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	<title>ActuDéfense &#187; Actualités</title>
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	<description>Défense, diplomatie, sécurité</description>
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		<title>Nouvelle maison: Guerres et Influences</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Oct 2013 13:55:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="939" height="529" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/10/cover.png" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="cover" /></p>Pour les lecteurs, fidèles ou simples passants, qui passent encore par les pages d'ActuDéfense, sachez que j'ai ouvert un nouveau blog. <a href="guerres-influences.com">Guerres et Influences</a> n'est pas un site d'information, comme l'était ce blog-ci, mais un lieu de réflexion et de débat sur les stratégies d'influence dans le cadre des conflits armés.

Vous pourrez y trouver des informations et des analyses sur des problématiques liées à la communication, à la stratégie d'influence, aux médias, à l'information et à la désinformation.

N'hésitez pas à venir y jeter un oeil et à en parler autour de vous : <a href="guerres-influences.com">Guerres et Influences</a>.]]></description>
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		<title>On ferme la boutique&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jun 2013 16:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="982" height="482" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/closed.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="closed" /></p><strong>ActuDéfense ferme ses portes, après plus de quatre ans de bons et loyaux services ...</strong>

C'est une aventure qui se termine aujourd'hui. ActuDéfense s'arrête après un peu plus de quatre ans d'activité. Beaucoup de chemin parcouru depuis l'ouverture de ces pages numériques un désormais si lointain <a href="http://www.actudefense.com/bonjour-tout-le-monde/" target="_blank">31 mai 2009</a>. Beaucoup d'évolution qui ont permis, 1250 post plus tard, d'apporter un peu d'information et d'analyse sur les questions de défense et de relations internationales à plus de 400 000 visiteurs.

Beaucoup de chemin parcouru pour l'auteur de ces lignes qui était un modeste apprenti journaliste et se préparait à faire ses premières armes dans l'univers périlleux des médias. ActuDéfense et la fidélité de ses lecteurs m'ont accompagné dans plusieurs aventures, au Kosovo, en Côte d'Ivoire, en Bosnie, en Chine. Ce petit média, qui était le votre mais qui était aussi le mien, m'a ouvert de nombreuses portes. ActuDéfense, se sont des heures de travail, pour le plaisir de partager et d'être lu. Des heures à écrire, à creuser, à recouper, la semaine et le week-end, soir et matin ... pas toujours à jeun - certains lecteurs avec qui j'ai eu l'occasion de partager une choppe pourraient en témoigner - !

L'aventure ActuDéfense a pu perdurer aussi longtemps grâce à l'intérêt de lecteurs toujours plus nombreux - et exigeants -, une vraie responsabilité pour un journaliste junior. Elle a pu se faire aussi avec l'aide de camarades et amis qui ont apporté leur pierre à l'édifice. Je profite donc de ce dernier post pour remercier tous ceux qui ont, ces derniers mois, publié des billets à mes côtés. Je remercie aussi l'Alliance géostratégique, qui m'a accueilli dans son excellente petite équipe de blogueurs. Je remercie Bibee et Louis, qui me donnèrent de gros coups de main pour l'aspect technique de ce gros bazar qu'est Internet. Je remercie Charles, qui a voulu y croire dans les derniers instants. Je remercie enfin tous ceux, lecteurs fidèles parmi les fidèles, qui profitèrent de cette plateforme pour me souffler quelques conseils et précieuses informations.

L'aventure ActuDéfense s'arrête car elle me prend désormais trop de temps et d'énergie. Etant actuellement lancé dans plusieurs autres projets non rémunérateurs, je me vois contraint de faire un choix. Ceux qui apprécient mon travail pourront toujours continuer de lire mes articles dans les différents médias qui me font confiance, que ce soit <a href="http://www.rfi.fr/auteur/romain-mielcarek" target="_blank">RFI</a>, <a href="http://www.slate.fr/source/44827/romain-mielcarek" target="_blank">Slate </a>ou <a href="http://www.dsi-presse.com/" target="_blank">Défense et Sécurité Internationale</a>. Un nouveau blog devrait de plus ouvrir ses portes prochainement, consacré à des questions d'influence et de médias, il accompagnera mon travail de thèse.

Avec un petit pincement au coeur, je tourne donc la clef une dernière fois dans la porte de la maison ActuDéfense. Au plaisir de vous croiser, chers lecteurs, sous d'autres horizons au cours de nouvelles aventures ...

A très bientôt, ici ou ailleurs,

Romain Mielcarek]]></description>
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		<title>Récit: Mission en Afghanistan dans le cockpit d&#8217;un Mirage 2000D</title>
		<link>http://www.actudefense.com/recit-mission-en-afghanistan-dans-le-cockpit-dun-mirage-2000d/</link>
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		<pubDate>Sat, 15 Jun 2013 09:26:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Scheffler</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[armée de l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Mirage 2000]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1136" height="544" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/Mirage_2000_KC-135_Afghanistan1.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="Airpower Summary for July 21, 2007" /></p><strong>Le commandant Marc Scheffler a opéré sur Mirage 2000D pendant quinze ans. Des opérations qui l'ont mené sur les principaux théâtres de l'armée de l'air. Il nous livre ici le récit d'une mission en Afghanistan.</strong>

Fin juillet, une fois n’est pas coutume, je me retrouve équipier d’une patrouille de deux Mirage 2000D. Les Mirage F1 CR sont occupés à faire de la reconnaissance et du recueil d’informations le long des frontières du pays.

Mon indicatif est Rage 32 et mon leader, qui est aussi le chef du détachement, est Rage 31. Arno est un vieux routier du Jaguar, 1 000 heures à la pendule, avec une expérience sur Mirage 2000D tout aussi conséquente. Il fait équipe avec Rich. Dès le décollage, à peine avons-nous rentré le train que nous sommes retaskés. À l’opposé du plan initial, on nous envoie supporter la PRI1 PA.

Des troupes danoises subissent un feu nourri de la part d’insurgés très accrocheurs et le JTAC, indicatif Norseman, nous demande de lui fournir une couverture permanente. La patrouille se sépare : pendant que l’un part ravitailler, l’autre rallie le JTAC pour les « premiers soins ». Puis les rôles s’inversent. Je rejoins Norseman. Rapidement il envisage le tir d’une bombe, avant de se raviser : la ligne d’arbres d’où proviennent les tirs adverses sera traitée au mortier. Une réaction qui nous paraît inadaptée tant la précision des obus de mortier est inférieure à celle des armements guidés. Mais c’est son choix et je n’ai rien à dire.

Arno est sur ravitailleur. Jeff et moi suivons sans peine le déroulement des opérations. Nous identifions clairement l’emplacement des mortiers ainsi que la position des insurgés. Afin de ne pas rester sur la trajectoire balistique des obus, Norseman nous demande de remonter au-dessus de 12 000 ft sol. Je ne me fais pas prier. Les hélicoptères sont aussi écartés vigoureusement du périmètre.

<em>– Rage 32 de Norseman, je procède au tir des mortiers, je veux votre pod sur la zone d’impact ! En fonction de ce que je vois au Rover, on finira à la GBU-12.</em>

Jeff a calé les optiques sur les insurgés cachés sous la ligne d’arbres. De mon côté, je pilote en cercle autour, les yeux rivés au sol. Soudain, une série de scintillements jaillit de la position amie.

<em>– Jeff, ils viennent de tirer…</em>

Je porte mon regard sur la VTL1. Une dizaine de flashes suivis de fumées quadrillent la ligne d’arbres incriminée, soulevant des gerbes
de terre et des éclats de branches. Rien ne bouge.

<em>– Norseman de Rage 32, on n’a aucun mouvement… Vous voulez qu’on prépare la GBU-12 ?</em>

<em>– Négatif, j’attends des informations complémentaires du terrain !</em>

<em>Nous patientons quelques minutes…</em>

<em>– Rage 32 de Norseman, les tirs ennemis ont cessé, j’envoie ma section sur place. Son ravitaillement terminé, le leader est de retour sur zone. Je lui explique en deux mots ce qui vient de se passer. Lui aussi est surpris par la décision du JTAC.</em>

Jeff est frustré :

<em>– Bon, ce ne sera pas encore aujourd’hui…</em>

<em>– Tu sais bien que tout peut arriver ici !</em>

Norseman nous libère, la situation au sol s’est calmée, il ferme sa priorité. Le C2 nous renvoie sur notre task initial. Après une demiheure, nous n’avons pas de contact radio avec le nouveau JTAC. Un classique. Les JTAC n’ont pas toujours conscience du temps « aérien ». Quand on est sur le terrain depuis des jours, trente minutes sont peu de chose pour un rendez-vous. Et pourtant, c’est une tonne et demie de pétrole. Les réservoirs se vident. Il nous reste quinze minutes d’autonomie avant de devoir rentrer. C’est toujours à ce moment qu’on pense à nous, comme si les contrôleurs se passaient le mot « <em>Hé, les Français sont short petrol, c’est le moment de les bahuter !</em> ». Le C2, Miser, nous interpelle ainsi sur « Garde » :

<em>– Rage 31, contactez immédiatement Miser dans le green !</em>

La patrouille change de fréquence :

<em>– Rage check ?</em>

<em>– Rage 32.</em>

<em>– Miser, Rage 31 prêt à copier !</em>

<em>– Rage 31, vous êtes redirigés en support du TIC A05, en 86CJ6, avec Anzac 217, qui est sous le feu d’un tireur isolé. Procédez ASAP et donnez votre estimée d’arrivée et votre autonomie sur place.</em>

La réponse est immédiate :

<em>– Arrivée dans cinq minutes, autonomie dix minutes sans ravitaillement…</em>

<em>– Reçu. Je n’ai que vous et pas de ravitailleur disponible. Rejoignez rapidement la zone. La patrouille d’alerte décolle de Kandahar et vient vous relever dès que possible !</em>

Je regarde dans ma doc ops pour trouver qui se cache sous cet indicatif atypique. Après quelques minutes de recherche, je tombe enfin sur les informations : il s’agit des forces spéciales australiennes.

Entre-temps, nous sommes pleins gaz, Mach 0,95, les deux appareils sont aux vibrations subsoniques. Rich contacte Anzac 217. La radio grésille, pratiquement inaudible, et l’accent australien du JTAC est tout simplement incompréhensible. Je monte le volume des postes radio à en avoir mal au crâne. Heureusement, Rich est parfaitement bilingue.

La situation est simple : la section australienne est la cible d’un sniper embusqué sur les hauteurs. Le JTAC nous donne immédiatement les coordonnées à surveiller. Pod ouvert, le sommet d’une crête constituée d’énormes blocs de roche et de failles s’affiche sur les écrans. Mon regard se perd dans les éperons rocheux. Tous les reliefs se ressemblent et j’ai du mal à m’orienter correctement. Jeff me guide :

<em>– Tu vois le fond de la vallée ? Au milieu des champs, la route en terre forme un X. Tu pars directement vers l’ouest, dans l’oued qui remonte au nord. À mi-chemin entre la vallée et le début de l’oued, tu as deux pitons en forme de mamelons… Tu prends celui de l’est, c’est le bon….</em>

<em>– Je l’ai, je me place sur le cercle !</em>

À travers le pod, on dirait des galets géants jetés en vrac les uns sur les autres. Nos deux Mirage s’enroulent autour de l’amas de roches comme des vautours attendant de repérer une proie. Après quelques minutes de recherches infructueuses, nous n’avons toujours aucune trace de notre sniper. Le fuel devient critique. Arno me demande alors de recontacter Miser et de négocier un ravitaillement en vol :

<em>– Miser, Rage 31.</em>

<em>– Rage 31, allez-y, j’écoute.</em>

<em>– Rage 31, nous arrivons au bingo dans dix minutes, vous avez un ravitailleur disponible ? Sinon ce sera un retour imminent sur Kandahar…</em>

<em>– Pas de ravitailleur, mais la patrouille de Tornado qui vous remplace est en route, elle sera sur zone dans quinze minutes, restez jusqu’au bingo !</em>

Jeff me fait sursauter sur le téléphone de bord :

<em>– Marco, j’ai un mec, là ! Il était caché sous la roche et il vient de sortir !</em>

Je regarde la VTL. Une ombre fugace glisse sur un rocher avant de disparaître derrière un autre bloc. Jeff est aux vibrations :

<em>– Putain, Marco, je l’ai !</em>

Je lui réponds sur un ton monocorde :

<em>– Tu l’as dit au JTAC ou à Rich ?</em>

Concentré sur le C2, je n’ai suivi le travail avec Anzac 217 que par bribes.

<em>– Je le fais !</em>

Je remonte le volume du poste tactique pour reprendre le fil du dialogue avec le JTAC.

Ce dernier explique qu’il se fait toujours tirer dessus, et l’emplacement du sniper en hauteur les empêche de l’éliminer. Une façon de nous préparer au tir. Ce qu’il confirme quelques instants plus tard en officialisant sa demande par une 9Line !

J’entends Rich qui redonne les informations de la 9Line. Devant, j’ai noté les coordonnées et je les transforme avec mon UMPC en latitude et longitude exploitables par notre SNA1. Je les donne à Jeff, qui les insère dans les centrales.

Après cette manip rapide, le pod s’ouvre exactement à l’endroit où nous avions repéré l’individu isolé. Je refais le tour du sommet, qui dévoile ses moindres recoins à l’image. Soudain, la silhouette réapparaît, et reste à découvert cette fois-ci. Notre tireur isolé est maintenant debout sur la roche, immobile. En champ 3 j’ai l’impression qu’il nous regarde tourner autour de lui. S’il savait… Le tir de Rage 31 se précise, je me prépare tranquillement à assurer la couverture. Le message sec de Rage 31 me fait tressaillir :

<em>– Marco, vous avez copié la 9Line ?</em>

<em>– Affirm, on a tout…</em>

<em>– Marco, vous avez les fusées en instantané, c’est vous qui partez pour le tir !</em>

Son ordre claque comme un coup de fouet. De spectateur paisible je me retrouve catapulté sur le devant de la scène. Et vu la gueule des jaugeurs, pas de temps à perdre !

<em>– Jeff, on est 6 000 ft/sol, tir en palier-palier, tu changes la page d’armement…</em>

<em>– En cours… Je revérifie les sélections, je rentre dans le mode de tir. C’est quand tu veux…</em>

J’avertis Arno de nos intentions :

<em>– Ce sera du palier-palier…</em>

<em>– OK, on inverse les blocks, tu passes dessous…</em>

Un peu pris au dépourvu, j’avais négligé ce détail… Le tireur se place toujours en dessous.

<em>– À toi le lead tactique. J’ai visuel, je monte et tu peux descendre…</em>

J’affiche pleins gaz en descente. Le Mirage accélère rapidement vers 450 kt. Je m’éloigne vers le nord-est puis je vire au cap sud… Pendant ce temps, Jeff me relit une dernière fois les coordonnées insérées dans la centrale. Nous avons bien noté les mêmes chiffres, la 9Line est limpide. Quant aux règles d’engagement, pas de question existentielle à se poser… pour une fois !

<em>– Marco, je rentre dans le mode de tir, la sécurité laser est levée.</em>

<em>– Devant, Master Arm levé, BRM décagé.</em>

Je finis le virage avant d’enclencher le pilote automatique couplé à la tenue d’altitude et à la navigation horizontale. L’avion rejoint l’axe par petites saccades.

Arno m’avertit au passage qu’il lui reste trois minutes d’autonomie sur zone. La pression monte, nous n’avons droit qu’à une tentative, après il faudra rentrer. Tous les voyants sont au vert. Jeff me confirme qu’il est captured. Rich précise à Anzac 217 que c’est nous qui allons effectuer le tir. Dans la foulée je m’annonce :

<em>– Rage 32, in hot, cap d’attaque 180.</em>

Silence à la radio. Puis le JTAC baragouine un message.

<em>– Jeff, t’as compris ?</em>

<em>– J’ai pas compris, j’ai la tête dans le pod…</em>

Dans le doute, je répète mon dernier message plus fermement. Rich vient à la rescousse sur l’interpatrouille :

<em>– Redonne-lui ton cap d’attaque !</em>

J’appuie rageusement sur l’alternat :

<em>– Rage 32, cap d’attaque 180.</em>

<em>– Reçu, vous êtes clear hot !</em>

Il était temps : les barres de solutions remontent dans ma VTH1. Il nous reste cinq secondes avant le départ de la bombe…

Je récite les derniers versets de la passe :

<em>– « TIR », le tir est encadré…</em>

Le Mirage tressaute lorsque la GBU-12 est éjectée de son support. Commence l’interminable compte à rebours en VTL.

<em>– Jeff, c’est bon pour l’illu ?</em>

<em>– Oui, vire doucement à gauche…</em>

J’incline le Mirage en virage. En même temps j’annonce au JTAC : « La bombe est partie, impact dans dix secondes… »

Sur ma VTL, l’image change d’aspect avec le déplacement de l’avion. Je fixe le sommet de la crête. Le sniper grossit sur l’écran à mesure que nous nous rapprochons. Toujours immobile. À quelques kilomètres, je distingue nettement l’extrémité de son arme qui dépasse. Les optiques du pod se sont calées automatiquement légèrement à droite, sur un autre bloc de pierre à proximité. Les contrastes sont meilleurs, et la visée reste parfaitement stable. Jeff ne corrige pas. Avec une GBU-12, nous ne sommes plus à quelques mètres près. Devant, je suis captivé par cette silhouette impassible. La GBU-12 traverse l’écran. Je sais qu’au sol, notre homme va entendre le sifflement caractéristique qui signe son arrêt de mort. Dans la dernière seconde avant l’impact, il réalise. Je le vois sauter du rocher dans un élan désespéré pour survivre. Le flash de l’explosion sature la VTL. Des débris de roche pulvérisée giclent dans tous les sens, immédiatement happés par un épais rideau de fumée. Jeff m’annonce d’une voix calme « impact où on avait visé ». Même si je n’ai aucun état d’âme, je n’oublierai jamais ces dernières images…

Le nuage de poussière s’estompe, laissant apparaître la trace noire de l’impact au milieu de la rocaille éventrée. Aucune trace du sniper. Jeff prend la radio :

<em>– Target splashed for Rage 32. Quel est le résultat vu de votre place ?</em>

La réponse est inaudible. De toute façon, il ne doit plus rester grandchose de notre tireur isolé. Rage 31 intervient sur l’interpatrouille :

<em>– Marco, je suis au bingo !</em>

<em>– Reçu, Arno, une patrouille de Tornado arrive d’ici quelques minutes pour nous remplacer.</em>

<em>– Tu me rassembles et on rentre.</em>

Je sens comme une pointe d’irritation dans sa voix, ce qui a aussi le don de m’agacer. J’interviens sèchement à mon tour :

<em>– Dans ce cas, aide-moi et file-moi ta position par rapport au point de tir, on gagnera du temps au lieu de se courir après en faisant des ronds !</em>

Puis je m’adresse à Jeff :

<em>– On refait la verticale, tu vérifies si quelque chose bouge encore et tu l’annonces au JTAC.</em>

J’amorce la rejointe :

<em>– Marco visuel, j’arrive en formation.</em>

Pris dans le feu de l’action, je réalise après coup qu’Arno vient de nous céder sa place pour le tir, notre armement étant le plus adapté. Ça explique un peu mieux sa déception et le ton de sa voix.

Jeff clôture avec le JTAC :

<em>– Toujours aucun mouvement visible. Nous sommes aux minimas pétrole, nous devons quitter la zone.</em>

Je regarde une dernière fois l’image des rochers éclatés à travers ma VTL en pensant à cet adversaire qui ne pourra plus nuire. Jeff clôture avec le JTAC. Je comprends qu’il ferme le TIC. J’en conclus que le tir est un succès. En même temps mon bingo sonne, il me reste juste de quoi rentrer.

Rage 31 effectue l’in flight report à Miser. La patrouille repart sur Kandahar dans un silence absolu en dehors des contacts radio obligatoires. Arno négocie la priorité à l’atterrissage. Je me pose avec 700 kg de pétrole sur les 6,2 tonnes que pourraient contenir mes réservoirs. Je félicite Jeff pour ce premier tir en opération. Il ne cache pas sa joie, en précisant :

<em>– Le leader a l’air un peu tendu, non ?</em>

<em>– Je vais aller crever l’abcès tout de suite, après tout c’est lui qui nous demande de tirer… Je peux admettre qu’il ait les boules, mais pas qu’il nous en tienne rigueur…</em>

Nous sommes accueillis par les SV1 qui viennent prendre quelques photos pour le JMO (Journal de marche en opération) de l’unité. Je retrouve Arno et Rich en salle d’opérations. Je prends Arno à part : – Je peux comprendre que tu sois déçu, mais tu ne peux pas m’en vouloir ! C’est toi qui me transfères le tir à la dernière seconde ! Et c’était le bon choix. Mais ce serait dommage que ça pourrisse la fin du détachement…

<em>– Marco, tu ne sais pas ce qu’elle m’a coûté, celle-là…</em>

<em>– Si, je me mets à ta place… Maintenant c’est fait, on tourne la page…</em>

<em>– Tu as raison… Le tir s’est bien passé a priori ?</em>

<em>– Oui, d’autant que Jeff avait trouvé le gars en question avant d’avoir la 9Line, sauf qu’il n’a pas pu en placer une sur la fréquence.</em>

Je te confirme que les coordonnées fournies tombaient exactement à l’endroit où se planquait le tireur. Le JTAC avait une bonne SA sur sa position, et nous aussi…

<em>– Excellent, je te laisse commencer les comptes rendus de tir…</em>

En fin d’après-midi, un jeune capitaine vient nous rejoindre. C’est un pilote de F/A-18 de la Royal Australian Air Force et également le chef des JTAC australiens. Il vient débriefer le travail d’Anzac 217. Nous sommes ravis de l’accueillir, d’autant que l’homme est extrêmement sympathique. Nous lui montrons les images des tirs. Jeff lui commente les dialogues avec leur lot d’incompréhensions, en plaisantant sur l’accent australien. Nous avons trouvé pire que les Texans. Il nous rassure, lui non plus ne pige pas tout. Avant de repartir, il nous félicite au nom d’Anzac 217. Des compliments qui nous font chaud au coeur.

[caption id="attachment_9066" align="alignleft" width="196"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/La_guerre_vue_du_ciel.png"><img class="size-medium wp-image-9066" alt="La guerre vue du ciel." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/La_guerre_vue_du_ciel-196x300.png" width="196" height="300" /></a> La guerre vue du ciel.[/caption]

<em>Extrait de :
La guerre vue du ciel
Commandant Marc Scheffler, en collaboration avec Frédéric Lert
Editions Nimrod
Juin 2013
480 pages
23 €</em>]]></description>
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		<title>Iran: derrière l’élection, l’ombre des Gardiens de la Révolution</title>
		<link>http://www.actudefense.com/iran-derriere-lelection-lombre-des-gardiens-de-la-revolution/</link>
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		<pubDate>Fri, 14 Jun 2013 08:49:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1084" height="499" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/pasdaran.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="IRAN MILITARY PARADE" /></p><strong>Aujourd'hui commencent les élections iraniennes. L'occasion de se pencher sur les réseaux qui dirigent toute une partie du pays dans l'ombre, qu'ils soient économiques, politiques ou sécuritaires : les Gardiens de la Révolution.</strong>

Officiellement, la Constitution leur interdit toute interaction dans l’élection présidentielle ou toute tentative d’influence politique. Les Gardiens de la Révolution, <a href="http://books.google.fr/books?hl=fr&amp;lr=&amp;id=tIvKrXB1upUC&amp;oi=fnd&amp;pg=PP1&amp;dq=rise+of+pasdaran&amp;ots=061eVsarfy&amp;sig=yA2wFJbXA4zeVGQEpaz1FaIktTY#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank"><em>Sepah-e Pasdaran</em></a>, restent un organe militaire, soumis à une forme de réserve. Distinct de l’armée classique, ce corps est né d’un décret du 5 mai 1979 qui lui confie la protection de la Révolution et du Guide suprême.

Avec la bénédiction de celui-ci, ils orchestrent une vague de purges au sein de l’armée conventionnelle, exécutant les chefs militaires issus du régime précédent : rien ne doit pouvoir devenir une menace pour la Révolution. Les pasdarans prennent dès leur création le contrôle de l’industrie de défense iranienne. Selon les estimations de l’Institut international pour les études stratégiques (<a href="http://www.iiss.org/en/regions/iran" target="_blank">IISS</a>), ils ont absorbé en 2012, 42,75% du budget de la défense nationale. Ce corps de 130 000 soldats, trois fois moins nombreux que leurs homologues de l’armée, a reçu les trois quarts des crédits alloués à l’achat d’équipement.

Régulièrement, depuis les années 1980, les Gardiens de la Révolution prennent l’ascendant sur l’armée classique. Si chacune de ces deux forces dispose de ses propres moyens maritimes et aériens, les pasdarans sont les seuls maîtres de la force stratégique de missiles. Leur domaine d’action s’élargit jusqu’à exercer une grande « <em>influence grâce à d’anciens membres nommés dans les cabinets, à la Défense, à l’Intérieur, au ministère du Pétrole</em> » mais aussi « <em>comme gouverneurs à travers tout le pays </em>», résume l’IISS.<span id="more-9047"></span>
<h2><strong>« Les clefs de l’argent »</strong></h2>
Après la guerre contre l’Irak, le Guide suprême autorise les pasdarans à entrer dans le milieu des affaires. Leurs capacités et leurs moyens de génie militaire en font un outil clef de la reconstruction du pays. Les Gardiens fondent un groupe d’ingénierie, <a href="http://www.guardian.co.uk/world/2010/feb/15/financial-power-revolutionary-guard" target="_blank">Khatam al-Anbia</a>, qui emploie aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de salariés et obtient chaque année des centaines de contrats, notamment dans le secteur public. Cette structure semi-privée, semi-publique (elle reçoit un quart du budget de la Défense !) devient un modèle qui sera décliné dans l’industrie, le commerce et la finance.

L’influence économique des pasdarans progresse régulièrement, jusqu’à exploser sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad. Cet ancien Gardien, cadre militaire pendant la guerre contre l’Irak, facilite la diversification d’activité de son ancien corps et lui ouvre les portes de la rente pétrolière. « <em>C’est devenu un empire industriel et financier </em>», explique Fereydoun Khavand, économiste à l’université Paris Descartes. « <em>Les militaires sont devenus progressivement des hommes d’affaires : personne ne sait qui contrôle quoi et combien chacun est payé.</em> » Les entreprises des pasdarans bénéficient en effet d’exemptions d’impôts et n’ont pas à déclarer la totalité de leurs revenus.

En développant un réseau de fondations, ils investissent massivement dans tous les secteurs d’activité. Profitant de la politique nationale de privatisation, ils rachètent des pans entiers de l’industrie automobile, des télécommunications, de la pétrochimie, de l’immobilier, de la production d’engins agricoles ou encore de la microchirurgie laser. Personne ne parvient à évaluer l’impact réel des Gardiens dans l’économie iranienne, faute de statistiques transparentes : leur participation à l’ensemble des secteurs d’activités et les réseaux entretenus au sein du pouvoir politique leur assure un contrôle intégral des affaires. Une expression revient systématiquement, qualifiant les pasdarans « <em>d’Etat dans l’Etat </em>».

«<em> Il n’y a jamais vraiment d’appel d’offre, en Iran</em> », explique Thierry Coville, spécialiste de ce pays à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et à Novencia. « <em>Ils récoltent les marchés et sous-traitent ensuite en fonction de leurs propres besoins.</em> » « <em>Cela oblige les commerçants et les entrepreneurs à se mettre sous la coupe des généraux</em>, confirme Fereydoun Khavand : <em>c’est le seul moyen d’obtenir des contrats. </em>»

Ce sont encore eux qui, en marge de l’économie classique, organisent tout un système de marché noir. Afin d’éviter d’être soumis à certaines taxes douanières, ils n’hésitent pas à vendre toutes sortes de biens de contrebande, allant des armes au thé en passant par tous les produits du quotidien. « <em>Ils contrôlent les points d’entrée dans le pays, les aéroports comme les ports </em>», explique Thierry Coville qui remarque aussi que les pasdarans sont un acteur clef pour contourner les sanctions internationales.
<h2><strong>Du corporatisme au clanisme : chacun ses intérêts</strong></h2>
« <em>A partir du moment où ils ont des activités économiques</em>, confirme l’ancien député iranien et ancien vice-ministre des Affaires étrangères au sortir de la Révolution, Ahmad Salamatian, réfugié en France, <em>alors ils ont toutes sortes d’intérêts … et chacun défend les siens !</em> » Pour lui, l’appartenance au corps des pasdarans est « <em>de moins en moins un avantage </em>» pour convaincre le peuple. Il remarque que c’est devenu le slogan de l’un des candidats : « <em>je ne suis pas un colonel </em>».Les pasdarans sont pourtant loin d’être unis. Michel Makinsky, chargé d'enseignement à l'Ecole supérieure de commerce et de management de Poitiers (ESCEM), distingue plusieurs lignes de rupture au sein de ce corps. Une dissension générationnelle existerait entre ceux qui n’ont pas fait la guerre Iran-Irak et ceux qui l’ont faite. Au sein de ces derniers, une autre séparation apparaît entre ceux qui étaient au front et ceux qui étaient à l’arrière, notamment dans les organes de renseignement. Il y a les Gardiens qui sont de fervents idéologues et ceux qui sont plus pragmatiques. Ceux qui sont impliqués dans les activités économiques sont, de plus, soumis aux réalités de la concurrence. Faut-il s’assurer leur soutien dans la course à la présidence iranienne ? « <em>Dans la mesure où ils détiennent les clefs de l’argent, ils sont indispensables, </em>explique Michel Makinsky. <em>Mais il faut plutôt comprendre que chacun a son propre stock de clans pasdarans.</em> »

Trois anciens Gardiens sont d’ailleurs dans la course à la présidence : Mohammad Bagher Ghalibaf, ancien patron des forces aériennes des pasdarans ; Mohsen Rezaï, qui a dirigé le corps des Gardiens pendant seize ans ; ainsi que Saïd Jalili, ancien chef basiji (les milices paramilitaires sous tutelle des pasdarans) et négociateur iranien du dossier nucléaire. C’est ce dernier qui aurait aujourd’hui les contacts les plus récents au sein des réseaux de l’aile sécuritaire des pasdarans.

Si les Gardiens ne sont pas d’accords sur tout, ils restent unanimes sur leur besoin de protéger le régime. Vincent Eiffling, chercheur à l’Université catholique de Louvain, évoque une « <em>connivence d’intérêts entre les Gardiens de la Révolution et le Guide suprême</em> ». Pour lui, Ali Khamenei s’appuie aujourd’hui beaucoup plus sur eux que sur le clergé. Plusieurs semaines avant l’annonce des candidatures à la présidence, ils avaient déjà commencé à se positionner dans Téhéran pour éviter le moindre débordement, comme lors de la dernière élection. Vincent Eiffling remarque qu’ils « <em>ont fait entendre par la voix de leur commandant suprême qu’ils ne voulaient pas voir la situation de 2009 se reproduire </em>».

<a href="http://www.rfi.fr/moyen-orient/20130611-iran-election-gardiens-revolution-pasdaran-khamenei" target="_blank"><em>Article initialement publié sur RFI.fr</em></a>]]></description>
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		<title>Témoignage – Taksim, le Peuple turc uni dans la rue (2/2)</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Jun 2013 08:37:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chiara Zani</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Gezi Park]]></category>
		<category><![CDATA[manifestation turquie]]></category>
		<category><![CDATA[place Taskim]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="600" height="600" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/600px-OccupyGezi.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="Twitter est devenu un moyen de communication privilégié entre les manifestants. ©DR" /></p><b><i>Chiara Zani vit et travaille à Istanbul depuis deux ans. Elle nous lègue ici un témoignage saisissant des émeutes qui secouent actuellement la Turquie. 2/2</i></b>

<em><a href="http://www.actudefense.com/temoignage-taksim-un-alibi-pour-denoncer-lattitude-du-gouvernement-12/" target="_blank">Lire la première partie.</a></em>

[caption id="attachment_9036" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/Barricades_in_Taksim.jpg"><img class="size-medium wp-image-9036 " alt="Un manifestant affronte les policiers turcs sur le chemin de la place Taksim le 5 juin 2013. © DR" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/Barricades_in_Taksim-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a> Un manifestant affronte les policiers turcs sur le chemin de la place Taksim le 5 juin 2013. © DR[/caption]

La solidarité a une part active dans la manifestation. Les instituts publics et privés situés dans les zones concernées par la révolte ouvrent leurs portes, à n’importe quelle heure, pour protéger les manifestants. <strong>Des médecins bénévoles offrent leur aide dans les mosquées transformées en lieu de secours</strong>. Des familles ouvrent leur maison à ceux qui ont besoin de trouver un abri dans les zones les plus turbulentes de la ville et offrent thé et citron contre les effets du gaz au piment. <strong>Même les avocats se mettent à disposition de ceux qui ont été arrêtés et qui n’ont pas les moyens</strong>.

Vendredi dernier, la mobilisation a pris une nouvelle tournure à la suite des premiers blessés. Sans aucune annonce officielle, ni de vrai site Internet des militants qui puisse permettre la coordination des manifestations («<strong> <a href="https://www.facebook.com/OccupyGezi">Occupy Gezi</a></strong> »a été créé dans l’après-midi de vendredi, des heures après les premiers affrontements), l<strong>’appel à manifester a été diffusé simplement à travers les réseaux sociaux : Twitter, Facebook et <a href="http://occupygezipics.tumblr.com/">Tumblr</a></strong>. Moi-même j’en ai pris connaissance vendredi à travers des amis qui postaient sur  Facebook des photos et nous montraient le changement de perspective des manifestations.

Les jours suivants, ces moyens ont été les seuls à travers lesquels nous avons pu comprendre ce qui se passait dans les zones chaudes de la ville, face au silence total des chaînes d’information les plus renommées du pays.<span id="more-9033"></span><strong>Alors que la Place Taksim s’embrasait et les violences explosaient</strong>, <strong>les chaînes télévisées les plus importantes transmettaient des émissions-bidons sur l’interdiction de fumer en Russie ou des documentaires sur les pingouins</strong>. Vendredi il n’y avait que deux chaînes qui transmettaient en direct sur Internet ce qui se passait dans la Place Taksim depuis des caméras fixes, ensuite ils se sont installés aussi dans la zone de Besiktas, où ont eu lieu les affrontements majeurs ces deux derniers  jours.

Les réseaux sociaux, quant à eux, grâce à leur diffusion horizontale ont eu un rôle majeur dans la connexion des différents groupes de participants et ils ont permis leur coordination. Grâce à Facebook, par exemple, 40 000 personnes se sont rencontrées samedi dernier à 5h du matin sur le côté asiatique d' Istanbul pour traverser le symbolique Pont sur le Bosphore et atteindre à pied la Place Taksim alors que tous les moyens de transport vers la zone chaude étaient suspendus.

Twitter est encore le moyen privilégié pour avoir des mises à jour rapides entre les manifestants sur l’état des affrontements, il permet d’aider ceux qui sont en difficulté ou, pour ceux qui ne sont pas dans la rue, d’avoir des informations réelles, bien qu’éphémères, sur ce qui se passe vraiment. Le risque d’instrumentalisation est en fait très élevé maintenant d’autant plus que ces moyens d’information sont ouverts à toute voix ou opinion.

<strong>Depuis quelques jours, des photomontages et vidéos fausses élaborés avec Photoshop ont été publiés afin de discréditer les manifestants de Gezi Park, en les montrant comme des extrémistes sans règles et des violents</strong>. La rhétorique a tellement envahi les réseaux sociaux qu’ils ont désormais un vrai rôle actif dans les protestations.

Si je devais donner une image, ce serait celle du peuple turc en marche, de manière spontanée mais organisée. Il refuse toute influence politique et se propose comme un mouvement du peuple, « halk », né simplement de la frustration contre les récentes politiques du gouvernement. Maintenant il faut juste souhaiter une évolution concrète pour cette marche du Peuple. Mais déjà comme ça, j’ai trouvé pas mal de raisons d’admirer, ce Peuple Turc.

<em>Traduction de l’italien : Giulia Galeano</em>]]></description>
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		<title>Stratégie: Utiliser l&#8217;artillerie pour contraindre l&#8217;ennemi sans le détruire (2/2)</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Jun 2013 08:36:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Derouetteau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Artillerie]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Tactique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1021" height="539" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter" /></p><strong>Les raisonnements stratégiques modernes amènent à penser que la destruction n'est pas toujours génératrice d'effets positifs sur le long terme. Dans cette logique, l'artillerie peut être utilisée pour contraindre plutôt que pour détruire.</strong>
<ul>
	<li><em>Suite de la première partie, publiée ici :<a href="http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-artillerie-dissuasion-plutot-que-destruction/" target="_blank"> L'artillerie pour dissuader plutôt que pour détruire (1/2)</a></em></li>
</ul>
[caption id="attachment_8867" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne.jpg"><img class="size-medium wp-image-8867" alt="L'avantage technologique assure en général un avantage qui permet de positionner et de répartir les pièces sur plusieurs niveaux de profondeur. ©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne-300x197.jpg" width="300" height="197" /></a> L'avantage technologique assure en général un avantage qui permet de positionner et de répartir les pièces sur plusieurs niveaux de profondeur. ©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter[/caption]

Contraindre l’ennemi requiert notamment de faire peser sur lui une menace de cloisonnement tout en contrant sa capacité à créer la surprise. Dans ce cadre, le rôle de l’artillerie doit être de restreindre la liberté d’action de l’adversaire en créant une menace diffuse dans la profondeur de son dispositif.

A cet effet, l’artillerie doit en premier lieu réduire la réactivité des unités de l’adversaire en influant sur l’échelonnement de son dispositif avant même l’ouverture du feu. L’objectif à atteindre est de faire reculer la réserve d’intervention ennemie en profitant au maximum de la portée des vecteurs déployés. <strong>Du fait du haut degré de perfectionnement technique nécessaire à l’efficacité des tirs de contre batterie, la supériorité technologique des interventions actuelles garantit une faible vulnérabilité face à ces menaces. </strong>Ainsi au cours de l’engagement russe en Ossétie, l’artillerie géorgienne a subi de très faibles pertes par des tirs de contrebatterie en raison des délais trop importants entre l’acquisition du renseignement et le traitement par les feux d’artillerie. Dès lors, dans un contexte de supériorité aérienne, le déploiement des pièces amies au plus près de la ligne de contact, sans s’exposer au tir direct, présente un risque très limité. Ce principe de déploiement au plus près se traduit par des délais supplémentaires pour l’intervention des renforts ennemis ainsi que des opportunités nouvelles pour générer de l’attrition sur les unités en réaction.<span id="more-8865"></span>

<strong>En outre, les moyens de l’artillerie contribuent à limiter la liberté d’action de l’ennemi par la connaissance de son dispositif.</strong> En effet, la capacité à délivrer des feux sur le deuxième échelon et au delà précédemment évoquée implique que la force dispose d’une capacité à observer dans la profondeur. De ce fait, après un premier déploiement en arrière des positions amies, <strong>un redéploiement des effecteurs au plus près de la ligne de contact sera interprété par les services de renseignement adverses comme le signe de la mise en place d’équipes infiltrées en profondeur dans son dispositif.</strong> Ceci signifie pour l’ennemi une incapacité à créer la surprise tactique, à protéger son axe d’effort ou à dissimuler certains de ses moyens à moins de redéployer plus en arrière ces unités. Un autre effet induit est l’augmentation du volume des forces consacrées à la sécurisation de la zone de déploiement, donc une consommation et une usure accrue du potentiel ennemi. Dans ce contexte, la mise en service du lance roquette unitaire constituera une plus value importante à condition de disposer des moyens et des équipes pour observer dans la profondeur.

Enfin, dans le cadre de la manœuvre défensive, la contrainte pour l’adversaire peut être créée par une plus grande dispersion des pièces d’artillerie. Cette «dilution» des pièces est rendue possible par un emploi optimisé des nouvelles capacités de mobilité et des portées accrues des effecteurs. Ces nouvelles caractéristiques des vecteurs d’artillerie permettent de conserver la capacité à concentrer des feux, donc les efforts, pour faire basculer un rapport de force local tout en rendant plus difficile la neutralisation de l’unité en appliquant le principe d’une «dispersion justement calculée» prôné par le lieutenant général Bourcet.

<strong>La déconcentration des sections de tir rend beaucoup plus incertaine la conquête de la supériorité des feux par l’adversaire ce qui affaiblit son effort artillerie</strong>. De plus, l’acquisition de cet avantage ne réduit en rien la menace qui pèse sur l’adversaire puisque le système ATLAS (Automatisation des tirs et des liaisons de l'artillerie sol-sol) et les compétences acquises en trajectographie permettent de frapper un objectif à un instant donné à partir d’effecteurs de différents types et appartenant à différentes unités. Outre la sécurité accrue des moyens amis, la dispersion des effecteurs rend les rapports de force locaux beaucoup plus difficiles à estimer. L’ubiquité de la menace crée un brouillard supplémentaire pour le commandement adverse contraint de gérer davantage d’imprévisibilité et donc d’augmenter ses réserves.

Par une prise de risque modérée dans les dispositifs d’artillerie, il est donc possible de contraindre l’adversaire par des effets immatériels ciblés sur le commandement ennemi. Outre cette gestion de l’incertitude par le risque, l’appui artillerie contribue à la prise d’ascendant non seulement par l’usure mais aussi par la manœuvre.
<h2>Accroître la liberté d'action amie</h2>
[caption id="attachment_8866" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/martha-artillerie.jpg"><img class="size-medium wp-image-8866" alt="Les moyens de l'artillerie, ici une équipe sur Martha, peuvent permettre d'augmenter la connaissance du terrain, notamment dans la troisième dimension. ©Commandement des forces terrestres." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/martha-artillerie-300x198.jpg" width="300" height="198" /></a> Les moyens de l'artillerie, ici une équipe sur Martha, peuvent permettre d'augmenter la connaissance du terrain, notamment dans la troisième dimension. ©Commandement des forces terrestres.[/caption]

Sans attendre de délivrer des feux, l’artillerie peut faciliter la conception et la conduite de la manœuvre interarmes, voire interarmées. En effet, ses systèmes de commandement numérisé et la mobilité accrue des «effecteurs» facilitent l’initiative et la saisie d’opportunités par l’ensemble de la force.

Tout d’abord, l’artillerie peut apporter une meilleure connaissance de la situation tactique dans le cadre de la protection de la force. Le déploiement d’un CMD3D5 en appui d’un poste de commandement interarmes permet à ce PC de disposer d’une situation aérienne en temps réel. Ainsi, le chef interarmes dispose d’une capacité unique à appréhender l’ensemble de ses zones de responsabilité et d’intérêt en visualisant les détections de l’ensemble des capteurs interarmées de défense aérienne. Dès lors, les forces terrestres disposent en premier lieu des délais suffisants pour diffuser les alertes aériennes, ce qui réduit d’autant les effets des raids ennemis. En second lieu, cette visualisation de l’activité aérienne facilite le travail de la cellule renseignement puisque la concentration des vecteurs aériens sur une zone ou une direction révèle l’effort adverse. La mise en œuvre d’un CMD3D permet donc une véritable lecture en trois dimensions de la manœuvre aéroterrestre adverse. Le PC interarmes dispose ainsi d’une capacité unique pour conserver ou reprendre au plus vite l‘ascendant.

L’artillerie est aussi en mesure de renforcer la liberté d’action amie en contribuant à l’autonomie de décision du chef interarmes. En effet, <strong>une structure comme le détachement de liaison d’observation et de coordination et des équipements de la chaîne MARTHA apporte de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences au sein du poste de commandement «terre» pour optimiser l’emploi de la 3e dimension.</strong>

Il en résulte tout d’abord pour le PC «terre» la possibilité de réorienter rapidement ses moyens évoluant dans la 3e dimension face à l’action ennemie, soit par délégation de gestion de l’espace aérien local, soit par les liaisons avec les organismes de contrôle aérien ainsi mises en œuvre. Par ailleurs, ces capacités améliorent la réactivité dans l’emploi des intervenants dans la troisième dimension en permettant le déclenchement de missions inopinées en réaction à la surprise ennemie, tout en préservant la sûreté des aéronefs et drones en vol dans la zone de responsabilité. Cette meilleure gestion de la 3e dimension associée à la numérisation de l’artillerie améliore la capacité à produire un effort et délivrer des feux indirects ou air-sol rapidement et sans compromettre la sécurité des unités amies.

Enfin, les futurs moyens de l’artillerie vont contribuer à faire basculer un rapport de force par la saisie d’opportunités, tant au contact qu’en profondeur du champ de bataille ou de la zone de responsabilité. En premier lieu, l’acquisition de moyens particulièrement mobiles tels que le MEPAC permet de créer une réserve d’intervention particulièrement rapide. Cette réserve de feux mobiles et protégée peut également avantageusement appuyer une manœuvre d’exploitation, tel qu’un raid, en lui apportant un outil pour compenser un rapport de force défavorable par des feux indirects. Cette capacité est également utile dans les engagements en contre rébellion par la grande réactivité et la protection des équipages face aux actions d’insurgés. D’autre part, la bascule du rapport de force pourra être atteinte par la paralysie du système de commandement. En effet, la mise en service du lance roquette unitaire offrira la possibilité de détruire un objectif jusqu’à 70 kilomètres et de percer jusqu’à 30 centimètres de béton. Dès lors, dans un contexte d’intervention, il sera possible de détruire des postes de commandement de niveau opératif pour annihiler toute capacité de coordination des actions ennemies.
<h2>Conclusion</h2>
Si l’artillerie est caractérisée par la puissance et la précision des feux, <strong>elle doit désormais adapter ses déploiements et sa manœuvre afin de créer davantage de brouillard et de friction contre le commandement adverse.</strong> La complémentarité des effets cinétiques et non cinétiques doit être une préoccupation permanente en exploitant au maximum le binôme concentration des feux et dispersion des feux pour produire une dissociation matérielle et morale. Cette transformation sera facilitée par la mise en service de nouveaux matériels et de nouvelles munitions.

Pour autant, les équipements actuels permettent d’ores et déjà d’obtenir un réel effet dissuasif et de contraindre la manœuvre ennemie par une prise de risque mesurée. La crédibilité de ces dispositifs repose cependant sur une ferme volonté politique et un effort de communication sur les capacités des équipements en dotation dès le temps de paix. Le rapprochement stratégique franco-britannique devrait d’ailleurs ouvrir de nouvelles pistes de réflexion du fait des études menées actuellement outre-manche sur des concepts tel que la munition planante.

<em>Article initialement publié dans <a href="http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine/doctrine.html" target="_blank">la revue Doctrine tactique du CDEF</a>.</em>]]></description>
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		<title>Stratégie: l&#8217;artillerie pour dissuader plutôt que pour détruire (1/2)</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Jun 2013 14:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Derouetteau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Artillerie]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Tactique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1087" height="508" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Teddy Wade / U.S. Army" /></p><strong>Dans les esprits, l'artillerie est avant tout l'arme de la destruction d'objectifs : infanterie, chars, aéronefs, fortitifations. L'évolution des approches stratégiques amène pourtant à la montée en puissance d'un autre rôle de celle-ci : dissuader l'adversaire d'entreprendre certaines manoeuvres.</strong>

[caption id="attachment_8862" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan.jpg"><img class="size-medium wp-image-8862" alt="Pour que le feu de l'artillerie soit dissuasif, l'adversaire doit être fermement convaincu qu'elle peut être mise en oeuvre. ©Teddy Wade / U.S. Army" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Pour que le feu de l'artillerie soit dissuasif, l'adversaire doit être fermement convaincu qu'elle peut être mise en oeuvre. ©Teddy Wade / U.S. Army[/caption]

A l’heure où certains mettent en concurrence les appuis sol-sol et air-sol, il est nécessaire de ne pas limiter l’emploi de l’artillerie aux seules destructions sur le champ de bataille. Cette question est d’autant plus prégnante que <strong>les engagements contemporains sont fondés sur la limitation des dommages à l’environnement</strong> en vue de préparer le processus de normalisation. Le rôle dissuasif de l’artillerie dans la prise de l’ascendant psychologique sur le commandement adverse et les populations hostiles ou indécises constitue donc une piste de réflexion essentielle pour optimiser son emploi sur les théâtres d’opérations actuels.

Il convient donc de s’interroger sur les moyens et les méthodes dont dispose l’artillerie pour <strong>influer sur la volonté de combattre de l’adversaire et influencer sa perception de la puissance amie</strong>, tout en limitant le recours aux feux classiques et les destructions.

Par définition arme des appuis par les feux indirects, l’artillerie peut accroître ses effets immatériels par une manœuvre moins conventionnelle, portant au plus loin une menace diffuse, et par une protection accrue de la force en facilitant l’utilisation de la 3e dimension par le chef interarmes.<span id="more-8859"></span>

En effet, le déploiement de certains capteurs et « effecteurs » de l’artillerie peut avoir un réel effet dissuasif pour l’adversaire. Si la confrontation ne peut toutefois pas être évitée, une mise en œuvre originale des moyens classiques et l’emploi de nouvelles capacités peuvent alors imposer des <strong>contraintes supplémentaires à l’ennemi et offrir une liberté d’action supérieure à la force</strong>.
<h2>Etre plus dissuasif</h2>
[caption id="attachment_8860" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/mortier-120mm-francais.jpg"><img class="size-medium wp-image-8860" alt="Le feu pour interdire : si l'artillerie peut détruire, alors elle peut dissuader de déployer des moyens ou de les déplacer dans certaines zones. ©Sirpa terre / Jean-Baptiste Tabone." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/mortier-120mm-francais-300x223.jpg" width="300" height="223" /></a> Le feu pour interdire : si l'artillerie peut détruire, alors elle peut dissuader de déployer des moyens ou de les déplacer dans certaines zones. ©Sirpa terre / Jean-Baptiste Tabone.[/caption]

L’artillerie est au cœur de la guerre des perceptions qui caractérise les conflits limités actuels. Dès lors, le déploiement de moyens dédiés à la protection tend à créer une « forteresse technologique », dont l’effet dissuasif vient s’ajouter à la possibilité de réaliser des manœuvres de feux à caractère préventif.

L’effet dissuasif de l’artillerie au niveau stratégique n’est pas uniquement créé par la puissance de feu déployée. En particulier, l’engagement de moyens de défense sol-air, même limités, sur un théâtre d’opérations est un <strong>signe politique fort</strong>, notamment dans le cadre des opérations d’interposition. Dans ce contexte, outre la capacité d’interception des vecteurs aériens ennemis, la mise en œuvre de centres MARTHA (Maillage des radars tactiques pour la lutte contre les hélicoptères et les aéronefs à voilure fixe) est significative par la «maîtrise» offerte de la 3e dimension dans la zone de responsabilité.

Pour autant, cette capacité est menacée par ce que le général Desportes appelle la « stratégisation » de la tactique. <strong>L’absence de délégation dans l’ouverture du feu jusqu’au plus petit niveau tactique rend inopérant ce dispositif puisque la liberté d’action des parties concernées n’est pas entravée</strong>. Ainsi, du fait de l’absence de réponse cinétique aux provocations sur le dispositif sol-air de l’opération Daman en novembre 2006, l’aviation israélienne a acquis un sentiment d’impunité qui lui permet de violer régulièrement l’espace aérien libanais. <strong>La crédibilité du déploiement tient donc à la nature des moyens et à la capacité « juridique » à répondre avec force</strong>, sans forcément détruire le vecteur, à d’éventuelles manœuvres d’intimidation.

Face aux attaques indirectes, la force de dissuasion peut également se décliner au niveau tactique par la réalisation de forteresses grâce aux capteurs et « effecteurs » de l’artillerie. En premier lieu, cet effet repose sur l’inutilité des attaques indirectes par la construction de « remparts technologiques » grâce au déploiement des moyens CRAM (système d'alerte et d'interception de roquettes et tirs mortiers) tels que le PHALANX américain.

Le concept de forteresse trouve une nouvelle pertinence en abandonnant le caractère passif du « rempart traditionnel » exposé dans « Artillerie et fortification » au profit d’une logique d’action pour affaiblir la volonté ennemie d’attaquer. En second lieu, il s’agit de disposer d’une capacité d’agression sur les « effecteurs » adverse grâce à une supériorité technologique. A cette fin, le déploiement de radar COBRA constitue un message sans équivoque adressé à l’adversaire qui sera donc moins enclin à risquer ces « effecteurs » de premier rang dans les zones couvertes par ce radar. Il en résultera l’utilisation de lanceurs plus rudimentaires et donc moins efficaces. Dès lors, ces attaques auront un poids médiatique insuffisant pour être exploité par des mouvements de rébellion. Cette réponse technologique affectera également le moral des combattants adverses par la disproportion entre les risques assumés et les résultats minimes obtenus.

Par ailleurs, <strong>l’artillerie peut dissuader l’ennemi d’engager certaines forces par des manœuvres de feux destinées à frapper plutôt la tête que le corps de la troupe.</strong> Dans ce procédé à caractère plus offensif, l’objectif recherché est d’annihiler toute velléité de l’adversaire de renforcer une unité sur le point d’être engagée par une force terrestre. Ceci suppose de démontrer à l’ennemi que la force amie dispose d’une capacité à frapper les avenues d’approche qu’emprunteraient les renforts  : l’attrition portée sur ces unités les rendrait alors incapables de faire basculer le rapport de force local. Si les obus explosifs peuvent être utilisés pour ces tirs « préventifs », les munitions fumigènes et éclairantes seront à privilégier pour agir sur la psychologie de cet adversaire tout en préservant une population dont il faut « gagner les cœurs ». De plus, cet effet dissuasif s’étend au-delà de la seule zone battue par les feux car <strong>la réalisation des tirs révèle également la présence d’un dispositif d’observation dont l’ennemi ne pourra pas estimer les capacités exactes.</strong> Si ce procédé n’engendre pas d’attrition chez l’adversaire, il permet de concilier l’objectif d’isoler une zone de terrain ou un adversaire sans causer de destruction, dans une logique de dislocation de l’ennemi plutôt que d’annihilation.

L’artillerie dispose donc d’une réelle capacité à dissuader l’adversaire en actualisant le concept de fortification autours de la complémentarité entre protection et agression. Pour autant, ces capacités techniques atteignent leur pleine efficacité à condition d’être illustrées par une communication opérationnelle atteignant vers le commandement et la troupe adverses.

<a href="http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-utiliser-artillerie-contraindre-ennemi-sans-detruire/" target="_blank"><em>La seconde partie en cliquant ici.</em></a>

<em>Cet article a été initialement publié dans la revue <a href="http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine/doctrine.html" target="_blank">Doctrine tactique</a> du CDEF.</em>]]></description>
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		<title>Témoignage &#8211; Taksim, un alibi pour dénoncer l&#8217;attitude du gouvernement (1/2)</title>
		<link>http://www.actudefense.com/temoignage-taksim-un-alibi-pour-denoncer-lattitude-du-gouvernement-12/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 Jun 2013 14:27:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chiara Zani</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Erdoğan]]></category>
		<category><![CDATA[manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[place Taksim]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>

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		<description><![CDATA[Chiara Zani vit et travaille à Istanbul depuis deux ans. Elle nous lègue ici, un témoignage saisissant des émeutes qui secouent actuellement la Turquie. 1/2 J’ai décidé de partager mon expérience des événements en tant qu’italienne, à Istanbul depuis deux ans et demi. J’ai  participé à quelques manifestations, non pas en première ligne car je ne [...]]]></description>
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		<title>La religion peut-elle de nouveau embraser l&#8217;Irak ?</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Jun 2013 19:12:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Rassaert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie Monde]]></category>
		<category><![CDATA[attentat]]></category>
		<category><![CDATA[guerre confessionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Nouri Al Maliki]]></category>

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		<description><![CDATA[Dix ans après l&#8217;intervention américaine, l’Irak n’a jamais vu la paix s’installer durablement dans ses rues. L’ancienne composante de « l’axe du mal » cher à l&#8217;administration Bush demeure une zone inhospitalière et tout porte à croire que le pays se dirige peu à peu vers un clivage confessionnel toujours plus marqué. « Ce n’est pas une coïncidence… [...]]]></description>
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		<title>Le patron de la Minusma sera rwandais, au grand désarroi des Tchadiens</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Jun 2013 17:19:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opération Serval]]></category>
		<category><![CDATA[casques bleus]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Bosco Kazura]]></category>
		<category><![CDATA[Minusma]]></category>
		<category><![CDATA[opération Serval]]></category>
		<category><![CDATA[Rwanda]]></category>
		<category><![CDATA[tchad]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="150" height="138" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/01/gravatar-roman-Copie1.png" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="gravatar-roman - Copie" /></p><strong>Le général Jean-Bosco Kazura prend la tête de la Minusma, au Mali. Un officier rwandais qui bénéficie d'une vraie expérience du maintien de la paix. Un choix qui n'est pas sans faire grincer des dents au Tchad, où l'on espérait bien commander le détachement de casques bleus.</strong>

A N'Djaména, la pilule est difficile à avaler : c'est un général rwandais qui va prendre la tête de la mission des Nations unies au Mali. L'opinion tchadienne peine à comprendre comment son sacrifice, <strong>38 soldats tués et de nombreux blessés</strong>, ne peut être sanctionner du commandement des casques bleus. Déjà, des voix se lèvent pour réclamer le retrait militaire du Tchad.

C'est pourtant le manque d'expérience dans des missions de maintien de la paix du Tchad qui semble lui avoir coûté le commandement de cette opération. Diriger un contingent de l'ONU est en effet un difficile exercice diplomatique et politique qui répond à des logiques spécifiques. <strong>Si les militaires tchadiens ont su remplir leur rôle avec talent dans le nord montagneux et aride du Mali, leurs compétences ne correspondent pas à cette nouvelle mission. </strong>

A l'inverse, le Rwanda a déjà largement opéré dans ce type de mandat. C'est en particulier au Soudan du Sud que Kigali a appris à travailler dans un contexte onusien. 3000 soldats rwandais opèrent sur ce théâtre. Le <strong>général Jean-Bosco Kazura a d'ailleurs lui même travaillé sur ce terrain, en 2007, où il a été commandant adjoint de la mission de l'Union africaine qui précéda le déploiement de casques bleus.</strong> Une expérience du maintien de la paix qui risque d'être des plus utiles : la première tâche de la Minusma, la mission de l'ONU au Mali, sera d'assurer la sécurité autour de l'élection présidentielle qui doit se tenir le 28 juillet prochain. Il aura sous ses ordres 12 600 hommes.<span id="more-9001"></span>

Ce choix est aussi celui du consensus. Le Tchad faisait peser tout son poids dans les opérations au Mali pour prendre le commandement de la Minusma. Une hypothèse qui ne plaisait pas à tous les membres de la Confédération économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) qui craignait de se voir imposer le regard d'un membre n'appartenant pas à leur organisation. Le Rwanda, sans être un membre de cette zone géographique, évite d'avoir à accepter un chef qui impliquerait des conséquences politiques. A noter d'ailleurs qu'au siège de l'ONU, le Rwanda est considéré comme l'une des armées les plus efficaces et les plus disciplinées dans les missions de maintien de la paix.

Reste qu'il faudra tout faire pour que le Tchad ne se braque pas, en <strong>assurant à des hommes de N'Djaména d'accéder à des postes clefs au sein de la Minusma.</strong> Un choix logique d'ailleurs puisque les Tchadiens restent parmi les plus opérationnels et resteront, sur la durée, un allié indispensable et précieux dans la lutte contre les jihadistes qui pourraient continuer de circuler dans la moitié nord du Mali.]]></description>
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