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	<title>ActuDéfense &#187; Défense Monde</title>
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	<description>Défense, diplomatie, sécurité</description>
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		<title>Stratégie: Utiliser l&#8217;artillerie pour contraindre l&#8217;ennemi sans le détruire (2/2)</title>
		<link>http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-utiliser-artillerie-contraindre-ennemi-sans-detruire/</link>
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		<pubDate>Fri, 14 Jun 2013 08:36:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Derouetteau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense France]]></category>
		<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Artillerie]]></category>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1021" height="539" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter" /></p><strong>Les raisonnements stratégiques modernes amènent à penser que la destruction n'est pas toujours génératrice d'effets positifs sur le long terme. Dans cette logique, l'artillerie peut être utilisée pour contraindre plutôt que pour détruire.</strong>
<ul>
	<li><em>Suite de la première partie, publiée ici :<a href="http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-artillerie-dissuasion-plutot-que-destruction/" target="_blank"> L'artillerie pour dissuader plutôt que pour détruire (1/2)</a></em></li>
</ul>
[caption id="attachment_8867" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne.jpg"><img class="size-medium wp-image-8867" alt="L'avantage technologique assure en général un avantage qui permet de positionner et de répartir les pièces sur plusieurs niveaux de profondeur. ©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/artillerie-nocturne-300x197.jpg" width="300" height="197" /></a> L'avantage technologique assure en général un avantage qui permet de positionner et de répartir les pièces sur plusieurs niveaux de profondeur. ©Marine corps / Cpl. Ryan Carpenter[/caption]

Contraindre l’ennemi requiert notamment de faire peser sur lui une menace de cloisonnement tout en contrant sa capacité à créer la surprise. Dans ce cadre, le rôle de l’artillerie doit être de restreindre la liberté d’action de l’adversaire en créant une menace diffuse dans la profondeur de son dispositif.

A cet effet, l’artillerie doit en premier lieu réduire la réactivité des unités de l’adversaire en influant sur l’échelonnement de son dispositif avant même l’ouverture du feu. L’objectif à atteindre est de faire reculer la réserve d’intervention ennemie en profitant au maximum de la portée des vecteurs déployés. <strong>Du fait du haut degré de perfectionnement technique nécessaire à l’efficacité des tirs de contre batterie, la supériorité technologique des interventions actuelles garantit une faible vulnérabilité face à ces menaces. </strong>Ainsi au cours de l’engagement russe en Ossétie, l’artillerie géorgienne a subi de très faibles pertes par des tirs de contrebatterie en raison des délais trop importants entre l’acquisition du renseignement et le traitement par les feux d’artillerie. Dès lors, dans un contexte de supériorité aérienne, le déploiement des pièces amies au plus près de la ligne de contact, sans s’exposer au tir direct, présente un risque très limité. Ce principe de déploiement au plus près se traduit par des délais supplémentaires pour l’intervention des renforts ennemis ainsi que des opportunités nouvelles pour générer de l’attrition sur les unités en réaction.<span id="more-8865"></span>

<strong>En outre, les moyens de l’artillerie contribuent à limiter la liberté d’action de l’ennemi par la connaissance de son dispositif.</strong> En effet, la capacité à délivrer des feux sur le deuxième échelon et au delà précédemment évoquée implique que la force dispose d’une capacité à observer dans la profondeur. De ce fait, après un premier déploiement en arrière des positions amies, <strong>un redéploiement des effecteurs au plus près de la ligne de contact sera interprété par les services de renseignement adverses comme le signe de la mise en place d’équipes infiltrées en profondeur dans son dispositif.</strong> Ceci signifie pour l’ennemi une incapacité à créer la surprise tactique, à protéger son axe d’effort ou à dissimuler certains de ses moyens à moins de redéployer plus en arrière ces unités. Un autre effet induit est l’augmentation du volume des forces consacrées à la sécurisation de la zone de déploiement, donc une consommation et une usure accrue du potentiel ennemi. Dans ce contexte, la mise en service du lance roquette unitaire constituera une plus value importante à condition de disposer des moyens et des équipes pour observer dans la profondeur.

Enfin, dans le cadre de la manœuvre défensive, la contrainte pour l’adversaire peut être créée par une plus grande dispersion des pièces d’artillerie. Cette «dilution» des pièces est rendue possible par un emploi optimisé des nouvelles capacités de mobilité et des portées accrues des effecteurs. Ces nouvelles caractéristiques des vecteurs d’artillerie permettent de conserver la capacité à concentrer des feux, donc les efforts, pour faire basculer un rapport de force local tout en rendant plus difficile la neutralisation de l’unité en appliquant le principe d’une «dispersion justement calculée» prôné par le lieutenant général Bourcet.

<strong>La déconcentration des sections de tir rend beaucoup plus incertaine la conquête de la supériorité des feux par l’adversaire ce qui affaiblit son effort artillerie</strong>. De plus, l’acquisition de cet avantage ne réduit en rien la menace qui pèse sur l’adversaire puisque le système ATLAS (Automatisation des tirs et des liaisons de l'artillerie sol-sol) et les compétences acquises en trajectographie permettent de frapper un objectif à un instant donné à partir d’effecteurs de différents types et appartenant à différentes unités. Outre la sécurité accrue des moyens amis, la dispersion des effecteurs rend les rapports de force locaux beaucoup plus difficiles à estimer. L’ubiquité de la menace crée un brouillard supplémentaire pour le commandement adverse contraint de gérer davantage d’imprévisibilité et donc d’augmenter ses réserves.

Par une prise de risque modérée dans les dispositifs d’artillerie, il est donc possible de contraindre l’adversaire par des effets immatériels ciblés sur le commandement ennemi. Outre cette gestion de l’incertitude par le risque, l’appui artillerie contribue à la prise d’ascendant non seulement par l’usure mais aussi par la manœuvre.
<h2>Accroître la liberté d'action amie</h2>
[caption id="attachment_8866" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/martha-artillerie.jpg"><img class="size-medium wp-image-8866" alt="Les moyens de l'artillerie, ici une équipe sur Martha, peuvent permettre d'augmenter la connaissance du terrain, notamment dans la troisième dimension. ©Commandement des forces terrestres." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/martha-artillerie-300x198.jpg" width="300" height="198" /></a> Les moyens de l'artillerie, ici une équipe sur Martha, peuvent permettre d'augmenter la connaissance du terrain, notamment dans la troisième dimension. ©Commandement des forces terrestres.[/caption]

Sans attendre de délivrer des feux, l’artillerie peut faciliter la conception et la conduite de la manœuvre interarmes, voire interarmées. En effet, ses systèmes de commandement numérisé et la mobilité accrue des «effecteurs» facilitent l’initiative et la saisie d’opportunités par l’ensemble de la force.

Tout d’abord, l’artillerie peut apporter une meilleure connaissance de la situation tactique dans le cadre de la protection de la force. Le déploiement d’un CMD3D5 en appui d’un poste de commandement interarmes permet à ce PC de disposer d’une situation aérienne en temps réel. Ainsi, le chef interarmes dispose d’une capacité unique à appréhender l’ensemble de ses zones de responsabilité et d’intérêt en visualisant les détections de l’ensemble des capteurs interarmées de défense aérienne. Dès lors, les forces terrestres disposent en premier lieu des délais suffisants pour diffuser les alertes aériennes, ce qui réduit d’autant les effets des raids ennemis. En second lieu, cette visualisation de l’activité aérienne facilite le travail de la cellule renseignement puisque la concentration des vecteurs aériens sur une zone ou une direction révèle l’effort adverse. La mise en œuvre d’un CMD3D permet donc une véritable lecture en trois dimensions de la manœuvre aéroterrestre adverse. Le PC interarmes dispose ainsi d’une capacité unique pour conserver ou reprendre au plus vite l‘ascendant.

L’artillerie est aussi en mesure de renforcer la liberté d’action amie en contribuant à l’autonomie de décision du chef interarmes. En effet, <strong>une structure comme le détachement de liaison d’observation et de coordination et des équipements de la chaîne MARTHA apporte de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences au sein du poste de commandement «terre» pour optimiser l’emploi de la 3e dimension.</strong>

Il en résulte tout d’abord pour le PC «terre» la possibilité de réorienter rapidement ses moyens évoluant dans la 3e dimension face à l’action ennemie, soit par délégation de gestion de l’espace aérien local, soit par les liaisons avec les organismes de contrôle aérien ainsi mises en œuvre. Par ailleurs, ces capacités améliorent la réactivité dans l’emploi des intervenants dans la troisième dimension en permettant le déclenchement de missions inopinées en réaction à la surprise ennemie, tout en préservant la sûreté des aéronefs et drones en vol dans la zone de responsabilité. Cette meilleure gestion de la 3e dimension associée à la numérisation de l’artillerie améliore la capacité à produire un effort et délivrer des feux indirects ou air-sol rapidement et sans compromettre la sécurité des unités amies.

Enfin, les futurs moyens de l’artillerie vont contribuer à faire basculer un rapport de force par la saisie d’opportunités, tant au contact qu’en profondeur du champ de bataille ou de la zone de responsabilité. En premier lieu, l’acquisition de moyens particulièrement mobiles tels que le MEPAC permet de créer une réserve d’intervention particulièrement rapide. Cette réserve de feux mobiles et protégée peut également avantageusement appuyer une manœuvre d’exploitation, tel qu’un raid, en lui apportant un outil pour compenser un rapport de force défavorable par des feux indirects. Cette capacité est également utile dans les engagements en contre rébellion par la grande réactivité et la protection des équipages face aux actions d’insurgés. D’autre part, la bascule du rapport de force pourra être atteinte par la paralysie du système de commandement. En effet, la mise en service du lance roquette unitaire offrira la possibilité de détruire un objectif jusqu’à 70 kilomètres et de percer jusqu’à 30 centimètres de béton. Dès lors, dans un contexte d’intervention, il sera possible de détruire des postes de commandement de niveau opératif pour annihiler toute capacité de coordination des actions ennemies.
<h2>Conclusion</h2>
Si l’artillerie est caractérisée par la puissance et la précision des feux, <strong>elle doit désormais adapter ses déploiements et sa manœuvre afin de créer davantage de brouillard et de friction contre le commandement adverse.</strong> La complémentarité des effets cinétiques et non cinétiques doit être une préoccupation permanente en exploitant au maximum le binôme concentration des feux et dispersion des feux pour produire une dissociation matérielle et morale. Cette transformation sera facilitée par la mise en service de nouveaux matériels et de nouvelles munitions.

Pour autant, les équipements actuels permettent d’ores et déjà d’obtenir un réel effet dissuasif et de contraindre la manœuvre ennemie par une prise de risque mesurée. La crédibilité de ces dispositifs repose cependant sur une ferme volonté politique et un effort de communication sur les capacités des équipements en dotation dès le temps de paix. Le rapprochement stratégique franco-britannique devrait d’ailleurs ouvrir de nouvelles pistes de réflexion du fait des études menées actuellement outre-manche sur des concepts tel que la munition planante.

<em>Article initialement publié dans <a href="http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine/doctrine.html" target="_blank">la revue Doctrine tactique du CDEF</a>.</em>]]></description>
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		<title>Stratégie: l&#8217;artillerie pour dissuader plutôt que pour détruire (1/2)</title>
		<link>http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-artillerie-dissuasion-plutot-que-destruction/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 Jun 2013 14:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Derouetteau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1087" height="508" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©Teddy Wade / U.S. Army" /></p><strong>Dans les esprits, l'artillerie est avant tout l'arme de la destruction d'objectifs : infanterie, chars, aéronefs, fortitifations. L'évolution des approches stratégiques amène pourtant à la montée en puissance d'un autre rôle de celle-ci : dissuader l'adversaire d'entreprendre certaines manoeuvres.</strong>

[caption id="attachment_8862" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan.jpg"><img class="size-medium wp-image-8862" alt="Pour que le feu de l'artillerie soit dissuasif, l'adversaire doit être fermement convaincu qu'elle peut être mise en oeuvre. ©Teddy Wade / U.S. Army" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/caesar-afghanistan-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Pour que le feu de l'artillerie soit dissuasif, l'adversaire doit être fermement convaincu qu'elle peut être mise en oeuvre. ©Teddy Wade / U.S. Army[/caption]

A l’heure où certains mettent en concurrence les appuis sol-sol et air-sol, il est nécessaire de ne pas limiter l’emploi de l’artillerie aux seules destructions sur le champ de bataille. Cette question est d’autant plus prégnante que <strong>les engagements contemporains sont fondés sur la limitation des dommages à l’environnement</strong> en vue de préparer le processus de normalisation. Le rôle dissuasif de l’artillerie dans la prise de l’ascendant psychologique sur le commandement adverse et les populations hostiles ou indécises constitue donc une piste de réflexion essentielle pour optimiser son emploi sur les théâtres d’opérations actuels.

Il convient donc de s’interroger sur les moyens et les méthodes dont dispose l’artillerie pour <strong>influer sur la volonté de combattre de l’adversaire et influencer sa perception de la puissance amie</strong>, tout en limitant le recours aux feux classiques et les destructions.

Par définition arme des appuis par les feux indirects, l’artillerie peut accroître ses effets immatériels par une manœuvre moins conventionnelle, portant au plus loin une menace diffuse, et par une protection accrue de la force en facilitant l’utilisation de la 3e dimension par le chef interarmes.<span id="more-8859"></span>

En effet, le déploiement de certains capteurs et « effecteurs » de l’artillerie peut avoir un réel effet dissuasif pour l’adversaire. Si la confrontation ne peut toutefois pas être évitée, une mise en œuvre originale des moyens classiques et l’emploi de nouvelles capacités peuvent alors imposer des <strong>contraintes supplémentaires à l’ennemi et offrir une liberté d’action supérieure à la force</strong>.
<h2>Etre plus dissuasif</h2>
[caption id="attachment_8860" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/mortier-120mm-francais.jpg"><img class="size-medium wp-image-8860" alt="Le feu pour interdire : si l'artillerie peut détruire, alors elle peut dissuader de déployer des moyens ou de les déplacer dans certaines zones. ©Sirpa terre / Jean-Baptiste Tabone." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/mortier-120mm-francais-300x223.jpg" width="300" height="223" /></a> Le feu pour interdire : si l'artillerie peut détruire, alors elle peut dissuader de déployer des moyens ou de les déplacer dans certaines zones. ©Sirpa terre / Jean-Baptiste Tabone.[/caption]

L’artillerie est au cœur de la guerre des perceptions qui caractérise les conflits limités actuels. Dès lors, le déploiement de moyens dédiés à la protection tend à créer une « forteresse technologique », dont l’effet dissuasif vient s’ajouter à la possibilité de réaliser des manœuvres de feux à caractère préventif.

L’effet dissuasif de l’artillerie au niveau stratégique n’est pas uniquement créé par la puissance de feu déployée. En particulier, l’engagement de moyens de défense sol-air, même limités, sur un théâtre d’opérations est un <strong>signe politique fort</strong>, notamment dans le cadre des opérations d’interposition. Dans ce contexte, outre la capacité d’interception des vecteurs aériens ennemis, la mise en œuvre de centres MARTHA (Maillage des radars tactiques pour la lutte contre les hélicoptères et les aéronefs à voilure fixe) est significative par la «maîtrise» offerte de la 3e dimension dans la zone de responsabilité.

Pour autant, cette capacité est menacée par ce que le général Desportes appelle la « stratégisation » de la tactique. <strong>L’absence de délégation dans l’ouverture du feu jusqu’au plus petit niveau tactique rend inopérant ce dispositif puisque la liberté d’action des parties concernées n’est pas entravée</strong>. Ainsi, du fait de l’absence de réponse cinétique aux provocations sur le dispositif sol-air de l’opération Daman en novembre 2006, l’aviation israélienne a acquis un sentiment d’impunité qui lui permet de violer régulièrement l’espace aérien libanais. <strong>La crédibilité du déploiement tient donc à la nature des moyens et à la capacité « juridique » à répondre avec force</strong>, sans forcément détruire le vecteur, à d’éventuelles manœuvres d’intimidation.

Face aux attaques indirectes, la force de dissuasion peut également se décliner au niveau tactique par la réalisation de forteresses grâce aux capteurs et « effecteurs » de l’artillerie. En premier lieu, cet effet repose sur l’inutilité des attaques indirectes par la construction de « remparts technologiques » grâce au déploiement des moyens CRAM (système d'alerte et d'interception de roquettes et tirs mortiers) tels que le PHALANX américain.

Le concept de forteresse trouve une nouvelle pertinence en abandonnant le caractère passif du « rempart traditionnel » exposé dans « Artillerie et fortification » au profit d’une logique d’action pour affaiblir la volonté ennemie d’attaquer. En second lieu, il s’agit de disposer d’une capacité d’agression sur les « effecteurs » adverse grâce à une supériorité technologique. A cette fin, le déploiement de radar COBRA constitue un message sans équivoque adressé à l’adversaire qui sera donc moins enclin à risquer ces « effecteurs » de premier rang dans les zones couvertes par ce radar. Il en résultera l’utilisation de lanceurs plus rudimentaires et donc moins efficaces. Dès lors, ces attaques auront un poids médiatique insuffisant pour être exploité par des mouvements de rébellion. Cette réponse technologique affectera également le moral des combattants adverses par la disproportion entre les risques assumés et les résultats minimes obtenus.

Par ailleurs, <strong>l’artillerie peut dissuader l’ennemi d’engager certaines forces par des manœuvres de feux destinées à frapper plutôt la tête que le corps de la troupe.</strong> Dans ce procédé à caractère plus offensif, l’objectif recherché est d’annihiler toute velléité de l’adversaire de renforcer une unité sur le point d’être engagée par une force terrestre. Ceci suppose de démontrer à l’ennemi que la force amie dispose d’une capacité à frapper les avenues d’approche qu’emprunteraient les renforts  : l’attrition portée sur ces unités les rendrait alors incapables de faire basculer le rapport de force local. Si les obus explosifs peuvent être utilisés pour ces tirs « préventifs », les munitions fumigènes et éclairantes seront à privilégier pour agir sur la psychologie de cet adversaire tout en préservant une population dont il faut « gagner les cœurs ». De plus, cet effet dissuasif s’étend au-delà de la seule zone battue par les feux car <strong>la réalisation des tirs révèle également la présence d’un dispositif d’observation dont l’ennemi ne pourra pas estimer les capacités exactes.</strong> Si ce procédé n’engendre pas d’attrition chez l’adversaire, il permet de concilier l’objectif d’isoler une zone de terrain ou un adversaire sans causer de destruction, dans une logique de dislocation de l’ennemi plutôt que d’annihilation.

L’artillerie dispose donc d’une réelle capacité à dissuader l’adversaire en actualisant le concept de fortification autours de la complémentarité entre protection et agression. Pour autant, ces capacités techniques atteignent leur pleine efficacité à condition d’être illustrées par une communication opérationnelle atteignant vers le commandement et la troupe adverses.

<a href="http://www.actudefense.com/julien-derouetteau-utiliser-artillerie-contraindre-ennemi-sans-detruire/" target="_blank"><em>La seconde partie en cliquant ici.</em></a>

<em>Cet article a été initialement publié dans la revue <a href="http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine/doctrine.html" target="_blank">Doctrine tactique</a> du CDEF.</em>]]></description>
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		<title>Une partie de l&#8217;armée néerlandaise passe sous tutelle allemande</title>
		<link>http://www.actudefense.com/21eme-brigade-aeromobile-unite-neerlandaise-allemande/</link>
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		<pubDate>Tue, 11 Jun 2013 06:15:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[europe de la défense]]></category>
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		<description><![CDATA[<p><img width="992" height="493" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/front-militaires-hollandais.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©ISAF" /></p><div>

<strong>La 21ème brigade aéromobile néerlandaise va être directement intégrée à une unité binationale. Une perte d'autonomie conséquente pour les Pays-Bas qui créent ainsi un précédent historique en Europe.</strong>

[caption id="attachment_8962" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/militaires-hollandais.jpg"><img class="size-medium wp-image-8962" alt="Une patrouille de militaires néerlandais en Afghanistan en juin 2007.  ©ISAF" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/militaires-hollandais-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Une patrouille de militaires néerlandais en Afghanistan en juin 2007. ©ISAF[/caption]

Au cours d’un discours à Berlin, le 28 mai dernier, la ministre néerlandaise à la Défense s’est montrée parfaitement claire : «<em>la coopération militaire n’est plus un choix, c’est une nécessité !</em>». Jeanine Hennis-Plasschaert annonçait alors un événement historique pour son pays : <strong>toute une partie de son armée va être directement fusionnée avec celle de l’Allemagne.</strong>

<a href="http://www.defensie.nl/english/latest/news/2013/05/28/48206146/Extensive_cooperation_between_German_and_Dutch_armed_forces" target="_blank">Ce partenariat</a>, parfaitement inédit en Europe, va mixer au sein d’unités communes plusieurs pans de la défense des deux pays. <strong>La 21e brigade aéromobile néerlandaise, soit quelque 4 500 hommes, vont ainsi rejoindre à partir de 2014 une division binationale aux côtés de la Division de réaction rapide allemande (DSK).</strong> Les Pays-Bas fournissent ainsi leur contingent le plus opérationnel, accompagné de ses hélicoptères, tandis que les Allemands gardent d’autres unités capables de se déployer en toute autonomie.

Militaires allemands et néerlandais doivent de plus collectiviser leurs formations et certains choix d’équipements. Des experts militaires seront échangés entre Berlin et Amsterdam. Enfin, par la suite,<strong> d’autres unités devraient être mixées, comme la défense anti-aérienne ou la défense anti-missile ainsi que les forces sous-marines néerlandaises.<span id="more-8961"></span></strong>
<h2><strong>Rupture stratégique et perte de souveraineté</strong></h2>
«<em>C’est une vraie rupture</em>, analyse Etienne de Durand, directeur de recherche à l’Institut français des relations internationales (IFRI). <strong><em>Les Néerlandais ont toujours été très atlantistes et donc interventionnistes, alors que les Allemands sont politiquement plus réservés à l'égard des interventions.</em>»</strong> C’est effectivement une «<em>mauvaise nouvelle pour les Américains</em>», confirme Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine <a href="http://www.dsi-presse.com/?p=5922" target="_blank"><em>Défense et Sécurité internationale</em></a>.

Les instances de commandement de cette nouvelle division seront en effet basées en Allemagne. Les Néerlandais risquent de voir leurs choix politiques dans les domaines stratégiques soumis à la nécessité d’un aval allemand. «<em>Il est facile de bien s’entendre tant qu’on ne va pas sur le terrain</em>», remarque Joseph Henrotin. Ce fin observateur des armées à travers le monde remarque ainsi que les forces néerlandaises ont souvent été un vrai appui pour les Américains, au cours de leurs différentes interventions de l’Irak à l’Afghanistan. A l’inverse, les Allemands ont toujours fait en sorte de ne pas exposer leurs propres forces.

Cette division, dont l’objectif annoncé est de pouvoir secourir des ressortissants néerlandais et allemands n’importe où dans le monde, sera donc soumise à la décision politique des deux pays. Ce sont les fondements de la puissance néerlandaise qui risquent, à terme, d’être fondus dans la stratégie allemande. Dans le cas des sous-marins, <strong>«<em>ces bâtiments ont par exemple été très utiles pour recueillir du renseignement au large de l’Iran ou pour lutter contre la piraterie en surveillant les ports du Golfe d’Aden</em>»</strong>, explique Joseph Henrotin. Autant de missions pour lesquelles les forces néerlandaises perdent leur autonomie de décision.
<h2><strong>Pas forcément positif pour l’Europe de la Défense</strong></h2>
Pour Jeanine Hennis-Plasschaert, ces inquiétudes sont sans fondement. «<em>Devons-nous vraiment craindre une perte de souveraineté ?</em>», interroge-elle dans son discours de Berlin. «<em>Ou ne devrions-nous pas plutôt redéfinir ce concept ?</em>» Si la ministre néerlandaise voit dans cette réforme une manière différente de défendre l’Europe, beaucoup s’inquiètent surtout de voir ici un effet pervers des réductions budgétaires.

«<em>Cela ne traduit aucun plan</em>, remarque ainsi Etienne de Durand. <em>Personne n’est d’accord sur l'emploi de la force dans la gestion des crises internationales ou même sur les priorités stratégiques communes.</em>» «<em>C’est dans l’ère du temps, tout le monde réduit ses budgets de défense</em>», constate également Joseph Henrotin. Pour ce dernier, d’autres pays pourraient suivre le mouvement. Reste à savoir à quelle logique stratégique et culturelle ils pourraient vouloir se rattacher. Tandis que les pays les plus à l’est s’inquiètent du réarmement russe, les Allemands défendent l’idée d’une sanctuarisation et d’un repli sur soi stratégique. Là-dedans, <strong>Français et Britanniques pourraient se retrouver bien seuls à tâcher tant bien que mal de défendre des capacités de projection.</strong>

<a href="http://www.rfi.fr/europe/20130607-armee-neerlandaise-passe-sous-tutelle-allemande" target="_blank"><em>Un article initialement publié sur RFI.fr</em></a>

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		<title>L&#8217;armée israélienne «live-tweet» la guerre des Six jours</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Jun 2013 05:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Rassaert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Twitter]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;armée israélienne continue ses expérimentations sur les réseaux sociaux. Cette fois-ci, c&#8217;est un exercice de mémoire qu&#8217;elle propose en « live-twettant » la guerre des Six jours. La commémoration des conflits sur les réseaux sociaux a-t-elle le vent en poupe ? Quelques semaines après avoir replongé dans le quotidien du poilu Léon Vivien sur Facebook ou [...]]]></description>
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		<title>Les premiers F-35 sur les tarmacs américains fin 2015</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Jun 2013 09:11:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Air Force]]></category>
		<category><![CDATA[f-35]]></category>
		<category><![CDATA[Lockheed Martin]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1015" height="465" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/pilote-essai-f-35a-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©US Air Force / Samuel King" /></p><strong>Les F-35 arrivent dans les unités. Des dates opérationnelles ont été annoncées ces derniers jours pour les différentes armées, s'échelonnant de 2015 pour les marines à 2019 pour la Navy.</strong>

[caption id="attachment_8847" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/pilote-essai-f-35a.jpg"><img class="size-medium wp-image-8847" alt="Mars 2012 : un pilote de l'Air force embarque dans un F-35A pour une sortie d'essai. ©Air force / Samuel King" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/06/pilote-essai-f-35a-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Mars 2012 : un pilote de l'Air force embarque dans un F-35A pour une sortie d'essai. ©Air force / Samuel King[/caption]

Le F-35, l'avion de combat américain de <a href="http://www.actudefense.com/chasseurs-cinquieme-generation-ambitions-asie-pierre-marie-meunier/" target="_blank">cinquième génération</a>, doit être opérationnel en <strong>décembre 2015</strong>. L'annonce de dates opérationnelles initiales (Initial operating capacity / IOC) a été faite au Congrès vendredi, avant d'être confirmées dans la foulée par le Département de la Défense et les différents Etats-majors. <strong>Le corps des marines sera le premier a recevoir ses appareils, suivi de l'Air force en décembre 2016 et de la Navy en février 2019.</strong>

Ce premier escadron opérationnel consiste en une dizaine d'appareils (douze pour l'Air force) qui <strong>doit permettre de déployer les moyens nécessaires à l'accomplissement des missions désignées selon les armées</strong>. En décembre 2015, ce sont donc non seulement les différentes phases de test qui devront être terminées pour les marines, mais aussi la formation et la préparation des pilotes. Potentiellement, Washington doit pouvoir à partir de cette date avoir la possibilité d'envoyer les F-35 marines en opération.

Les différences de délais sont expliquées par l'avancement différent des versions destinées aux différentes armées. Equipements de bord et électronique embarquée n'en sont pas au même stade de finalisation pour la version F-35B, destinée aux marines et aux aviateurs, ou de la version F-35C, destinée à la marine. A terme, ce sont <strong>2 443 avions</strong> qui doivent être livrés aux Etats-Unis, dont 1 763 dans la version F-35A destinée à un usage polyvalent au sein de l'Air force.<span id="more-8845"></span>

Le tout sans compter les éventuelles exportations sur lesquelles compte l'industriel Lockeed Martin, maître d'oeuvre. La Grande-Bretagne, l'Italie, l'Australie, la Turquie, le Japon ou encore la Norvège ont commandé des F-35 pour remplacer leurs appareils. D'autres l'envisagent, comme la Corée du Sud, qui doit se prononcer au cours de l'été, ainsi que le Danemark qui doit se prononcer courant 2015. Israël étudierait également la possibilité de se porter acquéreur de cet appareil.

La semaine passée, le F-35, qui a souffert de plusieurs rebondissements industriels et budgétaires, s'est vu en une de la presse américaine de nouveau. Cette fois-ci dans une affaire de piratage : certains plans de l'appareil auraient été volé au cours d'une attaque informatique dont Washington soupçonne que l'auteur soit le gouvernement chinois. Une agression similaire avait déjà visé le F-35 en 2009.

Le coût total du programme, qui devrait dépasser à terme les <a href="http://www.meretmarine.com/fr/content/bataille-de-chiffres-autour-du-cout-du-programme-f-35" target="_blank">1500 milliards de dollars</a> en font l'appareil le plus cher de l'histoire de l'aéronautique.]]></description>
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		<title>Le sergent américain auteur de la tuerie de seize Afghans en 2012 plaide coupable</title>
		<link>http://www.actudefense.com/sergent-robert-bales-tuerie-afghanistan-coupable/</link>
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		<pubDate>Fri, 31 May 2013 15:13:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Rassaert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Bales]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1122" height="516" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/soldat-patrouille-afghanistan-front.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©US Marine corps / Lance Cpl. Ammon W. Carter" /></p><strong>Pour échapper à la peine de mort, le sergent Robert Bales plaide coupable. Il assume ainsi avoir tué seize Afghans, même s'il continue d'affirmer ne pas avoir de souvenirs.</strong>

[caption id="attachment_8831" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/Robert_Bales.jpg"><img class="size-medium wp-image-8831" alt="Le sergent Robert Bales, en août 2011. ©US Army / Specialist Ryan Hallock" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/Robert_Bales-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a> Le sergent Robert Bales, en août 2011. ©US Army / Specialist Ryan Hallock[/caption]

«<em> Il est prêt à assumer ses actes</em> », l’avocat du soldat américain Robert Bales se montre clair. Son client a accepté de plaider coupable des accusations qui lui sont reprochées.

<strong><a href="http://torredibabel.com/2012/03/13/nouveau-drame-en-afghanistan/" target="_blank">Le 11 mars 2012</a></strong>, le sergent américain Robert Bales quitte la base militaire américaine localisée dans le sud du pays (province de Kandahar) et assassine seize villageois dont neuf enfants d’une balle dans la tête. Il aurait ensuite mis le feu à certains cadavres, mais ce n’est pas tout. A ces assassinats, s’ajoutent six autres tentatives de meurtre ainsi que sept agressions.

Encore aujourd’hui, on ne connaît pas les raisons qui ont poussé le sous-officier à passer à l’acte. Depuis 2010, il souffre d’amnésie passagère post-traumatique après un accident de la route.<span id="more-8830"></span>

« <em>Il se souvient du début de la soirée , mais il ne se souvient pas de ce qui s’est passé entre les deux</em> », explique John Browne, avocat du sergent Bales.

Pendant longtemps, la famille du militaire défendait son innocence le présentant comme « <em>courageux et honorable </em>». En reconnaissant les faits, le sergent Bales pourrait éviter la peine de mort. Une sentence pourtant attendue par les familles des victimes. Si sa défense parvient à convaincre les jurés, le sergent pourrait écoper de la prison à vie.]]></description>
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		<title>Irak : l&#8217;incroyable guerre pour les climatiseurs des Américains</title>
		<link>http://www.actudefense.com/jean-michel-valantin-irak-climatiseurs-americains/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 May 2013 05:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Michel Valantin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[carburant]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="995" height="451" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/climatiseur-americain-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="© U.S. Marine Corps / Lance Cpl. Clifton D. Sams" /></p><strong>Lorsque les Américains font la guerre, c'est en ambiance climatisée. En Irak, le besoin de climatisateurs réclame des moyens logistiques trop exposés. Le commandement américain découvre alors l'intérêt des énergies durables.</strong>

[caption id="attachment_8540" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/climatiseur-americain.jpg"><img class="size-medium wp-image-8540" alt="Lorsque l'Amérique fait la guerre, elle importe aussi son climat. ©U.S. Marine Corps / Lance Cpl. Clifton D. Sams" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/climatiseur-americain-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Lorsque l'Amérique fait la guerre, elle importe aussi son climat. ©U.S. Marine Corps / Lance Cpl. Clifton D. Sams[/caption]

Á mesure que la présence américaine en Irak et en Afghanistan s'installe dans la durée, les coûts de cette présence s'emballent, au point que des tentatives de fortification de Bagdad sont menées, sans autre résultat que des coûts toujours aggravés. La masse de la logistique augmente avec le <em>surge</em> de façon vertigineuse. Les chercheurs militaires réalisent à ce moment que<strong> l'eau et le carburant représentent les deux tiers du tonnage des convois en Irak.</strong>

Plus le tonnage à transporter est important plus "l'enveloppe" de protection doit, elle aussi, être importante et étendue, sous forme de véhicules blindés, d'hélicoptères et de couverture satellite et de troupes, qui participent à la consommation globale de ressources. Le Pentagone en vient à s'interroger sur l'énormité du dispositif d'aménagement des conditions de vie de ses soldats, amènent ainsi Dan Nolan, consultant en questions d'énergie à déclarer « <strong><em>Quand nous quitterons l'Irak, ce sera le plus énorme transfert de climatiseurs que l'humanité aura jamais connu</em></strong> ». Ce trait d'humour renvoie à une réalité profonde de la présence US en Irak : pour les soldats américains, le climat irakien correspond à un événement climatique extrême permanent, auquel il faut une réponse adaptée afin de maintenir leur aptitude à remplir leur mission.

C'est pour cette raison que le réseau de bases et d'avant postes américain est intégré à un immense réseau de distribution de climatiseurs, ces derniers nécessitant <strong>une chaîne logistique ininterrompue de moteurs diesels pour les faire fonctionner, mais aussi de pièces détachées et de carburant</strong>. De façon à la fois massive et invisible, les climatiseurs deviennent et constituent un élément fondamental de la présence américaine, en permettant la création et la pérennisation d'un semi-environnement artificiel, une "bulle d'air" dont la température interne est censée permettre aux militaires américains de supporter la chaleur irakienne.<span id="more-8539"></span>

Cette bulle climatique est installée dans les bâtiments, dans les tentes, les centres de commandement opérationnels, mais aussi dans certains véhicules et les soldats font des allers et retours constants entre le climat irakien et leur climat artificialisé grâce aux climatiseurs, <strong>immense dispositif technique de soutien à la vie militaire, nécessaire à la santé, au moral, au sommeil, mais aussi à l'identité culturelle</strong>, sans doute au même titre que la nourriture et les divertissements comme la musique, les films en DVD et les usages d'internet.

<strong>Le maintien de cette "sphère climatisée" nécessite d'immenses quantités de carburant, largement importées</strong>, qui nécessitent ces immenses convoi qui, en se déplaçant au sein d'un environnement toujours plus hostile et dangereux, constituent d'énormes cibles mouvantes, d'autant que les routes sont désormais aménagées par les guérillas (locales, baasistes, jihadistes, ...) pour devenir des pièges à répétition pour les véhicules américains.

Á partir de 2004, les insurgés irakiens s'approprient en le renversant le principe de la guerre à distance qui a fait le succès des armées américaines durant les premières phases des guerres d'Afghanistan et d'Irak, par la coordination des missiles transportés par avions ou drones, et du guidage laser depuis le sol, et de la précision acquise grâce à la géo localisation satellitaire.

Or, les insurgés adoptent rapidement la technique des "improvised explosive devices" (IEDs), qui sont diffusées sur les routes des convois. Les explosions sont déclenchées à distance par téléphone portable et les violences qui s'ensuivent sont filmées de loin, avant d'être diffusées sur internet, globalisant ainsi le spectacle de l'armée la plus puissante au monde prise au piège grâce à des techniques rudimentaires,  astucieuses, qui annulent la supériorité militaire de l'ennemi en refusant tout simplement le contact direct. En plus des pertes en hommes et des coûts en matériel, se surimpose ainsi une nouvelle dimension de "guerre psychologique" menée par les insurgés, qui filment ces attaques et les téléchargent sur internet, où elles sont visibles par tous.
<h2>La naissance d'une armée durable</h2>
<strong>Face à cette réalité opérationnelle et tactique ont lieu de nombreuses expérimentations qui consistent à renforcer l'autonomie des bases et des postes américains, en diffusant l'usage de panneaux photovoltaïques, en améliorant les techniques d'isolation des tentes des soldats, en utilisant mieux les réserves d'eau, faisant ainsi entrer les bases militaires en démarche de développement durable</strong>. Ces dernières ont pour finalité la réduction du nombre et de la taille des convois et ainsi de la vulnérabilité logistique US face aux insurgés, qui sont ainsi l'objet d'une offensive "par" le développement durable employé comme offensive asymétrique.

Cette vaste expérimentation, que Thomas Friedman appelle "outgreening Al Qaeda", commence dans la province d'Anbar, à l'initiative d'un commandant qui se lance dans le développement de l'efficacité énergétique des bases de cette région, tant les attaques des convois sont violentes et dangereuses. Puis, d'autres recherches et initiatives viennent renforcer cette tendance. Comme l'écrit dans son rapport le général Zilmer : « <em>Si deux obus de mortier de 155 millimètres enterrés sur le bord de la route peuvent renverser un char Abrams, vous pouvez en renforcer la sûreté par un surcroît de blindage, mais qui ne sera jamais suffisant ... La meilleure façon d'éviter un engin explosif improvisé ... est de ne pas être là quand il explose.</em> »

Á partir de 2008, le Pentagone soutient fermement cette approche et la multiplication des panneaux photovoltaïques et des éoliennes, couplée à d'importants travaux d'isolation des tentes permettent de diminuer, selon les cas, les coûts associés de transport et de consommation de carburant des générateurs nécessaires aux climatiseurs, qui représentent <strong>plus de 80% de la consommation quotidienne de carburant de l'armée américaine en Irak, de 40% à 75%</strong>. Avec le retrait d'Irak, ce savoir-faire est lui aussi transféré dans les bases militaires aux États-Unis.

[caption id="attachment_8536" align="alignleft" width="201"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/guerre-et-nature.jpg"><img class="size-medium wp-image-8536" alt="L'Amérique se prépare à la guerre du climat." src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/05/guerre-et-nature-201x300.jpg" width="201" height="300" /></a> L'Amérique se prépare à la guerre du climat.[/caption]

<em>Extrait de :</em>
<em> Guerre et nature : l'amérique se prépare à la guerre du climat</em>
<em> Jean-Michel Valantin</em>
<em> Editions Prisma</em>
<em> Janvier 2013</em>
<em> 310 pages</em>]]></description>
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		</item>
		<item>
		<title>Peut-on encore gagner des guerres au XXIème siècle ?</title>
		<link>http://www.actudefense.com/stephane-chalmin-gagner-guerre-xxi-eme-siecle/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 05:35:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Défense Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[guerre asymétrique]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Chalmin]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="1016" height="512" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/mali-gagner-guerre-XXI-eme-siecle-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©ECPAD / EMA" /></p><strong>Afghanistan, Irak et à présent Mali : les conflits modernes ont mis en avant les difficultés des armées conventionnelles à triompher. Le colonel Stéphane Chalmin, directeur de l'ouvrage collectif <a href="http://www.amazon.fr/Gagner-guerre-aujourdhui-St%C3%A9phane-Chalmin/dp/2717865438" target="_blank"><em>Gagner une guerre aujourd'hui</em></a> (Economica / 2013), analyse la complexité à laquelle sont confrontées les forces occidentales.</strong>
<ul>
	<li>
<h3>Gagner une guerre, au XXIème siècle... cela est-il encore possible ?</h3>
</li>
</ul>
[caption id="attachment_8460" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/afghanistan-gagner-guerre-XXI-eme-siecle.jpg"><img class="size-medium wp-image-8460" alt="En Afghanistan, les militaires ont toujours des difficultés à trouver des interlocuteurs légitimes pour relancer le développement. ©ISAF" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/afghanistan-gagner-guerre-XXI-eme-siecle-300x211.jpg" width="300" height="211" /></a> En Afghanistan, les militaires ont toujours des difficultés à trouver des interlocuteurs légitimes pour relancer le développement. ©ISAF[/caption]

<strong>Stéphane Chalmin :</strong> Aujourd'hui, <strong>nous avons des armées très puissantes, capables de faire preuve d'une précision qui n'avait encore jamais été atteinte.</strong> Il y a une vraie supériorité des armées occidentales qui a entraînée une multiplication des conflits dits <strong>asymétriques</strong>, qui impliquent comme adversaire une force non conventionnelle, qui est en mesure de s'opposer à ces armées.

<strong>Le mode d'action de nos ennemis s'est adapté </strong>: pas d'armée au sens classique du terme, comme on l'a vu en ex-Yougoslavie ou en Irak, où le déséquilibre des forces était visible. C'est d'autant plus le cas face à l'armée américaine. On entre dans un nouveau type de conflits qui s'installe dans la durée. Et dès lors qu'il s'installe dans la durée, le monde occidental est fragilisé.

<strong>Dans nos pays, le poids de l'émotion, celui des médias, les difficultés à accepter les sacrifices, notamment humains, sont particulièrement difficiles à accepter.</strong> D'autant plus dans un contexte de crise budgétaire. Ce contexte nous rend peu aptes à nous engager dans des conflits longs.
<ul>
	<li>
<h3>Dans un tel contexte, la notion de victoire, dans la guerre, fait-elle sens ?</h3>
</li>
</ul>
<strong>Sur le terrain, oui : nous gagnons.</strong> Le Mali en est une belle démonstration. Les armées françaises se sont engagées, hors cadre d'une coalition internationale, ce qui facilite la maîtrise des différents éléments et augmente la souplesse. Gagner la première étape, la neutralisation des ennemis, nous savons faire. <strong>La seconde phase, celle de la reconstruction, c'est beaucoup plus compliqué.</strong>

C'est justement dans cette seconde phase qu'il faut s'inscrire dans le temps long.<strong> Il faut être suffisamment surs de nos valeurs pour pouvoir guider le pays concerné et lui proposer des règles de bonnes gestion.</strong>

Nous avons un outil militaire de plus en plus performant. Mais les armées ne sont, justement, qu'un outil dans les mains du Politique avec un grand P. Or celui-ci est de plus en plus faible : la mondialisation a affaiblit les Etats. La légitimité de l'action militaire repose sur le soutien qu'accorde le peuple, la Nation. Là aussi, nous sommes de plus en plus battus en brèche.

C'est le fameux triangle de Carl von Clausewitz : l'armée, la Nation, l'Etat. Ces trois pilliers doivent se renforcer mutuellement. <strong>Actuellement, deux d'entre eux sont remis en question et s'affaiblissent : l'Etat et la Nation.</strong>
<ul>
	<li>
<h3>Performance militaire dans la première phase donc, mais seconde phase plus délicate, expliquez-vous. Savons-nous, aujourd'hui, aboutir dans cette seconde phase et les armées ont-elles un rôle à y jouer ?</h3>
</li>
</ul>
[caption id="attachment_8461" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/mali-gagner-guerre-XXI-eme-siecle.jpg"><img class="size-medium wp-image-8461" alt="Mali : gagner la phase militaire, on sait faire ... c'est la suite qui est plus compliquée. ©EMA / ECPAD" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/mali-gagner-guerre-XXI-eme-siecle-300x193.jpg" width="300" height="193" /></a> Mali : gagner la phase militaire, on sait faire ... c'est la suite qui est plus compliquée. ©EMA / ECPAD[/caption]

On parle beaucoup d'approche globale. En Afghanistan, la stratégie des Américains a été beaucoup critiquée : il reste impossible de s'appuyer sur des autorités locales ou des pouvoirs politiques trop corrompus.

La place des armées, dans la phase de consolidation, varie. Par le passé, du temps de grands chefs militaires comme Lyautey ou Gallienni, ils avaient tous les pouvoirs. En tant que gouverneurs militaires, ils construisaient écoles, routes et marchés. <strong>Tous les éléments étaient dans la main du militaire qui avait un rôle sécuritaire, politique et diplomatique : il pouvait appréhender la globalité du développement d'une région.</strong>

Aujourd'hui, les militaires ont perdu beaucoup de leurs responsabilités dans la plupart des domaines, en dehors du sécuritaire. Ils peuvent donc difficilement aborder sereinement une logique d'approche globale. L'histoire et l'absence de conflit depuis de nombreuses années nous a amené à perdre ces prérogatives.

Dans ce domaine, il y a aujourd'hui une multiplicité des acteurs : des ONG, des Etats, des armées de différents pays... Nous devons déjà nous coordonner entre militaires sur le terrain, mais il faut aussi apprendre à travailler avec ces autres acteurs, pour prendre en compte leurs propres actions. C'est forcemment moins efficace que d'avoir un seul et unique gouverneur militaire.
<ul>
	<li>
<h3>Que fait-on pour corriger cet état de fait ?</h3>
</li>
</ul>
L'Afghanistan a été l'occasion de prendre conscience de nombreuses réalités. L'armée française a été engagée à l'étranger tous les jours depuis 1962. Mais des opérations comme l'Afghanistan et la Côte d'Ivoire ont fait l'objet d'apprentissages et d'acquisition de savoir-faire nouveaux. Nous appliquons ces leçons au Mali.
<ul>
	<li>
<h3>L'Afghanistan ne montre-t-il pas notre incapacité à trouver une solution durable ? Le Mali ne tend-t-il pas à suivre la même direction ?<span style="font-size: 1.5em;"> </span></h3>
</li>
</ul>
En Afghanistan, il a été difficile de trouver des autorités locales crédibles et reconnues. Sans elles, pas de transition possible.

Au Mali, c'est ce qui est en train de se créer en ce moment. Nous, les Français mais aussi tous les pays Occidentaux, allons devoir trouver comment bâtir le futur Mali. Quelles seront les structures du Mali ? Quelle organisation ? Quelle sera la représentation des touaregs ? Y aura-t-il des régions autonomes ? <strong>C'est de la politique étrangère mais c'est là, aussi, que se gagne une guerre. </strong>

Les militaires sont parvenus à appaiser le niveau de violence. Il faut maintenant amener les gens à la table des négociations et poser la question au peuple malien : comment veut-il se gouverner ?

<em>Interview initialement publiée sur Atlantico.</em>]]></description>
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		<title>Stéphane Delory : &#171;&#160;La menace balistique nord-coréenne ne doit pas être sur-estimée&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Apr 2013 05:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La rédaction</dc:creator>
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		<category><![CDATA[balistique]]></category>
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		<description><![CDATA[<p><img width="980" height="415" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/Copie-de-uss-shiloh-sm3.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="©US Navy" /></p><strong>Les pronostics sur les capacités des missiles balistiques nord-coréens se multiplient. Stéphane Delory, chargé d'études à la Fondation pour la recherche stratégique, a répondu à nos questions.</strong>
<h2>ActuDéfense - Quelle est la menace balistique en provenance de la Corée du Nord ?</h2>
[caption id="attachment_8392" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/uss-shiloh-sm3.jpg"><img class="size-medium wp-image-8392" alt="Un tir de SM-3, missile utilisé dans l'interception balistique. ©US Navy" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/uss-shiloh-sm3-300x207.jpg" width="300" height="207" /></a> Un tir de SM-3, missile utilisé dans l'interception balistique. ©US Navy[/caption]

<strong>Stéphane Delory -</strong> Il y a différents types de missiles avec des portées et des précisions qui sont extrêmement variables. Sur des missiles de courte portée (300-350km) de type SCUD, qui sont le modèle de base, vous avez une précision de l’ordre de 300 à 400 mètres. <strong>L’utilisation avec une charge conventionnelle fait donc sens, surtout si vous en avez beaucoup.</strong>

Par contre, si vous passez à des SCUD-C, qui portent à 500-600 kilomètres, la précision est de l’ordre de 700 à 800 mètres. Là, <strong>même avec des sous-munitions, la capacité de destruction est fortement décroissante</strong>. Sur les missiles de longue portée, les Nodong, vous avez une précision qui est de l’ordre du kilomètre. Dans ce cas là, l’utilisation d’une arme conventionnelle n’a pas beaucoup de sens.

En parallèle, il faut prendre en compte la menace chimique, qui compose l’essentiel de l’arsenal non-conventionnel nord-coréen. Sachant qu’on ne sait absolument rien en ce qui concerne les armes biologiques. Si vous voulez utiliser des armes chimiques contre des militaires, <strong>la précision des missiles n’est pas suffisamment élevée pour permettre des frappes qui soient militairement significatives</strong>. Par contre, si vous voulez faire une frappe de terreur sur une ville comme Séoul, vous avez un potentiel qui est très suffisant avec des SCUD de courte portée. D’autant plus que de tels missiles peuvent emporter quelque chose comme 5 ou 600 kg d’agents toxiques. Sachant que l’utilisation d’armes chimiques par la Corée du Nord sur des cibles civiles serait l’ouverture d’une riposte nucléaire par les Etats-Unis. C’est une arme dissuasive.

Pour ce qui est du nucléaire, la possibilité que vous ayez une arme nucléaire vectorisée sur un missile de longue portée, allant jusque 1500 kilomètres, il faut prendre en compte que l’arme devrait peser 60kg. C’est très léger pour une arme de première génération, les bombes nord-coréennes devraient plutôt être de l’ordre d’une tonne à une tonne et demi. Il faudrait disposer d’une arme et d’un missile fiables : si vous décidez de lancer une attaque nucléaire, vous avez intérêt à être sur qu’elle fonctionne bien. <strong>Pour la Corée du Nord, c’est vrai pour les missiles de courte portée, ca l’est beaucoup moins pour ceux de longue portée comme les Nodong</strong>. C’est encore plus hypothétique dans le cas des Musadan, achetés en Russie, dont on ne sait pas comment ils sont conçus.
<h2>A-t-on une idée du volume de missiles utilisables dont dispose la Corée du Nord ?</h2>
Les chiffres qu’on vous donne sont absolument <strong>invraisemblables</strong>, puisqu’ils sont souvent de l’ordre du millier de missiles, toutes portées confondues. Une partie d’entre eux a été fabriquée il y a de cela 20 ou 30 ans. La dégradation du propergol, qui permet de propulser le missile, n’est pas connue. L’état des missiles n’est pas connu. <strong>Combien d’entre eux ont du être cannibaliser pour en faire d’autres, comme c’est souvent le cas dans les pays sous contrainte ?</strong>

La comptabilité est faite à partir d’une production estimée annuelle, qui ne prend pas en compte les paramètres industriels du pays, que l’on ne connaît pas. C’est pour cela que l’on arrive toujours à des chiffres qui sont souvent fortement exagérés.

En sources ouvertes, on trouve des estimations qui vont de 100 à 800 missiles de chaque catégorie pour les SCUD, et de 100 à 200 Nodong. Sachant que ce dernier est nettement plus compliqué, il est totalement incohérent d’avoir un nombre équivalents de Nodong et de Scud. En réalité, tout ce qu’on sait, c’est qu’ils ont beaucoup de missiles.
<h2>L'hypothèse d’une salve de missiles à charges conventionnelle, en guise d'artillerie, est-elle crédible ?</h2>
C’est envisagé sur les KN-1, des missiles plus petits et de plus courte portée (120km). Le problème d’utiliser des SCUD pour ce genre de chose, c’est qu’<strong>il faut environ 40 minutes pour en tirer un, en réunissant plusieurs camions autour</strong>. Pour la Corée du Nord, sortir plusieurs missiles de ce type pour les tirer en salve sans se prendre un tapis de bombe venu d’en face, c’est peu probable. Une telle stratégie est beaucoup plus compliquée qu’on ne le pense.

L’hypothèse la plus vraisemblable est <strong>un tir de missile vers une zone déserte, éventuellement avec une charge chimique, simplement pour montrer qu’on est capable de le faire</strong>.
<h2>Jeudi 11 avril, la presse japonaise s’alarmait de mouvements de missiles Musudan, ceux qui ont la plus longue portée. Que peuvent signifier ces manœuvres ?</h2>
Déjà, est-ce que sont bien des Musudan ? <strong>C’est une arme dont ils disposent en très petite quantité et dont on ignore le statut opérationnel.</strong> Si c’est l’un des rares armements dont vous disposez et sur lequel vous comptez, vous n’allez pas l’exhiber aussi facilement. <strong>Il est plus probable que ce soit des Nodong</strong> : si vous en collez un dans un fossé, c’est tout de même moins génant.

Si ce sont bien des Musudan, l’objectif serait de chercher à convaincre qu’ils sont opérationnels.
<h2>Les promener pour « fatiguer » les services de renseignements adverses, comme cela a pu être évoqué, c’est possible ?</h2>
C’est possible. <strong>Les Sud-Coréens et les Américains ont apparemment une évaluation assez précise du programme balistique nord-coréen</strong>. Les Etats-Unis ont fait plusieurs annonces, il y a quelques années, qui décrivaient ce que l’on voit aujourd’hui, en particulier sur les Musudan.

Est-ce que les Nord-Coréens cherchent à balader les services en promenant leurs Musudan ? Ce serait de bonne guerre.
<h2>Les systèmes d’interception déployés dans la région permettraient-ils de neutraliser des tirs de missiles nord-coréens ?</h2>
Sur du Scud oui. Le problème c’est que ce serait de l’interception terminale : <strong>s’il y a une charge chimique, vous vaporiseriez une partie des agents dans l’atmosphère.</strong> Ce ne serait pas très dangereux mais ce ne serait certainement pas très écologique. Au niveau des missiles plus lourds, normalement, les intercepteurs Agis pourraient probablement le faire. Mais la communication américaine là-dessus reste très opaque, les données sont très filtrées.

Sur un tir en salve, cela tend à être possible mais reste très difficile. En réalité,<strong> l’essentiel de la stratégie américaine en la matière repose sur une destruction des missiles au sol, avant un tir, plutôt que sur une interception.</strong>

<strong>La menace balistique et nucléaire nord-coréenne ne doit pas être sur-estimée</strong> : ce sont des moyens extrêmement difficiles à mettre en œuvre. Si la décision d’utiliser des armes était prise, ce serait une décision très lourde. Il ne s’agit pas d’appuyer sur un simple bouton : les contraintes techniques demeurent. Partir du postulat qu’une arme existe pour qu’elle soit utilisable n’est pas suffisant. En particulier dans un pays sous surveillance, extrêmement pauvre et sous contrainte.

<a href="http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20130412-coree-nord-armee-populaire-arsenal-armement-soldats-paysans" target="_blank"><em>Cette interview est une version longue d'un entretien réalisé pour RFI.fr à propos des forces militaires nord-coréennes.</em></a>]]></description>
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		<title>Retour sur les résultats du Gripen suédois en Libye</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Apr 2013 08:52:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romain Mielcarek</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p><img width="1058" height="458" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/gripen-red-flag-Copie.jpg" class="attachment-post-thumbnail wp-post-image" alt="© Forces armées suédoises" /></p><strong>La Libye a été la première opération aérienne de l'armée de l'air suédoise depuis le Congo en 1961. Cette mission a aussi été le baptême du feu du Gripen. Retour sur l'engagement du chasseur polyvalent de Saab.</strong>

[caption id="attachment_8244" align="alignleft" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/gripen-red-flag.jpg"><img class="size-medium wp-image-8244" alt="Le Gripen suédois n'a été autorisé à participer qu'à des opérations de renseignement en Libye. ©Forces armées suédoises / Lasse Jansson" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/gripen-red-flag-300x208.jpg" width="300" height="208" /></a> Le Gripen suédois n'a été autorisé à participer qu'à des opérations de renseignement en Libye. ©Forces armées suédoises / Lasse Jansson[/caption]

Chauvinisme oblige, nous nous sommes beaucoup, en France, intéressés aux résultats du Rafale ou <a href="http://www.actudefense.com/chasse-francaise-harmattan-libye-12-cigognes/" target="_blank">du Mirage en Libye</a>. Ce théâtre d'opération a pourtant été le lieu d'une étrange rencontre entre trois chasseurs de dernière génération, concurrents sur quelques uns des principaux marchés des années à venir : le Rafale, l'Eurofighter et le Gripen. C'est sur le cas de ce dernier que nous allons nous pencher.

Le JAS 39 Gripen, en Libye, ce sont quelques <strong>2000 heures de vol réalisées</strong> par huit appareils. Les Suédois ont participé en tout à <strong>650 sorties</strong> au cours desquelles les pilotes se sont concentrés sur un effort de renseignement, réalisant près de <strong>150 000 clichés</strong>. <strong>140 militaires ont été mobilisés sur la base de Sigonella</strong>, en Sicile, directement aux côtés des Américains. L'engagement suédois a commencé le 8 avril et s'est terminé le 24 octobre 2011.

L'armée de l'air suédoise déployait pour <strong>la première fois depuis près de 50 ans des avions de combat sur un théâtre opérationnel</strong>. Elle ne l'avait pas fait depuis son intervention au Congo belge en 1961. La réactivité a été d'autant plus remarquable que les premiers équipages ont commencé à travailler moins d'une semaine après le vote favorable du Parlement, début avril 2011.<span id="more-8243"></span>

Pour le <a href="http://www.defenceiq.com/air-forces-and-military-aircraft/articles/what-did-sweden-take-from-operation-unified-protec/&amp;amp;mac=DFIQ_OI_Featured_2011&amp;amp;utm_source=defenceiq.com&amp;amp;utm_medium=email&amp;amp;utm_campaign=DFIQOptIn&amp;amp;utm_content=3/26/13" target="_blank">lieutenant-colonel Stefan Wilson</a>, qui commande les forces aériennes, le bilan opérationnel est positif. Il insiste notamment sur la capacité des suédois à travailler au sein d'une coalition internationale, sous commandement de l'OTAN. En effet, si la Suède n'est pas membre de l'Alliance, elle est régulièrement amenée à travailler avec les armées de l'air de celle-ci. En Libye, c'est plus directement avec les Américains et les Danois qu'elle a collaboré. <strong>L'officier s'estime ainsi satisfait de l'usage fait des liaisons OTAN L16, sur lesquelles les Français ont eu quelques soucis, ainsi que de l'intégration dans la chaîne de commandement.</strong>
<h2>Panne d'essence</h2>
[caption id="attachment_8245" align="alignright" width="300"]<a href="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/gripen-suisse.jpg"><img class="size-medium wp-image-8245" alt="Le Gripen suédois vole avec une catégorie de carburant civil qui demande quelques ajustements par rapport au carburant militaire utilisé par les Américains. ©Saab Group" src="http://www.actudefense.com/wp-content/uploads/2013/04/gripen-suisse-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a> Le Gripen suédois vole avec une catégorie de carburant civil qui demande quelques ajustements par rapport au carburant militaire utilisé par les Américains. ©Saab Group[/caption]

Tout n'a cependant pas été parfait. Les Suédois ont notamment souffert de leur incapacité à assurer leur propre soutien essence. Ils ont du pour cela compter sur les capacités de l'US Air Force ... qui n'utilise pas le même combustible. <strong>Le temps d'ajouter les additifs nécessaires au gazole américain, les Suédois ont perdu quelques jours.</strong>

On pourrait aussi regretter de ne pas en avoir découvert plus sur les capacités du Gripen dans des missions de combat. L'avion suédois, dont le mandat parlementaire ne permettait que de faire de la reconnaissance, participait ici à sa première opération. <strong>Alors qu'il est sensé concurrencer, comme appareil multirôles, des engins comme le Rafale ou l'Eurofighter, il n'aura pas pu démontrer toutes ses possibilités.</strong>

Reste à observer les nombreux exercices aériens multinationaux auxquels participe l'avion de Saab. Les amateurs pourront regarder du côté du colossal <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Red_Flag" target="_blank">Red Flag</a>, organisé aux Etats-Unis, ou des plus modestes <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Loyal_Arrow" target="_blank">Loyal Arrow</a> en Suède et <a href="http://www.royalnavy.mod.uk/Operations/Current-Operations/Operational-deployments/Exercise-Joint-Warrior" target="_blank">Joint Warrior</a> en Grande-Bretagne. Le tout en attendant l'intégration de la bombe à guidage laser GBU 39 et du missile Meteor ... d'ici quelques années !]]></description>
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