le Parti des travailleurs kurdes (PKK), les militaires turcs ont confirmé faire usage des drones Heron qu’ils ont commandé il y a maintenant cinq ans. Ces appareils servent déjà à suivre les mouvements des rebelles dans les montagnes. Le général chef d’Etat-Major Ilker Basburg l’a confirmé à la presse lundi : « au cours des dix derniers jours, nous avons commencé à utiliser nos systèmes Heron [...] dans le nord de l’Irak ».

L’acquisition de ces drones a été particulièrement agitée. En 2009, l’armée menaçait d’y renoncer après quatre ans d’attente, dénonçant les retards de l’industriel Israel Aerospace Industries (IAI). Finalement, début juin, les techniciens israéliens qui travaillaient sur ces engins ont été rapatriés suite à l’attaque du Mavi Marmara.

La presse turque a évoqué des dysfonctionnements au sein de l’escadron de drones. Des faiblesses techniques cumulées à l’absence des techniciens compétents pénaliseraient les militaires qui n’ont cependant pas confirmé ces informations. Les médias ont également évoqué l’intérêt de l’armée pour le drone national de la société Baykar.

Jusqu’en Irak

Après les attaques de ce week-end au cours desquelles le PKK a tué 12 soldats, l’armée turque a pénétré sur le territoire irakien au cours de poursuites dans la nuit de samedi à dimanche. Des hommes à pied ont dépassé la frontière d’une dizaine de kilomètres, tuant quatre hommes. Des raids aériens ont également été effectués pour atteindre les bases arrières des rebelles.

Le gouvernement irakien n’a pas apprécié ces manoeuvres. Hoshyar Zebari, le ministre des Affaires étrangères, a dénoncé « une violation de l’indépendance et de la souveraineté de l’Irak ». Les relations entre les deux pays restent stables.

Les Etats-Unis continuent d’offrir un soutien à l’armée turque dans sa lutte contre le PKK, notamment sous la forme de renseignement. Ils ont ainsi proposé de renforcer leur aide contre cet « ennemi commun » si Ankara en émettait la demande par la voix de l’ambassadeur en Turquie James Jeffey. Le général Ilker Basbug a d’ailleurs précisé au cours de la conférence de presse que les incursions aériennes sur le territoire irakien s’étaient déroulées « en coordination avec les Américains ».

Photo : Staff sergeant Reynaldo Ramon

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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Commentaires (2)

  • lila75

    Israel a fait grand erreur pour vendre de drones en Turquie.
    Pour tuer les civils kurdes et les enfants.
    c’est un sous pretexte de PKK entrer el terrain de Kurdistan federation Irak.
    la Turquie ne suporte pas la feration de kurdistan.
    Avoir peur les kurdes turquie demanderont meme chose .
    Enfin tout le monde sait que PKK utulise par armée de turc .

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  • kurt75

    La turquie a fait un très bon choix en investissant dans ces drones.
    Poursuivre les tueurs de de PKK seraient plus la ou ils sont logés formés.
    Ce PKK je rappelle est l’un des plus important fournisseur de drogue et de blanchiement d’argent.

    Je souhaiterai signaler aussi que cette organisation est déclarée comme une organisation malfaisante en FRance aussi

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