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	<title>ActuDéfense &#187; Défense</title>
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	<description>Défense, diplomatie, sécurité</description>
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		<title>Récit: Mission en Afghanistan dans le cockpit d&#8217;un Mirage 2000D</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jun 2013 09:26:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Scheffler</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[armée de l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Mirage 2000]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1136" height="544" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/Mirage_2000_KC-135_Afghanistan1.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="Airpower Summary for July 21, 2007" /></p><strong>Le commandant Marc Scheffler a opéré sur Mirage 2000D pendant quinze ans. Des opérations qui l'ont mené sur les principaux théâtres de l'armée de l'air. Il nous livre ici le récit d'une mission en Afghanistan.</strong>

Fin juillet, une fois n’est pas coutume, je me retrouve équipier d’une patrouille de deux Mirage 2000D. Les Mirage F1 CR sont occupés à faire de la reconnaissance et du recueil d’informations le long des frontières du pays.

Mon indicatif est Rage 32 et mon leader, qui est aussi le chef du détachement, est Rage 31. Arno est un vieux routier du Jaguar, 1 000 heures à la pendule, avec une expérience sur Mirage 2000D tout aussi conséquente. Il fait équipe avec Rich. Dès le décollage, à peine avons-nous rentré le train que nous sommes retaskés. À l’opposé du plan initial, on nous envoie supporter la PRI1 PA.

Des troupes danoises subissent un feu nourri de la part d’insurgés très accrocheurs et le JTAC, indicatif Norseman, nous demande de lui fournir une couverture permanente. La patrouille se sépare : pendant que l’un part ravitailler, l’autre rallie le JTAC pour les « premiers soins ». Puis les rôles s’inversent. Je rejoins Norseman. Rapidement il envisage le tir d’une bombe, avant de se raviser : la ligne d’arbres d’où proviennent les tirs adverses sera traitée au mortier. Une réaction qui nous paraît inadaptée tant la précision des obus de mortier est inférieure à celle des armements guidés. Mais c’est son choix et je n’ai rien à dire.

Arno est sur ravitailleur. Jeff et moi suivons sans peine le déroulement des opérations. Nous identifions clairement l’emplacement des mortiers ainsi que la position des insurgés. Afin de ne pas rester sur la trajectoire balistique des obus, Norseman nous demande de remonter au-dessus de 12 000 ft sol. Je ne me fais pas prier. Les hélicoptères sont aussi écartés vigoureusement du périmètre.

<em>– Rage 32 de Norseman, je procède au tir des mortiers, je veux votre pod sur la zone d’impact ! En fonction de ce que je vois au Rover, on finira à la GBU-12.</em>

Jeff a calé les optiques sur les insurgés cachés sous la ligne d’arbres. De mon côté, je pilote en cercle autour, les yeux rivés au sol. Soudain, une série de scintillements jaillit de la position amie.

<em>– Jeff, ils viennent de tirer…</em>

Je porte mon regard sur la VTL1. Une dizaine de flashes suivis de fumées quadrillent la ligne d’arbres incriminée, soulevant des gerbes
de terre et des éclats de branches. Rien ne bouge.

<em>– Norseman de Rage 32, on n’a aucun mouvement… Vous voulez qu’on prépare la GBU-12 ?</em>

<em>– Négatif, j’attends des informations complémentaires du terrain !</em>

<em>Nous patientons quelques minutes…</em>

<em>– Rage 32 de Norseman, les tirs ennemis ont cessé, j’envoie ma section sur place. Son ravitaillement terminé, le leader est de retour sur zone. Je lui explique en deux mots ce qui vient de se passer. Lui aussi est surpris par la décision du JTAC.</em>

Jeff est frustré :

<em>– Bon, ce ne sera pas encore aujourd’hui…</em>

<em>– Tu sais bien que tout peut arriver ici !</em>

Norseman nous libère, la situation au sol s’est calmée, il ferme sa priorité. Le C2 nous renvoie sur notre task initial. Après une demiheure, nous n’avons pas de contact radio avec le nouveau JTAC. Un classique. Les JTAC n’ont pas toujours conscience du temps « aérien ». Quand on est sur le terrain depuis des jours, trente minutes sont peu de chose pour un rendez-vous. Et pourtant, c’est une tonne et demie de pétrole. Les réservoirs se vident. Il nous reste quinze minutes d’autonomie avant de devoir rentrer. C’est toujours à ce moment qu’on pense à nous, comme si les contrôleurs se passaient le mot « <em>Hé, les Français sont short petrol, c’est le moment de les bahuter !</em> ». Le C2, Miser, nous interpelle ainsi sur « Garde » :

<em>– Rage 31, contactez immédiatement Miser dans le green !</em>

La patrouille change de fréquence :

<em>– Rage check ?</em>

<em>– Rage 32.</em>

<em>– Miser, Rage 31 prêt à copier !</em>

<em>– Rage 31, vous êtes redirigés en support du TIC A05, en 86CJ6, avec Anzac 217, qui est sous le feu d’un tireur isolé. Procédez ASAP et donnez votre estimée d’arrivée et votre autonomie sur place.</em>

La réponse est immédiate :

<em>– Arrivée dans cinq minutes, autonomie dix minutes sans ravitaillement…</em>

<em>– Reçu. Je n’ai que vous et pas de ravitailleur disponible. Rejoignez rapidement la zone. La patrouille d’alerte décolle de Kandahar et vient vous relever dès que possible !</em>

Je regarde dans ma doc ops pour trouver qui se cache sous cet indicatif atypique. Après quelques minutes de recherche, je tombe enfin sur les informations : il s’agit des forces spéciales australiennes.

Entre-temps, nous sommes pleins gaz, Mach 0,95, les deux appareils sont aux vibrations subsoniques. Rich contacte Anzac 217. La radio grésille, pratiquement inaudible, et l’accent australien du JTAC est tout simplement incompréhensible. Je monte le volume des postes radio à en avoir mal au crâne. Heureusement, Rich est parfaitement bilingue.

La situation est simple : la section australienne est la cible d’un sniper embusqué sur les hauteurs. Le JTAC nous donne immédiatement les coordonnées à surveiller. Pod ouvert, le sommet d’une crête constituée d’énormes blocs de roche et de failles s’affiche sur les écrans. Mon regard se perd dans les éperons rocheux. Tous les reliefs se ressemblent et j’ai du mal à m’orienter correctement. Jeff me guide :

<em>– Tu vois le fond de la vallée ? Au milieu des champs, la route en terre forme un X. Tu pars directement vers l’ouest, dans l’oued qui remonte au nord. À mi-chemin entre la vallée et le début de l’oued, tu as deux pitons en forme de mamelons… Tu prends celui de l’est, c’est le bon….</em>

<em>– Je l’ai, je me place sur le cercle !</em>

À travers le pod, on dirait des galets géants jetés en vrac les uns sur les autres. Nos deux Mirage s’enroulent autour de l’amas de roches comme des vautours attendant de repérer une proie. Après quelques minutes de recherches infructueuses, nous n’avons toujours aucune trace de notre sniper. Le fuel devient critique. Arno me demande alors de recontacter Miser et de négocier un ravitaillement en vol :

<em>– Miser, Rage 31.</em>

<em>– Rage 31, allez-y, j’écoute.</em>

<em>– Rage 31, nous arrivons au bingo dans dix minutes, vous avez un ravitailleur disponible ? Sinon ce sera un retour imminent sur Kandahar…</em>

<em>– Pas de ravitailleur, mais la patrouille de Tornado qui vous remplace est en route, elle sera sur zone dans quinze minutes, restez jusqu’au bingo !</em>

Jeff me fait sursauter sur le téléphone de bord :

<em>– Marco, j’ai un mec, là ! Il était caché sous la roche et il vient de sortir !</em>

Je regarde la VTL. Une ombre fugace glisse sur un rocher avant de disparaître derrière un autre bloc. Jeff est aux vibrations :

<em>– Putain, Marco, je l’ai !</em>

Je lui réponds sur un ton monocorde :

<em>– Tu l’as dit au JTAC ou à Rich ?</em>

Concentré sur le C2, je n’ai suivi le travail avec Anzac 217 que par bribes.

<em>– Je le fais !</em>

Je remonte le volume du poste tactique pour reprendre le fil du dialogue avec le JTAC.

Ce dernier explique qu’il se fait toujours tirer dessus, et l’emplacement du sniper en hauteur les empêche de l’éliminer. Une façon de nous préparer au tir. Ce qu’il confirme quelques instants plus tard en officialisant sa demande par une 9Line !

J’entends Rich qui redonne les informations de la 9Line. Devant, j’ai noté les coordonnées et je les transforme avec mon UMPC en latitude et longitude exploitables par notre SNA1. Je les donne à Jeff, qui les insère dans les centrales.

Après cette manip rapide, le pod s’ouvre exactement à l’endroit où nous avions repéré l’individu isolé. Je refais le tour du sommet, qui dévoile ses moindres recoins à l’image. Soudain, la silhouette réapparaît, et reste à découvert cette fois-ci. Notre tireur isolé est maintenant debout sur la roche, immobile. En champ 3 j’ai l’impression qu’il nous regarde tourner autour de lui. S’il savait… Le tir de Rage 31 se précise, je me prépare tranquillement à assurer la couverture. Le message sec de Rage 31 me fait tressaillir :

<em>– Marco, vous avez copié la 9Line ?</em>

<em>– Affirm, on a tout…</em>

<em>– Marco, vous avez les fusées en instantané, c’est vous qui partez pour le tir !</em>

Son ordre claque comme un coup de fouet. De spectateur paisible je me retrouve catapulté sur le devant de la scène. Et vu la gueule des jaugeurs, pas de temps à perdre !

<em>– Jeff, on est 6 000 ft/sol, tir en palier-palier, tu changes la page d’armement…</em>

<em>– En cours… Je revérifie les sélections, je rentre dans le mode de tir. C’est quand tu veux…</em>

J’avertis Arno de nos intentions :

<em>– Ce sera du palier-palier…</em>

<em>– OK, on inverse les blocks, tu passes dessous…</em>

Un peu pris au dépourvu, j’avais négligé ce détail… Le tireur se place toujours en dessous.

<em>– À toi le lead tactique. J’ai visuel, je monte et tu peux descendre…</em>

J’affiche pleins gaz en descente. Le Mirage accélère rapidement vers 450 kt. Je m’éloigne vers le nord-est puis je vire au cap sud… Pendant ce temps, Jeff me relit une dernière fois les coordonnées insérées dans la centrale. Nous avons bien noté les mêmes chiffres, la 9Line est limpide. Quant aux règles d’engagement, pas de question existentielle à se poser… pour une fois !

<em>– Marco, je rentre dans le mode de tir, la sécurité laser est levée.</em>

<em>– Devant, Master Arm levé, BRM décagé.</em>

Je finis le virage avant d’enclencher le pilote automatique couplé à la tenue d’altitude et à la navigation horizontale. L’avion rejoint l’axe par petites saccades.

Arno m’avertit au passage qu’il lui reste trois minutes d’autonomie sur zone. La pression monte, nous n’avons droit qu’à une tentative, après il faudra rentrer. Tous les voyants sont au vert. Jeff me confirme qu’il est captured. Rich précise à Anzac 217 que c’est nous qui allons effectuer le tir. Dans la foulée je m’annonce :

<em>– Rage 32, in hot, cap d’attaque 180.</em>

Silence à la radio. Puis le JTAC baragouine un message.

<em>– Jeff, t’as compris ?</em>

<em>– J’ai pas compris, j’ai la tête dans le pod…</em>

Dans le doute, je répète mon dernier message plus fermement. Rich vient à la rescousse sur l’interpatrouille :

<em>– Redonne-lui ton cap d’attaque !</em>

J’appuie rageusement sur l’alternat :

<em>– Rage 32, cap d’attaque 180.</em>

<em>– Reçu, vous êtes clear hot !</em>

Il était temps : les barres de solutions remontent dans ma VTH1. Il nous reste cinq secondes avant le départ de la bombe…

Je récite les derniers versets de la passe :

<em>– « TIR », le tir est encadré…</em>

Le Mirage tressaute lorsque la GBU-12 est éjectée de son support. Commence l’interminable compte à rebours en VTL.

<em>– Jeff, c’est bon pour l’illu ?</em>

<em>– Oui, vire doucement à gauche…</em>

J’incline le Mirage en virage. En même temps j’annonce au JTAC : « La bombe est partie, impact dans dix secondes… »

Sur ma VTL, l’image change d’aspect avec le déplacement de l’avion. Je fixe le sommet de la crête. Le sniper grossit sur l’écran à mesure que nous nous rapprochons. Toujours immobile. À quelques kilomètres, je distingue nettement l’extrémité de son arme qui dépasse. Les optiques du pod se sont calées automatiquement légèrement à droite, sur un autre bloc de pierre à proximité. Les contrastes sont meilleurs, et la visée reste parfaitement stable. Jeff ne corrige pas. Avec une GBU-12, nous ne sommes plus à quelques mètres près. Devant, je suis captivé par cette silhouette impassible. La GBU-12 traverse l’écran. Je sais qu’au sol, notre homme va entendre le sifflement caractéristique qui signe son arrêt de mort. Dans la dernière seconde avant l’impact, il réalise. Je le vois sauter du rocher dans un élan désespéré pour survivre. Le flash de l’explosion sature la VTL. Des débris de roche pulvérisée giclent dans tous les sens, immédiatement happés par un épais rideau de fumée. Jeff m’annonce d’une voix calme « impact où on avait visé ». Même si je n’ai aucun état d’âme, je n’oublierai jamais ces dernières images…

Le nuage de poussière s’estompe, laissant apparaître la trace noire de l’impact au milieu de la rocaille éventrée. Aucune trace du sniper. Jeff prend la radio :

<em>– Target splashed for Rage 32. Quel est le résultat vu de votre place ?</em>

La réponse est inaudible. De toute façon, il ne doit plus rester grandchose de notre tireur isolé. Rage 31 intervient sur l’interpatrouille :

<em>– Marco, je suis au bingo !</em>

<em>– Reçu, Arno, une patrouille de Tornado arrive d’ici quelques minutes pour nous remplacer.</em>

<em>– Tu me rassembles et on rentre.</em>

Je sens comme une pointe d’irritation dans sa voix, ce qui a aussi le don de m’agacer. J’interviens sèchement à mon tour :

<em>– Dans ce cas, aide-moi et file-moi ta position par rapport au point de tir, on gagnera du temps au lieu de se courir après en faisant des ronds !</em>

Puis je m’adresse à Jeff :

<em>– On refait la verticale, tu vérifies si quelque chose bouge encore et tu l’annonces au JTAC.</em>

J’amorce la rejointe :

<em>– Marco visuel, j’arrive en formation.</em>

Pris dans le feu de l’action, je réalise après coup qu’Arno vient de nous céder sa place pour le tir, notre armement étant le plus adapté. Ça explique un peu mieux sa déception et le ton de sa voix.

Jeff clôture avec le JTAC :

<em>– Toujours aucun mouvement visible. Nous sommes aux minimas pétrole, nous devons quitter la zone.</em>

Je regarde une dernière fois l’image des rochers éclatés à travers ma VTL en pensant à cet adversaire qui ne pourra plus nuire. Jeff clôture avec le JTAC. Je comprends qu’il ferme le TIC. J’en conclus que le tir est un succès. En même temps mon bingo sonne, il me reste juste de quoi rentrer.

Rage 31 effectue l’in flight report à Miser. La patrouille repart sur Kandahar dans un silence absolu en dehors des contacts radio obligatoires. Arno négocie la priorité à l’atterrissage. Je me pose avec 700 kg de pétrole sur les 6,2 tonnes que pourraient contenir mes réservoirs. Je félicite Jeff pour ce premier tir en opération. Il ne cache pas sa joie, en précisant :

<em>– Le leader a l’air un peu tendu, non ?</em>

<em>– Je vais aller crever l’abcès tout de suite, après tout c’est lui qui nous demande de tirer… Je peux admettre qu’il ait les boules, mais pas qu’il nous en tienne rigueur…</em>

Nous sommes accueillis par les SV1 qui viennent prendre quelques photos pour le JMO (Journal de marche en opération) de l’unité. Je retrouve Arno et Rich en salle d’opérations. Je prends Arno à part : – Je peux comprendre que tu sois déçu, mais tu ne peux pas m’en vouloir ! C’est toi qui me transfères le tir à la dernière seconde ! Et c’était le bon choix. Mais ce serait dommage que ça pourrisse la fin du détachement…

<em>– Marco, tu ne sais pas ce qu’elle m’a coûté, celle-là…</em>

<em>– Si, je me mets à ta place… Maintenant c’est fait, on tourne la page…</em>

<em>– Tu as raison… Le tir s’est bien passé a priori ?</em>

<em>– Oui, d’autant que Jeff avait trouvé le gars en question avant d’avoir la 9Line, sauf qu’il n’a pas pu en placer une sur la fréquence.</em>

Je te confirme que les coordonnées fournies tombaient exactement à l’endroit où se planquait le tireur. Le JTAC avait une bonne SA sur sa position, et nous aussi…

<em>– Excellent, je te laisse commencer les comptes rendus de tir…</em>

En fin d’après-midi, un jeune capitaine vient nous rejoindre. C’est un pilote de F/A-18 de la Royal Australian Air Force et également le chef des JTAC australiens. Il vient débriefer le travail d’Anzac 217. Nous sommes ravis de l’accueillir, d’autant que l’homme est extrêmement sympathique. Nous lui montrons les images des tirs. Jeff lui commente les dialogues avec leur lot d’incompréhensions, en plaisantant sur l’accent australien. Nous avons trouvé pire que les Texans. Il nous rassure, lui non plus ne pige pas tout. Avant de repartir, il nous félicite au nom d’Anzac 217. Des compliments qui nous font chaud au coeur.

[caption id="attachment_9066" align="alignleft" width="196"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/La_guerre_vue_du_ciel.png"><img class="size-medium wp-image-9066" alt="La guerre vue du ciel." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/La_guerre_vue_du_ciel-196x300.png" width="196" height="300" /></a> La guerre vue du ciel.[/caption]

<em>Extrait de :
La guerre vue du ciel
Commandant Marc Scheffler, en collaboration avec Frédéric Lert
Editions Nimrod
Juin 2013
480 pages
23 €</em>]]></description>
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		</item>
		<item>
		<title>Stratégie: Utiliser l&#8217;artillerie pour contraindre l&#8217;ennemi sans le détruire (2/2)</title>
		<link>http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-utiliser-artillerie-contraindre-ennemi-sans-detruire/</link>
		<comments>http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-utiliser-artillerie-contraindre-ennemi-sans-detruire/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 Jun 2013 08:36:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Derouetteau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Artillerie]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Tactique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1021" height="539" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter" /></p><strong>Les raisonnements stratégiques modernes amènent à penser que la destruction n'est pas toujours génératrice d'effets positifs sur le long terme. Dans cette logique, l'artillerie peut être utilisée pour contraindre plutôt que pour détruire.</strong>
<ul>
	<li><em>Suite de la première partie, publiée ici :<a href="http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-artillerie-dissuasion-plutot-que-destruction/" target="_blank"> L'artillerie pour dissuader plutôt que pour détruire (1/2)</a></em></li>
</ul>
[caption id="attachment_8867" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne.jpg"><img class="size-medium wp-image-8867" alt="L'avantage technologique assure en général un avantage qui permet de positionner et de répartir les pièces sur plusieurs niveaux de profondeur. ©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne-300x197.jpg" width="300" height="197" /></a> L'avantage technologique assure en général un avantage qui permet de positionner et de répartir les pièces sur plusieurs niveaux de profondeur. ©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter[/caption]

Contraindre l’ennemi requiert notamment de faire peser sur lui une menace de cloisonnement tout en contrant sa capacité à créer la surprise. Dans ce cadre, le rôle de l’artillerie doit être de restreindre la liberté d’action de l’adversaire en créant une menace diffuse dans la profondeur de son dispositif.

A cet effet, l’artillerie doit en premier lieu réduire la réactivité des unités de l’adversaire en influant sur l’échelonnement de son dispositif avant même l’ouverture du feu. L’objectif à atteindre est de faire reculer la réserve d’intervention ennemie en profitant au maximum de la portée des vecteurs déployés. <strong>Du fait du haut degré de perfectionnement technique nécessaire à l’efficacité des tirs de contre batterie, la supériorité technologique des interventions actuelles garantit une faible vulnérabilité face à ces menaces. </strong>Ainsi au cours de l’engagement russe en Ossétie, l’artillerie géorgienne a subi de très faibles pertes par des tirs de contrebatterie en raison des délais trop importants entre l’acquisition du renseignement et le traitement par les feux d’artillerie. Dès lors, dans un contexte de supériorité aérienne, le déploiement des pièces amies au plus près de la ligne de contact, sans s’exposer au tir direct, présente un risque très limité. Ce principe de déploiement au plus près se traduit par des délais supplémentaires pour l’intervention des renforts ennemis ainsi que des opportunités nouvelles pour générer de l’attrition sur les unités en réaction.<span id="more-8865"></span>

<strong>En outre, les moyens de l’artillerie contribuent à limiter la liberté d’action de l’ennemi par la connaissance de son dispositif.</strong> En effet, la capacité à délivrer des feux sur le deuxième échelon et au delà précédemment évoquée implique que la force dispose d’une capacité à observer dans la profondeur. De ce fait, après un premier déploiement en arrière des positions amies, <strong>un redéploiement des effecteurs au plus près de la ligne de contact sera interprété par les services de renseignement adverses comme le signe de la mise en place d’équipes infiltrées en profondeur dans son dispositif.</strong> Ceci signifie pour l’ennemi une incapacité à créer la surprise tactique, à protéger son axe d’effort ou à dissimuler certains de ses moyens à moins de redéployer plus en arrière ces unités. Un autre effet induit est l’augmentation du volume des forces consacrées à la sécurisation de la zone de déploiement, donc une consommation et une usure accrue du potentiel ennemi. Dans ce contexte, la mise en service du lance roquette unitaire constituera une plus value importante à condition de disposer des moyens et des équipes pour observer dans la profondeur.

Enfin, dans le cadre de la manœuvre défensive, la contrainte pour l’adversaire peut être créée par une plus grande dispersion des pièces d’artillerie. Cette «dilution» des pièces est rendue possible par un emploi optimisé des nouvelles capacités de mobilité et des portées accrues des effecteurs. Ces nouvelles caractéristiques des vecteurs d’artillerie permettent de conserver la capacité à concentrer des feux, donc les efforts, pour faire basculer un rapport de force local tout en rendant plus difficile la neutralisation de l’unité en appliquant le principe d’une «dispersion justement calculée» prôné par le lieutenant général Bourcet.

<strong>La déconcentration des sections de tir rend beaucoup plus incertaine la conquête de la supériorité des feux par l’adversaire ce qui affaiblit son effort artillerie</strong>. De plus, l’acquisition de cet avantage ne réduit en rien la menace qui pèse sur l’adversaire puisque le système ATLAS (Automatisation des tirs et des liaisons de l'artillerie sol-sol) et les compétences acquises en trajectographie permettent de frapper un objectif à un instant donné à partir d’effecteurs de différents types et appartenant à différentes unités. Outre la sécurité accrue des moyens amis, la dispersion des effecteurs rend les rapports de force locaux beaucoup plus difficiles à estimer. L’ubiquité de la menace crée un brouillard supplémentaire pour le commandement adverse contraint de gérer davantage d’imprévisibilité et donc d’augmenter ses réserves.

Par une prise de risque modérée dans les dispositifs d’artillerie, il est donc possible de contraindre l’adversaire par des effets immatériels ciblés sur le commandement ennemi. Outre cette gestion de l’incertitude par le risque, l’appui artillerie contribue à la prise d’ascendant non seulement par l’usure mais aussi par la manœuvre.
<h2>Accroître la liberté d'action amie</h2>
[caption id="attachment_8866" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/martha-artillerie.jpg"><img class="size-medium wp-image-8866" alt="Les moyens de l'artillerie, ici une équipe sur Martha, peuvent permettre d'augmenter la connaissance du terrain, notamment dans la troisième dimension. ©Commandement des forces terrestres." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/martha-artillerie-300x198.jpg" width="300" height="198" /></a> Les moyens de l'artillerie, ici une équipe sur Martha, peuvent permettre d'augmenter la connaissance du terrain, notamment dans la troisième dimension. ©Commandement des forces terrestres.[/caption]

Sans attendre de délivrer des feux, l’artillerie peut faciliter la conception et la conduite de la manœuvre interarmes, voire interarmées. En effet, ses systèmes de commandement numérisé et la mobilité accrue des «effecteurs» facilitent l’initiative et la saisie d’opportunités par l’ensemble de la force.

Tout d’abord, l’artillerie peut apporter une meilleure connaissance de la situation tactique dans le cadre de la protection de la force. Le déploiement d’un CMD3D5 en appui d’un poste de commandement interarmes permet à ce PC de disposer d’une situation aérienne en temps réel. Ainsi, le chef interarmes dispose d’une capacité unique à appréhender l’ensemble de ses zones de responsabilité et d’intérêt en visualisant les détections de l’ensemble des capteurs interarmées de défense aérienne. Dès lors, les forces terrestres disposent en premier lieu des délais suffisants pour diffuser les alertes aériennes, ce qui réduit d’autant les effets des raids ennemis. En second lieu, cette visualisation de l’activité aérienne facilite le travail de la cellule renseignement puisque la concentration des vecteurs aériens sur une zone ou une direction révèle l’effort adverse. La mise en œuvre d’un CMD3D permet donc une véritable lecture en trois dimensions de la manœuvre aéroterrestre adverse. Le PC interarmes dispose ainsi d’une capacité unique pour conserver ou reprendre au plus vite l‘ascendant.

L’artillerie est aussi en mesure de renforcer la liberté d’action amie en contribuant à l’autonomie de décision du chef interarmes. En effet, <strong>une structure comme le détachement de liaison d’observation et de coordination et des équipements de la chaîne MARTHA apporte de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences au sein du poste de commandement «terre» pour optimiser l’emploi de la 3e dimension.</strong>

Il en résulte tout d’abord pour le PC «terre» la possibilité de réorienter rapidement ses moyens évoluant dans la 3e dimension face à l’action ennemie, soit par délégation de gestion de l’espace aérien local, soit par les liaisons avec les organismes de contrôle aérien ainsi mises en œuvre. Par ailleurs, ces capacités améliorent la réactivité dans l’emploi des intervenants dans la troisième dimension en permettant le déclenchement de missions inopinées en réaction à la surprise ennemie, tout en préservant la sûreté des aéronefs et drones en vol dans la zone de responsabilité. Cette meilleure gestion de la 3e dimension associée à la numérisation de l’artillerie améliore la capacité à produire un effort et délivrer des feux indirects ou air-sol rapidement et sans compromettre la sécurité des unités amies.

Enfin, les futurs moyens de l’artillerie vont contribuer à faire basculer un rapport de force par la saisie d’opportunités, tant au contact qu’en profondeur du champ de bataille ou de la zone de responsabilité. En premier lieu, l’acquisition de moyens particulièrement mobiles tels que le MEPAC permet de créer une réserve d’intervention particulièrement rapide. Cette réserve de feux mobiles et protégée peut également avantageusement appuyer une manœuvre d’exploitation, tel qu’un raid, en lui apportant un outil pour compenser un rapport de force défavorable par des feux indirects. Cette capacité est également utile dans les engagements en contre rébellion par la grande réactivité et la protection des équipages face aux actions d’insurgés. D’autre part, la bascule du rapport de force pourra être atteinte par la paralysie du système de commandement. En effet, la mise en service du lance roquette unitaire offrira la possibilité de détruire un objectif jusqu’à 70 kilomètres et de percer jusqu’à 30 centimètres de béton. Dès lors, dans un contexte d’intervention, il sera possible de détruire des postes de commandement de niveau opératif pour annihiler toute capacité de coordination des actions ennemies.
<h2>Conclusion</h2>
Si l’artillerie est caractérisée par la puissance et la précision des feux, <strong>elle doit désormais adapter ses déploiements et sa manœuvre afin de créer davantage de brouillard et de friction contre le commandement adverse.</strong> La complémentarité des effets cinétiques et non cinétiques doit être une préoccupation permanente en exploitant au maximum le binôme concentration des feux et dispersion des feux pour produire une dissociation matérielle et morale. Cette transformation sera facilitée par la mise en service de nouveaux matériels et de nouvelles munitions.

Pour autant, les équipements actuels permettent d’ores et déjà d’obtenir un réel effet dissuasif et de contraindre la manœuvre ennemie par une prise de risque mesurée. La crédibilité de ces dispositifs repose cependant sur une ferme volonté politique et un effort de communication sur les capacités des équipements en dotation dès le temps de paix. Le rapprochement stratégique franco-britannique devrait d’ailleurs ouvrir de nouvelles pistes de réflexion du fait des études menées actuellement outre-manche sur des concepts tel que la munition planante.

<em>Article initialement publié dans <a href="http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine/doctrine.html" target="_blank">la revue Doctrine tactique du CDEF</a>.</em>]]></description>
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		<title>Stratégie: l&#8217;artillerie pour dissuader plutôt que pour détruire (1/2)</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Jun 2013 14:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Derouetteau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Artillerie]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Tactique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1087" height="508" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Teddy Wade / U.S. Army" /></p><strong>Dans les esprits, l'artillerie est avant tout l'arme de la destruction d'objectifs : infanterie, chars, aéronefs, fortitifations. L'évolution des approches stratégiques amène pourtant à la montée en puissance d'un autre rôle de celle-ci : dissuader l'adversaire d'entreprendre certaines manoeuvres.</strong>

[caption id="attachment_8862" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan.jpg"><img class="size-medium wp-image-8862" alt="Pour que le feu de l'artillerie soit dissuasif, l'adversaire doit être fermement convaincu qu'elle peut être mise en oeuvre. ©Teddy Wade / U.S. Army" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Pour que le feu de l'artillerie soit dissuasif, l'adversaire doit être fermement convaincu qu'elle peut être mise en oeuvre. ©Teddy Wade / U.S. Army[/caption]

A l’heure où certains mettent en concurrence les appuis sol-sol et air-sol, il est nécessaire de ne pas limiter l’emploi de l’artillerie aux seules destructions sur le champ de bataille. Cette question est d’autant plus prégnante que <strong>les engagements contemporains sont fondés sur la limitation des dommages à l’environnement</strong> en vue de préparer le processus de normalisation. Le rôle dissuasif de l’artillerie dans la prise de l’ascendant psychologique sur le commandement adverse et les populations hostiles ou indécises constitue donc une piste de réflexion essentielle pour optimiser son emploi sur les théâtres d’opérations actuels.

Il convient donc de s’interroger sur les moyens et les méthodes dont dispose l’artillerie pour <strong>influer sur la volonté de combattre de l’adversaire et influencer sa perception de la puissance amie</strong>, tout en limitant le recours aux feux classiques et les destructions.

Par définition arme des appuis par les feux indirects, l’artillerie peut accroître ses effets immatériels par une manœuvre moins conventionnelle, portant au plus loin une menace diffuse, et par une protection accrue de la force en facilitant l’utilisation de la 3e dimension par le chef interarmes.<span id="more-8859"></span>

En effet, le déploiement de certains capteurs et « effecteurs » de l’artillerie peut avoir un réel effet dissuasif pour l’adversaire. Si la confrontation ne peut toutefois pas être évitée, une mise en œuvre originale des moyens classiques et l’emploi de nouvelles capacités peuvent alors imposer des <strong>contraintes supplémentaires à l’ennemi et offrir une liberté d’action supérieure à la force</strong>.
<h2>Etre plus dissuasif</h2>
[caption id="attachment_8860" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/mortier-120mm-francais.jpg"><img class="size-medium wp-image-8860" alt="Le feu pour interdire : si l'artillerie peut détruire, alors elle peut dissuader de déployer des moyens ou de les déplacer dans certaines zones. ©Sirpa terre / Jean-Baptiste Tabone." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/mortier-120mm-francais-300x223.jpg" width="300" height="223" /></a> Le feu pour interdire : si l'artillerie peut détruire, alors elle peut dissuader de déployer des moyens ou de les déplacer dans certaines zones. ©Sirpa terre / Jean-Baptiste Tabone.[/caption]

L’artillerie est au cœur de la guerre des perceptions qui caractérise les conflits limités actuels. Dès lors, le déploiement de moyens dédiés à la protection tend à créer une « forteresse technologique », dont l’effet dissuasif vient s’ajouter à la possibilité de réaliser des manœuvres de feux à caractère préventif.

L’effet dissuasif de l’artillerie au niveau stratégique n’est pas uniquement créé par la puissance de feu déployée. En particulier, l’engagement de moyens de défense sol-air, même limités, sur un théâtre d’opérations est un <strong>signe politique fort</strong>, notamment dans le cadre des opérations d’interposition. Dans ce contexte, outre la capacité d’interception des vecteurs aériens ennemis, la mise en œuvre de centres MARTHA (Maillage des radars tactiques pour la lutte contre les hélicoptères et les aéronefs à voilure fixe) est significative par la «maîtrise» offerte de la 3e dimension dans la zone de responsabilité.

Pour autant, cette capacité est menacée par ce que le général Desportes appelle la « stratégisation » de la tactique. <strong>L’absence de délégation dans l’ouverture du feu jusqu’au plus petit niveau tactique rend inopérant ce dispositif puisque la liberté d’action des parties concernées n’est pas entravée</strong>. Ainsi, du fait de l’absence de réponse cinétique aux provocations sur le dispositif sol-air de l’opération Daman en novembre 2006, l’aviation israélienne a acquis un sentiment d’impunité qui lui permet de violer régulièrement l’espace aérien libanais. <strong>La crédibilité du déploiement tient donc à la nature des moyens et à la capacité « juridique » à répondre avec force</strong>, sans forcément détruire le vecteur, à d’éventuelles manœuvres d’intimidation.

Face aux attaques indirectes, la force de dissuasion peut également se décliner au niveau tactique par la réalisation de forteresses grâce aux capteurs et « effecteurs » de l’artillerie. En premier lieu, cet effet repose sur l’inutilité des attaques indirectes par la construction de « remparts technologiques » grâce au déploiement des moyens CRAM (système d'alerte et d'interception de roquettes et tirs mortiers) tels que le PHALANX américain.

Le concept de forteresse trouve une nouvelle pertinence en abandonnant le caractère passif du « rempart traditionnel » exposé dans « Artillerie et fortification » au profit d’une logique d’action pour affaiblir la volonté ennemie d’attaquer. En second lieu, il s’agit de disposer d’une capacité d’agression sur les « effecteurs » adverse grâce à une supériorité technologique. A cette fin, le déploiement de radar COBRA constitue un message sans équivoque adressé à l’adversaire qui sera donc moins enclin à risquer ces « effecteurs » de premier rang dans les zones couvertes par ce radar. Il en résultera l’utilisation de lanceurs plus rudimentaires et donc moins efficaces. Dès lors, ces attaques auront un poids médiatique insuffisant pour être exploité par des mouvements de rébellion. Cette réponse technologique affectera également le moral des combattants adverses par la disproportion entre les risques assumés et les résultats minimes obtenus.

Par ailleurs, <strong>l’artillerie peut dissuader l’ennemi d’engager certaines forces par des manœuvres de feux destinées à frapper plutôt la tête que le corps de la troupe.</strong> Dans ce procédé à caractère plus offensif, l’objectif recherché est d’annihiler toute velléité de l’adversaire de renforcer une unité sur le point d’être engagée par une force terrestre. Ceci suppose de démontrer à l’ennemi que la force amie dispose d’une capacité à frapper les avenues d’approche qu’emprunteraient les renforts  : l’attrition portée sur ces unités les rendrait alors incapables de faire basculer le rapport de force local. Si les obus explosifs peuvent être utilisés pour ces tirs « préventifs », les munitions fumigènes et éclairantes seront à privilégier pour agir sur la psychologie de cet adversaire tout en préservant une population dont il faut « gagner les cœurs ». De plus, cet effet dissuasif s’étend au-delà de la seule zone battue par les feux car <strong>la réalisation des tirs révèle également la présence d’un dispositif d’observation dont l’ennemi ne pourra pas estimer les capacités exactes.</strong> Si ce procédé n’engendre pas d’attrition chez l’adversaire, il permet de concilier l’objectif d’isoler une zone de terrain ou un adversaire sans causer de destruction, dans une logique de dislocation de l’ennemi plutôt que d’annihilation.

L’artillerie dispose donc d’une réelle capacité à dissuader l’adversaire en actualisant le concept de fortification autours de la complémentarité entre protection et agression. Pour autant, ces capacités techniques atteignent leur pleine efficacité à condition d’être illustrées par une communication opérationnelle atteignant vers le commandement et la troupe adverses.

<a href="http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-utiliser-artillerie-contraindre-ennemi-sans-detruire/" target="_blank"><em>La seconde partie en cliquant ici.</em></a>

<em>Cet article a été initialement publié dans la revue <a href="http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine/doctrine.html" target="_blank">Doctrine tactique</a> du CDEF.</em>]]></description>
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		<title>Une partie de l&#8217;armée néerlandaise passe sous tutelle allemande</title>
		<link>http://www.actudefense.com/21eme-brigade-aeromobile-unite-neerlandaise-allemande/</link>
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		<pubDate>Tue, 11 Jun 2013 06:15:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
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		<category><![CDATA[allemagne]]></category>
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		<description><![CDATA[<p><img width="992" height="493" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/front-militaires-hollandais.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©ISAF" /></p><div>

<strong>La 21ème brigade aéromobile néerlandaise va être directement intégrée à une unité binationale. Une perte d'autonomie conséquente pour les Pays-Bas qui créent ainsi un précédent historique en Europe.</strong>

[caption id="attachment_8962" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/militaires-hollandais.jpg"><img class="size-medium wp-image-8962" alt="Une patrouille de militaires néerlandais en Afghanistan en juin 2007.  ©ISAF" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/militaires-hollandais-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Une patrouille de militaires néerlandais en Afghanistan en juin 2007. ©ISAF[/caption]

Au cours d’un discours à Berlin, le 28 mai dernier, la ministre néerlandaise à la Défense s’est montrée parfaitement claire : «<em>la coopération militaire n’est plus un choix, c’est une nécessité !</em>». Jeanine Hennis-Plasschaert annonçait alors un événement historique pour son pays : <strong>toute une partie de son armée va être directement fusionnée avec celle de l’Allemagne.</strong>

<a href="http://www.defensie.nl/english/latest/news/2013/05/28/48206146/Extensive_cooperation_between_German_and_Dutch_armed_forces" target="_blank">Ce partenariat</a>, parfaitement inédit en Europe, va mixer au sein d’unités communes plusieurs pans de la défense des deux pays. <strong>La 21e brigade aéromobile néerlandaise, soit quelque 4 500 hommes, vont ainsi rejoindre à partir de 2014 une division binationale aux côtés de la Division de réaction rapide allemande (DSK).</strong> Les Pays-Bas fournissent ainsi leur contingent le plus opérationnel, accompagné de ses hélicoptères, tandis que les Allemands gardent d’autres unités capables de se déployer en toute autonomie.

Militaires allemands et néerlandais doivent de plus collectiviser leurs formations et certains choix d’équipements. Des experts militaires seront échangés entre Berlin et Amsterdam. Enfin, par la suite,<strong> d’autres unités devraient être mixées, comme la défense anti-aérienne ou la défense anti-missile ainsi que les forces sous-marines néerlandaises.<span id="more-8961"></span></strong>
<h2><strong>Rupture stratégique et perte de souveraineté</strong></h2>
«<em>C’est une vraie rupture</em>, analyse Etienne de Durand, directeur de recherche à l’Institut français des relations internationales (IFRI). <strong><em>Les Néerlandais ont toujours été très atlantistes et donc interventionnistes, alors que les Allemands sont politiquement plus réservés à l'égard des interventions.</em>»</strong> C’est effectivement une «<em>mauvaise nouvelle pour les Américains</em>», confirme Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine <a href="http://www.dsi-presse.com/?p=5922" target="_blank"><em>Défense et Sécurité internationale</em></a>.

Les instances de commandement de cette nouvelle division seront en effet basées en Allemagne. Les Néerlandais risquent de voir leurs choix politiques dans les domaines stratégiques soumis à la nécessité d’un aval allemand. «<em>Il est facile de bien s’entendre tant qu’on ne va pas sur le terrain</em>», remarque Joseph Henrotin. Ce fin observateur des armées à travers le monde remarque ainsi que les forces néerlandaises ont souvent été un vrai appui pour les Américains, au cours de leurs différentes interventions de l’Irak à l’Afghanistan. A l’inverse, les Allemands ont toujours fait en sorte de ne pas exposer leurs propres forces.

Cette division, dont l’objectif annoncé est de pouvoir secourir des ressortissants néerlandais et allemands n’importe où dans le monde, sera donc soumise à la décision politique des deux pays. Ce sont les fondements de la puissance néerlandaise qui risquent, à terme, d’être fondus dans la stratégie allemande. Dans le cas des sous-marins, <strong>«<em>ces bâtiments ont par exemple été très utiles pour recueillir du renseignement au large de l’Iran ou pour lutter contre la piraterie en surveillant les ports du Golfe d’Aden</em>»</strong>, explique Joseph Henrotin. Autant de missions pour lesquelles les forces néerlandaises perdent leur autonomie de décision.
<h2><strong>Pas forcément positif pour l’Europe de la Défense</strong></h2>
Pour Jeanine Hennis-Plasschaert, ces inquiétudes sont sans fondement. «<em>Devons-nous vraiment craindre une perte de souveraineté ?</em>», interroge-elle dans son discours de Berlin. «<em>Ou ne devrions-nous pas plutôt redéfinir ce concept ?</em>» Si la ministre néerlandaise voit dans cette réforme une manière différente de défendre l’Europe, beaucoup s’inquiètent surtout de voir ici un effet pervers des réductions budgétaires.

«<em>Cela ne traduit aucun plan</em>, remarque ainsi Etienne de Durand. <em>Personne n’est d’accord sur l'emploi de la force dans la gestion des crises internationales ou même sur les priorités stratégiques communes.</em>» «<em>C’est dans l’ère du temps, tout le monde réduit ses budgets de défense</em>», constate également Joseph Henrotin. Pour ce dernier, d’autres pays pourraient suivre le mouvement. Reste à savoir à quelle logique stratégique et culturelle ils pourraient vouloir se rattacher. Tandis que les pays les plus à l’est s’inquiètent du réarmement russe, les Allemands défendent l’idée d’une sanctuarisation et d’un repli sur soi stratégique. Là-dedans, <strong>Français et Britanniques pourraient se retrouver bien seuls à tâcher tant bien que mal de défendre des capacités de projection.</strong>

<a href="http://www.rfi.fr/europe/20130607-armee-neerlandaise-passe-sous-tutelle-allemande" target="_blank"><em>Un article initialement publié sur RFI.fr</em></a>

</div>]]></description>
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		<title>L&#8217;armée israélienne «live-tweet» la guerre des Six jours</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Jun 2013 05:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Rassaert</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Twitter]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;armée israélienne continue ses expérimentations sur les réseaux sociaux. Cette fois-ci, c&#8217;est un exercice de mémoire qu&#8217;elle propose en « live-twettant » la guerre des Six jours. La commémoration des conflits sur les réseaux sociaux a-t-elle le vent en poupe ? Quelques semaines après avoir replongé dans le quotidien du poilu Léon Vivien sur Facebook ou [...]]]></description>
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		<title>Habillement: l&#8217;armée n&#8217;externalisera pas mais devra faire des économies</title>
		<link>http://www.actudefense.com/fonction-habillement-roo-externalisation-economies/</link>
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		<pubDate>Wed, 05 Jun 2013 10:09:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[externalisation]]></category>
		<category><![CDATA[habillement]]></category>
		<category><![CDATA[logistique]]></category>
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		<category><![CDATA[soutien]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="150" height="138" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/01/gravatar-roman-Copie1.png" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="gravatar-roman - Copie" /></p><strong>La fonction habillement des armées restera en interne. Il faudra pourtant certainement réduire effectifs et lieux de stockages pour assurer une économie de quelques 50 millions d'euros par an.</strong>

Après des mois de réflexion, le ministre de la Défense et la Dicod ont finalement annoncé que <strong>la fonction habillement des armées ne serait pas externalisée</strong>. Cette piste, un temps étudiée, suscitait des craintes au sein des syndicats et des entreprises du secteur. C'est finalement une logique de Régie rationalisée optimisée (ROO) qui sera mise en oeuvre.

Cette solution permet de maintenir la fonction habillement au sein des armées. Elle doit assurer aux militaires une réponse de qualité réactive en cas de besoins opérationnels. La ROO assure enfin au tissu d'entreprises impliquées dans la production de l'habillement de maintenir son activité dans un contexte économique précaire.

Elle doit surtout permettre, et c'était tout l'enjeu de cette réflexion, de réaliser des économies. <strong>Le ministère espère réduire de 50 millions d'euros par an les dépenses dans ce domaine.</strong> Des économies qui passeront certainement pas une réorganisation intégrale des services. Déjà, dans certaines unités, plusieurs fonctions avaient été rationalisées. Dans les mois qui viennent,<strong> le secrétariat général aux armées (SGA) devra mettre en oeuvre cette réforme qui devrait impliquer une réduction des effectifs et des centres de stockages.</strong>]]></description>
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		<title>Les premiers F-35 sur les tarmacs américains fin 2015</title>
		<link>http://www.actudefense.com/les-premiers-f-35-sur-les-tarmacs-americains-fin-2015/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Jun 2013 09:11:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Air Force]]></category>
		<category><![CDATA[f-35]]></category>
		<category><![CDATA[Lockheed Martin]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1015" height="465" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/pilote-essai-f-35a-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©US Air Force / Samuel King" /></p><strong>Les F-35 arrivent dans les unités. Des dates opérationnelles ont été annoncées ces derniers jours pour les différentes armées, s'échelonnant de 2015 pour les marines à 2019 pour la Navy.</strong>

[caption id="attachment_8847" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/pilote-essai-f-35a.jpg"><img class="size-medium wp-image-8847" alt="Mars 2012 : un pilote de l'Air force embarque dans un F-35A pour une sortie d'essai. ©Air force / Samuel King" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/pilote-essai-f-35a-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Mars 2012 : un pilote de l'Air force embarque dans un F-35A pour une sortie d'essai. ©Air force / Samuel King[/caption]

Le F-35, l'avion de combat américain de <a href="http://www.actudefense.com/chasseurs-cinquieme-generation-ambitions-asie-pierre-marie-meunier/" target="_blank">cinquième génération</a>, doit être opérationnel en <strong>décembre 2015</strong>. L'annonce de dates opérationnelles initiales (Initial operating capacity / IOC) a été faite au Congrès vendredi, avant d'être confirmées dans la foulée par le Département de la Défense et les différents Etats-majors. <strong>Le corps des marines sera le premier a recevoir ses appareils, suivi de l'Air force en décembre 2016 et de la Navy en février 2019.</strong>

Ce premier escadron opérationnel consiste en une dizaine d'appareils (douze pour l'Air force) qui <strong>doit permettre de déployer les moyens nécessaires à l'accomplissement des missions désignées selon les armées</strong>. En décembre 2015, ce sont donc non seulement les différentes phases de test qui devront être terminées pour les marines, mais aussi la formation et la préparation des pilotes. Potentiellement, Washington doit pouvoir à partir de cette date avoir la possibilité d'envoyer les F-35 marines en opération.

Les différences de délais sont expliquées par l'avancement différent des versions destinées aux différentes armées. Equipements de bord et électronique embarquée n'en sont pas au même stade de finalisation pour la version F-35B, destinée aux marines et aux aviateurs, ou de la version F-35C, destinée à la marine. A terme, ce sont <strong>2 443 avions</strong> qui doivent être livrés aux Etats-Unis, dont 1 763 dans la version F-35A destinée à un usage polyvalent au sein de l'Air force.<span id="more-8845"></span>

Le tout sans compter les éventuelles exportations sur lesquelles compte l'industriel Lockeed Martin, maître d'oeuvre. La Grande-Bretagne, l'Italie, l'Australie, la Turquie, le Japon ou encore la Norvège ont commandé des F-35 pour remplacer leurs appareils. D'autres l'envisagent, comme la Corée du Sud, qui doit se prononcer au cours de l'été, ainsi que le Danemark qui doit se prononcer courant 2015. Israël étudierait également la possibilité de se porter acquéreur de cet appareil.

La semaine passée, le F-35, qui a souffert de plusieurs rebondissements industriels et budgétaires, s'est vu en une de la presse américaine de nouveau. Cette fois-ci dans une affaire de piratage : certains plans de l'appareil auraient été volé au cours d'une attaque informatique dont Washington soupçonne que l'auteur soit le gouvernement chinois. Une agression similaire avait déjà visé le F-35 en 2009.

Le coût total du programme, qui devrait dépasser à terme les <a href="http://www.meretmarine.com/fr/content/bataille-de-chiffres-autour-du-cout-du-programme-f-35" target="_blank">1500 milliards de dollars</a> en font l'appareil le plus cher de l'histoire de l'aéronautique.]]></description>
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		<title>Le sergent américain auteur de la tuerie de seize Afghans en 2012 plaide coupable</title>
		<link>http://www.actudefense.com/sergent-robert-bales-tuerie-afghanistan-coupable/</link>
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		<pubDate>Fri, 31 May 2013 15:13:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Rassaert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Bales]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1122" height="516" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/soldat-patrouille-afghanistan-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©US Marine corps / Lance Cpl. Ammon W. Carter" /></p><strong>Pour échapper à la peine de mort, le sergent Robert Bales plaide coupable. Il assume ainsi avoir tué seize Afghans, même s'il continue d'affirmer ne pas avoir de souvenirs.</strong>

[caption id="attachment_8831" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/Robert_Bales.jpg"><img class="size-medium wp-image-8831" alt="Le sergent Robert Bales, en août 2011. ©US Army / Specialist Ryan Hallock" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/Robert_Bales-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a> Le sergent Robert Bales, en août 2011. ©US Army / Specialist Ryan Hallock[/caption]

«<em> Il est prêt à assumer ses actes</em> », l’avocat du soldat américain Robert Bales se montre clair. Son client a accepté de plaider coupable des accusations qui lui sont reprochées.

<strong><a href="http://torredibabel.com/2012/03/13/nouveau-drame-en-afghanistan/" target="_blank">Le 11 mars 2012</a></strong>, le sergent américain Robert Bales quitte la base militaire américaine localisée dans le sud du pays (province de Kandahar) et assassine seize villageois dont neuf enfants d’une balle dans la tête. Il aurait ensuite mis le feu à certains cadavres, mais ce n’est pas tout. A ces assassinats, s’ajoutent six autres tentatives de meurtre ainsi que sept agressions.

Encore aujourd’hui, on ne connaît pas les raisons qui ont poussé le sous-officier à passer à l’acte. Depuis 2010, il souffre d’amnésie passagère post-traumatique après un accident de la route.<span id="more-8830"></span>

« <em>Il se souvient du début de la soirée , mais il ne se souvient pas de ce qui s’est passé entre les deux</em> », explique John Browne, avocat du sergent Bales.

Pendant longtemps, la famille du militaire défendait son innocence le présentant comme « <em>courageux et honorable </em>». En reconnaissant les faits, le sergent Bales pourrait éviter la peine de mort. Une sentence pourtant attendue par les familles des victimes. Si sa défense parvient à convaincre les jurés, le sergent pourrait écoper de la prison à vie.]]></description>
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		<title>Le Drian, maître en communication et chouchou des journalistes</title>
		<link>http://www.actudefense.com/jean-yves-le-drian-communication-journalistes/</link>
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		<pubDate>Thu, 30 May 2013 13:36:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Drian]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1039" height="533" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/jean-yves-le-drian-communication-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©DR" /></p><strong>Le ministre de la Défense est considéré par les journalistes comme le meilleur communicant politique. Dans une enquête publiée ce jeudi, son sérieux et sa capacité à convaincre sont salués par la profession.</strong>

[caption id="attachment_8822" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/jean-yves-le-drian-communication.jpg"><img class="size-medium wp-image-8822" alt="Le ministre de la Défense est désigné comme le meilleur communicant en ce qui concerne le fond. ©DR" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/jean-yves-le-drian-communication-300x253.jpg" width="300" height="253" /></a> Le ministre de la Défense est désigné comme le meilleur communicant en ce qui concerne le fond. ©DR[/caption]

Sur le fond, il est classé numéro 1. Jean-Yves Le Drian arrive en tête du palmarès des ministres communicants, selon un groupe de 40 journalistes. <strong>Le ministre de la Défense arrive ainsi en première position pour ce qui est du fond et en troisième pour ce qui est de la forme.</strong> Cela fait de lui le deuxième ministre le plus appliqué en termes de communication, juste devant Manuel Valls.

Dans <a href="http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/vaesolis-com-politique-mai2013.pdf" target="_blank">cette étude</a>, réalisée par le cabinet de conseil en stratégie d'information Vae Solis, Jean-Yves Le Drian est décrit comme «<strong> <em>la révélation</em></strong> ». Méconnu il y a peu, il s'est imposé grâce à un discours efficace. « <em>Le ministre de la Défense et sa séquence guerre au Mali qui a convaincu</em> » font du <a href="http://www.actudefense.com/jean-yves-le-drian-patron-chef-guerre-ministere-lasserre-oberle/" target="_blank">patron de l'Hôtel de Brienne</a> « <em>la bonne surprise du gouvernement</em> ».

Alors que la communication de François Hollande et de son gouvernement sont régulièrement critiqués, Jean-Yves Le Drian parvient à faire ses preuves. « <strong><em>Il occupe bien son terrain de jeu avec son air de ministre américain</em> </strong>», remarque un journaliste amusé. Le document souligne que la «<em> forme sérieuse</em> » et «<em> l'attitude humaine</em> » ont convaincu le panel de journaliste.<span id="more-8821"></span>

Le ministre a été épaulé dans ce travail par un conseiller communication tout droit venu de l'agence Euro RSCG. Sacha Mandel, qui avait déjà accompagné Jean-Yves Le Drian au cours de la campagne socialiste pour la présidence, a participé au pilotage des dossiers clefs. Départ d'Afghanistan, entrée en guerre au Mali puis lancement du <a href="http://www.actudefense.com/jean-yves-le-drian-livre-blanc-bruxelles-londres-washington/" target="_blank">Livre blanc</a> : il a fallut convaincre à la fois l'opinion publique et les militaires eux-mêmes.

A noter également que Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, s'en sort bien. Il arrive dixième du classement. Parmi les anciens ministres de la Défense, Alain Juppé continue de s'assurer d'une belle image professionnelle : il est septième. <strong>Hervé Morin, à l'inverse, termine bon dernier du classement</strong> et se voit gratifier d'un commentaire acide : « <em>aussi médiocre communicant qu'il n'a été mauvais ministre</em> ».

Le cabinet Vae Solis a réalisé cette enquête en réalisant des entretiens avec quarante journalistes, éditorialistes ou chefs de services issus des différentes composantes des médias : agences de presse, quotidiens nationaux et régionaux, hebdomadaires, télévision, radio et Internet.]]></description>
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		<title>Jean-Yves Le Drian, patron et chef de guerre de son ministère</title>
		<link>http://www.actudefense.com/jean-yves-le-drian-patron-chef-guerre-ministere-lasserre-oberle/</link>
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		<pubDate>Sun, 26 May 2013 09:27:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Drian]]></category>
		<category><![CDATA[ministère de la défense]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1019" height="525" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/jean-yves-le-drian-mali-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©EMA / ECPAD" /></p><strong>Au ministère de la Défense, Jean-Yves Le Drian et son équipe se sont imposés comme les seuls maîtres à bord. Quitte à vassaliser des officiers généraux pas toujours convaincus par leur perte de contrôle à la tête de l'outil militaire. Un bras de fer qui a ses conséquences jusque dans la gestion du conflit malien.</strong>

[caption id="attachment_8795" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/le-drian-hollande-brest-2012.jpg"><img class="size-medium wp-image-8795" alt="Jean-Yves Le Drian et François Hollande, deux amis de 30 ans en campagne à Brest en 2012. ©Jean-Marie Grall" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/le-drian-hollande-brest-2012-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a> Jean-Yves Le Drian et François Hollande, deux amis de 30 ans en campagne à Brest en 2012. ©Jean-Marie Grall[/caption]

Lorsqu’il arrive à l’hôtel de Brienne, Jean-Yves Le Drian veut imposer un « rééquilibrage » des pouvoirs entre les acteurs de la Défense. À l’époque de Nicolas Sarkozy, le chef d’état-major des armées françaises bénéficiait d’un lien direct avec l’Élysée. <strong>À l’exception d’Alain Juppé, qui n’y resta que trois mois, les ministres qui défilèrent rue Saint-Dominique furent généralement des locataires effacés, soumis ou pas toujours très au fait de la matière qu’ils avaient à traiter.</strong> Parfois placés à l’hôtel de Brienne pour des raisons de politique intérieure, aucun d’eux n’a jamais forcé l’admiration des chefs militaires. Leur rôle à l’hôtel de Brienne s’est souvent limité à celui d’exécutants.

Jean-Yves Le Drian, un « ami de trente ans » de François Hollande, a rompu avec cette tradition. <strong>En quelques mois, il s’est imposé comme le véritable patron</strong> de la Défense. Un patron qui estime n’avoir de comptes à rendre qu’au chef de l’État. Dès son arrivée rue Saint-Dominique, il opère ce que certains militaires qualifient volontiers en privé de « mini-putsch », en <strong>déployant son autorité sur les renseignements extérieurs, les décisions industrielles et les grands subordonnés, en diminuant certaines des prérogatives militaires</strong>. Au passage, les ailes du CEMA, le chef d’état- major des armées françaises, affaibli depuis le début de la guerre au Mali, sont rognées.

La modification des équilibres implique de gros changements dans la conduite de la guerre au quotidien. <strong>Pendant le conflit en Libye, tout se décidait à l’Élysée</strong>. La chaîne militaire avait, <i>via </i>l’état- major des armées (EMA) et l’état- major particulier du président (EMP), le monopole de la relation avec le chef de l’État. Le ministre de la Défense était en quelque sorte mis entre parenthèses, l’hôtel de Brienne réduit au rôle de caisse d’enregistrement. Autres temps, autres mœurs. Dans les conseils restreints de la présidence de la République, François Hollande a imposé au premier plan son ami Jean-Yves Le Drian, partenaire désormais obligatoire pour le CEMA et l’EMP.<span id="more-8793"></span>
<h2>Le conseil de guerre</h2>
[caption id="attachment_8796" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/jean-yves-le-drian-mali.jpg"><img class="size-medium wp-image-8796" alt="Jean-Yves Le Drian au cours d'une visite sur le théâtre d'opération malien début mars 2013. ©EMA / ECPAD" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/jean-yves-le-drian-mali-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a> Jean-Yves Le Drian au cours d'une visite sur le théâtre d'opération malien début mars 2013. ©EMA / ECPAD[/caption]

Depuis le début de l’intervention au Mali, des conseils de défense sont organisés trois puis une fois par jour dans la « <i>war room </i>» du ministère. Dans cette sorte d’antichambre des conseils restreints de l’Élysée installée rue Saint-Dominique, on prépare les propositions qui seront faites par Jean-Yves Le Drian à François Hollande. Autour de la grande table ovale, les principaux acteurs de la guerre sont conviés. Les représentants du cabinet : le très influent directeur Cédric Lewandowski, le sherpa du ministre Jean-Claude Mallet, le conseiller diplomatique Nicolas Roche, le grand manitou de la communication Sacha Mandel, le chef de cabinet militaire le général Antoine Noguier, pour les principaux.

Les chefs militaires : le général Didier Castres, chef des opérations à l’état- major, le général Christophe Gomart, patron des forces spéciales (COS), le directeur des services de renseignements extérieurs (DGSE) Érard Corbin de Mangoux, qui a été remplacé le 10 avril par Bernard Bajolet, celui des renseignements militaires (DRM) le général Didier Bolelli et celui de l’ancienne sécurité militaire (DPSD) le général Jean- Pierre Bosser.

Enfin, le conseil accueille aussi un représentant du ministre des Affaires étrangères, en l’occurrence son directeur de cabinet adjoint. Depuis le 11 janvier, ces conseils se déroulent toujours de la même manière : le directeur de cabinet préside et donne successivement la parole au patron de la DRM, puis à celui de la DGSE, au général Castres, puis au sherpa Jean- Claude Mallet… Et ainsi de suite. Les sujets évoqués le sont toujours dans le même ordre : renseignements, opérations, international, institutionnel, Bamako, communication. « <em>Nous avons imposé un mode de communication transversal en plaçant les chefs du renseignement et ceux des opérations autour d’une même table</em> », se félicitent les stratèges en communication de la Défense.

<strong>La nouvelle organisation est « très politique »</strong>, avoue- t-on rue Saint- Dominique. Dans les états-majors, cette « reprise en main » un peu violente a fait grincer des dents. <strong>Le patron de la DGSE, dont les locaux se trouvent boulevard Mortier, dans le 19e arrondissement, aurait moyennement apprécié de devoir traverser tout Paris trois fois par jour pour se rendre rue Saint-Dominique, dans le 7e</strong>, en pleine période de crise qui exige de lui une présence quasi permanente à la « Piscine », le surnom des renseignements extérieurs. Au-delà de l’anecdote, les tensions concernent aussi le fond : « <em>Que pour la première fois, l’hôtel de Brienne abrite un vrai ministre, tant mieux. Mais <strong>les politiques en font trop. Ils veulent récupérer tout le pouvoir.</strong> C’est comme s’ils ne pouvaient plus s’arrêter ! Les militaires ne veulent pas être relégués en seconde division. Après tout, <strong>qui fait la guerre sur le terrain au Mali ? Les ronds-de-cuir du ministère de la Défense ou les militaires ?</strong></em> » fulmine un officier général en colère.
<h2>« Il y a à l'Elysée une volonté de ne pas mettre en avant les chefs militaires »</h2>
Plutôt satisfaits de se retrouver entre eux sur le théâtre malien, les militaires ont parfois eu l’impression, à Paris, d’être dépossédés de la guerre.

Et ce, à un moment où la rigueur budgétaire frappe durement les armées françaises, qui voient fondre l’outil de défense de la France comme neige au soleil depuis plusieurs années. Pas étonnant, dans ces conditions, que l’omniprésence médiatique du ministre de la Défense et des hommes-clés de son entourage, y compris dans la conduite des opérations, produise des frustrations. « <em>Il fallait peut-être un certain rééquilibrage avec le ministère. Mais là, franchement, <strong>le balancier est reparti trop loin dans l’autre sens</strong></em>, commente un officier général. <em>Il y a visiblement à l’Élysée une volonté de ne pas mettre en avant les chefs militaires</em> », regrette-t-il.

Rue Saint-Dominique, l’entourage du ministre se défend des « attaques » lancées par les militaires. « <em>Personne ne s’est jamais pris pour un chef de guerre à l’hôtel de Brienne. Mais la défense est un très grand corps social qui ne peut être efficacement géré que grâce à une approche transversale</em> », justifie un haut responsable du ministère. Force est de constater que la nouvelle organisation n’a pas nui au bon déroulement des opérations.

[caption id="attachment_8791" align="alignleft" width="189"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/notre-guerre-secrete-au-mali.jpg"><img class=" wp-image-8791 " alt="Notre guerre secrète au Mali." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/notre-guerre-secrete-au-mali.jpg" width="189" height="300" /></a> Notre guerre secrète au Mali.[/caption]

<em>Extrait de :</em>
<em> Notre guerre secrète au Mali</em>
<em> Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé</em>
<em> Editions Fayard</em>
<em> Mai 2013</em>
<em> 17 € </em>]]></description>
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