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	<title>ActuDéfense &#187; Diplomatie France</title>
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	<description>Défense, diplomatie, sécurité</description>
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		<title>Tensions franco-japonaises sur fond de livraison de matériel sécuritaire à la Chine</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Jun 2013 05:10:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1086" height="498" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/Copie-de-aeroport-tour-controle-orly.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©DR" /></p><strong>Tout au long de la visite de François Hollande, la semaine dernière, les médias japonais sont revenus sur l'affaire des grilles d'appontage pour hélicoptères de DCNS livrées à Pékin. Ils accusent la France de ne pas respecter l'embargo sur les livraisons d'armes à la Chine. Retour sur le difficile commerce militaire avec Pékin.</strong>

[caption id="attachment_8955" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/grille-dcns.jpg"><img class="size-medium wp-image-8955" alt="Les grilles d'appontage de DCNS incriminées permettent aux hélicoptères de mieux s'arrimer aux navires, malgré la houle et les mouvements de la mer. ©DCNS" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/grille-dcns-300x206.jpg" width="300" height="206" /></a> Les grilles d'appontage de DCNS incriminées permettent aux hélicoptères de mieux s'arrimer aux navires, malgré la houle et les mouvements de la mer. ©DCNS[/caption]

C’est un Arnaud Montebourg gêné, que décrit <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2013/06/05/petits-conseils-d-un-ami-japonais" target="_blank">l’ancien correspondant</a> à Paris de l’<em>Asahi Shimbun</em>, Norito Kunisue. Le 22 avril 2013, le ministre du Redressement a du faire face à un afflux plus important qu’à l’accoutumée de journalistes japonais lors d’une conférence de presse à l’ambassade de France de Tokyo. <strong>Les médias nippons s’inquiètent alors depuis un mois de la livraison de grilles d’appontage pour hélicoptères à Pékin par le constructeur tricolore DCNS.</strong> De simples équipements à usage civil, assure le ministre, qui jure que le contrat n’enfreint pas l’embargo européen sur les armes à destination de la Chine.

Les grilles en question, au nombre de deux, viendront s’ajouter à onze autres qui équipent déjà des navires appartenant à la <em>Zhōngguó Hǎijiǎn</em>. La Surveillance maritime chinoise – littéralement – est effectivement une agence civile, sous tutelle du ministère de la Sécurité publique. <strong>Au moins neuf de ses bâtiments ont pourtant fait <a href="http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20130423-japon-chine-senkaku-conflit-yasukuni" target="_blank">l’objet de signalements</a> par les autorités japonaises au cours des deux derniers mois.</strong>

La semaine dernière, le sujet est revenu sur la table au cours du <a href="http://www.iiss.org/en/events/shangri-s-la-s-dialogue" target="_blank">dialogue Shangri-La</a>, sommet régional sur la sécurité en Asie. Le ministre de la Défense japonais, Itsunori Onodera, a exprimé son inquiétude à son homologue français en marge de la rencontre, comme le <a href="http://ajw.asahi.com/article/behind_news/politics/AJ201306030095" target="_blank">rapporte l’<em>Asahi Shimbun</em></a> : «<em>Si cet équipement est installé sur les Haijan</em> [les navires de surveillance côtière chinois], <em>cela ne fera que nourrir les tensions en mer de Chine</em>», assure-t-il. Réponse de Jean-Yves Le Drian : la vente ne peut pas être empêchée car il s’agit d’une application civile… qui n’est pas soumise à <a href="http://www.diploweb.com/UE-Chine-Armements-et-embargo.html" target="_blank">l’embargo européen.<span id="more-8954"></span></a>
<h2><strong>Un respect de l’embargo tout en hypocrisie</strong></h2>
Des équipements destinés au marché civil relevant d’autorisations propres à l’industrie de l’armement, on en compte 180 rien qu’en 2011. La commission chargée d’autoriser les exportations de «matériels de guerre, assimilés ou liés à la défense» a ainsi <strong>accordé aux producteurs de technologies militaires de signer pour 283,6 millions d’euros de contrats cette année là. En tout, entre 2007 et 2012, cela représente, selon le ministère de la Défense, un chiffre d’affaire de 466 millions d’euros.</strong>

La moitié de ce volume concerne des équipements relevant de l’aéronautique (150 millions), des radars de surveillance aérienne et des moteurs d’hélicoptères, par exemple. Viennent ensuite des équipements d’imagerie ou de capteurs (66,6 millions) et des pièces de fonderie (51,8 millions). Enfin, et dans une moindre mesure, différents contrats ont été autorisés concernant des systèmes d’alerte, des savoirs technologiques ou encore des produits chimiques de type anti-émeute.

La France, comme le reste de l’Europe, respecte pourtant un <strong>embargo sur les livraisons d’armes à destination de la Chine</strong>. Adopté suite à une déclaration du Conseil européen le 27 juin 1989, il visait à sanctionner le régime chinois après le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_de_la_place_Tian%27anmen" target="_blank">drame de Tian’anmen</a>, le 4 juin de la même année. Depuis, Paris demande à Pékin de mieux respecter les droits de l’homme et de garantir que ses moyens militaires ne puissent jamais être utilisés contre des populations civiles ou contre des alliés ou amis de la France et de l’Europe.

Au ministère de la Défense, on nous assure que «<em>la France n’est pas favorable à une levée de l’embargo</em>». Pourtant, «<em>nous sommes parjures</em>», analyse Daniel Schaeffer, ancien attaché de défense dans plusieurs pays asiatiques et membre du groupe de réflexion <a href="http://www.asie21.com/asie/index.php" target="_blank">Asie21</a>. «<em>Nous respectons l’embargo</em>, admet-t-il, <em>mais <strong>en trouvant des moyens d’exporter malgré tout</strong>: nous aidons ici la Chine à poursuivre ses revendications</em>» sur les îles Senkaku.

[caption id="attachment_8956" align="aligncenter" width="691"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/aeroport-tour-controle-orly.jpg"><img class=" wp-image-8956 " alt="C'est dans le secteur de l'aéronautique qu'il y a le plus d'autorisations d'exportations de matériels sensibles (150 millions d'euros en 2011). ©DR" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/aeroport-tour-controle-orly.jpg" width="691" height="461" /></a> C'est dans le secteur de l'aéronautique qu'il y a le plus d'autorisations d'exportations de matériels sensibles (150 millions d'euros en 2011). ©DR[/caption]
<h2><strong>Contourner l’embargo, un sujet «délicat»</strong></h2>
Les industriels sont en effet bien obligés de respecter l’interdiction de vendre de l’armement à la Chine. Ils peuvent par contre proposer des technologies duales, à savoir des éléments qui puissent servir aussi bien à une application civile que militaire. C’est le cas par exemple d’un moteur d’hélicoptère qui reste très semblable selon la version militarisée ou non de l’appareil. Les Chinois disposent de compétences techniques pour adapter ce type de matériels.

Une autre solution consiste à vendre des pièces détachées. C’est le cas de la grille d’appontage de DCNS : le fabricant ne pourrait pas vendre un navire de surveillance maritime complet, il peut cependant livrer différents sous-ensembles qui permettront de moderniser les bâtiments chinois.

Enfin, des matériels livrés à un pays tiers moins regardant sur le respect des droits de l’homme peuvent servir à fournir, <em>in fine</em>, la Chine. «<strong><em>Une fois que les matériels sont sur place, difficile de surveiller</em></strong>», souligne un fin connaisseur des fonctionnements de l’industrie de défense. «<em>Il y a une vraie hypocrisie</em>, admet un cadre d’un grand groupe français, <em>mais si l’on s’interdit ce type de livraisons, on ne peut plus rien vendre.</em>»

L’embargo européen reste principalement défendu par les pays du Nord. La France, la Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie ou encore l’Espagne militent pour sa révision : ces Etats disposent d’industries militaires fortes qui craignent de voir échapper des contrats alors que la Chine investit massivement dans l’armement.

<a href="http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20130607-japon-embargo-armes-chine-grilles-appontage-dcns" target="_blank"><em>Un article initialement publié sur RFI.fr</em></a>]]></description>
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		<title>Shangri-La: la France a-t-elle les moyens de voir son avenir stratégique en Asie ?</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Jun 2013 09:02:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie France]]></category>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1056" height="467" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/casa-nouvelle-caledonie-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Sirpa air" /></p><strong>Que peut faire la France en Asie et dans le Pacifique ? Si ses installations militaires ne sont pas majeures dans cette région, Paris peut profiter de partenariats solides et d'une influence forte pour défendre des enjeux sécuritaires qui concernent directement les Européens.</strong>

[caption id="attachment_6195" align="alignleft" width="199"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/10/exercice-pirates-us-chine.jpg"><img class="size-medium wp-image-6195" alt="Commandos chinois et américains s'entraînent ensemble à investir un navire dans l'océan Indien. ©US Navy/2nd Class Aaron Chase" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2012/10/exercice-pirates-us-chine-199x300.jpg" width="199" height="300" /></a> Des commandos chinois et américains s'entraînent ensemble à investir un navire dans l'océan Indien. ©US Navy/2nd Class Aaron Chase[/caption]

De vendredi à dimanche dernier, les pays asiatiques se sont réunis au désormais traditionnel dialogue de Shangri-La . Cette rencontre autour des problématiques de sécurité dans la région Asie-Pacifique a accueilli des délégations (ministres de la Défense, responsables diplomatiques, experts militaires) de la plupart des pays concernés ainsi que de quelques partenaires occidentaux. Côté Européens, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Suède et la France avaient fait le déplacement.

Dimanche, Jean-Yves Le Drian a d'ailleurs pu prendre la parole pour <a href="http://www.iiss.org/en/events/shangri%20la%20dialogue/archive/shangri-la-dialogue-2013-c890/fifth-plenary-session-a1d0/le-drian-cf2f" target="_blank">exprimer l'intérêt de l'hexagone</a> pour cette partie du monde. «<strong><em>La France entend résolument rester engagée en faveur de la sécurité de la zone Asie-Pacifique</em></strong>, a déclaré le ministre de la Défense. <em>Vos intérêts de sécurité sont nos intérêts de sécurité.</em>» Les océans Indien et Pacifique, <strong>voies maritimes primordiales</strong>, sont en effet directement menacés par une piraterie qui a amené l'ensemble des armées nationales à mobiliser des moyens. La mission européenne Atalante en est un exemple. Plus largement, à l'échelle continentale asiatique, ce sont les problématiques de grande criminalité et de terrorisme qui font se rencontrer l'ensemble des préoccupations.

Reste la question de la stabilité régionale. Le Livre blanc pour la défense et la sécurité nationale (LBDSN) remarque que «<em>l'équilibre de l'Asie orientale a été modifié en profondeur par la montée en puissance de la Chine</em>». Jean-Yves Le Drian a fait lui aussi allusion aux conflictualités qui persistent «<em>dans cette <strong>région où des contentieux géopolitiques, parfois anciens, nourrissent des tensions</strong></em>». Les puissances asiatiques se livrent en effet à de véritables batailles diplomatiques, lorsqu'il s'agit de réclamer les Kouriles (<a href="http://www.actudefense.com/les-points-de-rupture-du-japon-moderne/" target="_blank">Russie/Japon</a>), de contester les détentions d'îles en mer de Chine (<a href="http://www.actudefense.com/les-points-de-rupture-du-japon-moderne/" target="_blank">Chine, Japon, Taïwan, Corée du Sud</a>), de revenir sur la conquête d'un territoire perdu dans l'Himalaya (<a href="http://www.actudefense.com/chine-et-inde-se-disputent-le-toit-du-monde/" target="_blank">Inde/Chine</a>) ou encore de ne pas admettre le tracé d'une frontière (<a href="http://www.actudefense.com/thailande-et-cambodge-expulsent-leurs-diplomates-respectifs/" target="_blank">Cambodge/Thaïlande</a>). L'appréhension du risque avec des pays incontrôlables, comme la Corée du Nord, ne fait qu'amplifier l'incertitude dans cette partie du monde.<span id="more-8870"></span><!--more-->

D'autant plus que plusieurs de <strong>ces acteurs investissent massivement dans le domaine militaire</strong>. La Chine et l'Inde, notamment, enregistrent des progressions considérables dans ce secteur. Les marines, exposées en première ligne dans cette région, gagnent en taille. La multiplication des navires risque d'entraîner une croissance du nombre d'accrochages. Là aussi, le ministre de la Défense a appelé à la mise en oeuvre de dialogues accrus pour trouver les fondements d'une confiance mutuelle.
<h2>Petite France</h2>
[caption id="attachment_8871" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/casa-nouvelle-caledonie.jpg"><img class="size-medium wp-image-8871" alt="Un casa de l'armée de l'air survole la Nouvelle Calédonie. ©Sirpa air." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/casa-nouvelle-caledonie-300x192.jpg" width="300" height="192" /></a> Un casa de l'armée de l'air survole la Nouvelle Calédonie. ©Sirpa air.[/caption]

Toutes ces évolutions amènent les Etats-Unis à réorienter leur stratégie de défense vers la région Asie-Pacifique. Constat du LBDSN : «<em>Le renforcement de la présence militaire américaine dans la région peut contribuer à la maîtrise des tensions en Asie et faciliter la mise en place d'instruments de stabilité visant à assurer une gestion pacifique des différends.</em>» Ce document de préciser que «<strong><em>l'engagement américain ne décharge pas la France [...] de ses responsabilités</em></strong>».

De par la présence de plusieurs territoires et départements d'outre-mer dans cette région, la France continue en effet de maintenir quelques installations stratégiques. La Réunion ou encore la Nouvelle-Calédonie offrent de maigres ports d'attache qui restent <strong>éloignés des coeurs des océans Indien et Pacifique</strong>. Elles restent néanmoins primordiales et justifient à elles seules la légitimité de la France à se préoccuper de cette partie du monde.

Reste que les réductions de moyens qu'implique le nouveau Livre blanc imposent une hiérarchisation des priorités. Le sommaire du document le montre : l'Asie et la Pacifique n'arrivent qu'en fin des enjeux stratégiques, après l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. A l'inverse, les Américains disposent d'un imposant réseau d'installations militaires à travers tout le Pacifique. Les Chinois, puisqu'ils sont au coeur des préoccupations, sont également parvenus à mettre en oeuvre un maillage maritime conséquent dans la région.

La France compte sur ses partenariats stratégiques pour accroître sa présence à moindre frais. Plusieurs accords viennent ainsi d'être signés avec l'Australie. D'autres, plus historiques, lient Paris au Vietnam ou à la Malaisie, notamment au travers de transferts d'armements. <strong>Une coopération que Jean-Yves Le Drian entend plébisciter.</strong>

C'est enfin et surtout sur la diplomatie que la France compte utiliser, en encourageant la promotion d'une architecture de sécurité régionale et un meilleur dialogue politique et militaire entre les pays. Pour cela, Paris aimerait pouvoir impliquer plus largement l'Europe. La Haute-représentante aux Affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton, a d'ailleurs <a href="http://www.iiss.org/en/events/shangri%20la%20dialogue/archive/shangri-la-dialogue-2013-c890/second-plenary-session-8bc4/ashton-ba27" target="_blank">pris la parole </a>au cours de ce dialogue de Shangri-La. Défendant le modèle en trois axes de son service (diplomatie / défense / développement), la patrone de la diplomatie européenne a insisté sur le fait que l'intérêt de l'Europe n'est pas de «<em>projeter de la puissance mais de responsabiliser</em>».]]></description>
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		<title>De DSK aux ex-mercenaires de BlackWater, pourquoi misent-ils tous sur le Soudan du Sud ?</title>
		<link>http://www.actudefense.com/dsk-blackwater-soudan-sud-banque/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 May 2013 12:20:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie France]]></category>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1049" height="485" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/dsk-front-sud-soudan.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Guillaume Paumier" /></p><strong>Il existe un point commun entre l’ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, et l’ex-fondateur de la sulfureuse société militaire privée BlackWater, Erik Prince : leur intérêt pour le pays le plus jeune du monde, le Soudan du Sud. <a href="http://www.rfi.fr/afrique/20130526-dsk-ex-mercenaires-blackwater-pourquoi-misent-ils-tous-le-soudan-sud" target="_blank">Un article publié sur RFI.fr</a></strong>

Le 14 mai dernier, un petit comité de financiers de haut vol inaugurait en grande pompe une nouvelle banque à Juba, la capitale du Soudan du Sud. Sous les applaudissements de quelques investisseurs étrangers et nationaux, Dominique Strauss-Kahn illustrait son retour aux affaires par un discours de bienvenue à la toute jeune National Credit Bank. «<em> Ce n’est pas une banque venue de l’étranger, ce sera l’une de vos banques et c’est important pour votre pays</em> », assurait alors l’ancien patron du FMI.

Invité comme « <em>consultant financier indépendant</em> », DSK a été mis en avant afin d’attirer le regard des Occidentaux. Il faut convaincre du potentiel économique du Soudan du Sud. Parmi les actionnaires de cette nouvelle banque, on trouve des natifs du pays, mais aussi des étrangers, parmi lesquels la société de gestion d’actifs <a href="http://www.assya.eu/fr" target="_blank">Assya Asset Management </a>(AAM), gros actionnaire minoritaire de cette nouvelle banque, dont on ne connaît pas le détail de la capitalisation.

Pour cette occasion, le principal actionnaire d’Anatevka, maison mère d’AAM basée au Luxembourg, décrypte les enjeux de cette présence à Juba. Thierry Leyne explique ainsi « <em>l’occasion rêvée</em> » qu’est la création d’un nouvel Etat. Dans le Soudan du Sud, né le 9 juillet 2011, tout est à faire : infrastructures, développement d’une économie locale, nationale, régionale, mais surtout d’un système bancaire et financier. «<em> On en revient aux fondamentaux d’il y a cent an</em>s », se félicite Thierry Leyne, enthousiaste.<span id="more-8801"></span>

« <em>Ce sont des gens qui achètent des tickets de loterie </em>», estime de son côté l’historien Gérard Prunier, <a href="http://gerardprunier.com/home-2/about/" target="_blank">spécialiste de la Corne de l’Afrique</a>. «<em> Ils viennent pour faire un coup et récupérer l’argent qui circule.</em> » Pour lui, la situation sécuritaire au Soudan du Sud est si catastrophique que les investissements restent suicidaires. Il évalue les pertes du gouvernement en place à quelque sept milliards de dollars, détournés ou gaspillés.
<h2>Petites affaires entre bons amis</h2>
Si le groupe d’investissement luxembourgeois s’intéresse au Soudan du Sud, ce serait avant tout une histoire d’hommes. Voilà des années de cela, son fondateur a rencontré à Londres des expatriés sud-soudanais travaillant dans la finance, Abdelkarim Isai et Dawd Abate. Lorsque ceux-ci sont revenus dans leur pays pour participer à sa construction, ils se sont très naturellement tournés vers leur ancien ami pour obtenir de bons conseils.

Ces discussions ont amené les connaissances à devenir partenaires d’affaires, le cercle s’élargissant rapidement à DSK : un ancien patron du FMI, ce doit être rassurant pour les investisseurs. Le pays présente un fort potentiel de croissance économique qui attire déjà d’importants groupes asiatiques, notamment dans le secteur pétrolier.

La National Credit Bank espère capter des marchés auprès des investisseurs, mais aussi sur le territoire : « <em>Il s’agit de convaincre à l’étranger. Mais nous voulons aussi inviter les Sud-Soudanais à venir déposer leurs salaires à la banque</em> », admet Thierry Leyne.

Juba peut en effet miser sur d’importantes potentialités. Son économie, très exposée, repose pour l’instant sur le pétrole, dont le pays tire 98 % de ses recettes. Il espère pouvoir profiter des investissements dans les infrastructures menés par les exploitants de l’or noir pour développer d’autres activités.

Le Soudan du Sud est particulièrement riche en matières premières : du pétrole, certes, mais aussi des forêts, des minerais et des zones à fort potentiel hydroélectrique. L’agriculture à elle seule représente une ressource inestimable : 90 % du sol est cultivable, dont la moitié composée de terres de première qualité, presque inexploitées à l’heure actuelle.
<h2><strong>Reconversion de mercenaires</strong></h2>
Ce potentiel, nos financiers européens ne sont pas les seuls à l’avoir remarqué. Une autre personnalité cultive depuis de nombreuses années des relations ambigües avec le Soudan : Erik Prince. Le fondateur de la société militaire privée Blackwater, <a href="http://www.rfi.fr/actufr/articles/093/article_57062.asp" target="_blank">controversée pour ses méthodes musclées, notamment en Irak</a>, s’est reconverti dans le conseil après avoir revendu sa compagnie. Basé depuis 2010 à Abu Dhabi, il lance une nouvelle entreprise, <a href="http://frontierresourcegroup.com/" target="_blank">Frontier Ressource Group</a>, pour faire commerce de ses bonnes idées sur la gestion du risque dans certains pays : Somalie, République démocratique du Congo et Soudan du Sud.

Gardant ses bonnes habitudes, cet ancien Navy Seal (une unité de commandos d’élite de l’armée américaine) puise chez d’anciens marines le gros de sa troupe. Il s’entoure d’un spécialiste des matières premières, Gregg Smith, passé par la 2nd Marine Divison, et le géant de l’audit financier Deloitte. Il récupère aussi Paul Habenicht, un ancien chef d’unité sniper en Afghanistan et en Irak. Enfin, il débauche chez la société militaire privée Saladin un jeune prodige sorti de la prestigieuse université de Georgetown (US), Rachel Braun, spécialiste du lobbying pétrolier et du Sud-Soudan.
<h2><strong>Miser sur le pétrole pour planter du maïs</strong></h2>
Ce commando de choc du consulting semble idéal pour conseiller un investisseur sur un marché risqué comme le Soudan du Sud. Client de choix pour Frontier Ressource Group : Pékin. La Chine, mais aussi la Malaisie et l’Inde, est en première ligne des investissements au Soudan du Sud. Leurs compagnies pétrolières nationales (CNPC, Sinopec, Petronas et ONGC) s’attèlent à l’extraction quotidienne de 200 à 350 000 barils – lorsque les relations avec Khartoum le permettent – qui assurent la survie de Juba. Des investisseurs qui sécurisent leurs ressources énergétiques, mais aussi alimentaires : tous trois figurent parmi les principaux locataires et acheteurs de terres arables en Afrique.

Les compagnies asiatiques ont une approche du risque différente des sociétés occidentales. Malgré la situation explosive du Soudan du Sud, elles n’hésitent pas à investir ce marché à fort potentiel. Car si Juba ne fait pas office de grande puissance pétrolière mondiale, elle pourrait s’imposer comme un exportateur conséquent sur le long terme. L’insécurité du pays a en effet limité son exploration géologique : certains s’attendent à découvrir d’importantes ressources pétrolières non encore dévoilées.

Francis Perrin, consultant sur l’énergie et les matières premières, remarque que les investissements dans le secteur pétrolier peuvent avoir des retombées positives pour le pays. « <em>La question des infrastructures est importante : il faut des routes et des aéroports pour acheminer du personnel, du matériel</em> », explique-t-il. C’est d’ailleurs ce qui pourrait expliquer l’intérêt d’Occidentaux pour une banque sud-soudanaise : « <em>Il n’y a pas d’économie qui fonctionne sans un système bancaire et financier qui fonctionne. </em>»

Dans cette course au pétrole, les Occidentaux ont pourtant déserté le territoire soudanais dans les années quatre-vingt. Trop risqué, trop instable. Ou presque : Total reste à la tête d’un consortium qui est détenteur des autorisations pour explorer un bloc de 120 000 km². Si le niveau d’insécurité diminuait, le pétrolier français pourrait de nouveau envisager d’investir au Soudan du Sud. Reste à savoir si l’enthousiasme de Dominique Strauss-Kahn sera contagieux.]]></description>
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		<title>Les Nations unies veulent décoloniser la Polynésie française</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 05:05:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1039" height="494" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/polynesie-francaise-fronte.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Frédéric Jacquot" /></p><strong>Libérez la Polynésie ! Les Nations unies ont adopté un texte qui considère ce territoire d'outre-mer comme colonisé par la France et réclame des informations sur le sujet. Cette étonnante décision est le fruit de manoeuvre diplomatiques qui ne sont pas toujours désintéressées.</strong>

[caption id="attachment_8755" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/polynesie-francaise.jpg"><img class="size-medium wp-image-8755" alt="La France a progressivement investit les 118 huit îles de la Polynésie française au cours du XIXème siècle, afin de contrer l'influence britannique dans cette région. ©DR" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/polynesie-francaise-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a> La France a progressivement investit les 118 huit îles de la Polynésie française au cours du XIXème siècle, afin de contrer l'influence britannique dans cette région. ©DR[/caption]

Étonnant cas d'école qui se déroule depuis quelques mois au sein des Nations unies. En février dernier, plusieurs petits Etats de la région Pacifique, dont les Iles Salomon, l'île de Nauru et l'archipel du Tuvalu, ont déposé un texte devant l'Assemblée générale pour <strong>réclamer que la Polynésie française soit ajoutée à la liste des territoires non-autonomes, à décoloniser. <a href="http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/AG11374.doc.htm" target="_blank">Une proposition finalement adoptée</a> par concensus le vendredi 17 mai dernier</strong>. La France va dès lors devoir, d'ici juin prochain, présenter des informations sur ce territoire d'outre-mer afin de justifier l'autorité de la République sur ces terres.

La France a pourtant fait tout son possible pour contrer le texte. C'est d'abord le ministère des Affaires étrangères qui s'est manifesté en adressant un message aux 192 Etats membres des Nations unies. Puis c'est le sénateur polynésien Gaston Flosse, fervent nationaliste et président de la région, qui a écrit un courrier au président de l'Assemblée générale. C'est enfin l'Assemblée de la Polynésie française qui a adressé des voeux à l'ONU pour réclamer l'abandon du texte.

Paris assure en effet que la Polynésie française ... est parfaitement française. <strong>Ses habitants ne réclameraient d'ailleurs pas l'indépendance</strong> puisqu'ils ont élu très majoritairement Gaston Flosse à leur tête. Ce n'est pas l'avis de son principal opposant, Oscar Temaru, indépendantiste historique qui est à l'origine de la mobilisation des Etats du Pacifique qui ont présenté le texte. Acceulli en héros par ses supporters à Papitee, il célèbre pour sa part un « droit inaliénable » de son peuple à disposer de lui même.<span id="more-8753"></span>
<h2>Des positionnements diplomatiques intéressés</h2>
Si les Etats à l'origine du texte sont pour la plupart originaires du Pacifique et défendent au travers de ce texte la logique de leurs propres indépendances, ils ont trouvé un soutien de poids ... en Argentine. Buenos Aires s'est en fait félicitée de cette décision, remarquant que la Polynésie française avait « curieusement » disparu de la liste des territoires non-autonomes en 1963.

Pourquoi l'Argentine s'intéresse t-elle à la Polynésie française ? Tout simplement parce que sur la liste des territoires non-autonomes en question, on en trouve un autre qui continue de susciter des tourments diplomatiques : <a href="http://www.actudefense.com/la-guerre-des-malouines-encore/" target="_blank">les îles Malouines</a>, dont l'Argentine continue de contester la légitimité à la Grande-Bretagne. <strong>En appuyant le texte sur la Polynésie française, Buenos Aires trouve une nouvelle occasion d'attirer l'attention sur ce sujet.</strong>

Aux côtés de la Polynésie française et des Malouines, on trouve d'autres territoires sur cette liste : la Nouvelle-Calédonie (France), Guam (Etats-Unis), Montserrat (Grande-Bretagne) ou encore Tokélaou (Nouvelle-Zélande). Les pays gouvernants ces régions se sont tous opposés au texte sur la Polynésie, rejoints par l'Allemagne et le Mexique. <strong>Eux défendent le fait que les populations de ces régions sont totalement opposées à l'indépendance.</strong> Un référendum récent aux Malouines avait ainsi montré que 99% des habitants souhaitaient rester attachés à Londres.]]></description>
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		<title>Comment la désinformation française a semé le doute chez les maquisards algériens</title>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 09:05:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Klen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie France]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[désinformation]]></category>
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		<category><![CDATA[Renseignement]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1043" height="492" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/Commando_de_chasse-algérie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©DR" /></p><strong>Pendant la guerre d'Algérie, la désinformation était une arme précieuse. Les Français ont réussi, en l'utilisant, à semer psychose et doute chez leurs ennemis. Ils ont ainsi rompu la confiance dans les rangs des rebelles, les incitant à s’entre-tuer dès le moindre doute.</strong>

Sur le terrain, contrairement à ce qu’affirme le FLN, l’armée française a remporté une victoire incontestable en démantelant la plupart des maquis du djebel, en particulier grâce aux actions coordonnées du plan Challe (1959-1960). <strong>Ce succès militaire est aussi dû aux subtiles entreprises de désinformation menées à l’encontre de la rébellion</strong>.

Ces manoeuvres de manipulation ont été orchestrées par le Groupement de renseignement et d’exploitation (GRE), créé et dirigé par le capitaine Paul-Alain Léger (1920-1999), un officier au passé prestigieux : ancien des Forces françaises libres (FFL) et parachutiste dans une unité SAS (Special Air Services) en Angleterre, chef d’un maquis de la Résistance dans le Maine-et-Loire, vétéran de la guerre d’Indochine (il saute à Nam Dinh en 1946 avec la demi-brigade parachutiste commandée par le colonel de Bollardière), instructeur guérilla pour le GCMA (Groupement de commandos mixtes aéroportés) au centre commando de Cap Saint Jacques au sud de Saigon, agent du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage où il effectue notamment une mission secrète en Égypte dans le cadre de l’opération militaire relative au canal de Suez en 1956). Le GRE a joué un rôle capital dans les opérations de pénétration et de désinformation contre les réseaux du FLN. L’ensemble de ces machinations est connu sous le nom de bleuite.

Ce terme vient des bleus de chauffe dont étaient vêtus les agents clandestins, des musulmans ralliés à solde des services du capitaine Léger. Cet habillement leur permettait de mieux se fondre dans la population. Pendant la bataille d’Alger contre le terrorisme urbain (1956-1957), ces hommes en bleus de chauffe, infiltrés dans les entreprises commerciales et les îlots d’habitations, ont communiqué des informations capitales qui ont abouti au démantèlement des réseaux terroristes dans la capitale algérienne. <strong>L’action d’intoxication était accompagnée d’introduction de lettres dans le système de courrier du FLN pour envoyer des informations erronées.<span id="more-8716"></span></strong>

Toutefois, le plus grand succès de l’opération de désinformation concoctée par le capitaine Léger reste la pénétration de l’organisation de la wilaya 3 dirigée par le chef rebelle, le colonel Amirouche, l’une des fortes personnalités de l’insurrection algérienne. Des musulmans habilement « retournés » par le GRE réussissent à se faire nommer à des postes de responsabilité importants dans la chaîne hiérarchique de l’ALN et de la wilaya. Dans cette posture, ces infiltrés peuvent rapporter des renseignements à l’armée française, en particulier sur les positions des PC rebelles, l’organigramme des structures de combat, le moral, les moyens matériels, les filières de ravitaillement et les intentions de l’adversaire.

Parmi les informateurs les plus marquants, Léger parvient à faire installer Hani Mohamed à la tête de l’organisation militaire du FLN dans la wilaya 3. La phase d’infiltration est ensuite suivie d’une séquence d’intoxication qui consiste à <strong>faire croire à la présence d’espions dans les bandes rebelles et les postes de commandement de l’ALN</strong>.

La hantise de l’espionnite aiguë trouble profondément le colonel Amirouche à qui les services français ont réussi à lui faire avaler que pratiquement tous ses collaborateurs sont passés à la solde de la France. <strong>La folie du complot déclenche chez le chef rebelle une paranoïa morbide et ravageuse qui se traduit par une série de purges de plusieurs centaines de chefs et de milliers de combattants de l’ALN en quelques mois</strong>. Pour mesurer la gravité de l’obsession qui a perturbé le haut responsable de la wilaya 3, il suffit de lire l’ordre du jour qu’il a envoyé à toutes les wilayas et au comité de coordination et d’exécution (CCE) du FLN installé à Tunis.

Ce véritable cri pour une riposte violente met en lumière la panique démente, la psychose oppressante et la volonté de vengeance hallucinante qui tourmentent le colonel Amirouche, un chef rebelle ébranlé par la campagne d’intoxication échafaudée sous l’égide des services spécialisés de l’armée française :
<blockquote>« <em>J’ai le devoir de vous informer en priant Dieu que ce message vous parvienne à temps, de la découverte en notre wilaya d’un <strong>vaste complot</strong> ourdi depuis de longs mois par les services secrets français contre la révolution algérienne avec la complicité des éléments les plus divers. Ce complot, d’après les renseignements en notre possession, s’étendrait à toutes les wilayas d’Algérie. Il y aurait même des ramifications dans nos bases de Tunisie et du Maroc. <strong>Le réseau tissé dans notre wilaya vient d’être pratiquement mis hors d’état de nuire</strong> après une enquête d’autant plus ardue que ses chefs dans les maquis étaient des hommes en apparence au-dessous de tout soupçon.</em>

<em>La plupart de ces chefs, sinon tous, ont été arrêtés et ont passé des aveux qui nous permettent de vous communiquer les renseignements suivants avec l’espoir qu’ils vous aideront dans vos recherches : Le complot est dirigé par les services secrets français (Godard, Léger, etc.) qui se sont assuré <strong>la complicité de mouchards professionnels infiltrés depuis des années</strong> dans les anciennes formations politiques et de personnes apparemment honorables embrigadées en tant que messalistes ou autres déviationnistes. (…) En certaines régions, ils sont même parvenus à créer des cellules clandestines au nom du MNA (Mouvement national algérien de Messali Hadj)</em>

<em>Grâce à Dieu, tout danger est maintenant écarté, car nous avons agi très rapidement et très énergiquement. Dès les premiers indices, l’état d’alerte a été proclamé à travers toute la wilaya. Des mesures draconiennes étaient prises en même temps : arrêt du recrutement et contrôle des personnes recrutées pendant les trois premiers mois ; arrestation des goumiers ayant déserté depuis peu l’armée française, examen individuel de la situation de chacun d’eux (…); arrestation de tous les suspects, de toutes les personnes dénoncées, de quelque grade qu’elles soient, et interrogatoire énergique de ceux dont la situation ne paraissait pas régulière.</em> »</blockquote>
[caption id="attachment_8713" align="alignleft" width="190"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/ravages-desinformation-klen.jpg"><img class="size-medium wp-image-8713" alt="Les ravages de la désinformation." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/ravages-desinformation-klen-190x300.jpg" width="190" height="300" /></a> Les ravages de la désinformation.[/caption]

<em>Extrait de :</em>
<em> Les ravages de la désinformation d'hier à aujourd'hui</em>
<em> Michel Klen</em>
<em> Editions Favre</em>
<em> Février 2013</em>
<em> 345 pages</em>
<em> 22 €</em>]]></description>
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		<title>De la guerre juste à la paix juste</title>
		<link>http://www.actudefense.com/jean-jacques-roche-guerre-juste-paix-juste/</link>
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		<pubDate>Sat, 11 May 2013 05:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Jacques Roche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie France]]></category>
		<category><![CDATA[coin]]></category>
		<category><![CDATA[contre-insurrection]]></category>
		<category><![CDATA[insurrection]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1014" height="471" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/paix-juste-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©ECPAD" /></p><strong>Les conflits modernes sont marqués par l'idée de la guerre juste, au nom des droits humains et du rejet de l'obscurantisme et de la tyrannie. Pourtant, les populations occidentales sont frileuses à l'idée de voir leurs armées s'enliser dans des crises complexes. Et s'il l'on raisonnait en termes de paix juste, ou tout du moins acceptable pour les différents groupes ?</strong>

[caption id="attachment_8644" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/hopital-damien-boiteux.jpg"><img class="size-medium wp-image-8644" alt="Les conflits modernes sont exigeants financièrement et humainement. ©ECPAD" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/hopital-damien-boiteux-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a> Les conflits modernes sont exigeants financièrement et humainement. ©ECPAD[/caption]

L'un des problèmes que pose l’irruption des sociétés dans l’arène diplomatique est relatif aux conditions de sortie de crise. Aussi bien en Afghanistan qu’en Irak, au Kosovo qu’au Congo, il est difficile de pointer les objectifs atteints qui justifieraient le retrait des forces engagées. <strong>S’il est bien sûr difficile de prendre la décision d’intervenir – quand l’abstention est, de loin, la position la plus confortable – il est encore plus difficile de se désengager</strong>, tant les résultats restent en deçà des intentions déclarées.

Le démantèlement des institutions d’États souvent autoritaires qui imposaient un semblant d’unité et la faible crédibilité des structures importées rendent illusoire l’instauration rapide de l’État de droit promis par les initiateurs de l’intervention. Même <strong>si des élections peuvent être rapidement organisées – comme ce fut le cas en Irak dès 2005 – la polarisation autour des communautés ethniques et religieuses consacre dans le meilleur des cas le groupe le plus puissant au détriment des minorités qui contesteront très vite le verdict des urnes.</strong>

Dans une situation de guerre civile ouverte ou larvée, l’organisation d’élections générales n’est pas la garantie de la pacification. Parfois même, <strong>la perspective d’une élection peut servir de déclencheur aux affrontements</strong>, comme ce fut le cas au Congo-Brazzaville en 1997, le groupe ethnique assuré de perdre pouvant avoir la tentation de prendre les devants pour éviter de se retrouver confronté à une majorité menaçante.<span id="more-8643"></span>

Bien plus, même si des observateurs internationaux donnent un satisfecit global au processus électoral, il est à craindre que <strong>les nouveaux dirigeants, trop inexpérimentés après avoir été écartés du pouvoir pendant des décennies, s’en remettent ouvertement aux forces extérieures</strong>, ou alors cèdent à la tentation de la corruption.

Dans les deux cas de figure, les opposants auront beau jeu de dénoncer la mainmise étrangère ou la vénalité des nouveaux dirigeants pour justifier la reprise des combats. Si, comme dans le cas irakien, les structures de l’ancien pouvoir – le parti unique et l’armée – ont été démantelées, les insurgés auront tout loisir de s’équiper dans les arsenaux que les forces d’occupation n’ont pas entièrement sécurisés et de se former auprès des anciens militaires pour défier avec les moyens de la guérilla les forces d’occupation. Celles-ci sont d’autant plus mal à l’aise face à ce type de combat que toutes les tentatives pour les adapter aux guerres révolutionnaires, aux conflits de faible intensité, aux conflits asymétriques ou à la contre-insurrection se sont heurtées aux contraintes juridiques qui s’imposent à elles alors que leurs adversaires prétextent de leur infériorité numérique et matérielle pour ignorer ces règles.

Il est en effet toujours aussi difficile d’affronter le guérillero de Mao « à l’aise au milieu de la population comme un poisson dans l’eau » que de détruire un stock d’armes entreposé sous une école ou d’éliminer un quartier général installé sur le toit d’un hôpital. Le guide interprétatif du CICR de 2009 sur la participation directe aux hostilités apparaît ainsi tout aussi inadapté pour éliminer la menace d’un taliban qui, neuf mois sur douze, cultive paisiblement ses terres que pour neutraliser un hacker qui, à des milliers de kilomètres de distance – peut interférer avec les systèmes d’observation et de communication.

Ainsi, la fragilité des nouvelles structures importées, la corruption, la diffusion des armements, la capacité de nuisance de minorités déterminées contribuent à <strong>transformer la sortie de crise en une épreuve de force imposée par les vaincus à ceux qui avaient cru emporter une facile victoire</strong> en se justifiant d’avoir mené une guerre juste alors qu’ils se révèlent incapables de négocier une paix juste qui permettrait de sortir de l’impasse.
<h2>La paix juste</h2>
[caption id="attachment_8645" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/paix-juste-kosovo.jpg"><img class="size-medium wp-image-8645" alt="L'idée de paix juste : trouver les conditions minimales pour permettre aux communautés de vivre ensemble, ici au Kosovo. ©ECPAD" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/paix-juste-kosovo-300x193.jpg" width="300" height="193" /></a> L'idée de paix juste : trouver les conditions minimales pour permettre aux communautés de vivre ensemble, ici au Kosovo. ©ECPAD[/caption]

Les perfectionnements de la guerre juste ont été bien au-delà de la simple régulation de la violence dans le cadre du <i>jus in bello</i>. Les multiples conditions posées à l’emploi de la force ont fini par atteindre le <i>jus ad bellum</i>, la guerre ne pouvant plus être considérée aujourd’hui ni comme la poursuite de la politique (entre États), ni comme son moyen « normal ». La pacification des relations interétatiques est l’un des grands apports du XX<sup>e </sup>siècle que les pratiques du XXI<sup>e</sup> siècle tendent à remettre en cause en réhabilitant l’interventionnisme au motif de protéger les populations contre les États.

Menacées par ce retour de la guerre, <strong>les sociétés civiles sont désormais les principales victimes de ces conflits dont elles sont devenues l’enjeu</strong>. Cependant, insurgés et forces d’intervention ne sont pas placés sur un pied d’égalité face aux populations qu’il s’agit de convaincre du bien-fondé de l’emploi de la force. Les armées régulières sont ainsi dans l’obligation de justifier leur présence au nom de la promotion des principes démocratiques, lesquels sont sans doute acceptés par la majorité de la population qui se rend aux urnes, mais sont farouchement rejetés par des minorités agissantes et armées. Celles-ci ont alors beau jeu de se présenter comme la résistance nationaliste à l’occupation étrangère et justifient leurs exactions contre les populations en poussant leurs adversaires à la faute.

Comme les petites guerres coloniales, les conflits contemporains ont dès lors tendance à s’inscrire dans la durée, <strong>un temps long qui est favorable aux insurgés</strong>, alors que les opinions publiques démocratiques montrent très rapidement des signes de lassitude pour des opérations lointaines, coûteuses en hommes et en matériels. Face aux techniques d’une guérilla déterminée, la contre-insurrection et les techniques de la pacification à destination des populations civiles apparaissent d’autant plus vaines que les armées occidentales sont confrontées à un dilemme.

Soit, elles répliquent à la brutalité des insurgés et l’escalade de la violence renforcera le soutien populaire des rebelles. Soit elles s’engagent dans des négociations, au risque de perdre leurs alliés locaux, tout en donnant l’impression de se renier en traitant avec des ennemis qui avaient été présentés comme des terroristes aveugles. Dès lors, les chantres de l’interventionnisme devraient renoncer à raisonner en termes de « guerre juste » ou, au moins, placer au centre de leurs préoccupations le critère de Waltzer relatif aux chances raisonnables de succès.

<strong>Quant à la prospective stratégique, elle devrait prioritairement prendre pour point de départ l’enlisement probable de toute intervention armée pour réfléchir, avant même le début des hostilités projetées, aux conditions de sortie de crise dans le cadre d’une « paix juste »</strong> qui, à défaut de réconcilier les populations, leur permettra de cohabiter pacifiquement. Comme la guerre froide avait inventé la coexistence pacifique entre États, l’après-guerre froide doit apprendre à poser les conditions de la coexistence pacifique entre des communautés qui ne s’émancipent de la tutelle d’États faillis que pour céder aux démons du fractionnisme et de l’intolérance.

[caption id="attachment_8648" align="alignleft" width="185"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/gagner-une-guerre-aujourdhui.jpg"><img class="size-medium wp-image-8648" alt="Gagner une guerre aujourd'hui ?" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/gagner-une-guerre-aujourdhui-185x300.jpg" width="185" height="300" /></a> Gagner une guerre aujourd'hui ?[/caption]

<em>Extrait de :
Gagner une guerre aujourd'hui ?
Sous la direction du colonel Stéphane Chalmin
Economica
Février 2013
183 pages
23 €</em>]]></description>
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		<title>Grand nettoyage : pourquoi tant de têtes sont-elles tombées au Quai d&#8217;Orsay ?</title>
		<link>http://www.actudefense.com/grand-nettoyage-pourquoi-tant-de-tetes-sont-elles-tombees-au-quai-dorsay-emmanuel-dupuy/</link>
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		<pubDate>Mon, 18 Mar 2013 16:18:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie France]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[ambassade]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Dupuy]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Fabius]]></category>
		<category><![CDATA[ministère des Affaires étrangères]]></category>
		<category><![CDATA[Quai d'Orsay]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1028" height="402" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/nettoyage-quai-dorsay-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="nettoyage quai d&#039;orsay - Copie" /></p><strong>Plusieurs fonctionnaires du Quai d'Orsay ont été remerciés sans autre forme de procès ces dernières semaines. Si certains sont mis en cause pour leur incapacité à bien analyser la crise au Sahel, d'autres seraient tout simplement coupables d'incompatibilités d'humeur avec Laurent Fabius. Emmanuel Dupuy, président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), répondait à nos questions pour <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/qu-est-qui-motive-grand-nettoyage-en-cours-au-quai-orsay-emmanuel-dupuy-671243.html" target="_blank">Atlantico</a>.</strong>
<ul>
	<li><strong>ActuDéfense - Plusieurs personnalités du Quai d'Orsay ont récemment été remerciées. Mises en causes pour leurs erreurs d'analyse sur l'ensemble de la zone sahélienne, d'autres facteurs pourraient avoir participé à ces changements de têtes. Pouvez-vous nous décrire l'ampleur de ces remplacements, les raisons et les motivations évoquées ?</strong></li>
</ul>
[caption id="attachment_8065" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/nettoyage-quai-dorsay.jpg"><img class="size-medium wp-image-8065" alt="L'approche diplomatique du Sahel est largement dominée par une approche sécuritaire et militaire." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/nettoyage-quai-dorsay-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a> L'approche diplomatique du Sahel est largement dominée par une approche sécuritaire et militaire.[/caption]

<b>Emmanuel Dupuy - </b>En effet, il semblerait que le ministère des Affaires étrangères poursuive désormais ostensiblement ce qui apparaissait jusqu’ici comme une véritable « chasse aux sorcières » menée plus discrètement. <strong>Cette traque interne des éléments jugés «hostiles» susceptibles de parasiter la conduite actuelle du dossier malien a fait au moins trois victimes, mais ce n’est qu’un début</strong>.

Après le limogeage brutal de la directrice de la Direction Afrique-Océan Indien (DAOI), Elizabeth Barbier, l’automne dernier, nommée depuis comme ambassadrice en Afrique du Sud, dont l’incompatibilité d’humeur avec Laurent Fabius était notoirement connue, c’est <strong>le sous-directeur Afrique de l’Ouest de la DAOI, Laurent Bigot qui vient, à son tour, de se voir notifier son congé «sous 48 heures» par sa hiérarchie, sans explication ni affectation</strong>. En charge du dossier malien, parmi les reproches les plus sérieux, figurent <strong>des prises de paroles répétées quant à la corruption endémique qui a gangrené le système politique malien sous le régime d’Amadou Toumani Touré</strong> et au-delà du Coup d’état du 22 mars 2012…<span id="more-7987"></span>

Il ne s’était, du reste, pas seulement contenté de focaliser ses critiques sur le Mali, mais n’avait pas hésité - au cours d’une conférence à l’IFRI en juillet dernier, immortalisée par une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux – à <strong>élargir son propos à plusieurs Etats de la bande sahélo-saharienne, notamment le Burkina-Faso</strong> ; où, il est vrai, le président Blaise Campaoré semble très affaibli, comme sont venues le prouver les dernières élections législatives et municipales de décembre dernier.

C’est, entre autre, cette critique dans la continuité qui lui est surtout reproché, au moment où la France cherche à ancrer la stabilisation politique à Bamako, à l’aune de la tenue des élections d’ici le 31 juillet prochain, condition préalable au passage de relais entre l’action militaire que Paris mène depuis maintenant deux mois, dans l’attente de la mise en place de la MINUMA (Mission des Nations Unies au Mali) d’ici avril ou plus vraisemblablement avant l’été.

Par ailleurs, <strong>Laurent Bigot s’était récemment montré très critique à l’encontre de la décision française de s’appuyer sur un gouvernement intérimaire contesté et une armée suspectée d’exactions à l’encontre des populations civiles, et, dans le même temps, de favoriser « exclusivement » le MNLA</strong>, en utilisant ses hommes pour mener à bien la bataille du Massif des Ifoghas.

N’oublions pas non plus, qu’avant lui, l’ambassadeur Jean-Félix Paganon - en poste au Caire, jusqu’à sa nomination en juin dernier par Laurent Fabius comme son Représentant spécial pour le Sahel - avait été remercié fin janvier. Celui-ci reste, lui aussi, toujours dans l’attente d’une nouvelle affectation. <strong>Ce dernier, bien que demeurant Conseiller diplomatique du Gouvernement, semble bel et bien écarté du dossier malien, dont il était pourtant un des fins connaisseurs</strong>.
<ul>
	<li><strong>Faut-il voir une motivation politique à ces remplacements dans la diplomatie française ? Que sait-on des remplaçants pressentis ?</strong></li>
</ul>
Certains médias n’hésitent pas, en effet, à évoquer une « purge » sans précédent. C’est sans doute vrai quant à la forme, néanmoins certains diplomates éconduits avaient été nommés depuis mai 2007 !

Je serai donc plus nuancé, sur le fond, en plaçant aussi cette décision sur le compte de la sempiternelle querelle entre tenants de l’approche sécuritaire et partisans d’une approche plus globale qui implique une action de développement et de coopération en amont, qui, il est vrai, a failli à se mettre en place au Sahel.

Certains y voient un épisode de la guerre pichrocholine entre ministère de la Défense et des Affaires étrangères. C’est ainsi qu'un ancien militaire, passé dans le privé, fin connaisseur des arcanes sécuritaires de Bamako assure désormais une mission similaire de coordination interministérielle Mali-Sahel (MMS) au sein de la DAOI. <strong>Cette nouvelle « task force » semble néanmoins faire la part plus belle au volet sécuritaire et diplomatique, aux dépens de ceux liés au développement.</strong>

Ancien gendarme et Saint-cyrien, Gilles Huberson, avait rejoint en septembre l’ambassade de France à Bamako pour opérer comme officier de liaison entre le Quai d’Orsay et la Défense. Selon certaines sources diplomatiques, il a fait partie, aux côtés de la DGSE, des discussions initiées à Kidal avec les responsables locaux et les chefs des grandes tribus touarègues, dont le très influent chef Ifoghas Intalla ag Attaher.

D’autres changements spectaculaires devraient très certainement venir. <strong>On évoque le départ de l’actuel ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain, ou encore notre ambassadeur au Tchad, Michel Réveyrand de Menthon</strong>. Ce dernier, époux de la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, fut auparavant ambassadeur à Bamako et pourrai avoir une promotion, en l’occurrence atterrir à la tête de l’Agence Française de Développement (AFD) !

Difficile donc de parler uniquement de motivations politiques…
<ul>
	<li><strong>De tels changements sont-ils anormaux ? Les changements de gouvernements précédents n'ont-ils pas entraînés le même type de grands nettoyages dans l'institution diplomatique ?</strong></li>
</ul>
Certainement. Chaque nouveau gouvernement a besoin de s’appuyer sur des hommes et des femmes de confiance, notamment dans les zones où ses intérêts sont les plus exposés. <strong>C’est le cas aujourd’hui au Mali ; ce fut vrai en Tunisie, aux lendemains de la révolution du Jasmin en 2011. </strong>Le « protégé » de Nicolas Sarkozy, Boris Boillon remplaça Pierre Ménat, à qui l’on reprochait de n’avoir pas su déceler les ferments du « Printemps arabe », en février 2011. Moins d’une année et demi après, le même Boris Boillon fut rappelé précipitamment et remplacé par François Gouyette, réputé plus à gauche !

Au-delà du grand nettoyage que vous évoquez, j’y vois aussi un changement dans la sociologie de nos représentants à l’étranger et peut-être une évolution de la fonction d’ambassadeur. Faut-il y voir un effet « WikiLeaks », dont un des conséquences aura été aussi de montrer des différences notables de cultures diplomatiques entre alliés : l<strong>a France restant sans doute trop rétive à prendre en compte la prégnance de la société civile dans les Etats où elle dispose de représentations diplomatiques</strong>.

<strong>Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, n’avaient pas hésité à nommer des hommes et des femmes, distancés de la culture du Quai.</strong> L’écrivain Daniel Rondeau avait été nommé à Malte en 2008 puis à l’UNESCO en novembre 2011. Eric Chevalier, médecin de profession, issu du milieu des ONG, est toujours ambassadeur de France - du moins en titre – en Syrie.

On se souvient aussi que l’académicien Jean-Christophe Ruffin avait été nommé au Sénégal en août 2007, poste qu’il quitta avec fracas en 2010… ce qui ne l’a pas empêché de participer activement à la campagne interne au PS de Martine Aubry.

Bref, si les changements d’ambassadeurs n’est pas l’apanage de la gauche, il semblerait que l’on observe une reconcentration autour des fonctions régaliennes du ministère des Affaires étrangères. S’il en fallait une preuve supplémentaire, il suffirait de constater l’amenuisement progressif des Ambassadeurs thématiques « en mission » qui avait fleuris sous la précédente mandature (piraterie, prévention des conflits en Afrique, auprès des familles du vol AF447, droits de l’homme, relations avec la société, investissements internationaux…).
<ul>
	<li><strong>Risque t-il d'y avoir des conséquences sur le terrain, dans la gestion de l'intervention au Mali et des autres enjeux internationaux qui y sont liés ?</strong></li>
</ul>
J’en vois au moins un : celui d’une certaine forme de déséquilibre dans la gestion du dossier malien dans un cadre sahélien. Le Secrétaire général des Nations Unies a nommé comme son Représentant spécial, l’ancien président du Conseil italien, Romano Prodi. L’UE a - enfin - désigné son Haut-Représentant le 20 janvier dernier, après moult tergiversations au sein du Service européen pour l’action extérieure. Ce dernier peut, du reste, s’appuyer sur 50 millions d’euros que l’UE a décidé de débloquer pour soutenir la stabilisation au Mali.

L’Union Africaine a choisie, le 25 octobre dernier, l’ancien président de la République du Burundi, Pierre Buyoya, comme son Haut-représentant pour le Sahel. Les Etats-Unis souhaiteraient eux aussi élargir le dossier malien à une vision plus sahélienne, comme les y incite la mise en place de leur stratégie du « <i>Transsaharian Counter Terrorism Partnership</i> ».

Bref, <strong>la France en désignant Gilles Huberson, au profil nettement plus sécuritaire, très impliqué dans la gestion des dossiers sensibles aux côtés de nos services de renseignement-au premier chef desquels celui des otages français - que son prédécesseur, diplomate confirmé, Jean-Félix Paganon, semble indiquer que la question malienne restait avant tout un dossier estampillé « secret défense »</strong>, et pour l’heure focalisé sur le seul cas du Mali, et ce au grand dam de certains de nos diplomates…

Il faut néanmoins aussi tenir compte du fait que ce dossier aux volets sécuritaires nettement plus marqués que d’autres dossiers africains est suivi avec une très grande attention par la cellule Afrique de l’Elysée, même si la dimension « développement et solidarité internationale » de celle-ci est plus marquée que celle de la précédente mandature.

<em>Photo : EMA / ECPAD</em>]]></description>
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		<title>Faute d&#8217;un accord européen, Paris et Londres veulent livrer directement des armes aux rebelles syriens</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Mar 2013 16:05:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nastasia Tepeneag</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie France]]></category>
		<category><![CDATA[Armée syrienne libre]]></category>
		<category><![CDATA[ASL]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Fabius]]></category>
		<category><![CDATA[livraisons d'armes]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1079" height="418" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/rebelles-syriens-groupe-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="rebelles syriens groupe - Copie" /></p><b>Deux ans et 70 000 morts après le début du conflit syrien, Paris et Londres s’engagent à fournir des armes à l'insurrection syrienne si aucun accord n’est trouvé sur la fin de l’embargo au sein de l’UE.</b>

[caption id="attachment_7961" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/rebelles-syriens-groupe.jpg"><img class="size-medium wp-image-7961" alt="Pour les Allemands, les rebelles syriens ont déjà de l'armement." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/rebelles-syriens-groupe-300x168.jpg" width="300" height="168" /></a> Pour les Allemands, les rebelles syriens ont déjà de l'armement.[/caption]

La France et la Grande-Bretagne demanderont d’avancer la prochaine réunion de l’Union européenne sur l’embargo sur les armes pour la Syrie. <strong>Si aucun accord n’est trouvé, les deux pays en livreront aux rebelles « <i>à titre national </i>»,</strong> indique Laurent Fabius. Cette décision est <i>« un pas dans la bonne direction », </i>applaudi l’opposition syrienne via son porte-parole Walid Al-Bounni.

C’est <i>« aux Européens, maintenant, de </i><a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/lever"><i>lever</i></a><i> l'embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre », </i>a déclaré le ministre des affaires étrangères sur France Info ce jeudi. Le président, François Hollande, a soutenu cette position en se déclarant favorable : <em>"Nous souhaitons que les Européens lèvent l'embargo"</em>, <em>"nous sommes prêts à soutenir la rébellion"</em>.  <strong>David Cameron, le premier ministre britannique, avait déjà indiqué mardi que la Grande-Bretagne pourrait se dissocier de l’embargo actuel en procurant des armes à l’opposition syrienne pour résister face au président Bachar Al-Assad</strong>.

<i>« On ne peut pas </i><a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/accepter"><i>accepter</i></a><i> qu'il y ait ce déséquilibre actuel avec d'un côté l'</i><a href="http://www.lemonde.fr/iran/"><i>Iran</i></a><i> et la Russie qui livrent des armes à Bachar et de l'autre des résistants qui ne peuvent pas se défendre"</i>, déplore Laurent Fabius. <i>« Lever l'embargo, c'est un des seuls moyens qui restent pour </i><a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/faire"><i>faire</i></a><i> </i><a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/bouger"><i>bouger</i></a><i> politiquement la situation. » </i>Le ministre légitime ce choix dans une <a href="http://www.liberation.fr/monde/2013/03/13/en-syrie-nous-devons-avancer_888315">tribune de <i>Libération</i> </a>:<span id="more-7960"></span>
<blockquote><i>« L</i><i>e processus politique risque de rester bloqué si la situation sur le terrain n’évolue pas. Or, à ce stade, le combat du peuple syrien pour la liberté est terriblement inégal. Le régime de Bachar al-Assad - qui dispose en outre d’armes chimiques - est ravitaillé en armes puissantes et en munitions par Téhéran et Moscou. L’opposition, elle, ne dispose pas des moyens suffisants pour protéger la population. L’offre de négociation de la Coalition nationale ne sera prise au sérieux par Bachar al-Assad que s’il n’a pas d’autre choix. Pour qu’une solution politique prenne réellement corps, la Coalition ne peut pas continuer à se battre à armes inégales. »</i></blockquote>
Damas et Moscou estiment qu'une telle démarche est <i>« une violation de la loi internationale ». </i>La loi<i> </i>« <i>n’autorise pas, ne permet pas de fournir des armes à des acteurs non-gouvernementaux et, selon nous, il s’agit d’une violation de la loi internationale »,</i> selon Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe. Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, <i>« <strong>n’envisage pas d’élargir son aide militaire et technique à la Syrie. Nous réalisons les ententes déjà passées, il ne s’agit pas de nouveaux projets ou contrats.</strong> Il faut respecter les contrats existants […]. Nous devons avant tout livrer des pièces détachées et réparer les matériels de guerre déjà livrés».</i>

Tous les membres de l’UE ne sont en accord avec Paris et Londres. <strong>L’Allemagne notamment, est très réticente à l’envoi d’armes en Syrie, estimant qu’il y en a suffisamment.</strong> Mais <a href="http://www.actudefense.com/embargo-europeen-sur-la-syrie-oui-aux-radios-non-aux-armes/">la principale crainte</a> reste les destinataires de ces armes. Résistants ou djihadistes ? Les doutes subsistent au sein de la communauté internationale. Laurent Fabius a assuré ce mardi que la France, les États-Unis et la Russie travaillaient actuellement à établir « <i>une liste de responsables syriens qui serait acceptable »</i> pour dialoguer avec les insurgés.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) rapporte que <strong>des habitants de la localité de Mayadine, dans l’est de la Syrie, manifestent contre les djihadistes du Front al-Nosra.</strong> Ils protestent contre la loi islamique, imposée par ces alliés des rebelles syriens, après la mise en place d’une police et d’un Conseil religieux pour gérer les affaires à Mayadine. <i>« La vérité est que <strong>le fanatisme a peu de place en Syrie</strong>, même si le régime a cherché à faire croire au monde qu’un succès de la révolte conduirait à mettre des islamistes radicaux au pouvoir » </i>selon l’ONG.

En deux ans, le conflit syrien a fait plus de 70 000 morts, un million de réfugiés et des millions de déplacés d’après l’ONU.

<em>Photo : VOA / Scott Bobb</em>]]></description>
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		<title>Enlèvements en Afghanistan : le cas d&#8217;un Français libéré grâce à la discrétion lors des négociations</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Mar 2013 10:26:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean d'Amécourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diplomatie France]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Jean d'Amécourt]]></category>
		<category><![CDATA[Johan Freckaus]]></category>
		<category><![CDATA[Kaboul]]></category>
		<category><![CDATA[otage]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="984" height="354" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/paysage-afghan-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="paysage afghan front" /></p><strong>Un an avant l'affaire Guesquière et Taponnier, l'ambassadeur Jean d'Amécourt était confronté à sa première prise d'otage. Un rapt qui s'est réglé beaucoup plus simplement, mais qui donnait déjà beaucoup d'indices sur la manière dont les insurgés afghans organisaient la détention de tels prisonniers.</strong>

[caption id="attachment_7832" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/paysage-afghan.jpg"><img class="size-medium wp-image-7832" alt="Paradoxe de l'hospitalité afghane : les hôtes font comme s'ils ne voyaient pas que leurs invités trimbalaient un prisonnier." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/paysage-afghan-300x192.jpg" width="300" height="192" /></a> Paradoxe de l'hospitalité afghane : les hôtes font comme s'ils ne voyaient pas que leurs invités trimbalaient un prisonnier.[/caption]

La première prise d’otage à laquelle j’ai dû faire face est intervenue très peu de temps après mon arrivée. Le 26 mai 2008, le chef de poste de la DGSE à Kaboul – on l’appellera Henri pour simplifier – m’informe qu’un Français du nom de Johan Freckhaus, parti de Kandahar en voiture le jour même, demeure introuvable : sans doute a-t-il été enlevé. Ancien capitaine de la Légion étrangère, Johan avait été déçu, comme beaucoup de jeunes officiers, par son expérience dans l’armée française. <strong>Esprit romantique, tourmenté et idéaliste, il avait du service une vision exigeante, dans la lignée de Pierre Schoendoerffer et de Lartéguy, que l’armée n’avait pu pleinement satisfaire</strong>. Dans les années 1980, Johan avait donc donné sa démission et s’était rendu en Afghanistan où il avait rejoint le Panjshir pour participer à la résistance contre les Soviétiques aux côtés du commandant Massoud . Il était sans aucun doute considéré comme un proche, un véritable frère d’armes, par la famille de Massoud, qui est intervenue à de nombreuses reprises pendant sa captivité, mettant toute son influence dans la balance pour s’employer à le faire libérer. Sans succès, mais le coeur y était.

Johan avait donc un côté aventurier et homme d’action confirmé. Il aimait l’Afghanistan comme avaient pu l’exprimer avant lui, de façon plus littéraire, des hommes aussi divers que Joseph Kessel, Christophe de Ponfilly ou Louis Dupree, et comme l’avaient fait pour l’Arabie Charles Doughty, T. E. Lawrence , Gertrude Bell et Wilfred Thesiger. <strong>Les cheveux, la barbe et l’oeil très noirs, il était habillé en shalwar kamiz, gilet de laine et patou. Il parlait couramment le dari, qu’il avait appris pendant la guerre et, à tout va, on aurait pu le prendre sans difficulté pour un Afghan</strong>.

Johan était revenu en Afghanistan pour participer à la reconstruction du pays, où il travaillait comme sous-traitant d’une société américaine de BTP qui l’employait à l’époque à la construction de postes de police. Accompagné d’un de ses maîtres d’ouvrage, il s’était rendu en tournée d’inspection dans la province de Ghazni, au sud-est de Kaboul. Venu en avion et confronté à une annulation du vol de retour, il avait choisi de rentrer à Kaboul par la route, <strong>en toute connaissance des risques encourus puisqu’il avait une très grande expérience du pays</strong>. Renseignés, sans doute par des complices locaux, ses ravisseurs avaient pris en embuscade sa voiture de location conduite par un chauffeur sur la route particulièrement dangereuse menant de Ghazni à Kaboul.<span id="more-7831"></span><!--more-->

La prise d’otage de Johan Freckhaus a duré relativement peu de temps puisqu’il a été libéré en juin 2008. <strong>La grande discrétion observée pendant toute l’affaire n’est pas étrangère à ce succès</strong>. L’enlèvement, réalisé par une bande de petites frappes locales, était purement crapuleux. Le silence observé au cours de la négociation ne leur a pas permis de mettre une valeur sur leur prise. L’aboutissement et donc la libération attendue en ont été grandement facilités.

Je me suis entretenu avec Johan peu de temps après sa libération. Je ne me suis pas privé de lui dire ce que je pensais de son escapade. Tout spécialement compte tenu de son profil et des risques qu’il avait pris, exposant ainsi la France à de lourdes dépenses et nos services à des risques inconsidérés. Les personnes qui le connaissaient bien à Kaboul nous avaient dit qu’elles le trouvaient las de l’Afghanistan – un sentiment assez répandu chez les expatriés qui ont développé un fort attachement sentimental pour ce pays. Marqués à jamais par ce qu’ils y ont vécu, ils y sont sans doute restés trop longtemps – attitude les menant à prendre un peu trop à la légère leur sort, et par voie de conséquence celui des autres.

L’entretien avec Johan a cependant été intéressant, en raison des qualités intrinsèques de l’homme, mais aussi par le récit même de sa détention. Johan m’a assuré ne pas avoir été maltraité – les otages le sont rarement. Ses geôliers, par souci de sécurité, le déplaçaient fréquemment, toujours la nuit au terme de longues marches dans la montagne en colonne silencieuse. Pendant ces randonnées forcées, <strong>sa plus grande peur, m’a- t-il dit, était de se faire cibler par les drones américains dont il voyait souvent les lumières le survoler dans le ciel silencieux. Leurs détecteurs risquaient en effet de prendre les chaînes métalliques qui entravaient ses mains pour un fusil d’assaut.</strong> De façon assez surréaliste de nos points de vue occidentaux mais plutôt logique pour des Afghans, ses ravisseurs le traînaient de village en village, demandant à chaque halte à être hébergés dans la hujra, la maison d’hôtes, ou la résidence du khan local. <strong>Conformément à la tradition d’hospitalité locale, l’hôte accueillait leur groupe sans poser de question, faisant semblant de ne pas s’apercevoir qu’un Occidental à moitié ligoté dînait dans la salle commune.</strong>

Malgré les conseils que le Boulevard Mortier, siège de la DGSE, et moi-même avons donnés à Johan de ne pas remettre les pieds en Afghanistan, il y est revenu pour participer à la campagne présidentielle d’Abdullah Abdullah, proche de Massoud. Le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2009 m’avait parlé de lui plusieurs fois, évoquant les souvenirs de son ancienne camaraderie avec Nemo, le nom de guerre de Johan. Peut- être y est- il encore en ce moment, considérant que nul n’échappe à son destin.

<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/diplomate-en-guerre-a-kaboul.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-7819" alt="diplomate en guerre a kaboul" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/diplomate-en-guerre-a-kaboul-189x300.jpg" width="189" height="300" /></a>

<em>Extrait de :</em>
<em>Diplomate en guerre à Kaboul</em>
<em>Jean d'Amécourt et Romain Poirot-Lellig</em>
<em>Editions Robert Laffont</em>
<em> Janvier 2013</em>
<em>350 pages</em>
<em>21 €</em>

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<em>Photos : Armée de terre</em>]]></description>
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		<title>Jean d&#8217;Amécourt : &#171;&#160;Pourquoi j&#8217;ai accepté le poste d&#8217;ambassadeur à Kaboul en 2008&#8243;</title>
		<link>http://www.actudefense.com/jean-damecourt-pourquoi-jai-accepte-le-poste-dambassadeur-a-kaboul-en-2008/</link>
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		<pubDate>Sat, 02 Mar 2013 07:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean d'Amécourt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[ambassadeur]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaboul]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1019" height="394" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/afghanistan-flou-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="afghanistan-flou front" /></p><strong>Début 2008, Jean d'Amécourt se voit proposer le poste d'ambassadeur à Kaboul. Une fonction dont les enjeux ne sont alors pas encore évidents. Il nous raconte comment il a motivé son choix qui le précipitera en première ligne de l'actualité militaire et diplomatique.</strong>

[caption id="attachment_7820" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/afghanistan-flou.jpg"><img class="size-medium wp-image-7820" alt="Début 2008, la présence française en Afghanistan reste minimale." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/afghanistan-flou-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a> Début 2008, la présence française en Afghanistan reste minimale.[/caption]

Le poste d’ambassadeur en Afghanistan n’était clairement pas rentré dans mon champ de vision. Je m’étais rendu à plusieurs reprises à Kaboul avec Michèle Alliot-Marie , alors ministre de la Défense, et je connaissais donc bien l’ambassade et son environnement.

Mais étant donné la présence quasi symbolique de nos forces, confinées à Kaboul à l’exception des aviateurs opérant à partir de la base de Kandahar et des Forces spéciales placées sous commandement américain dans la région de Spin Boldak, <strong>j’avais toujours préconisé de réduire notre participation à une centaine de personnes dans des fonctions d’état-major ou de formation et de retirer le reste de nos éléments de l’armée de terre</strong>. Cela ne me prédisposait guère à accepter la proposition du sherpa du président de la République.

Les choses évoluaient avec l’approche du sommet de l’OTAN à Bucarest prévu pour le début d’avril 2008. <strong>Le retour amorcé de la part de la France dans le commandement intégré de l’Alliance atlantique et une nouvelle approche de la question afghane, non seulement de la France mais aussi de l’Alliance atlantique elle-même, allaient donner un relief nouveau à la fonction.</strong> Le consensus politique allait reposer sur quatre principes clés : la nécessité admise d’un renforcement significatif de la sécurité dans le pays ; la priorité donnée à l’aide civile, à la gouvernance et au développement par rapport à l’effort militaire au sens strict ; un engagement sur la durée ; et surtout l’« afghanisation », c’est- à- dire une association beaucoup plus étroite des Afghans à l’effort de reconstruction, ce qui dénotait une véritable évolution de nos amis américains. « <em>Mieux vaut les laisser accomplir quelque chose passablement que de le faire parfaitement vous-même</em> », disait T. E. Lawrence à propos des Arabes dont il avait contribué à organiser la révolte contre l’Empire ottoman. Cette vision est à la base même de la pensée de la contre- insurrection. La communauté internationale avait fini par s’y rendre, ô combien tardivement, pour l’Afghanistan.<span id="more-7818"></span>

Ma carrière, partagée presque à parts égales entre le service de l’État et le secteur privé, m’a habitué aux missions les plus diverses dans des environnements parfois inattendus, mais je savais que cette expérience serait à nulle autre pareille. Si j’acceptais, je partirais quand même avec quelques atouts. L’Afghanistan était avant tout un théâtre d’opérations militaires américain. Or, dans mes jeunes années comme premier secrétaire à New York et second conseiller à Washington, puis plus tard comme sous-directeur du désarmement au Quai d’Orsay,<strong> je m’étais familiarisé avec le mode de fonctionnement de la gigantesque bureaucratie diplomatico- militaire américaine</strong>. <strong>Capitaine de corvette de réserve, j’avais aussi quelque expérience directe des forces armées</strong>. De plus, dans mes fonctions à la Défense, j’avais participé à l’élaboration de la politique de la France en Afghanistan et avais pratiqué la machine de l’Alliance atlantique que nous avions, à l’initiative du président Sarkozy , décidé de pleinement réintégrer. Je savais cependant d’expérience que, malgré les assurances de mon ami Gérard [NDLR : Gérard Errera, qui est alors secrétaire général du ministère des Affaires étrangères], <strong>l’obtention de moyens matériels et humains indispensables à toute action pérenne nécessiterait une lutte de chaque instant avec l’administration centrale du Quai d’Orsay</strong>.

[caption id="attachment_7821" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/afgha-errements-allies.jpg"><img class="size-medium wp-image-7821" alt="&quot;Les années écoulées depuis 2001 ont d’ailleurs permis à chacun de constater les limitations et les errements stratégiques des alliés.&quot;" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/afgha-errements-allies-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a> "Les années écoulées depuis 2001 ont d’ailleurs permis à chacun de constater les limitations et les errements stratégiques des alliés."[/caption]

Il y avait la nécessité de démontrer la solidarité transatlantique au lendemain de la tragédie du 11 septembre, mais j’avais toujours considéré l’intervention américaine en Afghanistan avec prudence. Conscient des leçons de l’Histoire, je m’étais félicité de la décision de Lionel Jospin et de Jacques Chirac de cantonner la participation française aux opérations spéciales. <strong>Les années écoulées depuis 2001 ont d’ailleurs permis à chacun de constater les limitations et les errements stratégiques des alliés</strong>. J’avais été opposé, comme la plupart des Français, à l’intervention américaine en Irak. Ayant bien à l’esprit les enjeux et réfléchissant à la réponse à donner à Gérard Errera , les questions se bousculent dans ma tête : les accords de Bonn sont- ils une base politique suffisamment solide pour stabiliser l’Afghanistan ? Les bases d’un État de droit peuvent-elles être durablement installées dans l’un des pays les plus pauvres du monde ? La place des soldats est-elle sur les contreforts de l’Himalaya ? L’insurrection afghane peut-elle être défaite militairement ? Quels en sont les ressorts et le moteur ? Est-il possible de trouver une solution politique au conflit ? Comment, en particulier, gérer sa dimension pakistanaise en raison du soutien apporté par les services secrets d’Islamabad aux différents groupes d’insurgés ? Comment définir le succès ? Surtout, serais-je en mesure de contribuer utilement à l’esquisse d’une solution ? Quel rôle pour la France ?

Je savais aussi, comme l’avait souligné Gérard avec raison, que l’Afghanistan, du fait de la détérioration de la situation sécuritaire et des retards de l’aide internationale, avait soudain surgi du tréfonds de la politique des États-Unis, jusqu’alors obnubilés par l’Irak, pour devenir la première priorité du Président Bush et, sans doute, de son successeur, qu’il soit démocrate ou républicain. La victoire de Barack Obama était alors loin d’être acquise, mais il était clair que la pression politique sur le prochain occupant de la Maison Blanche pour trouver une issue au conflit serait considérable, ce qui n’était pas sans danger. Du moins, les Américains, croyais-je, ont cela de formidable que lorsqu’ils réalisent leurs erreurs, ils dégagent vite une solution et y consacrent toute leur énergie et toutes les ressources nécessaires.

Par-dessus tout, le défi que représente la complexité de la mission et la séduction romantique de l’Afghanistan avec ses paysages et son antique civilisation sont autant d’attraits considérables et irrésistibles… Avec une grande naïveté – charmante selon Jacqueline, mon épouse –, je sentais revenir en moi mes rêves d’adolescent, les romans d’aventures comme Fortune Carrée et Les Cavaliers de Kessel se mêlant à <strong>la mythologie familiale de mon arrière grand-oncle, le maréchal Lyautey , qui s’était illustré aux confins du Constantinois et dans le djebel marocain</strong>. Peu difficile, pour une âme littéraire, de s’imaginer chevauchant dans les vallées de l’Hindou Kouch, étendards claquant au vent. Le désert des steppes de l’Asie centrale et les reliefs tourmentés des montagnes afghanes me font rêver.

J’en ai parlé à Jacqueline et à mes trois enfants Paul, Sarah et Louise, qui n’ont pas vraiment sauté de joie. Les risques auxquels je m’exposais et la perspective d’une longue séparation ne leur souriaient guère. Mais après quelques hésitations ils m’ont soutenu. Ma fille aînée Sarah, qui a travaillé pendant un an en Afghanistan pour Altaï, une société de conseil, était enthousiaste. Louise, expatriée à New Delhi, se réjouissait de notre nouvelle proximité géographique. Après tout, la capitale de l’Inde n’est qu’à une heure de vol de Kaboul. Sur le papier cela paraît si proche. Paul, avec une pointe d’humour, me disait qu’<strong>il n’y a pas d’âge pour se réinventer une énième fois</strong>. Jacqueline , retenue à Paris par ses obligations professionnelles, voyait que j’en avais envie et, avec sa générosité et sa compréhension habituelles, m’encourageait vivement à y aller. J’acceptai.

<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/diplomate-en-guerre-a-kaboul.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-7819" alt="diplomate en guerre a kaboul" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/03/diplomate-en-guerre-a-kaboul-189x300.jpg" width="189" height="300" /></a>

<em>Extrait de :</em>
<em>Diplomate en guerre à Kaboul</em>
<em>Jean d'Amécourt et Romain Poirot-Lellig</em>
<em>Editions Robert Laffont</em>
<em> Janvier 2013</em>
<em>350 pages</em>
<em>21 €</em>

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<em>Photos : ECPAD &amp; US Army / 1st Lt. Richard Norris</em>]]></description>
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