Des amendes pour les réservistes absents lors de crises

Depuis juillet 2011, le Premier ministre peut convoquer les réservistes pour répondre à des crises majeures : attaques terroristes ou catastrophes nucléaires par exemple. Certains décrets, en cours de discussion, font débat. En cause notamment, une amende de 1500 euros pour les réservistes qui seraient absents lors de telles mobilisations.

Des réservistes du 33ème RIMa pendant un exercice.

Une amende pour les réservistes qui ne se présenteraient pas lors de convocations d’urgence ? L’idée est surprenante mais a pourtant été avancée par Gérard Longuet. Le ministre de la Défense estime ainsi « valoriser » le rôle du réserviste et espère de cette manière lui apporter « une certaine forme de sécurité vis-à-vis de son employeur ».

Cette proposition est liée à la loi du 28 juillet 2011 qui vise à permettre la mobilisation sur décret du Premier ministre de réservistes civils et militaires en cas de crise majeure sur le territoire national. Les réservistes qui ne se présenteraient pas seraient alors sanctionnables par une contravention de cinquième classe.

Menacer les volontaires pour encourager les entreprises à leur laisser des disponibilités est une idée saugrenue qui n’a pas convaincu. Les membres du Conseil supérieur de la réserve militaire (CSRM), consultés sur le sujet, se sont prononcés contre.

L’Etat-major des armées serait favorable à une sanction sous forme de contravention de 5ème classe. La gendarmerie ferait de la résistance. Grande consommatrice de réservistes, elle ne voudrait pas risquer de démotiver les troupes. Si le texte était adopté, les personnels qui ne se présenteraient pas lors de telles convocations devraient payer une amende pouvant s’élever à 1500 euros, doublée en cas de récidive.

Les entreprises pourraient alors être frileuses quant au recrutement de réservistes. Elles courraient le risque, en cas de crise, de voir disparaître une partie de leur main d’œuvre. Les seules sociétés épargnées seraient les entreprises d’importance vitale pour le fonctionnement du pays. La mesure, bien que radicale, cherche à répondre à une réalité évidente aujourd’hui, confirmée par un rapport parlementaire : le fonctionnement actuel des réserves ne leur permet pas d’être opérationnelles en cas de crise importante.

Photo : 33ème RIMa

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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Commentaires (4)

  • Kouak

    Il y a pourtant des dizaines d’autres actes qui mériteraient d’être sanctionnés par ces amendes…

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  • Le vengeur masqué

    Ainsi seuls les volontaires pourront se prendre une prune à 1500 euros s’ils ne répondent pas. Ben autant ne pas être volontaire et on économise son temps et son argent…
    Qui a eu l’idée d’une mesure aussi stupide ?

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  • Dudule

    Je suis chef d’entreprise et je recherche un technico-commerciale….
    Réservistes s’abstenir…..

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  • Wist

    Quelle aberration :

    Il y a quelques années, on a stupidement renoncé au service national…
    il n’y a donc plus le moindre DEVOIR pour nos concitoyens de se sentir solidaires de leurs Forces Armées..

    Aujourd’hui, on passe la deuxième couche: cette mesure aura clairement pour résultat (si ça n’en est pas l’objectif!) de leur faire même passer L’ENVIE de se montrer solidaires des mêmes Forces Armées.

    … quelle dérision !

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