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	<title>ActuDéfense &#187; Sécurité France</title>
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	<description>Défense, diplomatie, sécurité</description>
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		<title>Il n&#8217;y a pas de loups solitaires chez les djihadistes</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Feb 2013 07:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Trévidic</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="978" height="430" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/merah-ss-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="merah ss front" /></p><strong> Marc Trévidic revient sur une confusion largement répandue par la médiatisation de l'affaire Merah : les djihadistes ne sont pas des loups solitaires. Au contraire, ils sont le fruit d'un processus impliquant de nombreux acteurs ... et sont donc loin d'être isolés idéologiquement.</strong>

[caption id="attachment_7545" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/mohammed-merah-voiture.jpg"><img class="size-medium wp-image-7545" alt="Mohammed Merah n'aurait rien d'un loup solitaire : il est inscrit dans une démarche globale impliquant de nombreux acteurs." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/mohammed-merah-voiture-300x187.jpg" width="300" height="187" /></a> Mohammed Merah n'aurait rien d'un loup solitaire : il est inscrit dans une démarche globale impliquant de nombreux acteurs.[/caption]

Le phénomène du « Jihad individuel » est très éloigné de l’image du « loup solitaire ». Les « solistes du Jihad » jouent une partition qui n’est pas la leur. <strong>Ils suivent une stratégie définie par d’autres. Ils ressemblent à un gardien de but au moment du tir du penalty, solitaire, mais avec une équipe derrière et des règles de jeu.</strong> Car le gardien de but poursuit le même objectif que toute son équipe même si, au moment précis du tir, il est seul à jouer.

Les agissements de Mohamed Merah n’étaient que la sinistre concrétisation d’une menace pérenne et parfaitement connue : celle du « Jihad individuel », qui faisait peur depuis longtemps aux policiers et magistrats spécialisés. Rien de bien nouveau. Mais <strong>comme nous avions confiance en nous, comme nous avions toujours réussi à ne pas être débordés et comme Merah avait réussi là où tant d’autres avaient échoué, il y eut la tentation de faire de cette affaire un cas à part.</strong> Nous ne pouvions pas avoir été pris de court par un phénomène ancien et connu, celui de l’auto-entrepreneur jihadiste sous franchise Al Qaida. C’est alors que l’image du « loup solitaire » sortit du bois. Mohamed Merah était un loup solitaire et c’est pour cette raison qu’il nous avait échappé. Il était, comme l’avait chanté Renaud, une bande de jeunes à lui tout seul, à la fois « le chef et le sous-chef ».

Cette notion de loup solitaire était pourtant bien contestable car les loups, en réalité, vivent en meute.<span id="more-7544"></span>

Certains commentateurs de l’affaire Merah, englués dans le cliché médiatiquement sexy du « loup solitaire », <strong>confondirent des notions bien distinctes, l’entreprise individuelle d’une part, l’exécution par un seul homme d’un attentat terroriste d’autre part.</strong> Qu’un terroriste passe seul à l’action ne signifiait pas ipso facto qu’il en soit l’unique responsable. Le passage à l’action individuel était devenu depuis longtemps la norme, avec la prolifération des attentats kamikaze.

Or, personne ne parlerait de « loup solitaire » pour un kamikaze actionnant sa ceinture d’explosifs au milieu d’une foule. Non pas que le terrorisme individuel ne puisse pas exister, mais en matière de terrorisme islamiste, le cas ne s’était simplement jamais présenté. <strong>Cela tenait, et tient toujours, au processus long et complexe qui transforme un individu en fou de Dieu prêt à agir.</strong> Ce processus est très différent de celui qui amène par exemple un homme à liquider la moitié d’une classe d’un campus aux États-Unis et, d’une manière générale, du passage à l’acte des auteurs de grands massacres sans connotation idéologique, ou avec une connotation idéologique de faible intensité. Alors que de nombreux meurtriers de « droit commun » sont souvent décrits comme des individus taciturnes qui se sont repliés peu à peu sur eux-mêmes, le processus de construction d’un terroriste islamiste passe par la recherche de ses semblables. Une religion, même extrémiste, constitue un lien entre les hommes.

Une idéologie se partage puisqu’il s’agit d’idées. Il n’existe donc aucune idéologie individuelle.

<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/terroristes-trevidic.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-7537" alt="terroristes trevidic" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/terroristes-trevidic.jpg" width="179" height="282" /></a><em>Terroristes, les 7 piliers de la déraison</em>
<em> Marc Trévidic</em>
<em> Editions JC Lattès</em>
<em> Janvier 2013</em>
<em> 220 pages</em>
<em> 18 €</em>

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<em>Photo : DR</em>]]></description>
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		<title>Beaucoup de jeunes djihadistes frappent à la porte de l&#8217;armée avant de frapper à celle d&#8217;Al Qaida</title>
		<link>http://www.actudefense.com/beaucoup-de-jeunes-djihadistes-frappent-a-la-porte-de-larmee-avant-de-frapper-a-celle-dal-qaida/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 Feb 2013 07:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Trévidic</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1011" height="401" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/attentat-marrakech-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="attentat marrakech - Copie" /></p><strong>Plus que la foi religieuse, ce serait le goût de l'action et la soif d'aventure qui motiveraient les jeunes candidats au djihad. Marc Trévidic revient sur cet attrait pour les armes et la guerre propre à beaucoup de jeunes gens dans l'histoire du terrorisme.</strong>

[caption id="attachment_7540" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/attentat-marrakech.jpg"><img class="size-medium wp-image-7540" alt="La foule réunie après l'attentat de Marrakech en avril 2011." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/attentat-marrakech-300x170.jpg" width="300" height="170" /></a> La foule réunie après l'attentat de Marrakech en avril 2011.[/caption]

Dans un passé pas si lointain, tous ces jeunes désoeuvrés en quête d’absolu auraient été heureux de mourir pour la France. Aujourd’hui, ils ne veulent mourir que pour l’islam, et pas n’importe lequel.

La problématique a dépassé le combat habituel contre Al Qaida, les groupes terroristes internationaux, la lutte contre « les forces du mal ». <strong>Maintenant, l’idéologie est dans nos cuisines, dans nos cours, dans les coeurs et les âmes.</strong> Cette idéologie n’a pas d’exclusive.

Elle ne s’en prend pas qu’aux individus isolés, en mal-être, aux loulous multirécidivistes. Elle ne s’en prend pas qu’aux « Mohamed Merah ». <strong>Elle parvient à convaincre des ingénieurs, des médecins, des apprentis-boulangers et même des « Français de souche »</strong>, puisqu’il paraît que cela existe. Le socle idéologique, cependant, n’est pas si solide. Les fondations ont parfois été bâties à la va-vite. <strong>Les « Mohamed Merah » sont souvent composés à 80 % de goût pour les armes et la guerre et à 20 % d’idéologie extrémiste</strong>. Mohamed Merah ne fut pas le premier à avoir souhaité d’abord s’engager dans la Défense, bataillons traditionnels ou légion étrangère.<span id="more-7536"></span>

<strong>Dans nos dossiers terroristes, nous en vîmes beau-coup frapper à la porte de notre armée avant d’aller voir du côté d’Al Qaida.</strong> Ces jeunes aspiraient avant tout à être embrigadés. Si ce n’était pas par un camp, ce devait être par l’autre. <strong>Nos apprentis terroristes islamistes partagent avec tous les terroristes du monde cette passion pour les armes et la bagarre.</strong>

Un jeune Corse encagoulé dans le maquis, qui parade lors d’une conférence de presse du FLNC en caressant son arme, a beaucoup plus de points communs avec un jeune jihadiste qu’il ne voudra l’admettre. Dans leur jeunesse, les hommes ont toujours aimé se battre. C’est la question de savoir qui pisse le plus loin. Ce n’est que bien plus tard qu’ils comprennent que le gagnant n’est pas forcément celui qui a la plus longue kalashnikov. <strong>Seulement voilà, à vingt ans, on trouve qu’une kalash c’est beau, que ça donne un genre.</strong> Nos terroristes d’extrême gauche, type Action directe, étaient à peu près faits dans le même moule que nos jihadistes du XXIe siècle. Rien n’a changé. L’idéologie n’est pas la même, certes, mais reste une idéologie, c’est-à-dire une raison de se battre, de jouer à la gué-guerre, de trouver un sens à la vie en tuant les autres. Être un guerrier, ça a de la gueule. <strong>Leur motivation ne réside-t-elle pas en partie dans le plaisir morbide de caresser le métal froid, de se sentir des hommes ?</strong>

L’idéologie d’extrême gauche ressemblait également à l’islamisme en ce qu’elle rejetait l’idée d’État-Nation. <strong>On n’était pas français ou allemand, on était citoyen du monde, camarade, frère. Aujourd’hui, nos jihadistes ne sont pas français, belges, anglais ou allemands, ils sont musulmans</strong>, c’est-à-dire citoyens de l’Oumma islamique, du Califat en reconstruction.

La ressemblance est encore plus frappante entre le terrorisme d’extrême droite et les plus radicaux de nos terroristes islamistes, ceux qui jettent l’anathème, l’accusation d’impiété, ceux que l’on appelle les takfiris et qui s’arrogent le droit de dire qui a le droit de vivre et qui doit mourir. Avec les islamistes les plus radicaux et les plus fascistes des quelques illuminés d’extrême droite, dont le tueur norvégien Anders Breivik et l’Américain Timothy McVeigh1 sont à ce jour les plus sanglants exemples, le terrorisme confine à la violence pure, à ce stade ultime où l’assassin, tel un Dieu, éradique au seul motif que la pensée pour les uns, le sang pour les autres, seraient impurs. <strong>Pour les terroristes d’extrême droite, à l’instar de leurs frères islamistes, l’État-Nation s’efface derrière la fiction de la race et de sa pureté.</strong> Les fondamentalistes religieux d’obédience takfiri tuent ceux dont la pureté de l’âme est jugée insuffisante, tandis que les fascistes tuent ceux dont le sang est jugé impur.

<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/terroristes-trevidic.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-7537" alt="terroristes trevidic" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/terroristes-trevidic.jpg" width="179" height="282" /></a><em>Terroristes, les 7 piliers de la déraison</em>
<em> Marc Trévidic</em>
<em> Editions JC Lattès</em>
<em> Janvier 2013</em>
<em> 220 pages</em>
<em> 18 €</em>

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<em>Photo : Bjorn Christian Torrissen</em>]]></description>
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		<title>La France a donné naissance à 175 djihadistes en vingt ans</title>
		<link>http://www.actudefense.com/la-france-a-donne-naissance-a-175-djihadistes-en-vingt-ans/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 Feb 2013 07:58:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1053" height="436" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/11sept-djihad-francais-Copie.jpeg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="11sept djihad francais - Copie" /></p><strong>Dans son ouvrage "Terroristes, les 7 piliers de la déraison", le juge anti-terroriste revient sur l'expérience djihadiste de la France : 175 personnes qui seraient parti combattre en terre d'islam ces vingt dernières années. Mais qui sont-ils ?</strong>

[caption id="attachment_7526" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/11sept-djihad-francais.jpeg"><img class="size-medium wp-image-7526" alt="Lors des attentats du 11 septembre, le Français Zacarias Moussaoui est condamné à perpétuité pour sa participation à l'organisation des détournements." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/02/11sept-djihad-francais-300x261.jpeg" width="300" height="261" /></a> Lors des attentats du 11 septembre, le Français Zacarias Moussaoui est condamné à perpétuité pour sa participation à l'organisation des détournements.[/caption]

175. <strong>Depuis le début des années 1990, ils seraient 175 Français à être parti en terres de djihad et à subir des poursuites judiciaires lors de leur retour en France</strong>. Une quinzaine d'entre eux seraient partis en Afghanistan combattre les soviétiques. Une vingtaine en Bosnie. Puis de nouveau une quarantaine qui iront s'entraîner en Afghanistan sous le règne d'Oussama Ben Laden. Une petite dizaine se serait partagée entre la Somalie et le Cachemire. L'Irak suscitera plus de vocations, attirant une trentaine de djihadistes. Plus récemment, une quinzaine serait passée par le Waziristan.

Marc Trévidic remarque qu'à ces 175 djihadistes français, il faut ajouter ceux qui n'ont pas la nationalité et qui auraient pu transiter par l'hexagone, représentant autant de menaces pour notre sécurité. Il signale également <strong>une nouvelle tendance, qui reste rare mais se développe depuis quelques années : l'entraînement à domicile</strong>. Des candidats au djihad opteraient pour s'entraîner dans les Vosges ou le Massif central plutôt qu'au Yémen ou dans le Waziristan.

Depuis quelques années, une autre tendance se développerait selon le juge antiterroriste : <strong>les djihadistes seraient de plus en plus jeunes, parfois mineurs</strong>. Cette période de la vie serait propice à la prise des armes et à la recherche d'aventure qui accompagne le djihad. Elle serait surtout encore dépourvue de la prise de recul nécessaire à comprendre ce qu'impliquent réellement ces entreprises terroristes.<span id="more-7525"></span>

Beaucoup de ces djihadistes français reviendraient tôt ou tard en France. Et pas toujours pour y commettre des attentats : le voyage est aussi l'occasion d'apprécier les libertés dont ils bénéficiaient en France et <strong>le retour est marqué par une forme de repentance, de prise de conscience</strong>. Même phénomène chez ceux qui sont incarcérés : une fois leur peine purgée, la plupart renoncerait au djihad et tendrait à se ranger.

<em>Photo : Harjinder Kalirai</em>]]></description>
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		<title>Le livre du lundi : Al-Qaida, sommes-nous menacés ?</title>
		<link>http://www.actudefense.com/al-qaida-sommes-nous-menaces-philippe-migaux-andre-versaille/</link>
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		<pubDate>Mon, 24 Dec 2012 08:38:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="611" height="394" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/12/migauxalqaida_couvdefnew.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="migauxalqaida_couvdefnew" /></p><strong>L'univers djihadiste est si complexe que ses subtilités nous échappent bien souvent. L'auteur nous propose dans cet ouvrage de faire le point sur les relations entre les différents groupes de cette mouvance, leurs moyens ainsi que leurs objectifs.</strong>

L'actualité semble systématiquement ramener la mouvance Al-Qaida au centre des préoccupations sécuritaires internationales. De la tuerie orchestrée par le Français Mohammed Merah aux attentats en Irak en passant par la montée en puissance de différents groupuscules dans le Sahel, il est parfois difficile de suivre : qui est qui et surtout, qui menace plus directement les populations européennes et occidentales ?

Philippe Migaux décrypte dans cet ouvrage les origines et les compositions des différents groupes participants de plus ou moins loin au djihad mondial et à différents djihad locaux. Ceux, dont les noms reviennent chaque jour dans les médias, qui parcourent en tous sens l'Afrique du nord. <strong>Mais aussi ceux, beaucoup moins connus, que l'on peut trouver un peu partout dans le Caucase, en Asie mineure ou encore dans les mers agitées liant Asie et Océanie, autour de l'Indonésie et de la Malaisie.</strong>

Beaucoup n'ont qu'une reconnaissance mutuelle formelle avec la "nébuleuse" Al-Qaida. Une manière de s'approprier un label devenu particulièrement vendeur : le nom de l'organisation d'Oussama Ben Laden continue d'inquiéter des millions de voyageurs à travers le monde. <strong>Les djihadistes restent pourtant majoritairement guidés par des enjeux locaux qui menacent plus largement les populations du sud. Des enjeux politiques qui s’imprègnent bien souvent d'urgences criminelles, histoire de financer les activités de ces groupes.<span id="more-7019"></span></strong>

La base d'Al-Qaida, elle, semble peiner plus que jamais à préparer des actions d'envergure. Surveillée de toutes part, moyens financiers et humains toujours plus réduits : le plus connu des groupes djihadistes a de plus en plus de mal à préserver sa marge de manoeuvre. C'est désormais sur la toile, grâce à une forte action de propagande, qu'elle débat, menace et embrigade ses nouvelles recrues. <strong>Le djihad 2.0, entre doctrine et propagande, reste le moyen d'action le moins exposé aux contraintes sécuritaires du XXIème siècle.</strong>

Reste les fameux loups solitaires. Sensibilisés sur Internet ou dans d'obscurs lieux de rencontre ici et là dans les milieux radicalisés, ils deviennent l'arme la plus sûre d'Al-Qaida pour frapper l'Occident. <strong>Difficiles à détecter, ils connaissent parfaitement les sociétés dans lesquelles ils évoluent.</strong> Le cas Merah continue de susciter la réflexion au sein des services de renseignement et de police. S'ils restent rares, nos autorités ne sont toujours pas convaincues de savoir comment les stopper avant des passages à l'action qui peuvent se révéler particulièrement destructeurs.

<em>Al-Qaida, sommes-nous menacés ?
Philippe Migaux
André Versaille Editeur
Avril 2012
180 pages
19,90 €</em>]]></description>
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		<title>L&#8217;Assemblée adopte le projet de loi contre le terrorisme</title>
		<link>http://www.actudefense.com/lassemblee-adopte-le-projet-de-loi-contre-le-terrorisme/</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Nov 2012 09:26:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sécurité France]]></category>
		<category><![CDATA[assemblée nationale]]></category>
		<category><![CDATA[manuel valls]]></category>
		<category><![CDATA[mohamed merah]]></category>
		<category><![CDATA[Terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="993" height="353" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/hemicycle-deputes-3-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="hemicycle deputes 3 copie" /></p><strong>Suite à l'Affaire Merah et au démantèlement de la cellule ayant attaqué une épicerie casher, le projet de loi contre le terrorisme a été adopté par l'Assemblée nationale en procédure accélérée. Le texte promet une lutte sévère contre le "tourisme terroriste".</strong>

[caption id="attachment_6797" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/hemicycle-deputes-3.jpg"><img class="size-medium wp-image-6797" title="hemicycle deputes 3" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/hemicycle-deputes-3-300x194.jpg" alt="" width="300" height="194" /></a> 45 voix pour. Une abstention. Aucun contre. Un texte adopté sans grand débat.[/caption]

Le Sénat avait déjà dit oui. C'est au tour de l'Assemblée nationale d'approuver mardi en fin de journée le projet de loi "sécurité et lutte contre le terrorisme". Une fierté pour Manuel Valls qui fait presque oublier ainsi une pique difficile à soutenir pour un ministre de l'Intérieur, reprochant le retour du terrorisme à la droite il y a quelques semaines. <strong>Le texte a été approuvé à l'unanimité, n'enregistrant qu'une abstention.</strong>

Parmi les modifications qu'apporte ce texte, on notera la possibilité de poursuivre un ressortissant français visitant des camps d'entraînement à l'étranger. Jusqu'ici, une telle démarche n'était illégale que si le droit du pays concerné condamnait également de telles visites. Dorénavant, <strong>de tels séjours relèveront dans tous les cas du pénal et exposeront ces "voyageurs" à une plainte dès lors qu'ils commettront des "atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation" où que ce soit dans le monde.</strong> Une mesure qui se veut fortement dissuasive.

Une soixantaine de députés de l'opposition, menée par Nathalie Kosciusko-Morizet, est  revenue à l'assaut avec le projet de lutte contre les sites d'incitation au terrorisme qu'avait promis le président Sarkozy suite à la mort de Mohamed Merah. <strong>Les élus réclament la mise en place d'une liste noire qui tiendrait les fournisseurs d'accès à bloquer l'accès à un certain nombre de plateformes faisant l'apologie de ce type de violences. Ils espèrent toujours parvenir à faire condamner les internautes qui consulteraient régulièrement de tels contenus.</strong> Une mesure retoquée pour l'instant par Manuel Valls qui n'a pas exprimé une volonté de l'écarter définitivement.<span id="more-6796"></span>

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs annoncé en début de séance à l'Assemblée le besoin d'améliorer la coordination des services de renseignement, sans préciser comment. Evoquant les "failles incontestables" mises en exergue par l'affaire Merah, il a insisté sur <strong>le besoin d'avoir un dialogue plus efficace entre les bureaux centraux et locaux des services.</strong> Ces échanges devraient notamment intégrer plus directement la police et la gendarmerie sur l'ensemble du territoire français.

Les discussions dans l'hémicycle ont presque exclusivement évoqué la menace djihadiste. La députée Front national Marion Le Pen-Maréchal s'est ainsi vue renvoyée dans les cordes pour n'évoquer dans son intervention que le terrorisme islamiste ... le ministre de l'Intérieur lui-même insistant très longuement sur les groupes circulant par les Proche et Moyen-Orient, la zone afghano-pakistanaise et l'Afrique du nord avant d'évoquer brièvement d'autres menaces, "plus anciennes", en Corse et au Pays-Basque.

<em>Photo : Assemblée nationale</em>]]></description>
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		<title>Cyber : introduction à la nouvelle dimension stratégique</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Nov 2012 10:06:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1014" height="391" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/initiation-cyber-strategie-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="initiation cyber strategie front" /></p><strong>Le cyber, que l'on parle de défense, de sécurité, d'attaque ou de menace, préoccupe décideurs et stratègistes. Maître de conférence à Sciences Po Paris, Olivier Kempf, publie ce mois-ci un ouvrage consacré à l'<a title="Introduction à la cyberstratégie." href="http://www.amazon.fr/Introduction-%C3%A0-Cyberstrat%C3%A9gie-Kempf-Olivier/dp/2717865276" target="_blank"><em>Introduction à la Cyberstratégie</em></a>. L'animateur du blog <a title="égéa" href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?" target="_blank">égéa</a>, membre fondateur de l'<a title="AGS" href="http://alliancegeostrategique.org/" target="_blank">Alliance géostratégique</a>, est aussi conseiller à la Revue de la Défense nationale et directeur d'une collection consacrée au cyber chez Economica. Il a bien voulu répondre à nos questions.</strong>
<ul>
	<li><strong>ActuDéfense - Alors que le Livre blanc devrait donner une place conséquente aux menaces cyber ou que le Secrétaire à la Défense américain évoquait ses craintes d'un cyber Pearl Harbor, peut-on s'attendre à la mise en place de moyens humains et structurels à la hauteur des enjeux qui y sont liés ?</strong></li>
</ul>
[caption id="attachment_6713" align="alignleft" width="224"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/Couv_intro_cyber_m.jpg"><img class="size-medium wp-image-6713" title="Couv_intro_cyber_m" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/Couv_intro_cyber_m-224x300.jpg" alt="" width="224" height="300" /></a> Initiation à la Cyberstratégie par Olivier Kempf.[/caption]

<strong>Olivier Kempf -</strong> Le précédent Livre Blanc avait déjà été visionnaire en insistant justement sur la mise en place de capacités de cyberdéfense. A sa suite, l'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d'Information (ANSSI) avait été créée et elle a vu ses moyens très augmentés. Du côté des armées, un officier général cyberdéfense a été mis en place. Le dispositif français est donc sérieux. Le sénateur Bockel a publié, en juillet, un rapport où il appelle à poursuivre l'effort, pour se mettre à niveau des budgets de nos voisins allemands et britanniques. Mais ce renforcement, s'il est décidé, devra l'être dans un contexte général de baisse du budget de la défense. C'est dire le dilemme qui est en face des décideurs.

Toutefois, sans aller jusqu'à la notion de cyber Pearl Harbor, qui est une thématique à la fois très américaine et très propagandiste (pas un seul analyste sérieux n'y fait référence), le cyberespace est désormais inévitable : il est à la fois un théâtre d'opération en tant que tel, et il traverse tous les autres espaces opérationnels (Terre, mer, air, nucléaire, ...). Il est donc probable que le prochain Livre Blanc soulignera la nécessité de continuer l'effort.
<ul>
	<li><strong>La France dispose t-elle des ressources humaines nécessaires ? Forme t-on suffisamment de techniciens, d'une part, et de penseurs, d'autre part, capables de se pencher sur les questions de cyber-sécurité et de cyber-défense ?</strong></li>
</ul>
Les spécialistes du secteur s'alarment du manque de techniciens de cybersécurité. <strong>Il y aurait un besoin de 600 jeunes par an, et on n'en formerai que 200.</strong> Avis aux amateurs, bosseurs et fanas de technologie !

Quant aux penseurs, oui, on a assisté, ces derniers mois, au développement d'une sorte d'école française de cyberstartégie, autour de précurseurs comme Daniel Ventre ou Marc Watin-Augouard, et maintenant des personnes comme François-Bernard Huyghe, Alain Esterle, Stéphane Dossé, Marc Hecker, Bertrand Boyer, Christian Daviot, Nicolas Arpagian... Une blogosphère stratégique extrêmement active s'est développée (<a title="AGS" href="http://alliancegeostrategique.org/" target="_blank">AGS</a>, égéa et actudéfense en sont bien évidemment les exemples les plus illustres). Deux chaires spécialisées ont été créées au cours des douze derniers mois, toutes les grandes revues de défense et d'affaires internationales ont publié un dossier sur le cyber (Revue Défense Nationale, Politique Etrangère, Revue Internationale et Stratégique, le mois prochain la Nouvelle Revue de Géopolitique). Enfin,<strong> j'ai l'honneur de lancer une collection de cyberstratégie chez Econmica, qui est l'éditeur starégique de référence, avec ce premier opus, logiquement intitulé "Introduction à la cyberstratégie".<span id="more-6708"></span></strong>
<ul>
	<li><strong>Les autorités compétentes alertent souvent les institutions, les entreprises et surtout leurs employés sur une mauvaise hygiène sécuritaire dans leur utilisation des outils numériques. Y a-t-il des progrès dans ce domaine ?</strong></li>
</ul>
[caption id="attachment_6714" align="alignright" width="199"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/initiation-cyber-strategie-illustration.jpg"><img class="size-medium wp-image-6714" title="initiation cyber strategie illustration" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/initiation-cyber-strategie-illustration-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a> Sur les 600 spécialistes qu'il faudrait chaque année, nous en recruterions environ 200...[/caption]

Peu, il faut bien le déplorer (et d'ailleurs s'interroger : la baisse continue des parts de marché de la France à l'international, depuis cinq ans, n'est-elle pas due à cette négligence ?). C'est dû à deux choses : d'une part,<strong> les dirigeants d'entreprises considèrent que c'est l'affaire de leur directeur de la sécurité informatique, une simple affaire "technique", sans s'apercevoir que l'information et sa sécurité constituent des actifs stratégiques de l'entreprise</strong>. Ce n'est pas parce qu'il a un directeur financier que le dirigeant ne regarde pas ses comptes. Donc, ce n'est pas parce qu'il a un directeur SSI qu'il ne devrait pas se préoccuper de cybersécurité de son entreprise. Or, l'exemple vient d'en haut. Ensuite, le syndrome de la discrétion (quand on a été attaqué, on ne le dit pas) empêche la prise de conscience générale, et l'élaboration de bonnes pratiques. Les esprits changent, mais lentement.
<ul>
	<li><strong>Vous venez de publier un ouvrage d'Introduction à la cyber-stratégie. Qu'est ce qui vous fait penser que le développement de stratégies dans ce domaine est une vraie priorité et pas un simple phénomène de mode ?</strong></li>
</ul>
Tout simplement parce qu'on ne peut plus imaginer un monde sans cyber. Je le vois tous les jours auprès de mes étudiants, <strong>ils n'ont pas conscience de ce que serait un monde sans, de même que ma génération n'a pas conscience d'un monde sans électricité ou automobile.</strong> Or, non seulement le cyber est entré dans toutes les dimensions traditionnelles de la guerre (on ne peut faire voler un avion sans l'avionique de bord, ni diriger une coalition sans systèmes d'information et de commandement), mais en plus le cyberespace est devenu un espace autonome, certes artificiel et anthropogène, mais qui présente de multiples opportunités pour que les acteurs stratégiques (les Etats, mais pas seulement eux) puissent exprimer à bas bruit leur conflictualité. De ce point de vue, les batailles font rage bien que nous n'en ayons pas conscience. Surtout, malgré son universalité, le cyberespace permet une grande opacité d'action : je peux agir sans être identifié : du coup, cela redonne énormément de possibilités aux uns et aux autres pour s'affronter.
<ul>
	<li><strong>Au fil de l'histoire, nous avons vu à quel point l'amélioration de la capacité offensive (l'épée) était de plus en plus capable de surpasser la capacité défensive (le bouclier). Dans le monde du numérique, est-on capable de développer des boucliers suffisamment solides ?</strong></li>
</ul>
Il s'agit d'un des grands débats théoriques entre stratégistes. On a souvent l'impression que l'offensive a l'avantage dans le cyber, puisqu'elle a l'initiative et qu'elle entre dans des failles inconnues du défenseur. Toutefois, <strong>les défenses se sont énormément musclées (du moins celles qui sont sérieuses : cela renvoie à votre question sur l'hygiène informatique des entreprises, qui pour la plupart se font piller sans même en avoir conscience) et surtout, en se révélant, l'agresseur perd l'initiative.</strong> Du coup, il y a une sorte de résilience de la défensive. Il reste que ce combat entre l'épée et le bouclier est, comme vous le dites, extrêmement ancien. Constatons simplement qu'alors que le nucléaire avait imposé une défensive généralisée, au point d'interdire la guerre, le cyber redonne place à la manoeuvre...

<em>Photo : Brian Klug &amp; DR</em>]]></description>
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		<title>Faire la guerre par besoin d&#8217;expérience</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Nov 2012 15:15:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="979" height="385" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/intervention-opex-afghanistan-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="intervention opex afghanistan front" /></p><strong>Peut-on admettre notre besoin de faire la guerre par nécessité d'acquérir à tous les niveaux une expérience précieuse ? Rompre avec ce tabou pourrait faire gagner à nos responsables la crédibilité perdue auprès d'une opinion de moins en moins dupe.</strong>

[caption id="attachment_6596" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/intervention-opex-jordanie.jpg"><img class="size-medium wp-image-6596" title="intervention opex jordanie" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/intervention-opex-jordanie-300x177.jpg" alt="" width="300" height="177" /></a> Une équipe médicale en Jordanie : la défenses d'intérêts stratégiques n'interdit pas de déployer des outils au profit des populations.[/caption]

Au cours d'une <a title="Transcription de la conférence du général Irastorza." href="http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/files/conference_gal_iras-torza.pdf" target="_blank">conférence à Montpellier fin octobre</a>, le général Elrick Irastorza défendait nos armées de participer à des opérations extérieures par besoin de justification fonctionnelle. Pour simplifier le propos, nos armées ne font pas la guerre pour justifier leur existence et leurs budgets mais bien pour répondre à des exigences stratégiques et sécuritaires. <strong>L'ancien chef d'Etat-major de l'Armée de Terre nous explique ainsi que nos engagements en Afghanistan, au Kosovo, en Libye, en Côte d'Ivoire ou au Liban ne sont destinés qu'à nous assurer un avenir plus paisible.</strong> Défendre une révolution de l'autre côté de la Méditerranée doit ainsi permettre de faciliter l'émergence de toute une région favorable à des relations positives sur les plans politique et économique. Soutenir l'effort contre les bandes armées du Sahel doit assurer une plus grande sécurité pour nos entreprises et nos ressortissants tout en maintenant un dialogue de premier plan avec des partenaires nombreux dans la région. Combattre les talibans et leurs alliés en Afghanistan est aussi, on nous le répète assez souvent, un pari sur la sécurité (contre l'insécurité ?) sur l'avenir.

La diplomatie française, et plus largement occidentale, repose trouve ses arbitrages à la rencontre de deux grandes écoles de relations internationales, en principe antinomiques :
<ul>
	<li>Les réalistes prennent des décisions et défendent des positions dont l'objectif principal est de <strong>défendre les intérêts politiques, économiques et sécuritaires nationaux. </strong></li>
	<li>Les idéalistes estiment qu'il est de notre devoir participer à la lutte contre les foyers de violence et d’oppression afin de <strong>promouvoir des valeurs considérées comme meilleures et universelles : liberté, justice, Droits de l'homme et parfois démocratie.</strong></li>
</ul>
L'approche française se situe bel et bien au croisement de ces courants, <strong>refusant un réalisme dépourvu d'idéaux mais s'interdisant un idéalisme nourri d'irréalisme.<span id="more-6590"></span></strong>

L'évolution de <a title="L'opinion face aux enjeux de défense." href="http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-notes/De-l-Afghanistan-a-la-Syrie.-Etat-des-lieux-de-l-opinion-publique-face-aux-enjeux-de-defense" target="_blank">l'opinion publique sur un certain nombre d'interventions</a> françaises démontre sa difficulté à comprendre ce que font nos armées à l'étranger. Les Français ne sont ainsi pas fondamentalement opposés au déploiement de nos troupes sur des crises, même éloignées de nos frontières : <strong>ils sont 55% à soutenir une intervention en Afghanistan en octobre 2001, 66% à une participation à la coalition contre Kadhafi en mars 2011 et même 52% à approuver une intervention tricolore en Syrie en juin dernier.</strong> Des chiffres qui chutent dès que les opérations s'éternisent, accompagnées de leurs coûts, difficultés et parfois pertes humaines.

<strong>DE LA PEDAGOGIE A LA FRANCHISE</strong>

[caption id="attachment_6597" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/intervention-opex-liban.jpg"><img class="size-medium wp-image-6597" title="intervention opex liban" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/intervention-opex-liban-300x212.jpg" alt="" width="300" height="212" /></a> Liban : Maintenir la paix, faire la guerre ... les OPEX sont autant d'écoles de l'opérationnel.[/caption]

La faveur de l'opinion envers ces opérations, qu'elles aient eu lieu ou non, s'explique en général par l'effort de communication et de pédagogie consenti en début de crise. En 2001, intervenir en Afghanistan pour neutraliser un foyer terroriste et ses soutiens locaux fait sens. Dix ans plus tard, une fois les talibans réduits à l'état d'une insurrection plus ou moins cohérente et leurs supplétifs d'Al Qaeda presque chassés du pays, évoquer la générosité de la reconstruction d'une jeune démocratie et le combat pour les femmes peine à convaincre. <strong>44% des Français seulement admettent un lien entre la présence de l'OTAN en Afghanistan et la lutter contre le terrorisme. Ils sont encore moins, avec 35%, à concevoir que nos actions sur place aient contribué à faire progresser la démocratie.</strong>

En Libye, la multiplication des violences et des luttes claniques, la diffusion de stocks d'armes vers toute la région et les libertés d’interprétation prises avec la résolution 1973 (<a title="La France sera t-elle poursuivie pour ses livraisons d'armes aux insurgés ?" href="http://www.actudefense.com/la-france-sera-t-elle-poursuivie-pour-les-livraisons-darmes-aux-rebelles-libyens/" target="_blank">largages d'armes aux insurgés</a>, bombardements de <a title="Des civils tués en Libye" href="http://www.actudefense.com/civils-libyens-tues-par-otan-quantite-negligeable-new-york-times/" target="_blank">cibles non directement menaçantes pour les civils</a>) font aujourd'hui hésiter les Français sur le bien fondé de cette intervention. Comment concevoir dès lors que nos forces n'interviennent pas plus directement en Syrie ou en Somalie où les populations pourraient avoir autant besoin d'aide que les Afghans ou les Syriens ? <strong>L'intérêt de nos politiques pour certaines crises plutôt que pour d'autres peut paraître dès lors suspect.</strong>

<em>"Pourquoi nous brouiller avec les Chinois pour défendre <a title="Au Tibet, pas de printemps en vue." href="http://www.actudefense.com/pendante-ce-temps-au-tibet-pas-de-printemps-en-vue/" target="_blank">la cause de ces pauvres Tibétains</a> alors que nous ne pouvons pas nous permettre de tirer un trait sur nos relations économiques avec Pékin ?"</em>, questionnait un ancien chef de gouvernement sous couvert d'anonymat il y a deux ans. <strong>L'opinion publique n'est pas dupe. Elle sait que nous ne pouvons sauver d'un claquement de doigt les lamas tibétains ou les femmes afghanes. Les duperies par manque de courage et d’honnêteté ne peuvent que nuire à la crédibilité de nos responsables politiques ... comme militaires.</strong>

<strong>NOS ARMEES ONT BESOIN D'EXPERIENCE ET DE PRAGMATISME</strong>

[caption id="attachment_6598" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/opex-intervention-tchad.jpg"><img class="size-medium wp-image-6598" title="opex intervention tchad" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/11/opex-intervention-tchad-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a> Tchad : formation et intervention sont indispensables pour bénéficier de troupes pleinement opérationnelles.[/caption]

<em>"Je me demande si nos concitoyens ne sont pas tentés de penser que nos opérations extérieures sont motivées par besoin de justification fonctionnelle"</em>, s'interroge le général Irastorza. Une telle pensée est-elle pourtant si intolérable ? <strong>Admettre sa véracité n'implique pas d'admettre son exclusivité.</strong> Les opérations menées par nos armées sont le fait d'exigences stratégiques et sécuritaires, oui, mais aussi d'un besoin de pratiquer ce pour quoi elle est fait : la guerre sous toutes ses formes.

La France est intervenue en Côte d'Ivoire plutôt qu'au Zimbabwe ou en Libye plutôt qu'en Syrie parce qu'il faut bien hiérarchiser nos priorités. Ce pragmatisme doit pouvoir s'appliquer aussi aux justifications de nos interventions. Si les soldats français se sont battus aussi longtemps en Afghanistan, c'est effectivement pour lutter contre le terrorisme, l'obscurantisme, l'accès à l'éducation et l'émancipation des femmes. Mais <strong>c'est aussi du fait d'un jeu d'alliances avec nos principaux alliés et pour justifier d'un niveau de capacité militaire.</strong>

Une armée, comme n'importe quelle organisation, a besoin d'expérience. <strong>Ce qu'ont acquis nos forces en Afghanistan dans le domaine de la lutte contre-insurrectionnelle, du contact avec une population culturellement éloignée, de l'acquisition de renseignement ou d'approche civilo-militaire est précieux. Ce qu'<a title="La chasse française à l'épreuve de la Libye" href="http://www.actudefense.com/chasse-francaise-harmattan-libye-12-cigognes/" target="_blank">ont appris nos aviateurs sur leurs capacités</a> réelles, leur endurance et leur autonomie en Libye est estimable.</strong> Ne gagnerions nous pas à entendre ce discours plus souvent dans la sphère publique plutôt que dans les coulisses de rencontres averties ?

<em>Photos : ECPAD</em>]]></description>
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		<title>&#171;&#160;La cellule terroriste la plus dangereuse depuis 1996&#8243;</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Oct 2012 17:47:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nastasia Tepeneag</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1363" height="563" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/10/yann-front.png" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="yann front" /></p><p align="JUSTIFY"><strong>Après 5 jours de garde à vue, 7 des 12 terroristes présumés ont été déférés devant le parquet de Paris qui réclame leur incarcération. Il s’agirait du groupe « le plus dangereux mis à jour depuis 1996 en France ».</strong></p>


[caption id="attachment_6311" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/10/louis-sydney.jpeg"><img class="size-medium wp-image-6311" title="louis sydney" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/10/louis-sydney-300x169.jpeg" alt="" width="300" height="169" /></a> Cette année, Jérémie Louis-Sidney, leader présumé de cette cellule, aurait effectué au moins un voyage suspect en Tunisie.[/caption]
<p align="JUSTIFY">En garde à vue depuis samedi dernier, sept des douze suspects interpelés dans le cadre de l’enquête sur l’attentat contre l’épicerie juive de Sarcelles ont été déférés aujourd’hui devant le parquet de Paris qui réclame leur incarcération. Les cinq autres personnes arrêtées ont été relâchées sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles. Pour le procureur de Paris, François Molins, <strong>la cellule djihadiste démantelée ce week-end était probablement le groupe terroriste "</strong><em><strong>le plus dangereux mis à jour depuis 1996 en France"</strong>.</em></p>
<p align="JUSTIFY">Le procureur de la république a précisé le profil de ces 7 personnes : ils sont âgés de 19 à 25 ans, "<em>tous nés en France </em>et <em>de nationalité française".</em> Les suspects sont "<em>tous de petits délinquants", </em>impliqués par le passé dans des affaires de "<em>vol ou de trafic de stupéfiants"</em>. Ils se sont tous, sauf un, "<em>plus ou moins récemment"</em> convertis à l’islam selon François Molins. <strong>Il ne semble pas que leur radicalisation soit liée à un séjour en prison puisque 2 des 7 suspects seulement ont été incarcérés, pour des peines inférieures à 3 mois de prison.</strong></p>
<p align="JUSTIFY">François Molins a expliqué que l’enquête comportait deux volets distincts qui se sont rejoints : "<em>l’association de malfaiteurs en vue de commettre un attentat"</em> qui concerne l’attentat à la grenade contre l’épicerie de Sarcelles le mercredi 19 septembre, et <strong>"<em>l’association de malfaiteurs terroristes" </em>dont l’objectif serait de rejoindre des groupes djihadistes en Syrie</strong>.<em> </em>Récemment<em>, l</em>e chirurgien français Jacques Bérès avait expliqué avoir soigner des djihadistes français dans ce même pays, à Alep, lors de sa dernière mission humanitaire. Il <a title="Jacques Bergès a soigné des djihadistes français en Syrie." href="http://www.franceinfo.fr/monde/syrie-jacques-beres-a-soigne-des-djihadistes-francais-a-alep-731701-2012-09-07" target="_blank">témoignait alors sur France Info</a>: "<em>c'était un peu troublant, l'un disait que Mohammed Merah était l'exemple à suivre. Ils disent qu'ils sont là pour l'après Bachar pas pour les combats du moment et que leur but c'est l'émirat mondial et la charia"</em>.<span id="more-6309"></span></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>UNE CELLULE TERRORISTE EXTREMEMENT DANGEREUSE</strong></p>
<p align="JUSTIFY">En principe, une garde a vue dure 24 heures avec possibilité de la prolonger de 24 autres supplémentaires, sous certaines conditions. Depuis 2004 l'instauration de la loi Perben II, prévoit un certain nombre d'infractions qui justifient une garde à vue de 96 heures donc 4 jours. Le terrorisme en fait partie. <strong>En 2006, une nouvelle loi autorise une prolongation supplémentaire si elle est justifiée par "<em>un risque sérieux de l'imminence d'une action terroriste"</em></strong> ou par <em>"la nécessité d’une coopération internationale"</em>. Ce délai supplémentaire de 24 heures peut être renouvelé une fois. <strong>Au maximum, la garde à vue dans une enquête pour terrorisme peut durer jusqu'à 144 heures, soit six jours.</strong></p>
<p align="JUSTIFY"><em>"En terme de dangerosité et de préparatifs, notamment au regard de <strong>tous les éléments qui devait rentrer dans la composition de cet engin explosif improvisé, on n'avait pas d'exemple (...) de ce type depuis 1996"</strong>,</em> a déclaré le procureur, lors d'une conférence de presse.</p>
<p align="JUSTIFY">Mardi, les enquêteurs ont découvert à Torcy, au domicile de Jérémy Bailly, l'un des principaux suspects, "<em>trois kilos de nitrate de potassium, une bouteille contenant de la cire de bougie, un sac de charbon de bois, un kilo et demi de soufre, deux réveils, cinq mètres de câbles électriques, des piles, une cocotte-minute et cinq ampoules de phare". </em><strong>Tout un arsenal utilisé pour la fabrication de bombes artisanales.</strong> Ils ont également récupéré une liste manuscrite d’une dizaine d’associations israélites ... autant de cibles potentielles.</p>
<p align="JUSTIFY">Jérémie Louis-Sidney,<strong> le leader présumé de la cellule djihadiste aurait effectué cette année au moins un séjour suspect en Tunisie.</strong> Surpris à son domicile, samedi dernier, il faisait feu sur les policiers, qui ont riposté. Il a été abattu à Strasbourg par le GIPN. Il avait récemment coupé sa barbe, signe, selon un enquêteur, d’un prochain passage à l’acte.</p>
<p align="JUSTIFY"><em>Photos : DR</em></p>]]></description>
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		<title>Le livre du lundi : collection Les rebelles</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Oct 2012 16:57:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie France]]></category>
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		<description><![CDATA[<p><img width="484" height="337" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/10/collection-les-rebelles.png" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="Les Rebelles, en 10 tomes." /></p><strong>Le Monde consacre une série d'ouvrages publiés hebdomadairement aux "Rebelles". Des rebelles qui sont aussi bien des penseurs politiques que des écrivains, aussi bien des idéologues que des héros de l'histoire. Les deux premiers volumes sont consacrés à la résistance, de Jean Moulin à Lucie Aubrac.</strong>

[caption id="attachment_6096" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/10/collection-les-rebelles.png"><img class="size-medium wp-image-6096 " title="collection les rebelles" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/10/collection-les-rebelles-300x208.png" alt="" width="300" height="208" /></a> Les Rebelles, en 10 tomes.[/caption]

Qu'est ce qu'un rebelle ? Le Monde décide de répondre à cette question en proposant plusieurs réponses possibles. Les anarchistes bien sûr. Victor Hugo ou Georges Clemenceau, pourquoi pas chacun dans leur domaine. Mais aussi et surtout : les Résistants. Les deux premiers volumes sont ainsi consacrés à ces héros de la Seconde guerre mondiale. Jean Moulin et les "soutiers de la gloire" d'une part, Lucie Aubrac et "l'armée des ombres" d'autre part.

Ces deux ouvrages rappellent ainsi au fil des pages, dans une série de témoignages, de lettres, d'appels à la résistance, comment la résistance s'est construite sur une variété d'hommes et de femmes. Des soldats, des politiciens, des religieux ou des syndicalistes qui ont décidé de se lever contre l'Allemagne nazie, contre le régime de Vichy ou contre les abandons de leurs institutions d'appartenance.

Les Résistants ont su montrer qu'être un rebelle pouvait faire sens. En refusant l'ordre établi, celui de la défaite, celui de la collaboration, celui de la déportation, ils ont contribué à libérer la France et à lui permettre de sortir grandie de ce conflit si mal abordé. Aujourd'hui encore, ils font la fierté d'un peuple qui a souvent hésité entre les routes les plus sombres et les chemins les plus glorieux.<span id="more-6095"></span>

Le choix des textes rappelle également que tous les héros de la Seconde guerre mondiale n'étaient pas toujours nés pour accomplir de tels exploits. Simples ouvriers, militants d'extrême-droite ou d'extrême-gauche, soldats refusant la défaite, enseignants, grands patriotes ou modestes intellectuels ... beaucoup ont payé leur esprit de révolte de leur vie.

Une série originale qui réunit des consciences curieusement variées. Une série qui rappelle surtout que penser dans la norme n'est pas toujours le choix que valorise l'histoire. Elle célèbre successivement, dans une dizaine de tomes, "Jean Moulin et les soutiers de la gloire", "Lucie Aubrac et l'armée des ombres", "Victor Hugo", "Les anarchistes", "Jean Jaurès", "Contre l'argent fou", "Georges Clemeanceau", "La contre-révolution", "Léon Blum" et "François Mauriac".

<em>Les Rebelles
Une collection dirigée par Jean-Noël Jeanneney
Editée par Le Monde
Août 2012
Tome 1 : 2 €, Tomes 2 à 10 : 5,90 €</em>]]></description>
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		<title>Le cyber peut-il être espace de stratégie ?</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Sep 2012 09:13:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sécurité France]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Anonymous]]></category>
		<category><![CDATA[cyber]]></category>
		<category><![CDATA[informatique]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[transmissions]]></category>
		<category><![CDATA[virus]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1035" height="503" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/09/sarajevo-15-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="front" /></p><strong>Mardi soir, <a title="EGEA" href="http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?" target="_blank">Olivier Kempf</a> et <a title="François-Bernard Huygue" href="http://www.huyghe.fr/" target="_blank">François-Bernard Huygue</a> présentaient le nouveau numéro de <a title="La Revue internationale stratégique." href="http://www.iris-france.org/Archives/revue/revue_internationale_strategique.php3" target="_blank">la Revue internationale stratégique</a>, dédié aux stratégies dans le cyber. Tous deux ont cherché à définir comment ce cyber, souvent approprié par des techniciens, était devenu un espace où s'appliquaient des stratégies.</strong>

[caption id="attachment_5990" align="alignleft" width="199"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/09/sarajevo-15.jpg"><img class="size-medium wp-image-5990" title="sarajevo-15" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/09/sarajevo-15-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a> You've got an email ...[/caption]

Je ne peux pourtant m'empêcher de demander si le cyber peut vraiment être considéré comme un espace stratégique, de la même manière que la terre, l'air ou la mer, par exemple. Plus les réflexions et plus les études dans ce domaine avancent et plus la logique d'une attaque exclusivement informatique perd en crédibilité, tout le moins dans le monde militaire. Les travaux et les ébauches de possibles doctrines tendent vers une approche globale intégrant effectivement des outils informatiques mais aussi et surtout d'autres moyens, terrestres, aériens ou navals.

Souvent, lorsque l'on cherche à vulgariser le cyber, on le compare à des phénomènes comparables plus compréhensibles du grand public. Quelques exemples entendus avant-hier soir. Les données, vaste masse d'information qui circulent sur la toile, peuvent être la cible d'espionnage ou d'enjeux économiques. Elles restent cependant stockées physiquement dans des fermes informatiques de grande taille. Ni plus ni moins qu'une grosse bibliothèque d'archive. La communication en elle-même, le flux de données, peut-il être pensé autrement, en matière de réflexion, qu'un simple coup de téléphone, qu'une radio ou même qu'un pigeon voyageur en d'autre temps ? Dans tous les cas, ces transmissions peuvent-être interceptées, substituées ou manipulées.

Le cyber un simple outil de transmissions ? Une approche qui confirme la logique de confier les missions liées à ces techniques, au sein de l'Armée de terre ... à l'arme des Transmissions. Cette dernière a toute légitimité à être chargée de développer des solutions et des moyens efficaces pour mettre en oeuvre le potentiel défensif (et offensif ?) offert par le cyber. Le tout dans une approche inter-armes, inter-armées et inter-ministérielle.<span id="more-5979"></span>

Reste justement à trouver les moyens techniques et humains pour maîtriser la vitesse de tout ce qui est lié à ces technologies. Pour le reste, il convient de s'interroger sur la difficulté que nous avons à adapter procédures et lois à cet univers. Un voleur de banque, qu'il utilise une pioche et un bloc de C4 ou un clavier et une souris n'est-il pas qu'un voleur de banque ?

<strong>Adapter les concepts stratégiques</strong>

[caption id="attachment_5988" align="alignright" width="229"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/09/cyber-soldier.jpg"><img class="size-medium wp-image-5988" title="cyber soldier" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/09/cyber-soldier-229x300.jpg" alt="" width="229" height="300" /></a> Des soldats 100% cyber pour bientôt ? Ou pas.[/caption]

En se basant sur le principe que le cyber ne constitue pas un "espace" stratégique, on peut dans la foulée s'interroger sur la possibilité de décliner un certain nombre de réflexions, de doctrines ou de concepts stratégiques. De nombreux débats ont eu lieu pour comparer l'usage d'armes cyber, par exemple, à d'autres armes de destruction massives : gaz ou nucléaire notamment.
<ul>
	<li><strong>Contre-insurrection :</strong> Et si l'on considérait certains collectifs de hackers comme des insurrections numériques ? Anonymous, à la manière de n'importe quelle insurrection, poursuit des objectifs politiques et stratégiques qui s'inscrivent dans un rapport du faible au fort. Ils sont ainsi amenés à opérer dans l'ombre, cachés, de manière rapide et très ciblée. Au delà de toute forme de loi, ils s'appliquent à se camoufler au coeur d'une population connectée à la toile. Leurs cibles sont systématiquement symboliques des pouvoirs étatiques ou non qu'ils attaquent : Eglise de scientologie, ministères, entreprises de défense ou de renseignement. Anonymous, comme certains groupes terroristes, entretien un climat de peur : impossible de savoir où et quand ils attaqueront, ce qui oblige la société à anticiper le risque en développant rapidement et massivement capacités de défense et de résurgence. La volonté de ne pas centraliser le mouvement, au sein d'Anonymous, dont chacun peut se revendiquer au cours d'actions informatiques, n'est pas sans rappeler la nébuleuse d'Al Qaïda et son ouverture à des cellules autonomes et indépendantes.</li>
</ul>
<ul>
	<li><strong>Brouillard de guerre :</strong> Le cyber offre une incroyable capacité d'évasion, pour les agresseurs. Un vrai défi pour les autorités, notamment sécuritaires, lorsqu'il faut retrouver les auteurs d'attaques informatiques. Il semblerait pourtant qu'à l'échelle d'un Etat, les opérations d'envergures sont en général plutôt bien identifiées. C'est le retour d'un brouillard de guerre franc et massif digne des grandes campagnes de l'Empire : au delà des frontières et des lignes de front, difficile de voir ce qui se passe, d'évaluer les moyens de l'adversaire et d'anticiper ses mouvements.</li>
</ul>
<ul>
	<li><strong>Robotisation :</strong> Plus naturellement que dans d'autres domaines, le cyber appelle la robotisation. Pas sous la forme de drones mais sous celle de programmes automatisés capables d'entreprendre certaines actions d'eux-mêmes. Ici, un certain nombre de choses sont déjà bien avancées, y compris dans l'aide à la décision. Des interfaces sont omniprésentes pour aider l'homme à prendre des décisions.</li>
</ul>
<ul>
	<li><strong>Sanctuarisation :</strong> Si l'adversaire reste basé sur un sol étranger et souverain, il bénéficie comme n'importe quel autre groupe combattant d'un phénomène de sanctuaire. Cette réalité appelle à un fort développement de moyens interarmées : si une unité cyber est abritée loin à l'intérieur du territoire adverse, il faut pouvoir déployer des frappes en profondeur, via des offensives aériennes, spéciales ... ou informatiques. Chacun doit trouver des solutions pour assurer la sanctuarisation de ses moyens cyber tout en étant le plus assuré possible de pouvoir atteindre ceux de l'adversaire.</li>
</ul>
<ul>
	<li><strong>Maîtrise de l'information</strong> : Les données restent une priorité pour les armées. Protéger ses propres flux de communication d'information tout en cherchant à neutraliser celles de l'adversaire est toujours d'actualité. Peut-être même plus que jamais. De même, chercher à intercepter l'information de l'autre ou encore de la modifier peuvent-être des coups sérieux portés à l'adversaire.</li>
</ul>
<ul>
	<li><strong>Dommages collatéraux :</strong> Comme lors de n'importe quel bombardement, une attaque informatique peut entraîner des dommages collatéraux au sein des populations. Si l'on ne parle pas ici de victimes létales (ce qui reste envisageable), Stuxnet a montré que certaines offensives cyber sur des cibles précises (des installations nucléaires) pouvaient contaminer des installations civiles (infrastructures énergétiques).</li>
</ul>
Une simple poignée d'exemples, issus d'une très courte réflexion de ma part. Chaque fois, la pensée mériterait d'être développée et précisée, le cyber impliquant de fait un certain nombre de spécificités pour adapter ces différents concepts. L'idée reste de s'interroger sur la direction qu'ont pris un certain nombre de réflexions dans le domaine : faire du cyber un nouvel espace stratégique contribue à donner l'impression qu'il s'agit d'une chose encore difficilement perceptible. Considérer le cyber comme un simple outil implique à l'inverse de redéployer un certain nombre de solutions stratégiques, politiques et juridiques parfaitement déclinables.

<em>Photos : Romain Mielcarek &amp; Johnson Cameraface</em>]]></description>
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